• Epona

    Épona

     Epona était la déesse des Equidés ainsi que de ceux qui les montaient ou les soignaient, des écuries et des voyageurs. Il s’agissait d’une déesse très populaire, à en juger d’après le nombre important de figurations qu’on en connaît, en particulier des figurines en terre cuite de l’Allier, dont on sait qu’elles étaient particulièrement répandues dans toute la Gaule.

    Epona, seulement une déesse des chevaux?
    Beaucoup de monuments représentent Epona tenant une corne d'abondance ou un panier de fruits, patère, fouet, cravache, clé. Ses attributs et sa longue robe la rapprochent aussi des déesses mères gauloises. De nos jours, une tendance en fait également une divinité protectrice du foyer, une divinité nourricière dans la mesure où la jument allaite souvent un poulain. Certains lui ont aussi donné un rôle en rapport avec la mort, elle serait l'accompagnatrice des âmes. En effet, le cheval est souvent considéré comme l'introducteur de l'âme du défunt dans l'au-delà.

    Ce ne sont là que les grandes lignes de l'iconographie. Il y a de nombreuses variantes, que l'on peut tenter de regrouper selon des ensembles géographiques. Ainsi en Moselle et dans le Luxembourg, elle se tient à califourchon (Senon, dans la Meuse, musée de Saint-Germain). Ailleurs (Rome, Bulgarie, Afrique du Nord), elle est assise et donne une pâture symbolique, des fruits, à un groupe de chevaux. En Bourgogne, la monture pose parfois le sabot sur un rocher. Epona est, sans aucun doute, une déesse aux multiples fonctions.  Notons aussi au passage qu'Epona fut une des rares déesses gauloises à s'intégrer dans le calendrier romain. Alors qu'à l'époque impériale, la tendance était plutôt à la romanisation des dieux gaulois traditionnels, Epona a gardé son identité propre, et a même réussi à intégrer le panthéon romain. Dans ce dernier, elle gardait encore une certaine couleur gauloise, car les romains associaient facilement le cheval aux peuplades gauloises.

    D'après un article de la revue "Histoire Antique", par Patrice  Lajoye (N° 9, juin/juillet 2003) ce n'est qu'en 1483 que L. Lersch, un Allemand, prend conscience que la déesse Epona n'est pas latine mais celte. En effet, la répartition des inscriptions qui lui sont consacrées ont été trouvées en majorité sur des territoires celtes et seulement quelques-unes à Rome. Epona est donc une divinité étrangère assimilée par Rome tout comme Mithra ou Cybèle. Si les inscriptions sont assez rares (63 connues), les représentations d'Epona sont en revanche nombreuses, on en retrouve dans toute la partie nord du bassin méditerranéen, de la Grèce à l'Espagne en passant par la Dacie, la Norique, la Germanie, la Gaule, la Grande-Bretagne, la Suisse, jusqu‘en Hongrie.... En fait, les trois régions qui nous livrent abondance de documents sont la Bourgogne, la vallée de la Moselle, la vallée du Rhin.

    Mais comment une déesse aussi modeste dans son panthéon d'origine a-t-elle pu s'introduire dans Rome?

    Le culte d'Epona en Gaule 
    Les nombreuses inscriptions étant souvent signées par des soldats, et retrouvées proches des campements, on suppose que les inscriptions révèlent, surtout à l'Est, un culte non pas indigène mais un culte des légionnaires. A partir de la conquête de la Gaule par les Romains, des Gaulois ont été incorporés dans les troupes auxiliaires de l'armée romaine. Ces Gaulois, excellents cavaliers, ont donc introduit leur déesse fétiche dans toutes les provinces parcourues par leurs légions. Mais le culte d'Epona ne semble pas avoir été introduit à Rome par l'intermédiaire de la Gaule mais par les territoires celtes orientaux. Pour certains, le culte d'Épona aurait pris naissance dans les Balkans, et par le Danube serait parvenu jusqu'en Gaule. En effet, en Gaule, Epona est représentée en cavalière alors que dans les provinces du Danube on la voit assise sur un trône, un tabouret sous les pieds, encadrée par deux ou quatre chevaux. Or, c'est cette dernière représentation que l'on trouve à Rome, notamment dans les casernes du Latran abritant les cavaliers barbares composant la garde de l'Empereur et recrutés généralement en Rhétie, Germanie, Pannonie, Norique.

    Epona a donc été adorée surtout par des militaires, son culte se localise souvent dans des écuries où l'on place sa statue en bronze ou en céramique ou encore son portrait peint. Ces représentations sont le plus souvent assez petites et modestes et attestent un culte humble et populaire. Quelques autels dédiés à Epona et un calendrier permettent de penser que des fêtes locales, aux dates variables selon les régions, lui étaient consacrées. Epona occupait une grande place dans la religion gauloise et ce, parce que le cheval lui-même était primordial dans la vie du Gaulois. Rappelons combien la cavalerie gauloise avait déstabilisé les légions romaines lors de la Conquête. Le culte de cette déesse a donc logiquement persisté ensuite dans l'armée. Mais tout porte à croire que le bas peuple l'adorait dans les campagnes. Il ne nous reste malheureusement quasiment pas de traces d'un culte officiel à Epona dans les grandes villes.

    Et dans la tradition celtique?  Quand il s'agit d'étudier une divinité gauloise ou plus généralement celte, on recourt souvent à des comparaisons avec ce que l'on connait de la tradition celtique qui a laissé des traces écrites en Irlande. 

    Epona est souvent rapprochée de la déesse kymrique Rhiannon (ce nom dérive d'un mot celtique "Rigantona" signifiant "la grande reine") apparaissant dans le Mabinogi de Pwyll. On dit d'elle qu'il était impossible de la rattraper quand elle montait à cheval, tant elle était rapide. Rhiannon eu pour maris Pwyll et Manawyddan. Certains disent qu'elle avait aussi la fonction d'accompagner les morts.

    Il y a certes des ressemblances entre Epona et Rhiannon : leur attachement aux chevaux, leur fonction d'accompagnatrice des morts... Mais il y a aussi des différences de taille : la déesse Epona était célibataire, tandis que Rhiannon, plus considérée comme une reine était mariée. De plus, Epona était surtout adorée près du limes tandis que Rhiannon fait partie de la littérature celtique (surtout de Grande Bretagne). Donc, s'il y a indéniablement des ressemblances entre les deux personnages, il serait toutefois plus sage de ne pas les assimiler complètement.

    Epona va disparaître avec le triomphe du christianisme. St Eloi, patron des forgerons, deviendra le protecteur des chevaux. On peut aussi revoir une survivance d'Epona sur les chapiteaux romans représentant la "Fuite en Egypte" : la vierge y est représentée à cheval, en amazone, un tabouret sous les pieds, tout comme l'Epona gauloise.

    Les auteurs antiques citant Epona : Plutarque, Juvénal, Apulée, Minucius Felix, Tertullien, Prudence, Fulgence.

     

    Sources: http://epona1.voila.net/page2/index.html
    http://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/cadre-religion-celte.php3#EPONA

     

     

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  • Commentaires

    1
    m. epona
    Samedi 30 Août 2014 à 15:29
    Bonjour je m'appelle eponà, j'ai 26 ans. Et aime beaucoup l'histoire de la déesse epona hors je souhaiterai trouver des ouvrages qui ressemblent le plus 1 la réalité et qui soit dédié à toute l'histoire de epona. Sauriez vous ou je peux trouver cela svp
    2
    Samedi 30 Août 2014 à 15:55

    Bonjour Epona, joli prénom et peu courant en effet.
    Je vais faire de mon mieux pour répondre à ton mail, mais peut-être ta maman qui t'a donné ce prénom en sait-elle beaucoup plus, lui as-tu demandé? A bientôt.

    3
    m. epona
    Samedi 30 Août 2014 à 21:27
    Je lui ai demandé oui ainsi qu'à mon.père et mes grands parents
    Mais ce n'est pas suffisant
    4
    Hier à 09:59

    Bonjour,

    une deesse interessante, pas connue de la plupart, et grâce a toi je découvre les infos,

    et elle est représentée aussi dans l'Est, ma region et je ne la connaissais pas du tout

    c'est le cordonnier qu est le plus mal chaussé il parait eh eh eh

      • Hier à 10:42

        Bonjour Philippe, une Déesse Gauloise qui a vaincu les Romains, voilà qui devrait plaire à Astérix?

        Merci de ta visite, passe une belle fin de semaine, bises.

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