• Gauvain

    Gauvain

    Gauvain par John Pettie


    Gauvain

    Fils légitime du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, Gauvain est le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il fut l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur. Il fait partie des premiers chevaliers que le roi, aidé par Merlin, nomme à la Table Ronde.
    Il aide Arthur dans de nombreuses tâches, et fait preuve de sa loyauté envers lui, par exemple en affrontant le chevalier vert, un être étrange qui propose de se faire couper la tête...

    À la cour du roi Arthur, lors de la veillée du Nouvel An, le festin est interrompu par l'apparition du Chevalier vert, qui défie tout homme présent dans l'assemblée de lui trancher la tête. En retour, explique-t-il, il coupera lui-même la tête de son bourreau un an après exactement.
    Gauvain se porte volontaire pour relever le défi et donne un coup si puissant qu'il décapite le Chevalier vert. À la stupeur de tous, celui-ci se relève et va chercher sa tête tout en rappelant à Gauvain sa promesse, lui donnant rendez-vous dans un an et un jour à la Chapelle verte.

    Gauvain

    L'année s'écoule jusqu'au moment où Gauvain doit se mettre en route. Il quitte Camelot le jour de la Toussaint et parcourt une longue route dans des terres sauvages où les rigueurs du climat le disputent aux monstres qu'il doit affronter.
    Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet, se met en quête de la Chapelle verte. Le jour de Noël, alors que l'heure approche, il trouve sur sa route le château du seigneur Bertilak, qui l'invite à passer quelques jours en sa compagnie. Après quelques réticences, Bertilak lui assurant que la Chapelle Verte est toute proche, Gauvain accepte de se reposer au château.

    Le lendemain matin, Bertilak part chasser et propose un jeu à Gauvain : chacun d'eux s'engage à remettre à l'autre ce qu'il aura gagné durant la journée. Gauvain, qui reste se reposer au château, accepte.
    Après le départ de Bertilak, son épouse se glisse dans la chambre de Gauvain et entreprend de le séduire. Le chevalier résiste et n'accepte qu'un unique baiser de sa part. Le soir, Bertilak rentre de la chasse avec un magnifique cerf qu'il donne à Gauvain. Celui-ci lui offre son baiser, sans lui dire de qui il l'a reçu.

    L'histoire se répète le lendemain avec un sanglier et deux baisers. Le dernier jour, de plus en plus insistante, la jeune femme réussit à embrasser Gauvain à trois reprises, mais elle veut également lui offrir un gage de son amour. Gauvain refuse d'accepter une bague en or, mais il se laisse tenter lorsqu'elle lui propose une ceinture de soie verte et dorée capable, dit-elle, de protéger son porteur de toute blessure. Craignant d'être tué par le Chevalier vert le lendemain, Gauvain accepte la ceinture, mais ayant promis à la belle dame de n'en toucher mot au seigneur, il ne donne que les trois baisers à Bertilak, en échange d'un renard.

    Au jour dit, un guide conduit Gauvain vers la Chapelle verte. Dans la chapelle, le Chevalier Vert attend, sa hache déjà levée. Gauvain retire son heaume et s'agenouille devant son bourreau, qui lui assène trois coups légers, dont seul le troisième fait couler quelques gouttes de sang en lui égratignant le cou.
    À la grande stupéfaction de Gauvain, le chevalier explique qu'il n'est autre que Bertilak lui-même, transformé par Morgane la fée afin de tester la bravoure des chevaliers du roi Arthur. Les deux premiers coups de hache valent pour les deux soirs où Gauvain a remis à Bertilak les présents reçus dans la journée; le troisième a puni Gauvain de n’avoir pas parlé de la pièce d'étoffe donnée par la belle épouse. Les trois coups de la hache correspondent aux trois tentations de son épouse, qui constituaient la véritable mise à l'épreuve de Gauvain, et l'entaille est sa punition pour avoir accepté la ceinture verte en cachette le troisième jour.
    Dès lors, Gauvain fait serment de porter toujours sur lui la pièce d'étoffe afin de garder en mémoire ce moment de faiblesse.

    Outre les lois de la chevalerie, Gauvain doit également respecter les règles de l'amour courtois. Le code d'honneur des chevaliers leur impose d'obéir à la moindre requête d'une demoiselle. Ainsi, lors de la troisième journée, Gauvain doit accepter la ceinture que lui offre la femme de Bertilak, mais il doit également respecter la promesse faite à son hôte. En conservant la ceinture par-devers lui, il brise cette promesse, mais il honore la dame. Lorsqu'il découvre que le Chevalier vert n'est autre que son hôte, il comprend son échec à être vertueux, bien que sa quête soit achevée. Cette épreuve illustre le conflit entre l'honneur et les devoirs du chevalier : en brisant sa promesse, Gauvain estime avoir perdu tout honneur et échoué.

    Gauvain

    Gauvain vient de décapiter le chevalier vert. Enluminure du manuscrit Cotton Nero A.x.

    Il rentre à Camelot avec la ceinture verte comme souvenir de cette cuisante rencontre. Loin de lui faire des reproches, la cour d'Arthur rit de bon cœur de ses mésaventures, et les chevaliers de la Table ronde décident de porter dès lors une #écharpe verte en souvenir de Gauvain.


    Le seul faux pas de Gauvain est d'accepter la ceinture de dame Bertilak, mais c'est une erreur qui rappelle l'humanité du personnage. Ce faux pas rend Gauvain plus réel et lui attire la sympathie du lecteur, sans pour autant altérer le reste de ses qualités chevaleresques. Gauvain est un exemple de conduite morale, inégalable mais admirable.

    Lorsque Lancelot sauve la Reine Guenièvre du bûcher, il tue les deux frères cadets de Gauvain : Gareth et Gaeris. Il jure alors de se venger et tue Lionel, le cousin de Lancelot. Quand il affronte ce dernier en combat singulier, il ne le tue pas, mais Gauvain en ressort le crâne brisé. Devenu fou, il tue Hector des Mares, autre cousin de Lancelot du Lac puis meurt de sa blessure, après avoir demandé à Arthur de lui transmettre finalement son pardon.
    On raconte aussi qu’il est apparu peu après sa mort à Arthur, pour le prévenir qu’il fallait se rallier à Lancelot s’il voulait vaincre Mordred.

    Gauvain est un héros solaire, dont la force croît et décroît avec la course de l’astre du jour. C’est donc à midi qu’il est le plus puissant. Il présente ainsi des affinités avec le dieu Oengus dont il partage le nom, mais la christianisation des romans rend difficile une analyse plus poussée de ce personnage.
    Il est notamment dit, que le roi Lot avait désiré que son fils aîné soit l’un des plus forts chevaliers de son temps. C’est pourquoi il alla voir une sorcière, alors que Gauvain n’était encore qu’un bébé, pour qu’elle lui octroie une particularité ou un don. Elle fit en sorte que sa force suivit la course du soleil : le matin Gauvain avait la force d’un homme, et plus le soleil montait dans le ciel, et plus il devenait fort, jusqu’à ce que le soleil ait atteint son zénith, puis sa force diminuait jusqu’au soir où il redevenait normal. Ce don faisait de Gauvain le plus fort chevalier de la cour d’Arthur et le plaçait comme l’un des plus redouté de toute la Table Ronde.

    De plus, Arthur fit lui aussi un don à Gauvain : le roi remporta suite à un combat (contre le duc Frolle d’Allemagne) une épée particulièrement solide et tranchante du nom de « Marmiadoise » qu’il donna à son neveu. Elle était considérée comme l’une des plus précieuses de ce temps, car il est dit que c’était celle qu’avait portée Hercule pour conquérir la toison d’or, et qu’elle brillait d’un éclat incroyable.

    Gauvain est un des moins connu des Chevaliers de la Table Ronde, vivant dans l’ombre de Lancelot et de Perceval. Toutefois, il a participé à de nombreuses expéditions dangereuses. Dans la Quête du Graal, il est le représentant le plus éloquent de cette couche guerrière sans Dieu et sans transcendance, alors qu’à l’opposé se retrouve Galaad, le chevalier élu, le chevalier parfait.
    Cependant, il passe dans le monde des morts en entrant dans le château des reines où il trouve sa mère décédée et est le premier à revenir de là. Accueilli en héros, il est, quand il arrive, le seul homme du château et parvient à faire sortir de ce lieu de mort les reines dont les terres ont été pillées. Il y rencontre également l’amour.
    Il tombe amoureux de la suivante de la Fée Laudine, Luned, qui montre un étrange savoir et une indépendance troublante. Luned séduit Gauvain par sa valeur et sa beauté, et le « Soleil de la chevalerie » s’unit à celle dont le nom célèbre l’astre de la nuit.

    Plus que tout autre chevalier de la Table Ronde, Gauvain représente l’autrefois mythique, païen, charnel de la légende. Son ascension et son déclin symbolisent ceux du monde Arthurien.

    Il est souvent représenté avec un bouclier orné d'un pentagramme. Le pentagramme dessiné sur l'écu de Gauvain que le poète nomme pentangle est couramment interprété comme le symbole de sa perfection et de sa victoire sur le mal. En ce qui concerne le chevalier chrétien, le Pentangle symbolise les cinq vertus chevaleresques : la générosité, la courtoisie, la chasteté, la chevalerie et la piété.

     

    Gauvain

     

     

     


    Sources : Wikipédia et https://heros.histourismo.fr/moyen-age/legende-arthurienne/gauvain-chevalier-du-soleil/ - https://mythologica.fr/medieval/gauvain.htm -  http://www.histoiredumonde.net/Gawain-Gauvain.html - http://le-roi-arthur.over-blog.fr/article-12849024.html

     

     

     

     

    « Brigid

  • Commentaires

    1
    Jeudi 15 Février à 15:53

    Bonjour cela me semble fort intéressant je repasserais lire belle aprèm amicalement 

      • Jeudi 15 Février à 16:24

        Merci Béa, bonne fin de journée à toi, amitiés.

    2
    Jeudi 15 Février à 17:59

    Ahhhh quelle belle histoire entre intrigues et faut d'armes...

    Bonne soirée.

      • Jeudi 15 Février à 19:23

        Merci Baba, bonne soirée à toi aussi, amitiés.

    3
    Vendredi 16 Février à 07:28

    On arrive dans la belle légende des chevaliers de la table ronde et des aventures autour du roi Arthur, on est bien loin des aventures de Camelot que l'on voit à la télé, mais c'est vrai que cette série n'est qu'une parodie pour faire rire

    Amicalement

    Claude

      • Vendredi 16 Février à 08:16

        Bonjour Claude, ce sera peut-être le dernier des Chevaliers dont j'aurai parlé. Mais j'aime beaucoup la série Kaamelott qui est très drôle et les acteurs si bons dans leurs rôles.

        Merci à toi, bonne fin de semaine, amitié.

    4
    Vendredi 16 Février à 11:12

    Bonjour 

     superbe ce récit  de  ces légendes  Arthuriennes   que j 'adorent 

     en plus j aime bien Gauvin     ce  chevalier discret  et bon compagnon 

     merci  Tryskéle 

     bon vendredi pour toi 

      • Vendredi 16 Février à 11:43

        Bonjour Monica, Gauvain, chevalier solaire épousant la fée lunaire, ça nous fait rêver.

        Merci Monica, bon week-end à toi, bises.

    5
    Vendredi 16 Février à 11:33

    Merci pour ce superbe article très intéressant qui redonne envie de relire nos classique et les légendes du Roi Arthur wink2.

      • Vendredi 16 Février à 11:45

        Contente de te voir ici Athénia, merci de ta visite, à bientôt, amitiés.

    6
    Vendredi 16 Février à 12:15

    Bonjour effectivement un magnifique récit d'histoire  Arthuriennes 

    Trahison Amour honneur  tout est bien écrit bravo 

      • Vendredi 16 Février à 13:08

        Où sont donc passé les chevaliers d'antan? Merci Béa, bises.

    7
    Lundi 19 Février à 18:36

    Ce  n'est pas le plus connu des chevaliers de la Table Ronde. J'ai relu récemment "Lancelot le chevalier de la charrette" dans une version destinée aux enfants avec beaucoup d'explications. C'est bien de revenir aux écrits médiévaux pour s'éloigner de toute la mythologie romantique et surtout contemporaine, et je ne parle pas là de "Kaamelott", série plutôt bien documentée et plutôt fidèle derrière l'humour. Bonne fin de journée à toi, bises

      • Lundi 19 Février à 18:39

        J'ai oublié de dire que c'est bien aussi de replacer la légende arthurienne dans la grande tradition celtique, et de ce que l'on appelait au Moyen Age la matière de Bretagne.

      • Lundi 19 Février à 19:26

        Bonsoir Françoise, justement cet après-midi en triant mes livres j'en ai retrouvé un que j'avais complètement oublié. Il faut dire que je suis totalement submergée par mes livres! Quatre romans de Chrétien de Troyes: Erec et Enide, Cligès ou la fausse morte, Lancelot le chevalier à la charrette et Yvain le chevalier au lion.

        J'ai donc replongé! smile

        Merci et bonne soirée à toi, bises.

    8
    Mardi 20 Février à 18:33

    Bonsoir Triskèle ! 

    Hi, hi, il l'a échappé belle, cette fois-là, parce que par la suite il a eu bien des soucis ... Je ne connaissais pas cette légende de " chevalier vert", voilà chose faîte ! ... Où sont donc passés les chevaliers ????  Bonne soirée Triskèle, à bientôt smile

      • Mardi 20 Février à 19:03

        Bonsoir Béa, si jamais je découvre la cachette des Chevaliers, je te promets, je t'appelle! smile

        Merci et bonne soirée à toi aussi, bises.

    9
    Mercredi 21 Février à 11:49

    Voilà donc l'origine de leur écharpe verte....

    Bonne journée Triskèle

      • Mercredi 21 Février à 12:26

        Tu as tout compris Coyote! Merci et bonne journée à toi aussi, bises.

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