• Le Cheval Mallet

    Le Cheval Mallet

    Cheval Mallet ou cheval Malet désigne un cheval fabuleux et maléfique mentionné dans le folklore français autour de la Vendée, du Poitou, et plus fréquemment dans le pays de Retz, près du lac de Grand-Lieu.
    Le cheval Mallet est vu comme un instrument du Diable voire comme une forme de Satan lui-même. Une fête folklorique fut également connue sous le nom de cheval Merlette, Merlet ou Mallet dans la commune de Saint-Lumine-de-Coutais; elle avait une fonction militaire, cathartique, de célébration du renouveau ou de carnaval. Bien que ses liens avec la légende du cheval Mallet demeurent peu connus, elle mettait en scène plusieurs acteurs autour d'un chêne, dont un déguisé en cheval. Elle fut combattue par les autorités ecclésiastiques et interdite en 1791.

    Légende du cheval Mallet
    Le cheval Mallet se présente comme un magnifique cheval, généralement blanc, plus rarement noir (il serait blanc comme le brouillard en Vendée et noir en Saintonge), il est parfois décrit comme un cheval-fantôme, toujours mauvais ou maudit, qui apparaît soigneusement sellé et bridé, parfois le soir, et le plus souvent au milieu de la nuit, face à un voyageur fatigué par une longue route; il représente alors une tentation pour celui-ci. Si le voyageur enfourche cette monture, sa chevauchée se termine toujours au matin par sa mort, le cavalier est jeté à terre et meurt généralement sur le coup, ou alors est piétiné à mort par sa monture, jeté dans un précipice ou dans une fontaine, voire dans tout type de point d'eau. Des traces de sabot « à la forme étrange » pouvaient être retrouvées à côté du corps.

    Selon Claude Seignolle et Édouard Brasey, les yeux du cheval Mallet émettraient une lueur qui éclaire son chemin lorsqu'il galope, et il n'y aurait qu'un moyen d'arrêter cet animal, « c'est d'avoir sur soi la rançon du voyage ». Jeter six pièces de monnaie marquées d'une croix devant lui pourrait aussi le stopper, tout comme effectuer un signe de croix, et utiliser de l'eau bénite ou un sou marqué. Une médaille de saint Benoît (dite « croix des sorciers ») serait la seule protection efficace qui permet d'en prendre le contrôle pendant une nuit. Cet animal fantastique et maléfique des légendes « faisait trembler de peur les petits-enfants quand les vieilles femmes l'évoquaient ».

    Le Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis mentionne en 1868 le « Cheval Malet » comme « un être fantastique et malfaisant. Il est blanc et magnifiquement harnaché. Lorsqu'il aperçoit un voyageur fatigué, il s'en approche avec beaucoup de douceur, se laisse caresser ; mais dès que le trop confiant voyageur l'a monté, il l'emporte à fond de train vers une mare où il le noie. Cependant, si le malheureux écuyer a pris de l'eau bénite à son réveil, ou s'il a la présence d'esprit de faire un signe de croix, il en est quitte pour un bain froid. Alors le cheval Malet, qui n'est autre qu'un loup-garou, s'enfuit en poussant d'affreux hennissements qui retentissent jusque dans les profondeurs des bois.

    Claude Seignolle consigna la légende poitevine du cheval Mallet dans ses Contes, récits et légendes des pays de France au milieu du XXe siècle. Il y décrivit l'animal comme « un coursier magnifique, au poil noir lustré, qui parcourt, les nuits sombres, couvert d'un harnachement splendide, les chemins creux du sol poitevin ». Lorsque cet animal croise un voyageur isolé, il se penche vers lui et se fait doux et caressant, afin de tenter ce dernier, généralement fatigué, de monter en selle. Lorsque le voyageur est sur le dos de l'animal, « s'applaudissant du retour facile, ayant en son esprit charmé la vision de sa famille rassemblée qui l'attend », celui-ci se met à galoper « comme un ouragan qui se déchaîne », à une vitesse inimaginable, telle que ses pieds ne toucheraient plus la terre. Claude Seignolle précise aussi que « ses naseaux vomissent la fumée » et que « ses yeux éclairent l'horizon ». Aucun obstacle ne peut arrêter le cheval Mallet, il franchirait facilement les rivières et serait si rapide que son passage produirait une bourrasque qui « incline jusqu'à terre les arbres géants que la tempête ne dérange pas de leur solennelle immobilité ». Le cavalier qui voudrait l'arrêter demeure impuissant et voit « les villes et les bourgs défiler aussi promptement que dans un rêve », à tel point qu'il parcourrait l'univers entier de cette façon durant la nuit, sans que sa monture ne se fatigue. Lorsque le matin approche, le cheval se débarrasse de son cavalier en le jetant à terre où il se brise les reins et le cou.
    Claude Seignolle cite la morale de la légende comme telle : « Ne voyagez pas sur un cheval inconnu. Ayez toujours dans votre poche la rançon du voyage ».

    En 1862, un recueil de légendes vendéennes mentionne la mésaventure d'un coureur de cabaret et de veillée qui rencontra à Saint-Benoist-sur-Mer un palefroi très amical, un soir. L'animal plia les genoux pour permettre à son cavalier de bien se placer en selle, mais à peine celui-ci avait t-il saisi les rênes qu'il se sentit emporté à une vitesse vertigineuse, à travers le marais, les plaines, les collines, les broussailles et les ruisseaux. « Vingt fois, le coursier chercha à désarçonner son cavalier, et vingt fois, celui-ci résista aux efforts de son indomptable adversaire ; force fut au cheval Mallet de ramener, au lieu où il l'avait pris, le villageois qui ruisselait, il est vrai, de sueur, de poussière et de sang, mais qui était demeuré vainqueur. Il devait son salut à la médaille de saint Benoît qu'il portait à son cou ».
    Un recueil de contes reprend la même histoire en 1978 mais mentionne qu'on ne revit plus jamais le cavalier, il cite aussi l'expression « c'est un vrai cheval Mallet » qui désignerait une personne intrépide et ardente dans la région.

    Liens avec les lutins
    Selon une étude sur le nain au Moyen Âge, le « cheval Mallet » serait la forme métamorphosée d'un lutin, et il existerait entre lutins et chevaux des liens très étroits car, dans les chansons de geste comme dans le folklore plus moderne, lorsque le petit peuple adopte une forme animale, c'est le plus souvent celle d'un cheval. Une autre étude, cette fois consacrée aux changelins, (un changelin ou changeon (en anglais changeling) est un leurre laissé par les fées à la place d'un nouveau-né humain qu'elles enlèvent.) fait la même remarque : « au bord de l'eau, les silhouettes du lutin et du cheval tendent à se confondre ». C'est aussi ce que peut suggérer l'elficologue Pierre Dubois, quand il cite le « cheval Mallet » dans son encyclopédie des fées, parmi une longue liste de « chevaux-fée » dont la plupart finissent par noyer leurs cavaliers, et dit que « ces animaux sont issus des Pégases et des Licornes, et que s'ils sont devenus farouches, c'est que les hommes n'ont pas su les apprivoiser ».

    NB: j’ignorais qu’il existait des « elficologues »!

    Source: Wikipédia.org

      

      

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  • Commentaires

    1
    Lundi 13 Janvier 2014 à 10:09

    Bonjour Triskèle,

    Blanc ou noir, j'avoue avoir beaucoup de mal à m'imaginer qu'un cheval puisse être maléfique !

    Mais là, il s'agit du cheval Mallet comme le cheval Gauvin en Franche-Comté,

    spécimen hippique d'étalon féérique...

    Comme Toi, je découvre, avec plaisir,  le mot " elficologue. "

    Bon début de semaine.

    Bises.

    2
    Lundi 13 Janvier 2014 à 10:21

    Bonjour Ymi, et comme on apprend chaque jour, j'ai appris depuis qu'il existait en Islande une école qui décernait des diplômes "d'études et recherches sur les elfes et autres peuples invisibles"! Il y aurait 8000 diplômés. J'aimerais bien connaitre le détail de l'enseignement! Je prépare un article sur les Islandais et leurs elfes .
    Belle semaine à toi aussi, bises.

    3
    Vendredi 14 Mars 2014 à 09:57

    Comme dit Ymi, j' ai du mal à voir le cheval comme un animal maléfique mais j' avoue que je suis passionnée de cheval ... Bonne journée. Amitiés. Annick

    4
    Vendredi 14 Mars 2014 à 10:27

    Merci de ta visite Annick; belle journée à toi aussi, il fait beau profitons-en.

    5
    Lundi 15 Décembre 2014 à 21:36

    L'elficologie doit existé depuis moins de 20 ans.
    C'était à la base une manière de se moquer de ces personnes qui voulait faire revivre les Contes de fées en donnant des noms à de créatures, parler de leur nourriture, de leur vie, afin de remplir de nouveau l'imaginaire de surtout des enfants mais aussi des adultes ... La blague a prit un grand tournant lorsque des personnes ont demandé à Pierre Dubois, les études qu'il fallait faire pour devenir chercheur en elficologie !

    Bien sûr il fut bien surpris que la blague sur lui fut tant prise au sérieux et expliqua franchement :

    "Pour devenir elficologue, rien de plus simple ! Pas besoin de plusieurs d'années d'études. Il est juste nécessaire de se balader dans un vieux chemin en forêt et de rêver."

    6
    Mardi 16 Décembre 2014 à 06:42

    C'est sans doute vrai, mais en Islande l'elficologie est prise très au sérieux.

    http://triskele.eklablog.com/les-huldufolks-a106426596

    Amitiés Arthz.

    7
    Mako
    Dimanche 26 Juin 2016 à 17:51

    Ce site est vraiment magnifique avec toutes ces légendes. Ça fait rêver .

      • Dimanche 26 Juin 2016 à 18:33

        C'est le but, merci Mako.

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