• Dionysos

     

    Dionysos


    Le plus étrange de tous les dieux
    Celui qui enseigna aux hommes à faire du vin.

    Dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et la démesure, ainsi que du théâtre et de la tragédie. Il a été adopté par la Rome antique sous le nom de Bacchus et assimilé au dieu italique Liber Pater.
    Il ne vit pas sur le mont Olympe.

    Dionysos est le seul dieu né d'une mère mortelle: il est présenté comme le fils de Zeus et de Sémélé, fille du roi de Thèbes Cadmos et d'Harmonie, il est donc un demi-dieu.
    Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant, provocateur..
    Ne faisant pas partie des Olympiens à l'origine, Dionysos accède à l’Olympe après avoir su réconcilier Héphaistos et sa mère Héra .

    Dionysos est né sur le mont Méros, dans le Pakistan actuel.
    Zeus est l'amant de Sémélé, pendant assez de nuits pour que la jalouse Héra en prenne ombrage. Sémélé, enceinte et poussée par les conseils pernicieux d'Héra ayant pris l‘apparence de sa vieille nourrice, demande avec insistance à contempler dans toute la lumière de sa divinité celui qui ne s'unissait à elle que dans l’obscurité. Mais aucun mortel ne peut voir Zeus sous son véritable aspect sans mourir. Zeus, qui avait malencontreusement promis à Sémélé d’exaucer tous ses vœux, est contraint de se dévoiler. Sémélé meurt du coup de foudre mettant le feu à tout le palais. Miraculeusement l’enfant survit et Hermès, ouvrant la cuisse de Zeus, y place l’enfant afin qu’il continue sa croissance. Ainsi Hermès le fera naitre à son terme, «de la cuisse de Jupiter», expression passée dans les usages.
    Dionysos est, en tout cas, né deux fois et doublement fils de Zeus.

    L’enfant est d’abord confié à sa tante Ino, également fille de Cadmos et femme du roi Athamas. Mais Héra les frappe tous deux de folie au point qu’ils tuent leurs propres enfants.
    Dionysos est alors conduit par Hermès à Niysa, lieu mystérieux que certains assimilent au mont Nyséion en Thrace, d’autres comme Hérodote à une ville de Haute-Egypte, où il est élevé par des nymphes locales et par le vieillard Silène.

    Devenu adolescent, Dionysos est, à son tour, victime d’Héra qui le frappe de folie. Sauvé par Rhéa, sa grand-mère paternelle, Dionysos entame alors un long vagabondage, ayant des difficultés à se faire accepter dans toutes les cités où il aborde. Venu d’ailleurs, il est considéré comme un dieu dangereux qui apporte, en même temps que la vigne, ivresse et désordre.
    En Thrace en particulier, il est mal reçu par le roi Lycurgue, qui jette en prison ses fidèles, les ménades (Bacchantes). Dionysos les libère et frappe à son tour Lycurgue de folie meurtrière. Celui-ci tue son fils à coups de hache. Dionysos poursuivi par Lycurgue meurt de peur et plonge dans la mer où il est caché un temps par Thétis.
    Revenu des Enfers, Dionysos a également arraché Sémélé au royaume des Ombres. Il la transporte dans l'Olympe grâce à Hestia qui lui cède sa place, où elle devint immortelle sous le nom de Thyoné.

    Baldassarre Franceschini


    Dionysos doit prouver sa valeur aux autres dieux de l'Olympe en commençant par conquérir les Indes. Il part avec une armée de ménades et de satyres, et affronte de nombreux ennemis, dont il convainc une partie en leur faisant découvrir le vin.
    Dionysos installe son culte en Lydie, en Phrygie, en Perse et en Asie, et ne vient en Grèce qu'ensuite.
    En Grèce, le culte de Dionysos excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Argos près d'Éleuthère ainsi que Penthée, roi de Thèbes.
    Le roi Penthée, très attaché à l’ordre, résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, embrasant le palais, et semant la folie parmi les femmes de Thèbes, dont Agavé, mère de Penthée, qui s'égaillent sur les pentes du Cithéron. Penthée se laisse tenter par le spectacle et, travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades prennent Penthée pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse, croyant que c'est celle d'un lion. La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite et la victoire de Dionysos.

    Dionysos est bien donc celui qui vient du dehors, l'étranger à qui la cité doit faire place à certains moments de l'année, et en qui la raison doit reconnaître ses limites.

    Ses amours

    Alors que Thésée a abandonné Ariane sur l'île de Naxos, Dionysos passait par là et serait tombé amoureux d'elle; il apparaît à Ariane, l'emmène sur l'Olympe et en fait sa femme. Certains textes disent que Dionysos aurait ordonné à Thésée d'abandonner Ariane car son destin était de devenir une de ses prêtresses. En cadeau de mariage, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage ; ce sera la constellation de la couronne boréale. Ariane est divinisée après cela et devient une personnification de la terre fertile.

    D'Althée, la reine de Calydon, il a une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l'époux d'Althée, Œnée. Enfin, Aphrodite lui donne plusieurs fils, à savoir Priape, divinité phallique des vergers et des jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial, et, selon le 57e Hymne orphique, l'Hermès souterrain, chtonien ou infernal.
    De la nymphe Nikaia, il a une fille Teléte.

      C. Albacini, Dionysos et Ariane (XVIIIe siècle), Madrid, Académie royale des beaux-arts de San Fernando.


    Fonctions

    Dionysos est avant tout un dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux (sève, urine, sperme, lait, sang). Il se spécialise ensuite dans la vigne, qu'il est censé avoir donnée aux hommes, ainsi que dans l'ivresse et la transe mystique.

    Vase attique (vers 550-520 av. J.-C.), Munich, Staatliche Antikensammlungen.

    Il est surtout le père de la comédie et de la tragédie. C'étaient au départ des sortes d'illustrations du culte, qui se donnaient au théâtre grec au cours des Dionysies, en présence de ses prêtres. Elles avaient une forme littéraire scandée particulière, le dithyrambe. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percussions et aux flûtes. Ils sont dissonants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l'effroi. En ce sens, il est l'antithèse d'Apollon, qui patronne l'art lyrique et l'harmonie.

    Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de Ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ».
    Le culte privé avait lieu entre initiés. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu deux fois-né. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'Empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels.

    Dionysos, dieu de l'ivresse et de l'extase, est celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort. Le vin, comme le soma védique, est censé aider à conquérir l'immortalité.

    Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux.

    Les attributs de Dionysos
    Dionysos a pour attributs la vigne dans tous ses aspects, la branche porteuse de grappes et de sarments, mais aussi le lierre, le roseau qui sert à confectionner les pipeaux et la pomme de pin.
    Ces trois éléments entrant dans la composition du thursos (thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre couronné d’une pomme de pin ) que portent les Satyres et les Bacchantes, ou Dionysos lui-même. Ce bâton dans la légende a été une arme, l'arme des femmes déchaînées, en particulier dans le voyage en Asie.
    On trouve aussi le grenadier et la grenade, le figuier et les figues.

    Les animaux
    En tant que Dieu de la fécondité et de la puissance, Dionysos est associé au bouc (tragos), et au taureau dont il porte souvent la corne (taurokerôs) à la main dans l’iconographie.
    Dionysos est souvent représenté sur un âne, une panthère ou un léopard, ou même, après son mythique séjour indien, ou la connaissance de l’Inde issue de l’épopée d’Alexandre, menant un attelage de tigres.
    Le culte de Dionysos dans la province d’Afrique, qui se développe en particulier sous la dynastie des Sévères, représentera le dieu sur un lion rugissant et Silène sur un dromadaire !
    Les mythographes analysent cette chevauchée comme une intimité de Dionysos avec les animaux sauvages, que ses suivantes les ménades savent également dompter : Dionysos est celui qui libère et maîtrise à la fois la violence animale .

    Les instruments de musique
    Les instruments propres à déclencher le délire bachique sont la flûte de Pan (syrinx) et le tambourin (tympanon). De nombreux vases montrent Dionysos entouré de satyres et de ménades.
    Le bonnet phrygien rappelle son origine asiatique.


    Contrairement à Dionysos, figure majeure du panthéon grec, Bacchus n’a pas une très grande importance chez les Romains ; son culte n’est pratiqué que par des initiés. Il consiste en mystères, les bacchanales, qui sont le lieu de manifestations frénétiques, d’orgies et de beuveries. Ces célébrations prennent au fil du temps une telle ampleur qu’elles sont interdites par le sénat romain en 186 av. J.-C.

     

     

    Annibale Carracci

     

     

     


    Sources: http://www.cndp.fr/archive-musagora/dionysos/dionysosfr/mythe.htm -
    http://www.mythologica.info/mythologie-romaine/bacchus-le-dieu-du-vin/

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 27 Octobre 2016 à 08:54

    Un article remarquable.merci de nous rappeler l'histoire de ce demi Dieu sorti de la cuisse de Jupiter...

    Dieu de la vigne, celle ci est bien présente actuellement dans le monde entier, image de son oeuvre.....

    Quant aux vins issus de ces cépages ils font encore le bonheur de bien d'humains.

    Bonne journée.

      • Jeudi 27 Octobre 2016 à 09:19

        Bonjour Baba, malgré sa mère mortelle il a fini par avoir accès à l'Olympe et devenir officiellement un dieu, comme quoi rien n'est impossible! Et en effet il a encore beaucoup d'adeptes. smile

        Merci Baba, belle fin de semaine, amitiés.

    2
    loupzen
    Jeudi 27 Octobre 2016 à 10:19

    Samedi, je serais sur les lieux où a été tourné le film : les sorcières de zugarramurdi......j'attends beaucoup de cet instant.

      • Jeudi 27 Octobre 2016 à 10:42

        Et bien! J'espère que tu ne rapporteras pas quelque mauvais sort traînant encore dans les grottes! Bien que je n'y croie pas, la véritable histoire est similaire à celle des sorcières de Salem.  J'espère plutôt que des bonnes ondes te seront favorables.
        Tu as manqué les Bacchanales, qui parait-il s'y tiennent encore, mais ce n'est plus la saison. smile
        Prends soin de toi mon frère Loup, à bientôt.

    3
    Jeudi 27 Octobre 2016 à 23:30

    Bonsoir Triskèle,

    Un article très intéressant et très complet. 

    Je connais à présent l'origine de l'expression "né de la cuisse de Jupiter". 

    Ton blog est la caverne d'Ali Baba des trésors mythologiques. Merci à toi de nous les faire découvrir. 

    Très bonne soirée.

    Bisous,

    Sérénita

      • Vendredi 28 Octobre 2016 à 07:54

        Bonjour Sérénita, ton commentaire me fait plaisir, c'est très gentil, merci.

        Je te souhaite une belle journée ensoleillée, amitiés.

    4
    Vendredi 28 Octobre 2016 à 05:58

    c'est un bien bon dieu, ce Dionysos: il sème la perturbation, fait s'entretuer les gens, rend fou, fait un peu de bien  par ci, par là... c'est peut-être pour cela qu'il est populaire, comme bien d'autres dieux de nos temps pas très sûrs. Mais comme il est supposé être un peu à l'origine du beaujolais, il lui sera beaucoup pardonné
    Bonne fin de semaine, puisque le grand breton ouikennde m'insupporte

      • Vendredi 28 Octobre 2016 à 08:00

        Bonjour Peache, Dionysos est un trublion, un fou du roi, il en faut toujours un partout, c'est sans doute dans l'ordre des choses.

        Merci de ta visite, très belle fin de semaine à toi aussi, bises.

    5
    Vendredi 28 Octobre 2016 à 21:59

    Bonsoir Triskèle,

    comme toujours tu nous a préparé un excellent article, complet, bien documenté!

    bref c'est excellent ! je ne connaissais que peu l'histoire de ce demi dieu . C'est avec un plaisir

    non feint que j'ai parcouru, je devrai dire dévoré cet excellent article !

    bravo pour tout ce travail excellent que tu fais !

    ton site devrait presque être reconnu d'utilité publique , tant il est documenté et utile pour qui

    veut encore s'instruire aujourd'hui !

    bravo à toi !

    c'est du très bon travail

    amicalement

    claude coolsmile

      • Samedi 29 Octobre 2016 à 08:01

        Bonjour Claude, et merci beaucoup pour ton commentaire qui me touche plus que tu ne peux le croire; c'est un grand plaisir et un encouragement de constater que certains sont intéressés par les articles que je poste.

        Je te souhaite un excellent week-end, avec toute mon amitié.

    6
    Jeudi 3 Novembre 2016 à 14:35

    Bonjour Triskèle ! 

    A part le fait qu'il est le dieu du vin (et des alcooliques ou des amateurs de bon vin cool  à chacun de choisir)  je ne connaissais pas la légende de Dionysos ... qui serait né de la cuisse de Jupiter !!! Bises, à bientôt happy

    7
    Jeudi 3 Novembre 2016 à 15:17

    Bonjour Béa, à présent tu connais l'origine de l'expression! smile

    Merci de ta visite, bises et belle fin de journée.

    8
    volodia
    Samedi 5 Novembre 2016 à 22:01

    Le Dieu de la vie même avec son cortège de folies, de perturbations en tous genres. Le Dieu de tous les sucs vitaux. Merci pour cet article érudit. Bon dimanche à toi Tryskèle.

      • Dimanche 6 Novembre 2016 à 07:55

        Merci de ta visite Volodia, bon dimanche à toi aussi, bises.

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