• La légende du crocus des prairies


    (Légendes manitobaines)

    Wappee était le fils du chef de la tribu des Pieds Noirs. Estimé de tous, il vivait paisiblement entouré des siens. N’ayant peur de rien, à l’abri des intempéries et des bêtes féroces dans le grand tipi, il grandissait en sagesse tout en suivant attentivement les enseignements de son père.
    Quand Wappee eut douze ans, son père le fit venir.
    "Mon fils, le temps est venu pour toi de devenir un homme. Un jour, si les Esprits le veulent, tu seras le chef. Pour cela, tu dois te montrer à la hauteur de ton peuple. Tu dois partir dans les collines. Tu reviendras dans cinq nuits. Alors, peut-être seras-tu devenu un homme libre, capable de conduire les tiens".

    Wappee quitta la tribu le soir même et se dirigea vers les montagnes. Il s’installa sur le sommet de la plus haute colline. Seul avec les étoiles, il se sentit libre, prêt à affronter tous les obstacles.
    Au matin, Wappee se leva, le cœur léger. C’était une belle journée de printemps. La neige fondait lentement sous le chaud soleil.
    Wappee s’assit et médita sur son avenir. Il devait attendre qu’un Esprit bienveillant lui montre, par le biais du rêve, le chemin qui le mènerait de l’enfance vers l’âge adulte. Mais le jour progressait et Wappee ne voyait toujours rien.
    Aucune vision, ni âme qui vive, ne venait troubler le silence qui l’entourait. Très vite, la solitude et la peur s’emparèrent de lui.
    Le soir venu, il s’allongea à nouveau dans l’espoir d’avoir une vision. Mais rien ne vint.
    Le lendemain se passa en tous points comme la veille. La journée chaude étala les couleurs de l’aube jusqu’au crépuscule pour se fondre ensuite dans la pénombre de la nuit. Wappee ne bougea pas.
    Il ne lui restait maintenant que trois nuits avant de retourner chez son père pour lui annoncer qu’il n’était pas devenu un homme, mais qu’il était un lâche.
    Le Grand Esprit ne lui avait pas permis de faire le rêve. Plus le temps passait, plus Wappee ressentait la douleur de l’échec.

    Le matin suivant, alors qu’il observait les couleurs du soleil levant, il aperçut une petite fleur aussi blanche que la neige, qui reposait à ses côtés.
    La fleur ouvrait grand ses pétales pour y laisser entrer le soleil. Elle se balança lentement dans sa direction jusqu’à ce que son esprit troublé fut calmé par la vue des montagnes bleues et de l’herbe verte des prés.
    Assis non loin de la fleur, Wappee observa les corbeaux et écouta le bruit du vent. Le jour baissait. La montagne devint rose, puis magenta. Bientôt le soleil disparut, laissant place à l’obscurité.

    Mais cette fois, Wappee ne se sentait plus seul. Il avait maintenant une amie :
    "Petite sœur, dit-il, toi si fragile, que fais-tu dans cet endroit froid et venteux? Je vais me coucher près de toi pour te réchauffer. Mais je ne veux pas t’écraser".
    Et pendant qu’une partie de son esprit se reposait l’autre partie veillait sur la petite fleur blanche.
    Lorsque la nuit se prépara à rencontrer le jour, la fleur parla :
    "Écoute, Wappee. Hier, tu étais triste car tu ne connaissais pas la peur. Celui qui ne connaît pas la peur est fragile. L’homme sage apprend à vivre avec elle".
    Le jeune indien, surpris, s’approcha de la fleur pour mieux l’entendre. Mais la fleur se tût, en se balançant au gré du vent.
    Toute la journée, Wappee ne cessait de penser à ce que la fleur lui avait dit.
    La nuit suivante, il protégea encore la petite fleur avec son manteau de fourrure. Puis, à l’aube, la fleur parla :
    "Tu as bon cœur, Wappee. Tu iras loin".
    Puis, elle se tût jusqu’à la nuit suivante. Au lever du jour, elle dit encore:
    "La sagesse et un coeur bon sont les qualités d’un grand chef. Si tu as des difficultés, reviens vers les collines, elles t’apporteront la paix et la chaleur".
    Puis Wappee s’endormit paisiblement. Son sommeil fut peuplé de visions :devenu chef de sa tribu, il la vit heureuse et prospère.

    Il était maintenant temps pour Wappee de retourner vers les siens. Cependant, avant de partir, il dit à la fleur:
    "Petite sœur, pendant trois nuits, tu m’as consolé de ma solitude, tu m’as aidé à avoir des visions. Demande-moi ce que tu veux et j’irai voir le Grand Esprit pour qu’il exauce tes vœux".
    La petite fleur répondit :
    "Wappee, demande au Grand Esprit de m’habiller de bleu et de violet, comme les montagnes, afin que les hommes puissent me voir, de me donner un petit soleil doré que je garderai tout au fond de mon cœur pour me consoler les jours de pluie, et un manteau chaud pour que je puisse faire face au vent froid qui souffle et à la neige qui fond. Ainsi, j’apporterai confort et espérance à tous les hommes".
    Le Grand Esprit, qui avait entendu cette conversation fut sincèrement touché par la bonté de Wappee envers la fleur aussi, répondit-il aux souhaits de ce dernier.
    La petite fleur blanche devint alors bleue et violette avec au centre un cœur chaud et doré, enveloppé d’un manteau de verdure. Cette petite fleur s’appelle le crocus des prairies.
    Les hommes admirent sa force et sa fragilité, ses couleurs et sa chaleur...

    Elle est aujourd’hui l’emblème floral du Manitoba ( province de l'Ouest du Canada )

     

     

     

     

    Sources: http://grissom.os.free.fr/crocus.html
    http://www.ipernity.com/group/229312/discuss/131191

     

     

     

     


    10 commentaires
  • Le sirop d’érable

    Bien des idées qu’ont eu les hommes leur ont été soufflées par l’observation des animaux.
    Celle-ci par exemple:

    Les tribus amérindiennes savaient comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop. Par la suite, ils ont appris à nos ancêtres à fabriquer le sirop d'érable.
    Mais les Amérindiens, eux, comment ont-ils appris ?

    Le sirop d’érable

    Une des nombreuses légendes raconte qu'un petit écureuil grimpa le long d'un tronc d'arbre, mordit sa branche et se mit à boire. Un Amérindien se trouvant au pied de cet arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu'une source d'eau fraîche coulait tout près. Il imita l'écureuil en faisant une fente avec son couteau ...surprise, l'eau qui s'en écoulait était sucrée ! Jusqu'alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages. Et voilà qu'il existait un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal.
    En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps. Tout ça parce qu'il avait regardé et imité un écureuil en train de se désaltérer avec la sève d'érable.

    Le sirop d’érable

    Cette petite légende de la découverte du sirop d`érable a été confirmée par le frère Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois il y a bien des années, auteur illustre de la Flore laurentienne. Les Amérindiens auraient donc appris en observant l'écureuil roux.
    Marie-Victorin affirme que les Amérindiens ont appris aussi de l’écureuil à transformer la sève d’érable en sirop. En effet, de la blessure causée par la branche qui se casse coule la sève, parfois jusqu’au pied de l’arbre. Le soleil chauffe cette sève jour après jour pour faire évaporer l’eau jusqu’à ce qu’il ne reste que du sirop. Les écureuils lèchent ce sirop chaque printemps.

    Il y a finalement autant de légendes amérindiennes sur l’origine du sirop d’érable qu’il y a de tribus. Une seule certitude : les Amérindiens ont très vite su exploiter les vertus de la sève de l’érable à sucre en mettant au point une technique de récolte toute simple. A l’approche du printemps, ils entaillaient les arbres de biais avec leur tomahawk et recueillaient le précieux liquide dans un mokuk, récipient d’écorce de bouleau qu’ils déposaient sur la neige au pied de l’arbre à l’aide d’un éclat de bois encastré dans l’entaille. Pour obtenir un sirop épais, les Amérindiens faisaient bouillir la sève dans des chaudrons d’argile en la chauffant avec des pierres rougies au feu. Le procédé était très long.

    Le sirop d’érable

     

    Pour infos:
    Croyances populaires:
    -Les premiers cris des corneilles annoncent l'arrivée du temps des sucres.
    -Les premiers cris des outardes (oies sauvages) annoncent la fin de la saison.
    -Si on entaille les érables lors du croissant de lune, la coulée est abondante.
    -Si l'érable coule trop vite au moment de l'entaille, la coulée ne durera pas longtemps.
    -L'apparition de l'oiseau des sucres (Passereau) signifie qu'il est temps d'entailler. Cet oiseau est fréquent lorsque le temps d'entailler les érables est arrivé.
    -Les papillons des sucres annoncent la fin de la coulée.
    C'est un papillon gris et blanc qui fait son apparition à la fin de la saison des sucres et qui se noie dans les chaudières d'eau d'érable.

     

     


    Source: mon ami Gino et http://www.chezmaya.com/cartesvirtuelles/erable/sucres.html
    http://mag.kanata.fr/gastronomie/lhistoire-du-sirop-derable.html

     

     

     

     

     


    16 commentaires
  • Les Kachinas

    Les Kachinas,
    danseurs mystiques des indiens Hopis

    Les kachinas sont des poupées rituelles crées par les Indiens Zunis et Hopis dont le territoire est enclavé dans la Grande Réserve Navajo dans le sud-ouest des Etats Unis.
    Les Hopis sont, avec les Zunis, les peuples les plus connus descendants de la culture Anasazi, ancienne civilisation remontant au premier millénaire avant J.-C, ils vivent aujourd'hui dans des réserves et tentent de préserver leurs traditions ancestrales.

    Dans la mythologie des Indiens Hopis et Zunis, les Kachinas sont les esprits des forces invisibles. Dans la religion Hopi chaque chose dans le monde revêt deux formes, une forme visible et une forme spirituelle. Par exemple, la vapeur qui s'échappe de la nourriture chaude est sa forme spirituelle qui va rejoindre les nuages, ce qui ne change pas la forme visible de la nourriture. Les poupées Kachinas sont les réincarnations de la forme spirituelle retournée dans les nuages.

    Il s’agit d’êtres surnaturels qui ont un rôle de médiateurs entre les humains et les dieux. En tant que messagers des dieux, ils séjournent parmi les hommes entre le solstice d’hiver et le solstice d’été et effectuent pour ces derniers des sortes de "missions" ayant pour but de les aider dans leurs différentes requêtes et préoccupations. Pendant cette période de l’année, ils se trouvent au centre des cérémonies et des rituels. Ce sont eux qui apportent aux dieux les souhaits des humains en faveur de davantage de pluie, de récoltes plus abondantes, et pour être épargnés par la maladie.

    Les Kachinas

    Six mois par an, à l'occasion de fêtes rituelles, ces esprits s'incarnent dans des danseurs masqués et costumés. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l'issue des fêtes, pour qu'ils se familiarisent avec le monde des esprits.
    Il ya plus de 250 différents Kachinas.

    Les Kachinas sont des amies et des invitées, elles apportent cadeaux et nourriture. Elles enseignent aussi le bon comportement et les conséquences d'une mauvaise conduite. Les Kachinas apparaissent au peuple Hopi sous une forme physique, dansant et chantant dans les différentes cérémonies.
    Elles arrivent fin décembre au solstice d'hiver d'abord les villages du 3ème Mesa (un Mesa est un haut-plateau géographique) puis en février dans le deuxième puis le premier Mesa.

    Dès qu’un Hopi a mis le masque et le vêtement d’un Kachina, conformément aux croyances de sa tribu, il est considéré comme un messager des dieux dont la nature humaine s’est transformée en l’esprit ancestral d’un Kachina. Les Kachinas sont représentés par les habitants masculins des villages et incarnent les vertus positives les plus dignes d’êtres imitées ainsi que le mal dont il faut se détourner. Comme ils sont craints et respectés par les Hopis, bien qu’ils soient perçus comme des entités bienveillantes, ils jouent un rôle important dans l’éducation des enfants. Parfois ils divertissent le peuple par des jeux assez crus qui n’en contiennent pas moins une dimension des plus sérieuses, et ils ont le pouvoir prophétique d’annoncer les manquements humains. Les Kachinas entrent dans les masques d’animaux, de plantes, d’étoiles, de démons, de guerriers, de clowns ou d’êtres fabuleux.

    Les Kachinas

    Les fêtes de kachinas
    Des hommes Hopi masqués assument les pouvoirs et prestige des kachinas pendant les cérémonies, et des danses sont pratiquées jusqu'au mois de juillet, date de départ de ces esprits.
    Il y a Soyalangwu au solstice d'hiver; Powamuya en février quand on demande aux kachinas d'apparaître; et Niman, la cérémonie du départ après le solstice d'été. Entre Poyamuya et Niman, les danseurs exécutent différentes danses pour aider à faire venir la pluie indispensable à l'agriculture Hopi dans le désert aride du nord-est de l'Arizona, pour encourager la croissance des cultures et augmenter la capture du gibier. Les danses se pratiquent de l'aube au crépuscule. A la fin des cérémonies les kachinas (esprits) retournent dans leur monde.

    Les poupées kachinas figurent le panthéon de leur mythologie avec une multitude de dieux et de personnages. Les kachinas sont utilisées lors de cérémonies au cours desquelles un véritable rôle théâtral leur est dévolu et possèdent les qualités et les défauts des êtres humains.
    Figurines sculptées dans les kivas, ces chambres secrètes de culte, elles représentent un esprit et le costume que le danseur portera lors des cérémonies religieuses.
    Les masques Kachina sont en bois, en cuir ou en coton et sont décorés avec des éléments en relief ou des motifs peints. Chaque forme symbolique et ainsi caractérisée d’une manière précise. La présentation des costumes se conforme à une tradition tout aussi établie que celle qui prévaut pour les masques. On porte en général avec les masques des robes blanches en coton qui arrivent aux genoux et qui sont décorées de bandes de tissu de couleur noire, verte et rouge correspondant aux teintes traditionnelles des Hopis. Ces derniers portent en outre des capes et des peaux de renard sur les épaules.

    L’équipement complémentaire comprend aussi des calebasses fabriquées à partir du fruit séché, des flèches miniatures et des arcs, des bâtons de prière, des carapaces de tortue et une branche de feuilles persistantes symbolisant la terre natale fertile et riche en forêts dont les ancêtres sont jadis venus.
    Les autres ustensiles importants sont des parures en argent incrustées de turquoises portées sous forme de colliers, de tours de bras ou de ceinturons.

    Les Kachinas

    Claude Lévi-Strauss nous renseigne sur le mythe des kachinas:
    "Les kachinas sont les âmes des premiers enfants indigènes, dramatiquement noyés dans une rivière à l'époque des migrations ancestrales. [...] Quand les ancêtres des indiens actuels se furent enfin fixés dans leur village, le mythe rapporte que les kachinas venaient chaque année leur rendre visite et qu'en partant, elles emportaient les enfants. Les indigènes, désespérés de perdre leur progéniture, obtinrent des kachinas qu'elles restassent dans l'au-delà, en échange de la promesse de les représenter chaque année au moyen de masques et de danses."

    Avant 1860, les kachinas produites étaient uniquement des objets de cultes, qui ne sortaient pas des territoires hopis et zunis. Mais les émigrants se sont intéressés à ces statuettes si originales, en les achetant ou en pillant les réserves indiennes. Les Indiens ont donc produit "industriellement" des kachinas, sans relation avec les mythes et les cultes auxquelles elles se rattachent, pour satisfaire clients, collectionneurs et touristes. Il y aurait 800 types de kachinas, alors que les authentiques sont bien moins nombreuses.
    Actuellement les Hopis fabriquent toujours des poupées rituelles, les cultes se pratiquant toujours.
    les Kachinas étaient très prisées par les peintres surréalistes . Une centaine de ces personnages hauts en couleurs sont présentés au Pavillon des Arts à Paris .

    Les Kachinas

    La cosmogonie des Indiens Hopi, la vision des artistes surréalistes et la pensée jungienne se rejoignent en ce sens qu’il y a unité entre rêve et éveil, monde intérieur et monde extérieur, imagination et réalité, car les éléments de chaque paire forment les deux faces d’un même monde unitaire. Les Kachinas animent les principes de la Nature dans laquelle les Hopi se sentent profondément intégrés au quotidien ; elles relient les humains aux mondes des esprits et des dieux sans lesquels les Hopi ne sauraient exister. Les poupées qui incarnent les Kachinas nous conduisent ainsi à la croisée des chemins entre l’anthropologie, l’art et la psychologie analytique.
    (Brigit Soubrouillard - cahiers jungiens de psychanalyse)

     

    Les Kachinas

     

    * Source : Les Symboles des Indiens ; Heike Owusu, édition Trédaniel
    http://www.comptoirdesameriques.com/773044.html
    https://www.artindien.com/danseur1.html
    http://amerindien.e-monsite.com/pages/les-kachinas.html
    http://cocomagnanville.over-blog.com/article-les-kachinas-112725427.html

     

     

     


    17 commentaires
  • Les Couleurs d'Automne

     

    Certaines nations parlent d’un chevreuil, d’autres d’un cerf, j'opte pour le chevreuil.

     

    Autrefois la paix régnait entre tous les animaux et tous les hommes de la terre.
    Tous vivaient sur ce qu’on appelait «la Grande Ïle», juste sous le ciel qui était gardé par la Petite Tortue.

    Tout alla bien pendant un nombre incalculable de lunes; jusqu'au jour où Rat - chez qui loge depuis l'esprit de Taouéskaré, le mauvais frère - proposa de jouer à qui volerait le plus haut chez les oiseaux et à qui courrait le plus vite parmi les animaux de la forêt.

    Chevreuil, vexé de n’avoir pas été désigné comme le plus rapide désirait quitter la Grande Île et voulait avoir accès au grand ciel bleu car il avait un différent avec l’Ours qui lui reprochait son orgueil. En effet, Chevreuil digérait très mal le fait que l’Ours, arbitre, ne l’ait pas déclaré vainqueur. Mais la gardienne, Petite Tortue, ne voulait pas lui ouvrir le passage.

    Pour réaliser son ambition, il consulta l'Oiseau-Tonnerre qui lui conseilla de monter au ciel en utilisant un arc-en-ciel. Alors, Chevreuil attendit le printemps et, suite à la première pluie envoyée par Hinon, il emprunta le chemin tracé par l'arc-en-ciel. Ainsi, il se retrouva rapidement au ciel où il fut libre de courir à sa guise. 

    Au bout d’un moment, réunis en conseil, les animaux cherchèrent le Chevreuil. Le Loup fouilla les bois, alors que le Faucon scruta l'azur. C'est alors que tous virent le Chevreuil gambadant dans le monde d’en-haut avec grande agilité. Les animaux décidèrent de se rendre au ciel en empruntant le pont de toutes les couleurs.

    Mais là-haut, la situation se gâta.

    L'Ours reprocha au Chevreuil de penser uniquement à lui et d'oublier tous les autres animaux de la Grande Île. Faisant fi de tout reproche, le Chevreuil provoqua l'Ours en duel. Le combat s'engagea sur-le-champ. Rapide comme l'éclair, le Chevreuil piqua l'Ours de ses bois pointus et le blessa à plusieurs endroits. Loup, arrivé sur ces entrefaites, sauva Ours d'une mort certaine. Chevreuil s'enfuit alors sans demander son reste.

     L'Ours était gravement atteint et le sang s'écoula avec abondance des plaies. Le sang ruissela jusque sur la Grande Île où les feuilles des arbres se teintèrent de la couleur du sang de l'animal.
    Depuis, chaque automne, les feuilles se teintent de la couleur du premier sang versé sur la terre afin que jamais les animaux n'oublient comment leurs ancêtres ont mis fin à la paix, et afin que cette histoire serve aussi de leçon aux hommes. 

    Quant à Chevreuil le Grand Esprit l'a sévèrement puni en lui faisant perdre ses bois tous les ans, deux lunes après que la dernière feuille rouge touche le sol, le laissant ainsi sans défense devant Loup, devenu depuis son plus dangereux ennemi.

    A présent, chaque année, lorsque revient l'automne, la nature commémore le combat du Chevreuil et de l'Ours et le feuillage des arbres devient rouge. C'est pourquoi, chez les Hurons-Wendat, le nom divin du chevreuil est DEHEYANTEH, ce qui signifie " celui pour lequel l'arc-en-ciel a fait un chemin de couleur ".

    Selon la tradition, les beautés de l'automne, lorsque la nature meurt, sont source de nostalgie pour les âmes des disparus qui se remémorent leur ancienne demeure terrestre. Même les dieux reviennent habiter la Grande Île, car l'automne est un temps pour l'esprit.

    En cette saison, les Pléiades, les étoiles les plus belles, quittent leur pays céleste pour venir habiter le ciel de la Grande Île.

     

     

     

     http://www.medecinedemereterre.com/pages/philosophie-amerindienne/legendes-amerindienne/legende-des-nez-perces.html

     


    18 commentaires
  • Légendes du maïs

    Le maïs est sacré pour les Indiens d’Amérique, car cette plante les a plusieurs fois sauvés de la famine.

    Les légendes varient selon les peuples et son nombreuses, mais la plus célèbre est celle de Kokopelli dont j’ai déjà parlé ici: Kokopelli et les femmes du Maïs: http://triskele.eklablog.com/kokopelli-a106833668

    Voici une autre légende ayant cours chez les Nord Amérindiens:

    Il y a bien longtemps, la famine régnait sur les tribus. Une pauvre vieille et son petit-fils allaient de campement en campement, cherchant une tribu qui voudrait bien les accueillir car ils n'avaient plus de famille. Mais partout, ils étaient repoussés.
    Un jour, ils arrivèrent enfin chez des Indiens qui les invitèrent à s'asseoir près du feu et à manger avec eux. Le chef de la tribu dit à la vieille femme :
    "- Vous pouvez rester avec nous, si vous ne craignez pas la faim. Il n'y a pas beaucoup de gibier sur nos terres, mais nous serons heureux de partager le peu que nous avons avec vous.
    - Nous n'avons pas besoin de grand-chose, répondit la grand-mère, et je travaillerai pour vous. Je m'occuperai des enfants pendant que les parents iront chercher à manger."

    Le lendemain, comme d'habitude, les hommes partirent à la chasse, les femmes s'en allèrent cueillir des fruits, des plantes, et chercher de l'eau. Les enfants restèrent seuls, à jouer entre eux. Mais la faim se faisant sentir, ils trouvaient la journée bien longue en attendant que leurs parents rentrent au campement en rapportant de la nourriture.

    Quand ils commencèrent à être fatigués, la vieille femme les appela. Ils s'approchèrent d'elle, très étonnés.
    "- Mais qu'est-ce que tu fais, grand-mère ? demanda l'un d'eux.
    - Je vous prépare de la bouillie de maïs, répondit-elle, en remuant une épaisse purée dans une grande marmite."
    Mais d’où venait donc ce maïs que d’ailleurs ils ne connaissaient pas?

    Les enfants n'en avaient jamais vu, mais c’était très bon et dès qu'ils furent tous rassasiés, ils s'assirent autour de la vieille, comme des poussins blottis près de leur maman poule, et s’endormirent jusqu’à l’arrivée de leurs parents qui furent bien surpris!

    Et désormais, ce fut pareil tous les jours. Grâce au maïs de la vieille femme, les enfants ne connaissaient plus la faim. Naturellement les adultes aussi bénéficièrent de cette nourriture comme tombée du ciel et ne regrettaient pas d’avoir accueilli cette vieille femme étrange qui refusait de leur dire l’origine du maïs.

    Les semaines passèrent et, de jour en jour, la vieille femme paraissait plus fatiguée, plus maigre, elle semblait perdre toutes ses forces. Pourtant, elle préparait comme d'habitude le repas des enfants et en gardait pour le retour des adultes. Un jour, elle n'eut pas la force de se lever, mais à midi, son petit-fils trouva près d'elle la marmite pleine de bouillie. Elle lui dit :

    "Rappelle toi bien, j'ai semé du maïs et il commence à pousser. Mais il doit encore être arrosé et sarclé. Il faudra absolument que tu t'en occupes, avec les autres enfants, moi je n‘ai plus la force."
    Ce furent ses dernières paroles, mais elle continua à donner la bouillie jusqu'à ce que les épis soient mûrs. Ce jour-là, quand son petit-fils entra dans sa tente, il ne la trouva pas. Personne ne la revit jamais.
    Ils comprirent alors que c’était la déesse du Maïs qui s’était sacrifiée pour les sauver.


    Aujourd'hui encore, si vous regardez un épi enveloppé de ses feuilles, vous verrez des fils d'argent: ce sont les cheveux de la bonne vieille qui a apporté le maïs pour que les petits Indiens ne souffrent plus de la faim.


    **********************************

    Légende Aztèque: La montagne de maïs

    Les dieux, après avoir fait les hommes, se demandaient ce qu’ils pourraient bien leur donner à manger afin de les animer.

    Un jour, Quetzalcoatl rencontra une fourmi rouge dans les environs de Teotihuacan. La fourmi portait un grain de maïs. Très intéressé, Quetzalcoatl lui demanda où elle l'avait trouvé. Dans un premier temps, la fourmi fit comme si de rien n'était et poursuivit sa route. Mais face à l'insistance du dieu elle lui répondit qu'elle l'avait extrait de la "Montagne de Notre Alimentation" et l'invita à la suivre.

    Mais Quetzalcoatl était trop grand pour pénétrer dans cet endroit. Alors il dut recourir à la magie et se transforma en fourmi noire. La fourmi rouge l'attendait à l'intérieur, et elle le guida jusqu'au lieu où se trouvaient des tas et des tas de maïs. Puis elle l'aida à ramasser suffisamment de grains pour les partager avec les autres dieux. Le grand Quetzalcoatl la remercia puis s'en alla. Quetzalcoatl porta le maïs aux autres dieux qui le trouvèrent bon.

    Ils en frottèrent les lèvres des hommes qui commencèrent à prendre vie.

    Mais on avait besoin de plus de maïs, c'était une tâche fatigante que de se transformer en fourmi pour ramener les grains petit à petit. Quetzalcoatl tenta de ramener la "Montagne" entière mais il ne réussit pas. Les dieux demandèrent alors de l'aide au devin Oxomo et sa femme Cipactonal pour qu'ils jettent un sort. Ils leur révélèrent que si Nanahuatl lançait la foudre, la "Montagne de notre alimentation" resterait ouverte.

    Les Tlaloques (dieux de la pluie) descendirent et il commença à pleuvoir tandis que Nanahuatl lançait la foudre vers la "Montagne" qui s'ouvrit, laissant libres les grains de notre alimentation : maïs, haricots, blettes... que les dieux apportèrent à l'humanité. 

    ***********************************

    Voici la légende du maïs pour le peuple guarani:

    Il y a de cela bien longtemps, deux familles vivaient en paix et se partageaient la nourriture, fruits de la forêt et manioc qu’ils cultivaient ensemble. Les deux pères, Pita et Tacu étaient comme des frères.

    Mais une époque de pénurie arriva. Les aliments commençaient à manquer et la faim se fit sentir.

    Pita et Tacu demandèrent de l’aide à leur Dieu, Tupa. Tupa écouta leurs plaintes et il leur envoya un messager qui leur parla ainsi: «Tupa souhaite que l’un de vous se sacrifie. Vous lutterez jusqu’à ce que l’un de vous meure. Alors, le survivant l’enterrera sur le lieu même où il sera tombé. C’est ici que germera une plante qui vous fournira l’aliment nécessaire à vos familles», puis il disparut.

    Pita et Tacu ne voulaient pas s’affronter, mais ils devaient exécuter l’ordre de Tupa s’ils voulaient sauver leurs enfants. Ils obéirent donc. Après une sanglante lutte, Pita tomba inanimé. Tacu l’enterra comme l’avait indiqué le messager, sans faire attention au fait que le nez du pauvre Pita dépassait de la terre.

    Les membres de la famille de Pita, désespérés, noyèrent le lieu de leurs larmes. Peu de temps après, la promesse du Dieu fut accomplie: à cet endroit naquit une plante jusqu’alors inconnue. La plante poussa et donna des fruits étranges qui avaient la forme du nez de Pita. Ils l’appelèrent “abati” qui veut dire en guarani “nez d’indien” et c’est cette plante que nous connaissons sous le nom de maïs. Cet aliment envoyé par Tupa fut excellent et les deux familles furent sauvées.

    Le maïs continue d’être un produit très complet, si bien que quelqu’un a écrit: “Nous devons mille bénéfices au maïs, c’est pourquoi l’homme le cuisine, le boit, le mange, le fume et dort”

    ***********************

    Philip Coppens, qui écrit et parle sur les cultures anciennes, a écrit un article sur l'importance du maïs dans le Mexique précolombien: "En 1982 une exposition, le Musée national mexicain de la Culture a affirmé que le maïs n’avait pas été «domestiqué, mais créé.»

    Malgré des décennies de recherche, on ne lui a pas trouvé d’ancêtre sauvage; il n‘a pu en aucune façon évoluer du fait de la main de l‘homme; il est connu que le maïs n’a pas de méthode pour se propager et s’appuie donc sur les humains pour survivre en tant qu'espèce. Tant et si bien qu’il est accepté comme un cadeau des dieux.

    Les archéologues ont trouvé des objets de jadéite représentant des épis de maïs dans un ancien site olmèque dans l'état mexicain de Veracruz.

    (Photo par le professeur Carl Wendt)

    Coppens dit que le maïs est connu au Mexique depuis il ya près de 5500 années comme en témoignent les vestiges archéologiques des premiers épis de maïs trouvés au Guila Naquitz Cave dans la vallée de Oaxaca, qui elle remonte à environ 3450 avant notre ère.

     

     

     

    Sources: http://www.ancient-origins.net/news-history-archaeology/possible-sacred-maize-object-found-stream-olmec-site-002757#sthash.WIIMrOwx.dpuf - http://alacroiseedeschemins.fr/2011/06/la-lgende-du-mas/- http://info.artisanat-bolivie.com/Legende-du-mais-a270-sm208 -http://lartdubonheur.over-blog.com/article-la-legende-du-mais-indiens-d-amerique-68008152.html


    24 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique