• Ixchel

    Ixchel, ou Ix Chel, est une déesse maya associée à l'eau. Son nom signifie « Dame (ix) - Arc-en-ciel (chel) ». Dans les textes glyphiques, elle est appelée « Chak Chel ». C'est la femme d'Itzamna et la mère de Bacabs.

    Ixchell est une magnifique et ancienne déesse lunaire vénérée par les Mayas. Elle est la mère de plusieurs dieux et régule le cycle de la vie et de la mort. Elle est la gardienne des âmes, et vit son existence tant dans la peau d’une magnifique jeune femme lumineuse et séduisante, que dans la peau d’une sage matriarche sombre et puissante.

    Elle est également la déesse de la Lune et de la Maternité. Elle préside aux naissances, et protège les futures-mères. Elle est la patronne des médecins et des shamans (hechiceros).

    Elle peut se présenter sous un aspect bienveillant ou malveillant. Contrairement aux Européens, pour qui l'arc-en-ciel véhicule des connotations positives, les Mayas le craignaient et croyaient qu'il avait son origine dans les puits à sec, qu'ils appelaient l'anus de l'Inframonde. Dans le codex maya dit Codex de Dresde, elle est associée au déluge et à la destruction du monde, considérée comme la cause des tempêtes tropicales et des inondations.
    Elle est souvent représentée avec un vase à la main, duquel s’écoulent les eaux primordiales.

    Déesse de la Lune, elle en est la lumière, le mystère et l’expression de toutes ses phases. Elle a aussi cependant, un lien privilégié avec la terre. Ixchel veillait à ce que la pluie tombe sur terre pour nourrir les récoltes. Les légendes disent que la pluie tombait lorsqu’elle versait sa jarre.

    Triple déesse, Ixchel revêt parfois les traits d’une jeune fille aux oreilles et aux griffes d’un jaguar, souvent portant un bouclier et une lance. À d’autres moments elle est représentée sous l’apparence d’une vieille femme à la tête enserrée par un serpent, des os ornant sa jupe, et des oreilles et des griffes de jaguar composant sa physionomie.
    Sous sa forme de jaguar (forme sous laquelle elle voyage entre les mondes et échappe au Soleil) elle représente à la fois une shamane et une guerrière lunaire venant errer sur terre.
    Elle est à l’image de la Lune une et multiple.

    Bien qu’elle fût parfois représentée comme une déesse des catastrophes, la plupart de ses mythes la décrivent comme une déesse bienfaitrice qui refusa d’être la victime de l’oppression, symbole de la liberté des femmes.

     Sa légende:

    Sous son aspect jeune, Ixchel était si belle, presque trop. Son teint était opalescent, ses longs cheveux noirs, qu’elle brossait des heures durant, brillaient au soleil. Tous les dieux étaient captivés par sa beauté, tous sauf un.
    Le dieu-soleil, semblait immunisé contre les charmes d’Ixchel. Ironiquement, c’est sur lui que la déesse jeta son dévolu, elle ne voyait et ne voulait que lui. Durant de très longues années, elle l’observa se promener dans le ciel, dans sa splendeur dorée, espérant qu’il la remarque un jour.
    Mais plus elle le suivait, plus le climat empirait sur terre. Quand elle le chassait, les marées montaient, créant des inondations qui envahirent les champs et détruisirent les récoltes. Elle était si amourachée qu’elle ne réalisait pas les catastrophes qu’elle créait.

    Comme bien des déesses lunaires, Ixchel était une tisseuse accomplie et c’est sa magnifique robe, tissée par ses propres mains, qui attira enfin l’attention du dieu-soleil. Finalement il devint son amant.
    Ixchel donna au dieu-soleil quatre fils. Ils étaient les dieux-jaguars et se faufilaient la nuit lorsque le soleil n’était plus là. Ils furent nommés en l’honneur des quatre points cardinaux et chacun était responsable de tenir un coin du ciel qui était carré.

    Mais le grand-père de la déesse désapprouvait cette union. Fou furieux, il frappa Ixchel d’un éclair, la tuant sur le coup.
    Durant treize jours ensuite, les libellules en deuil chantèrent pour elle. La magie de leurs chants provoqua sa résurrection. Elle reprit alors possession de sa vie, et retourna auprès du Soleil, mais leur liaison fut brève, car le Soleil l’accusa d’infidélité. Le dieu-soleil était jaloux et suspicieux de nature. Il avait également un très mauvais caractère, ce qui empirait les choses. Un jour, il soupçonna son propre frère, Étoile du matin, d’entretenir une liaison avec son épouse. Aveuglé par la colère et la jalousie, il projeta Ixchel hors des cieux.

    Ixchel

    Ixchel jaguar par Susan Seddon Boulet

    Ixchel trouva refuge chez le dieu-vautour. Quand la nouvelle parvint aux oreilles de son époux, il s’empressa d’aller la retrouver et implora son pardon. Il lui promit de ne plus jamais la traiter comme il l’avait fait et la supplia de revenir avec lui.
    Elle revint, mais peu de temps après son retour, le Soleil redevint jaloux à nouveau.
    Une légende raconte qu’il s’est emparé de son éclat, après une violente querelle, la laissant en possession d’une brillance argentée, lui ayant volé sa lumière solaire dorée.

    Elle se sentait trahie et, triste, elle le quitta. Cette fois, elle le quitta pour de bon,
    sachant qu’il ne changerait jamais. Elle attendit qu’il se soit endormi et se faufila dans la nuit, prenant la forme d’un jaguar et devenant ainsi invisible chaque fois qu’il la cherchait.
    Depuis lors, elle demeura invisible au soleil sous le couvert de la nuit et prenant la forme du jaguar. Elle devint véritablement libre, allant et venant selon ses propres désirs, ne laissant plus jamais personne être maître de sa vie et de sa destinée.

    Ixchel est une déesse forte, qui refuse de devenir une victime et qui prend à pleine main possession de sa vie et de ses moyens. Elle refuse toute oppression. Elle fait face à l’adversité. Elle s’alloue le pouvoir de choisir.

    Ayant échappé à son mari possessif, elle passa plusieurs nuits sur l’île de Cozumel, son lieu sacré. Là, elle s’occupa des femmes enceintes et des femmes en couche et fit de son sanctuaire un refuge pour les femmes.

    Statue d'Ixchel sur Cozumel


    Cuzamil – île de Ix Chel.
    L’île de Cozumel, appelée Cuzamil par les anciens Mayas, se trouve sur la côte orientale de la péninsule du Yucatan au Mexique. C’est une destination de sanctuaire et de pèlerinage pour les femmes, consacrée à la déesse Ix Chel.

    Les légendes disent qu’entre 600-800 avant notre ère femmes et enfants seulement pouvaient vivre sur l’île. C’était un lieu de refuge pour les femmes marginales et les orphelins, les veuves, les femmes stériles ou maltraitées.

    D’après les récits Espagnols il existait sur l’île un oracle représenté par une grande statue d’Ixchel dans laquelle se tenait la prophétesse.

    Les femmes mayas au moins une fois dans leur vie, devaient accomplir un pèlerinage sur l’île sacrée d’Ixchel
    ( « île des femmes » Isla de las Mujeres), pour lui offrir des présents et recevoir sa bénédiction. Durant des centaines d’années, des femmes firent ce pèlerinage par bateau, et plusieurs des autels dédiés à Ixchel existent encore sur l’île.
    Aujourd'hui dans le Yucatan, le passage rituel à Cozumel est organisé chaque année, lors du festival d’Ixchel se tenant le 8 décembre, appelée « La Travesia. » C’est une re-création du pèlerinage Cuzamil antique qui a été perdu pendant plus de 500 ans.
    Ce festival est animés de processions, de bénédictions des bateaux et des champs.

    Temple d'Ixchel sur l'île

     

     

     


    Sources : http://www.goddessgift.com/goddess-myths/mayan-goddess-ix-chel.htm
    http://www.celebrerladeesse.net/ixchel--deacuteesse-arc-en-ciel-de-la-lune.html
    http://portraitsdelunes.blogspot.fr/2010/06/ixchel-deesse-de-la-lune-maya.html

     

     

     

     

     


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  • Rhiannon

    Rhiannon
    par Jan Hess

    Déesse-Mère vénérée par les Gallois, Rhiannon incarne la vie, la mort et la renaissance car, dans son royaume, la mort s'accompagne toujours d'une régénération. Son nom est dérivé de Rigantona, qui signifie "grande reine". Rhiannon apparaît en "grande reine" ou en déesse jument.
    Elle a d’importantes fonctions, dont celle d’être la muse des poètes, des artistes et de la royauté. Elle emporte avec amour les âmes depuis la Terre jusque dans l’au-delà, chevauchant son fidèle cheval blanc, les aidant ainsi à s’ajuster à cette transition que représente la vie après la mort. Elle se trouve aussi être la protectrice de toutes les femmes maltraitées.

    Experte de la métamorphose, Rhiannon peut revêtir à volonté les formes les plus diverses; elle prend souvent l'aspect d'une jument blanche. Déesse-muse, elle est accompagnée de trois oiseaux magiques qui pouvaient ressusciter les morts ou plonger un vivant dans un sommeil de sept ans. La représentation mythique de Rhiannon est généralement celle d’une déesse bienveillante qui promet de beaux rêves aux dormeurs.
    Elle était réputée pour être si rapide sur son cheval que jamais personne ne pouvait la rattraper.

    Le roi devait son pouvoir à la reine Rhiannon et tout candidat au trône la rencontrait sous les traits d'un cerf, majestueux symbole du rajeunissement, de la beauté, de la force et de l'énergie masculine instinctive. Pour que la royauté de Pwyll sur le Dyved soit reconnue, il doit avoir une reine qui légitime son pouvoir, car chez les Celtes, la Souveraineté est un concept féminin.

    Rhiannon est dans la Mythologie Galloise, la fille de Hereydd et la malheureuse épouse de Pwyll, un seigneur de Dyfed. Tous les malheurs de Rhiannon viennent de ce qu’elle avait repoussé Gwawl, l’homme à qui elle avait été promise. De colère, son père avait lancé une malédiction sur la famille de Pwyll. A cause de ce sort, Rhiannon souffrit des années de stérilité et après la naissance de son fils, elle fut injustement accusée de l’avoir tué. Même lorsque le garçon qu’elle appela Pryderi (Souci) fut revenu et eut grandi, la malédiction continua de la poursuivre.

    Légendes dans les Mabinogion:

    Rhiannon

    Pwyll, prince de Dyved

    Dans le premier conte, Pwyll aperçoit sur la colline de sa résidence royale de Narberth (ou Arbeth), une cavalière inconnue. Désirant connaître son identité, il demande à un serviteur de la rattraper, mais celui-ci n’y parvient pas. Il donne alors l’ordre au meilleur de ses cavaliers de la rejoindre, sans plus de succès. Le lendemain, c’est le meilleur coursier de ses terres qui subit le même échec. Le jour suivant, c’est Pwyll lui-même qui engage la poursuite. Alors que son cheval est à bout de souffle et risque de s’effondrer, il appelle l’inconnue qui s’arrête immédiatement. Elle lui dit se nommer Rhiannon et qu’elle a fui son père qui veut la marier de force. Elle dit aussi être amoureuse de lui et qu’elle veut l’épouser. Pwyll accepte et le mariage est fixé l’année suivante.

    Quatre ans plus tard nait Pryderi, mais le garçon est enlevé à la naissance et sa mère est accusée d’infanticide, à l’instigation des femmes chargées de s’en occuper. En guise de pénitence, elle est condamnée à rester assise aux portes de la ville pendant sept ans, elle doit raconter son histoire aux visiteurs et les faire entrer en les portant sur son dos.
    Mais au bout de quatre ans, Ternon Twryf Lliant vient éclaircir l’affaire et raconte son histoire. Tous les ans, sa jument poulinait mais l’animal nouveau-né était immédiatement enlevé par un monstre. Il y a quatre ans, il avait attaqué le monstre et lui avait coupé une patte. Dans l’écurie, il avait trouvé un enfant qu’il avait adopté et appelé Gwri Gwallt Euryn.
    La preuve est faite que Gwri Gwallt Euryn est le fils de Pwyll et de Rhiannon, dont la peine est annulée.

    Rhiannon

    Manawydan fils de Llyr

    Dans le second conte, Pwyll est mort et Pryderi lui a succédé, son épouse est Kigva. Rhiannon, quant à elle a épousé Manawyddan Fab Llyr, un prince ami de son fils. Au cours d’une promenade sur la colline de Narberth, un brouillard magique s’abat sur la région et la dévaste, ne laissant en vie que les deux couples. La misère les contraint à partir pour l’Angleterre, où ils vont exercer différents métiers, pour survivre.
    De retour dans leur pays, poursuivant un sanglier blanc, ils arrivent à un château inconnu où Pryderi et Rhiannon se retrouvent par un sortilège enchainés à une fontaine. Et le château disparaît quand l’orage éclate. Manawydan et Kigva repartent une année puis reviennent s’installer pour cultiver la terre. À trois reprises, les récoltes sont dévorées par des souris géantes. Manawyddan capture la plus grosse et quand il va pour la pendre, un moine, un prêtre puis un évêque viennent lui proposer de racheter la vie de la souris. Manawyddan refuse et demande que cesse le sortilège. Pour prix, Manawydan demande la libération de Rhiannon et Pryderi ainsi que la levée de l’ensorcellement sur les sept cantrefs du Dyved ; ce que l’évêque accepte. En fait, l’évêque se nomme Llwyd, il a jeté un sort sur le royaume pour venger son ami Gwawl, rejeté par Rhiannon. La souris capturée est sa femme. Il promet de libérer les otages et le pays. Il tient sa promesse et la souris se transforme en jeune et belle femme. Tout rentre dans l’ordre.

     

    Déesse de la nuit d'une merveilleuse beauté, Rhiannon rappelle que la mort et la renaissance s'équilibrent.

    Il est tentant de rapprocher Rhiannon de la déesse gauloise Epona, l’une des rares divinités celtiques que les Romains aient jamais adorées, mais cette idée ne fait pas l’unanimité.

    Rhiannon est un personnage singulier de la mythologie galloise. Elle supporta l’injustice et ses souffrances avec une patience remarquable. Mais sa vraie nature est , selon toute vraisemblance, en rapport avec les chevaux. Lorsque Pwyll la vit pour la première fois, elle chevauchait un grand et beau cheval blanc , vêtue de brocard de soie et d’or. Son fils volé fut retrouvé dans une écurie, et sa punition pour l’avoir perdu était de servir de bête de somme aux visiteurs qui se rendaient au château de son époux.

     

     

    Sources: Wikipédia - http://www.jardinsoleil.com/cartes/deesses/rhiannon.php
    La Mythologie Celtique, Arthur COTTEREL.

     

     

     

     

     

     


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  • Arianrhod

    Image Jessica Galbreth

    Arianrhod
    Et Blodeuwedd

    Arianrhod, dans la mythologie celtique galloise, est une déesse qui apparaît notamment dans le quatrième conte des Mabinogion : « Math fils de Mathonwy ».
    Son nom signifie « Roue d’Argent ».
    Fille de Dôn (Dana), ses cinq frères sont Gwydion, Amaethon, Hyveidd, Gofannon et Gilfaethwy. Ellle est la nièce de Math, roi de Gwyedd.
    Déesse de la fécondité, elle est la mère du dieu suprême Lleu Llaw Gyffes, équivalent de Lug, et de Dylan Eil Ton. Leur naissance est le fruit d’une pratique magique, quand le roi Math veut s’assurer de la virginité de leur mère Arianrhod.

    Cette belle déesse au teint pâle était la plus puissante des enfants mythiques de la déesse mère celte Dana. C’était la gardienne de la Roue des étoiles, un symbole du temps qu’on voyait aussi comme la Roue du destin, qui tournait devant le portail séparant le monde visible de l’invisible. Elle est une gardienne du portail de l’immortalité, dont la magie permet de vivre hors du temps et de traverser le voile qui sépare le monde visible du monde invisible.

    Arianrhod est censée voir à travers les yeux d’une grande chouette et voit même dans l’obscurité de l’inconscient de l’être humain.
    Son élément est: l’eau - son symbole: la roue - son animal: La chouette. La Chouette symbolise la mort et le renouvellement, la sagesse, la lune, la magie et l’initiation.

    Elle est l’une des cinq déesses d’Avalon ; les autres sont Blodeuwedd, Branwen, Cerridwen et Rhiannon.

    Sa légende:
    Le roi Math, fils de Mathonwy, souverain du Gwynedd, doit obligatoirement, suite à une malédiction, demeurer les pieds posés dans le giron d’une vierge sous peine de mourir. Il ne peut déroger à cette obligation qu’en temps de guerre.

    L’un de ses neveux, Gilfaethwy, s’éprend de Goewin la vierge « porte-pieds » et son frère, le magicien Gwydion, imagine un stratagème pour éloigner le roi de la vierge. Il informe son oncle que des porcs fabuleux, venus de l’Annwvyn, sont arrivés chez Pryderi, le prince de Dyved, et qu’il peut se les approprier avec onze de ses compères déguisés en bardes.
    À la cour de Pryderi, où les faux bardes sont reçus, Gwydion propose d’échanger les porcs de l’Annwvyn contre 12 magnifiques étalons et 12 lévriers. La proposition est acceptée mais ce que Gwydion offre n’est qu’un artifice magique, qui prend fin après 24 heures. 
    A la suite de ça, se voyant floué, Pryderi entreprend immédiatement une expédition guerrière contre le Gwynedd, forçant Math à intervenir. Gilfaethwy en profite pour violer la vierge le soir même.
    La guerre cesse quand Gwydion tue Pryderi en combat singulier. De retour dans sa résidence royale, Goewin annonce au roi qu’elle ne peut plus assumer sa fonction, puisqu’elle a perdu sa virginité. Le roi l’épouse pour sauver son honneur et punit les deux frères.

    Pour remplacer Goewin, on suggère Arianrhod, fille de Dôn et sœur de Gwydion et Gilfaethwy. Elle doit subir une épreuve attestant sa virginité, en passant sur la baguette magique de Math. Mais en effectuant ce rituel elle donne immédiatement naissance à deux frères jumeaux. Le premier, à peine né, rejoint l’océan pour nager avec les poissons, c'est pourquoi il est appelé Dylan Eil Ton, « Dylan fils de la vague ». Dylan Eil Ton est aussi mentionné dans un poème du « Livre de Taliesin » dans lequel il est qualifié de magicien.
    Il sera malencontreusement tué par son oncle Gofannon.

    Honteuse et courroucée, Arianrhod perd en s’enfuyant son second enfant qui est recueilli par Gwydion, qui le met secrètement en nourrice ; il grandit deux fois plus vite que la normale.
    Pour son quatrième anniversaire, Gwydion amène l’enfant voir Arianrhod.

    Les trois geisa.
    Au lieu d’être heureuse, Arianrhod est scandalisée. Successivement, sa mère va lui jeter trois sorts ou interdits (geisa dans les mythes irlandais) :
    Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
    Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
    Il n’aura pas de femme humaine.
    Son refus de reconnaître son fils, de lui donner un nom, des armes et une femme révèle, a contrario, l'importance du rôle de la femme chez les Celtes.
    Elle lui refuse ainsi les trois aspects anciens de la masculinité.

    Gwydion, usant de magie, contraint Arianrhod à faire ce qu’elle avait défendu.

    Gwydion, choqué par sa soeur, entreprit de briser les trois mauvais sorts. Lui et l’enfant encore sans nom se déguisèrent en cordonniers. Arianrhod arriva, désirant de nouveaux souliers. L’enfant vit un oiseau et le tua d’un seul jet de pierre. La déesse commenta la scène en désignant l’enfant comme Lleu Law Gyffes (Lleu à la main sûre/main habile). Gwydion révéla la supercherie en expliquant à Arianrhod qu’elle venait justement de briser la première malédiction en nommant son fils. Folle de rage, elle jura qu’on ne l’y reprendrait plus.
    Le magicien Gwydion et Lleu se déguisèrent ensuite en voyageurs. Gwydion créa une illusion : une armada de bateaux venait attaquer le repère d’Arianrhod. Pour se défendre, elle distribua des armes à tous ses serviteurs, dont Lleu. Le second sort fut brisé.
    Pour le troisième tabou, Math et Gwydion unirent leurs dons de magie pour créer, avec des fleurs et des plantes (genêt, primevère, reine-des-prés, aubépine, etc.) une femme (« la fille la plus belle et la plus parfaite du monde ») qui est appelée Blodeuwedd («visage de Fleurs»).
    Par conséquent, elle n’était pas humaine.
    Promise à Lleu, ils se marièrent et le troisième sort fut aussi brisé.

    L’union fut célébrée et Llew fut doté d’un cantref (domaine), mais un jour que Llew rendait visite au roi Math, dans sa résidence de Caer Dathyl, Blodeuwedd accueillit Gronw Pebyr, seigneur de Penllyn, qui chassait dans le pays.

    La trahison de Blodeuwedd.

    Blodeuwedd offrit l’hospitalité au chasseur pour la nuit et en tomba amoureuse. Les amants passèrent plusieurs nuits ensemble et projetèrent de tuer l’époux. Mais Llew est un dieu qui ne peut être tué que selon certaines modalités: il ne peut être tué à l’intérieur, ni à l’extérieur, ni lorsqu’il chevauche ou qu’il marche. En fait, il ne peut être assassiné que dans une seule position : quand il prend son bain avec un pied sur une chèvre et l’autre sur un chaudron, par une lance forgée spécialement pendant une année.

    Gronw demanda à Blodeuwedd de se renseigner pour apprendre comment tuer son mari. Le lendemain Llew revint et trouva une Blodeuwedd en larmes. Elle lui confia ses craintes concernant le fait qu’il pourrait un jour trouver la mort et ne plus revenir. Llew la consola, en lui disant qu’il ne pouvait pas être facilement terrassé, que seule une lance pourrait le tuer et cela dans certaine circonstances.

    Blodeuwedd demanda à son mari de lui expliquer comment on pouvait arriver a obtenir ces circonstances, il lui dit alors qu’il devait prendre son bain sur les rives d’une rivière, dans un chaudron couvert d’un toit, et qu’il devait y avoir une chèvre au coté du chaudron. Il devait alors mettre un pied sur le dos de la chèvre et l’autre sur le bord du chaudron. Et là la lance pourrait le tuer.

    Blodeuwedd, envoya un message à Gronw, lui disant de commencer a fabriquer la lance. Après une année et un jour, Blodeuwedd, demanda alors a Llew de lui montrer comment on arrivait a se tenir en équilibre sur un chaudron et une chèvre. Encore pour calmer son épouse Llew le fit, mais au moment ou il posa le pied sur le bord du chaudron, Gronw sortit de l’ombre et lui transperça les côtes. Au même moment Llew se transforma en aigle et s’envola en poussant un cri de douleur, non seulement du fait d’avoir été blessé mais également pour la trahison de son épouse bien aimée.
    L’amant meurtrier prit sa place à la tête du royaume.

    Gwydion parcourut le Gwynedd à la recherche de son neveu. Il retrouva l’aigle et, chantant des englyn, chants magiques, lui redonna son aspect humain. Il le ramena à Caer Dathyl pour être soigné par les meilleurs médecins. Puis ils mobilisèrent les hommes du Gwynedd et marchèrent vers le cantref de Dinoding.
    Gwydion transforma Blodeuwedd en chouette pour qu’elle ne vive que la nuit et soit méprisée des autres oiseaux en la maudissant ainsi. «Vous n’oserez pas montrer votre visage, plus jamais à la lumière du jour, plus jamais, et ce sera la cause de l’hostilité entre vous et tous les autres oiseaux. Ce sera leur nature de vous harceler et de vous mépriser partout où ils vous trouveront. Et vous ne perdrez pas votre nom  qui sera toujours «Blodeuwedd ».

    Blodeuwedd signifie « hibou » en langage d’aujourd'hui. Et c’est à cause de ça qu’est née l’hostilité entre les oiseaux et la chouette et que le hibou est encore appelé Blodeuwedd. »

    Pendant ce temps, Gronw s’échappa et envoya des émissaires à Lleu pour implorer son pardon. Lleu refusa, exigeant que Gronw l’attende sur la rive de la rivière Cynfael pour recevoir un coup de sa lance. Gronw pria désespérément quelqu'un de sa troupe de guerre de prendre sa place, mais ses hommes refusèrent. Finalement, Gronw dut se résoudre à recevoir le coup, à la condition qu’il puisse placer une grosse pierre entre lui et Lleu. Lleu permit à Gronw de le faire, puis leva la lance et la projeta avec une telle force qu’elle perça la pierre, tuant son rival.
    Une pierre percée à Ardudwy est encore connue sous le nom de Llech Ronw (Pierre de Gronw).

    Llew récupéra ses terres et règna sur tout le Gwynedd.

     

     

     


    Sources: Wikipédia et http://www.orderwhitemoon.org/goddess/arianrhod2/Arianrhod_2.html
    http://calendriercelte.tumblr.com/arianrhod
    http://laforetceltique.forumactif.com/t890-blodeuwedd

     


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    Chromolithographie de l'artiste hambourgeois Arnold Schleisinger (1926)

    Mami Wata

     

    Mamy Wata est la Mère des eaux, mi-femme mi-poisson, mi-terrestre mi-aquatique, déesse du culte vodun au Togo et au Bénin, esprit de l’eau craint par les pêcheurs du Nigeria et du Ghana, mangeuse d’hommes qui erre dans la nuit africaine, sous les traits d’une revenante, sainte patronne des prostituées de Kinshasa.

    Mamy Wata est une divinité qui est l’objet d’autant de cultes que d’adeptes. Héroïne de contes lacustres et de légendes urbaines, elle recouvre autant de symboles que de cultures, et incarne autant de vertus que d’espoirs, autant de maléfices que de peurs.
    C'est la déesse mère des Eaux, déesse crainte des Pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur.

    Mami Wata est généralement décrite comme une femme d'une grande beauté, aux cheveux noirs, raides ou bouclés, qu'elle coiffe avec un peigne d'or. Elle a la peau claire, les yeux grands et brillants, ses vêtements sont à la dernière mode et ses bijoux aveuglants. Ces signes de richesse sont le signe de la nature dangereuse de Mami Wata.

    Mais le plus souvent elle est décrite sous les traits d'une sirène mi-femme mi-poisson ou mi-femme mi-serpent. Un grand serpent (symbole de la divination et de la divinité) l'accompagne souvent. Par ces attributs elle ressemble beaucoup aux Vouivres européennes et rappelle évidemment Mélusine.

    Cette sirène est l’une des rares déités de la mythologie africaine à être représentée, picturalement parlant, sous des traits et une forme récurrents.

    Mami Wata

    Selon une tradition nigérianne, les adeptes hommes peuvent rencontrer Mami Wata sous la forme d'une belle prostituée. Après l'acte sexuel, elle lui apparaît et lui demande la fidélité et le secret. S'il accepte, la fortune et la santé lui sont accordées, sinon, ruine sur sa famille, ses finances et son travail.

    Van Stipriaan rapporte d'autres histoires dans lesquelles des voyageurs (des hommes) la rencontrent sur la rivière. Mami Wata est immanquablement à sa toilette, se coiffant les cheveux en se regardant dans un miroir. Quand elle remarque l'intrus, elle s'enfuit dans l'eau en laissant ses affaires derrière elle dont le voyageur s'empare. Plus tard elle lui apparaît en rêve et lui demande la restitution de ses affaires et qu'il lui soit sexuellement fidèle. S'il accepte, la fortune lui est accordée, sinon il a le mauvais œil.

    Mamiwata, en plus d’être un être hybride, est une divinité étrangère. Etrangère aux hommes et étrangère à la nature. C’est une créature supranaturelle, car elle incarne le croisement de trois mondes : animal, humain et spirituel.
    Mamiwata est également la seule divinité africaine, vénérée ou connue dans un espace géographique rassemblant des cultures et des peuples aussi divers que les Ibo du Nigeria, les Ewé du Bénin, les Bamiléké du Cameroun et les Kongo de la RDC. Bien qu’elle soit l’objet de cultes différents et soit rattachée à des symboles bien particuliers selon les ethnies, les croyances, mais aussi les milieux sociaux, on peut dire que Mamiwata est une déesse « panafricaine ».

    En se basant sur la localisation « côtière » des pays où le culte de Mamiwata est le plus répandu, à savoir le golfe de Guinée, pour le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo, et l’Afrique Centrale pour le Cameroun et la RDC, certains chercheurs sont arrivés à la conclusion que Mamiwata, dans sa représentation moderne, est apparue pour la première fois en Afrique au 15ème siècle, au moment où les Européens ont abordé les côtes du continent noir. La sirène aurait été introduite en Afrique, à la fois par les récits des marins européens, mais également par les figures de proue de leurs navires, qui représentaient très souvent une sirène.
    Elle serait selon certains la représentation du mal et des vices apportés par l’homme blanc.

    Son culte varie selon ses initiés, prêtres et adorateurs, cependant des grandes lignes se dégagent. Des réunions peuvent avoir lieu, mais la déité est plus encline à des rapports individuels avec ses suiveurs. Elle a de nombreux prêtres et médiums en Afrique, en Amérique et aux Caraïbes, qui sont spécifiquement initiés.

    Au Nigéria, ses adeptes portent des vêtements rouges et blancs, car ces couleurs représentent la nature double de Mami Wata : dans l'iconographie igbo, le rouge représente la mort, la destruction, la chaleur, la masculinité et le pouvoir alors que le blanc symbolise également la mort, mais aussi la beauté, la création, la féminité, le renouveau, la spiritualité, l'eau et la santé. Les sanctuaires de Mami Wata peuvent être décorés de ces couleurs et avec des cloches, des sculptures, des icônes chrétiennes ou indiennes, des poupées, de l'encens et des restes de sacrifices précédents.

    Le culte de Mami Wata consiste en des danses accompagnées de musique. Les adeptes dansent jusqu'à entrer en transe. Elle les possède alors et leur parle. Les offrandes sont également importantes : elle préfère de la nourriture et de la boisson, de l'alcool, des objets odorants (pommade, poudre, encens, savon, etc.) ou des biens précieux comme les bijoux. Les adorateurs modernes offrent couramment des biens manufacturés (Coca-Cola, bijoux de créateurs, etc.)

    La religion vodun ayant traversé l’Atlantique avec les esclaves africains durant près de quatre siècles de traite, la sirène Mamiwata est également très présente dans certains cultes de la diaspora noire.
    On la retrouve dans les Caraïbes, et dans certaines régions d'Amérique du Nord et du Sud, souvent sous le nom de Water Mama. Elle est en particulier vénérée dans le culte du Candomblé au Brésil, où elle porte le nom de Yemanja, et ceux de la Santeria à Cuba ou en Haïti, où les descendants d’esclaves africains l’ont baptisée Yemoya. Un culte spécial lui est consacré dans la tradition du vaudou haïtien sous le nom de Iemanja.

    Selon les traditions des deux côtés de l'Atlantique, l'esprit enlève ses adeptes ou des gens au hasard alors qu'ils nagent ou qu'ils sont en bateau. Elle les emmène dans son royaume qui peut être sous l'eau, dans le monde des esprits, ou les deux. Si elle leur permet de partir, les voyageurs reviennent souvent dans des vêtements secs et avec une nouvelle intelligence spirituelle qui se reflète dans leur regard, souvent ils s'enrichissent, deviennent plus séduisants et plus faciles à vivre.

    Mamiwata est donc une combinaison subtile de croyances africaines et d’imageries à la fois européennes et indiennes. L’aspect « étranger » de Mamiwata a d’ailleurs toujours été fortement souligné dans sa représentation picturale, comme symbole des bouleversements culturels apportés par la traite négrière et la colonisation européenne.

     

    Mami Wata

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.masque-africain.com/sculptures.html

     


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  • Tanit

    Tanit - Ve-IIIe siècle av. J.-C.,
    Provenance : Nécropole de Puig des Molins, Ibiza,
    Musée Archéologique de Catalogne, Barcelone

     

    Tanit

    Tanit est une antique déesse phénicienne, chargée de veiller à la fertilité, aux naissances et à la croissance. Elle était la déesse tutélaire de la ville de Serepta et son culte prit de l'ampleur à Carthage où elle était aussi nommée Oum. Elle était la parèdre du dieu Ba'al Hammon dont la présence se retrouve dans beaucoup de religions anciennes du Moyen-Orient.

    Le pouvoir de Tanit se répandait dans plusieurs domaines: elle était la maîtresse du ciel et de la lune, de la fertilité et de la guerre. Elle était aussi vénérée comme la déesse astrale qui unit le ciel à la terre, mais aussi comme la déesse de la pluie et pour obtenir ses faveurs, on sacrifiait des moutons et des pigeons.
    Ses symboles sont la grenade, le pigeon et le lion.

    Tanit est dénommée Tanit péné Baal (littéralement « face de Baal ») aux environs de 400 av. J.-C., ainsi que Tinit ou Tinêt. Elle avait des temples dans la plupart des cités de Phénicie ou de Syrie, et dans les colonies phéniciennes.

    C'est surtout à Carthage qu’elle était adorée sous le nom de Tanit. On a trouvé sur l'emplacement de cette ville des milliers d'ex-voto puniques, où elle est associée à Baal.

    TanitTanit

     

    Tanit a été interprétée par les Romains comme une forme particulière de Junon : Iuno Caelestis vite devenue Caelestis.
    On célébrait en son honneur des mystères, auxquels assista encore saint Augustin. Le temple de Caelestis à Carthage se conserva jusqu'en l'année 399 de notre ère; il fut alors transformé en église, puis détruit. Cette déesse avait des sanctuaires dans beaucoup d'autres villes africaines.

    En Tunisie encore actuellement, la coutume veut qu'on invoque Oumouk tangou (Oum) ou encore Omek tannou (la Mère Tangou ou Tannou en arabe tunisien) les années de sécheresse, pour apporter la pluie ; de même qu'on parle de cultures "Baali" (ba'li) pour dire cultures non irriguées, sans doute pour dire qu'elles dépendent uniquement du dieu Ba'al Hammon.

    Tanit

    Malheureusement, dans les écritures anciennes, on trouve peu de choses sur le culte et la mythologie de Tanit.
    Certains considèrent Didon, fondatrice de Carthage, comme un avatar de Tanit.

    Didon est une princesse phénicienne, première-née du roi de Tyr, dont la succession est entravée par son frère Pygmalion. Pygmalion assassine le mari de Didon, Sychée, et s‘empare du trône. Pour éviter probablement une guerre civile, Didon quitte Tyr avec une suite nombreuse de partisans, s'embarquant pour un long voyage dont l'étape principale est l'île de Chypre. À Chypre, l'escadre embarque des jeunes filles destinées à épouser les membres masculins de l'expédition. De gré ou de force? L’histoire ne le dit pas.

    Débarquée sur les côtes de l'actuelle Tunisie, vers 814 av. J.-C., elle choisit un endroit où fonder une nouvelle capitale pour le peuple phénicien. Elle obtient l’autorisation du seigneur local de s’établir sur son territoire: moqueur, il lui accorde des terres «autant qu'il en pourrait tenir dans la peau d'un bœuf». Elle choisit alors pour fonder sa ville une péninsule s'avançant dans la mer et, ingénieuse, fait découper une peau de bœuf en lanières extrêmement fines. Mises bout à bout, celles-ci délimitent l'emplacement de ce qui deviendra plus tard la grande Carthage.

    Tanit


    Le tophet de Carthage, aussi appelé tophet de Salammbô, est une ancienne aire sacrée dédiée aux divinités phéniciennes Tanit et Baal situé dans le quartier carthaginois de Salammbô, en Tunisie, à proximité des ports puniques.
    Ce tophet, «hybride de sanctuaire et de nécropole», regroupe un grand nombre de tombes d’enfants qui, selon les interprétations, auraient été sacrifiés ou inhumés en ce lieu après leur mort prématurée. Le périmètre est rattaché au site archéologique de Carthage classé au patrimoine mondial de l’Unesco.
    L’imaginaire collectif a été alimenté par le roman de Gustave Flaubert, Salammbô (1862), qui donna son nom au quartier où fut découvert le sanctuaire


    Le Signe de Tanit
    Le signe de Tanit est un symbole représentant semble-t-il une femme, les bras levés vers le ciel, peut-être en signe de prière ou d‘invocation.
    On le retrouve très fréquemment sur les stèles carthaginoises.

    On suppose que le simple fait de graver ce symbole appelait la protection de la déesse, et de ce fait, repoussait les dangers. On le trouve aussi sur des poids en métaux, et des petits objets, des amulettes…

    Tanit

    Au delà d'une fonction funéraire, ce signe possède peut-être aussi des intérêts liés à la fertilité, d'où la présence de ces bornes au delà des cimetières.

     

    Tanit

     

     

     



    Sources: Wikipédia et http://ibicasa.com/fr/art/05_12-tani1.php

     

     


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