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    Le Sotré

    Pour Peache


    Le Sotré est un lutin qui hante la Lorraine, et plus précisément les Vosges.

    Le nom "sotré" est issu du patois local et signifie "sorcier". Il s'agit pourtant d'un petit être bon et serviable, (enfin la plupart du temps!)
    Le Sotré, génie protecteur des foyers domestiques, est un petit bonhomme malicieux et enjoué, serviable à ses heures, quoiqu'espiègle et susceptible, avec une fâcheuse tendance à voler la nourriture car il est gourmand, quelque peu pillard et effronté.

    Ah! Les bons tours qu'il a joués aux gens distraits, aux désœuvrés, aux ménageurs de leur peine. Ce lutin facétieux déteste qu'on le rudoie, qu'on le surprenne ou qu'on lui adresse la parole. Il se fâche alors et sa colère est redoutable.

    Sa taille est celle d'une enfant de 5 ans, mais il est doué d'une force extraordinaire. Il est décrit comme étant assez laid, difforme, aux pieds fourchus.
    Il est généralement coiffé d'un bonnet rouge, d'un pantalon rouge et vêtu d'un grand manteau sans manche, parfois rouge, parfois noir... c'est selon!!! Il déteste pourtant cette couleur... bizarre non? Mais cela s'explique par le tempérament et le caractère très soupe au lait de notre petit lutin...

    Il est doué de certains dons magiques qu'il utilise parfois aux dépends des êtres humains qui croisent son chemin... il peut aussi utiliser ses dons pour rendre service... cela dépendra de son humeur du jour...
    Ainsi, à l'occasion il pourra devenir très affable, et très serviable à l'encontre des personnes chez qui il élira domicile. Pour cela, il pourra passer des nuits entières à utiliser son don de nyctalopie (eh oui, il voit dans l'obscurité...) pour chasser les souris de votre grenier, passer le balai, la serpillière, entretenir le feu, ranger la maison etc...
    Mais gare à vous si vous le dérangez ou le surprenez... Il pourra alors se mettre très en colère! Alors, plus de tranquillité au domicile. Il s'amusera à répandre de la poussière partout, à tout déranger, à casser la vaisselle etc... Ainsi, mieux vaut être ami avec lui, qu'ennemi.
    Pour le récompenser, il ne demande pas grand chose.. Un peu de lait qu'il ira traire lui même et un bon feu auprès duquel il pourra se reposer.

    Autre qualité, le sotré aime beaucoup les enfants. (peut être à cause de sa taille enfantine ?). Dés la naissance, il aime prendre soin d'eux en les berçant quand ils pleurent, en leur chantant des berceuses, en les faisant rire avec des grimaces de toutes sortes. Il leur donne aussi de la bouillie noire, dont il garde le secret de préparation, pour les aider à grandir et à se fortifier.

    Un autre endroit qu'affectionne notre sotré: l'écurie. Il y soigne les bêtes, change leur litière, leur donne des herbes succulentes pour qu'elles produisent un meilleur lait, leur donne à boire etc... Pour traire les vaches, il prend cependant la précaution de leur ôter leurs cornes pour ne pas se blesser... il prendra soin de les remettre en place comme il faut quand il aura fini sa besogne... Surtout il ne faut pas le déranger avant qu’il en ait terminé, .
    Cette mésaventure est arrivée à un fermier qui avait poussé un cri en voyant les pieds fourchu du lutin, celui-ci s’enfuit sans remettre les cornes en place.

    Mais ses animaux préférés restent les chevaux. Il adore les peigner, les étriller, leur faire leurs soins avec toutes les précautions possibles. Toute cette activité nocturne à l'écurie n'est pas toujours du goût des paysans qui, en essayant de contrarier le lutin, peuvent se retrouver dans des situations très délicates... En exemple, on peut citer ce paysan qui fut changé en bourrique en ayant voulu mettre hors de son écurie un sotré qui venait toutes les nuits s'occuper de ses chevaux.

    On retrouve également notre sotré à d'autres endroit, notamment dans les mines de Lorraine où on lui a donné l'affectueux surnom de "Petit Minou" ( petit homme des mines). Il protège les galeries et les mineurs et garde un oeil sur eux pour les avertir si un danger les menace.
    Dans la vallée de la Sarre on l'appelait également "Kleinebergman" (petit homme de la Montagne).

    Ainsi donc le sotré rythmait le quotidien d'autrefois... je dis d'autrefois car désormais, plus de vache à traire (tout ou presque est automatique), plus de feu à entretenir dans les foyers (ou si peu), plus de mine à protéger... Aussi notre ami sotré tend à disparaître car, là est le plus grave, on ne croit plus en lui, ou, en tout cas on ne parle pus de lui et comme tout être magique, ce qui le fait exister, c'est le fait qu'on y croit, qu'on y pense et surtout qu'on le raconte... Alors n'hésitez pas à perpétuer la légende et à parler de lui car sinon, il finira par disparaître complètement...

     

     

     


    Sources: "Sotré et autres lutins de Lorraine" de Roger Wadier
    http://bricabracblocenvrac.over-blog.fr/article-25240234.html
    http://coquelycotrouge.skyrock.com/2654356360-LEGENDE-DU-SOTRE.html)

     

     

     


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  • Durandal

    Durandal

    Presque aussi célèbre qu’Excalibur, Durandal est le nom de l’épée mythique qui a appartenu au chevalier Roland (736-778), neveu de Charlemagne, personnage de la littérature médiévale et de la Renaissance.
    La légende veut que Durandal ait été donnée à Charlemagne, alors qu'il était aux vallons de Maurienne, par un ange de Dieu, afin qu'il la remette à un comte capitaine. Charlemagne l’offrit alors à Roland.

    Légende
    La mort de Roland à Roncevaux dans une embuscade tendue par des Vascons est racontée dans la Chanson de Roland (où les Vascons sont remplacés par les Sarrasins grâce a la guerre).
    La chanson de Roland est un exemple classique de chanson de geste (du latin gesta «action aventureuse») par le glissement de l'Histoire à la légende, et par la célébration épique des vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et de la foi.
    C'est dans la geste du roi, composée au Xe siècle, que l'on retrouve la Chanson de Roland. Ami d'Olivier, frère de sa fiancée la belle Aude, Roland est comte de la Marche de Bretagne, et surtout neveu de Charlemagne. Quand ce dernier passe les Pyrénées pour aller lutter contre les Sarrasins en Navarre, Roland commande l'arrière-garde qu'attaquent les Sarrasins au col de Roncevaux, à la suite de la trahison de Ganelon. Roland et ses hommes résistent jusqu'au dernier. Blessé à mort, il sonne enfin dans son olifant, appelant Charlemagne à son secours.

    Durandal


    La légende veut que Roland ait tenté de casser sur un rocher son épée Durandal pour qu'elle ne tombe pas aux mains des Sarrasins, mais c'est le rocher qui se brisa, ouvrant ce qu’on appelle « la brèche de Roland. »
    La Brèche de Roland est une trouée naturelle de quarante mètres de largeur et de cent mètres de hauteur s'ouvrant dans les falaises situées au-dessus du cirque de Gavarnie, dans les Pyrénées, et constituant un col de montagne. Située à une altitude de 2 807 mètres, elle marque la frontière entre l'Espagne et la France.

    Voyant que Durandal ne cassait pas, Roland aurait alors appelé l'archange Michel à l'aide, puis lancé son épée vers la vallée. Celle-ci traversa alors miraculeusement plusieurs centaines de kilomètres avant de se ficher dans le rocher de Notre-Dame de Rocamadour dans le Lot où on peut encore l’admirer aujourd’hui.

    Durandal

    C’est le but d’un des pèlerinages les plus anciens et les plus importants de France. Les fidèles accourent de tous les points du pays, pour y faire leurs dévotions. Ce pèlerinage porte le nom de pèlerinage de Notre-Dame de Rocamadour. Il est devenu une étape sur la route de St Jacques de Compostelle.

    Ce qui lui donne une faveur particulière, c’est qu’il a la vertu de rendre fécondes les femmes frappées de stérilité.
    Si ces déshéritées veulent laisser une postérité, elles doivent se rendre à Rocamadour, monter pieds nus et à genoux les centaines de marches, taillées dans le roc, qui conduisent à l’Eglise, y entendre les saints offices dans le plus grand recueillement, puis s‘agenouiller sous l‘épée en récitant des patenôtres.
    Si les dévotions sont faites dans les règles, il est bien rare que, quelques mois après, les douleurs de l’enfantement ne se fassent pas sentir.

    Cette croyance est très vivace dans les populations d’une partie du Centre et du Midi de la France.

    Durandal

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article6012

     

     

     

     

     


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  • Le menhir de Kerloas

    Rites et légendes du menhir de Kerloas

     

    Il est certainement l’un des monuments les plus visités du pays d’Iroise. «Le Bossu» ou «An Tort», c’est ainsi qu’on le surnommait jadis à cause de ses deux bosses.
    Le menhir* de Kerloas se trouve sur la commune de Plouarzel dans le Finistère.
    La roche qui le compose est un granite de l'Aber-Ildut, il aurait été érigé il y a environ 5000 ans.

    Les pratiques et les légendes qui se rapportent aux mégalithes en général et aux menhirs en particulier sont nombreuses et variées. Le menhir de Kerloas ne peut pas échapper à la règle.
    Un monument pareil, ça ne peut pas se rater ! Le plus haut menhir d'Europe, et peut-être même du monde, est situé légèrement au-dessous du point le plus élevé du Pays d'Iroise ( 142 m ), distant de 500 m.
    Il domine un agréable et large espace réservé aux visiteurs.

    Le menhir de Kerloas fut classé monument historique le 25 septembre 1883. Il est censé être le plus haut menhir de France (et du monde) actuellement debout. Il se dresse à près de 10 mètres du sol .
    Cependant, la hauteur originelle de ce monolithe était bien plus importante et devait dépasser les 12 m car, au XVIIIème siècle, il fut victime de la foudre qui en tronqua la partie sommitale, lui donnant ce sommet curieusement biseauté, et les principaux morceaux qui gisaient à son pied furent utilisés, l’un pour la fabrication d’une auge, l’autre comme pierre d’entrée de champ. Cette dernière a été reconvertie aujourd’hui en ornement de pelouse à la ferme voisine.

    Les spécialistes estiment le poids total du menhir entre 100 et 150 tonnes. Constitué de granite porphyroïde, il a été vraisemblablement extrait d'affleurements situés au moins à deux kilomètres de là en direction de l'Aber Ildut. Dès lors, on imagine les difficultés qu'ont dû surmonter les constructeurs du monument pour l'extraire de sa roche, le tailler, puis le transporter sur cette distance en remontant la pente naturelle du terrain, et l'ériger à son emplacement actuel.

     

    Le menhir de KerloasLe menhir de Kerloas

    Le menhir et ses bosses

    Il a une particularité:
    Le menhir de Kerloas présente à environ un mètre du sol deux bosses opposées, deux petites protubérances arrondies d'une trentaine de centimètres de diamètre. C'est pour cette raison que certains appellent encore ce monument "Le Bossu".
    La présence de ces deux bosses opposées sur une pierre parfaitement bouchardée laisse à penser qu'elles ont été volontairement façonnées sinon maintenues. Dans quel but ?

    Un rite nous a été transmis par plusieurs voyageurs du 19e siècle. Jacques Cambry, écrivain breton, nous dit par exemple en 1805 :
    "Les nouvelles mariées y mènent leurs maris, leur font baiser la pierre, pour être maîtresses chez elles. Une superstition bizarre porte les hommes et les femmes à se frotter le nombril contre ce pilier pour enfanter plutôt des garçons que des filles, et la pierre est usée et polie à la hauteur de la ceinture."

    De son côté, en 1832, Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de Fréminville, nous dit :
    "Les nouveaux mariés se rendent dévotement au pied de ce menhir, et après s'être en partie dépouillés de leurs vêtements, la femme d'un côté, l'époux de l'autre, se frottent le ventre nu contre une de ces bosses. L'homme prétend, par cette cérémonie ridicule, obtenir des enfants mâles plutôt que des filles, et la femme prétend que par là elle aura l'avantage d'être la maîtresse absolue du logis et de gouverner entièrement son mari."

    Selon Sébillot, les jeunes mariés se rendaient au pied du menhir la seconde nuit après leur mariage. La femme embrassait le menhir d'un côté, l'homme de l'autre et, si leurs lèvres se trouvaient en face les unes des autres, le ménage était assuré d'avoir des garçons.

    En 1911, Guénin nous rapporte que le mégalithe était réputé avoir un pouvoir de guérison et que des personnes venaient se frotter les parties malades aux bosses du menhir. Ce même auteur nous apprend aussi que c'est une "bonne femme" qui l'aurait apporté dans son tablier.
    D'autres légendes l'attribuent à Gargantua, qui le mit en place, ainsi que tous les blocs de granite plus ou moins gênants qui parsèment les champs de Plouarzel, pour se venger des habitants de cette paroisse car ils ne lui avaient donné à manger que de la bouillie. Par contre, il ne laissa aucune pierre sur le territoire de Plouzané où il fut bien accueilli.

    Comme pour beaucoup de menhirs situés en bordure d‘océan, on dit aussi qu'un trésor serait caché dessous, visible uniquement pendant la nuit de Noël. Ces légendes disent qu'au premier coup de minuit les menhirs couraient s'abreuver à l'océan. Mais, lorsque sonnait le douzième coup, ils avaient déjà repris leur place, stoïques, immobiles, insensibles aux attaques du temps. Et malheur aux imprudents qui, éblouis par les richesses dévoilées, avaient oublié l'heure; ils étaient écrasés...
    C’est évidemment sous le menhir de Kerloas que le plus grand trésor devait être enterré! Y aurait-il des squelettes d’anciens curieux sous ce menhir?

    Le menhir de Kerloas

    Plusieurs fouilles ont été pratiquées autour du monument. Elles ont révélé un dallage d'environ 20 m de longueur ainsi que 26 tessons provenant du dépôt d'un vase en céramique de l'Age du Bronze, c'est-à-dire très postérieur à l'érection du menhir. En 1961, à la suite de la fouille clandestine d'un chercheur de trésor, un autre dépôt de poteries fut découvert au pied du monument.
    Les tessons furent déposés au Musée de Préhistoire de Penmarc'h.

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/patrimoine_religieux/megalithes/menhir_de_kerloas
    http://www.patrimoine-iroise.fr/culturel/archeo/prehistorique/Kerloas.html

     

     

     


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  • La Reine des poissons

     

    Retour après de gros problèmes « ordinatesques » , alors:

    Une histoire de Gérard de Nerval que je vous livre telle quelle:

    La Reine des poissons

    Sylphe par Séverine Pineaux.

     

    La Reine des poissons

    Conte de la province du Valois.

    Il y avait dans la province du Valois, au milieu des bois de Villers-Cotterêts, un petit garçon et une petite fille qui se rencontraient de temps en temps sur les bords des petites rivières du pays, l’un obligé par un bûcheron nommé Tord-Chêne, qui était son oncle, à aller ramasser du bois mort, l’autre envoyée par ses parents pour saisir de petites anguilles que la baisse des eaux permet d’entrevoir dans la vase en certaines saisons. Elle devait encore, faute de mieux, atteindre entre les pierres les écrevisses, très nombreuses dans quelques endroits.

    Mais la pauvre petite fille, toujours courbée et les pieds dans l’eau, était si compatissante pour les souffrances des animaux, que, le plus souvent, voyant les contorsions des poissons qu’elle tirait de la rivière, elle les y remettait et ne rapportait guère que les écrevisses, qui souvent lui pinçaient les doigts jusqu’au sang, et pour lesquelles elle devenait alors moins indulgente.

    Le petit garçon, de son côté, faisant des fagots de bois mort et des bottes de bruyère, se voyait souvent exposé aux reproches de Tord-Chêne, soit parce qu’il n’en avait pas assez rapporté, soit parce qu’il était trop occupé à causer avec la petite pêcheuse.

    Il y avait un certain jour dans la semaine où les deux enfants ne se rencontraient jamais… Quel était ce jour ? Le même sans doute où la fée Mélusine se changeait en poisson, et où les princesses de l’Edda se transformaient en cygnes.
    Le lendemain d’un de ces jours-là, le petit bûcheron dit à la pêcheuse : " Te souviens-tu qu’hier je t’ai vu passer là-bas dans les eaux de Challepont avec tous les poissons qui te faisaient cortège… jusqu’aux carpes et aux brochets ; et tu étais toi-même un beau poisson rouge avec les côtés tous ruisselants d’écailles d’or.
    – Je m’en souviens bien, dit la petite fille, puisque je t’ai vu, toi qui étais sur le bord de l’eau, et que tu ressemblais à un beau chêne vert, dont les branches d’en haut étaient d’or…, et que tous les arbres du bois se courbaient jusqu’à terre en te saluant.
    – C’est vrai, dit le petit garçon, j’ai rêvé cela.
    – Et moi aussi j’ai rêvé ce que tu m’as dit : mais comment nous sommes nous rencontrés deux dans le rêve ?… "

    En ce moment, l’entretien fut interrompu par l’apparition de Tord-Chêne, qui frappa le petit avec un gros gourdin, en lui reprochant de n’avoir pas seulement lié encore un fagot.
    " Et puis, ajouta-t-il, est-ce que je ne t’ai pas recommandé de tordre les branches qui cèdent facilement, et de les ajouter à tes fagots ?
    – C’est que, dit le petit, le garde me mettrait en prison, s’il trouvait dans mes fagots du bois vivant… Et puis, quand j’ai voulu le faire, comme vous me l’aviez dit, j’entendais l’arbre qui se plaignait.
    – C’est comme moi, dit la petite fille, quand j’emporte des poissons dans mon panier, je les entends qui chantent si tristement, que je les rejette dans l’eau… Alors on me bat chez nous !
    – Tais-toi, petite masque ! dit Tord-Chêne, qui paraissait animé de boisson, tu déranges mon neveu de son travail. Je te connais bien, avec tes dents pointues couleur de perle… Tu es la Reine des poissons… Mais je saurai bien te prendre à un certain jour de la semaine, et tu périras dans l’osier… dans l’osier ! "

    Les menaces que Tord-Chêne avaient faites dans son ivresse ne tardèrent pas à s’accomplir. La petite fille se trouva prise sous la forme de poisson rouge, que le destin l’obligeait à prendre à de certains jours. Heureusement, lorsque Tord-Chêne voulut, en se faisant aider de son neveu, tirer de l’eau la nasse d’osier, ce dernier reconnut le poisson rouge à écailles d’or qu’il avait vu en rêve, comme étant la transformation accidentelle de la petite pêcheuse.
    Il osa la défendre contre Tord-Chêne et le frappa même de sa galoche. Ce dernier, furieux, le prit par les cheveux, cherchant à le renverser ; mais il s’étonna de trouver une grande résistance : c’est que l’enfant tenait ses pieds à la terre avec tant de force, que son oncle ne pouvait venir à bout de le renverser ou de l’emporter, et le faisait en vain virer dans tous les sens.
    Au moment où la résistance de l’enfant allait se trouver vaincue, les arbres de la forêt frémirent d’un bruit sourd, les branches agitées laissèrent siffler les vents, et la tempête fit reculer Tord-Chêne, qui se retira dans sa cabane de bûcheron.
    Il en sortit bientôt menaçant, terrible et transfiguré comme un fils d’Odin ; dans sa main brillait cette hache scandinave qui menace les arbres, pareille au marteau de Thor brisant les rochers.

    Le jeune roi des forêts, victime de Tord-Chêne – son oncle, usurpateur –, savait déjà quel était son rang qu’on voulait lui cacher. Les arbres le protégeaient, mais seulement par leur masse et leur résistance passive…
    En vain les broussailles et les surgeons s’entrelaçaient de tous côtés pour arrêter les pas de Tord-Chêne, celui-ci a appelé ses bûcherons et se trace un chemin à travers ces obstacles. Déjà plusieurs arbres, autrefois sacrés du temps des vieux druides, sont tombés sous les haches et les cognées.

    Heureusement, la Reine des poissons n’avait pas perdu de temps. Elle était allée se jeter aux pieds de la Marne, de l’Oise et de l’Aisne, les trois grandes rivières voisines, leur représentant que si l’on n’arrêtait pas les projets de Tord-Chêne et de ses compagnons, les forêts trop éclaircies n’arrêteraient plus les vapeurs qui produisent les pluies et qui fournissent l’eau aux ruisseaux, aux rivières et aux étangs ; que les sources elles-mêmes seraient taries et ne feraient plus jaillir l’eau nécessaire à alimenter les rivières ; sans compter que tous les poissons se verraient détruits en peu de temps, ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux.
    Les trois grandes rivières prirent là-dessus de tels arrangements que le sol où Tord-Chêne, avec ses terribles bûcherons, travaillait à la destruction des arbres – sans toutefois avoir pu atteindre encore le Prince des forêts –, fût entièrement noyé par une immense inondation, qui ne se retira qu’après la destruction entière des agresseurs.

    Ce fut alors que le Roi des forêts et la Reine des poissons purent de nouveau reprendre leurs innocents entretiens.

    Ce n’étaient plus un petit bûcheron et une petite pêcheuse, mais un Sylphe et une Ondine, lesquels, plus tard, furent unis légitimement.

    La Reine des poissons

    Ondine par Joséphine Wall.

     

     

    http://boiteahistoires.free.fr/0contexte/nerval_reinepoissons.html

     

     

     

     


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  • Le Lion de Mer

    Le Lion de Mer

    Légende varoise: le lion de mer et le lion de terre de Saint Raphaël

    Le Lion de mer est un îlot rocheux, composé de rochers roux (porphyre), situé dans la baie de Saint-Raphaël.
    Une Vierge trône sur le sommet de l'île et la pointe est occupée par des installations techniques.
    Le site est également un spot de plongée reconnu. On y trouve notamment une voûte tapissée de coraux en fleur. Deux statues agrémentent la sortie du passage de l'arche sous marine: la Vierge et la Sirène.
    Il se situe à proximité d'un autre îlot rocheux appelé le Lion de terre.
    Le lion de mer et le lion de terre de Saint Raphaël sont de nos jours des curiosités touristiques locales, agrémentées par une légende digne de la Grèce Antique.

    Voici leur légende:

    Une princesse , en raison de sa beauté, suscitait la jalousie de sa belle mère. Cette dernière fit endormir la jeune femme qui fut ensuite placée sur un bateau.
    Le vent poussa l’embarcation jusqu’au rivage de St Raphaël, où un beau jeune prince, se promenant sur la plage, l’aperçut.
    Curieux, il regarda à travers sa longue-vue et aperçut la princesse dont il tomba follement amoureux. Il embarqua alors sur une petite barque pour la rejoindre.

    Mais Amphitrite, l’une des Néréides et femme de Poséidon, amoureuse du jeune homme, si beau et si charmant, envoya deux monstres marins à corps de crocodile et à tête de lion sur le bateau de la princesse pour qu’elle se noie.

    Heureusement Poséidon, Dieu suprême des Mers et des Océans, se réveilla à ce moment et voyant la situation, soit eut pitié des deux humains, soit voulut contrer son épouse, et donc pétrifia les monstres qui sont aujourd’hui le Lion de Mer et le Lion de Terre.

     

    Le Lion de Mer

    Etape pour les touristes et spot célèbre pour les plongeurs, les profondeurs du lion de mer abritent encore de nos jours deux statues bordant la voûte de l’arche : la « statue de la Vierge » (je ne sais pas ce qu’elle vient faire là?) et la « statue de la sirène » (les néréides antiques étant souvent improprement appelées « sirènes).
    J’ignore malheureusement l’origine de ces statues!

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.benoitreveur.info/article-legende-varoise-le-lion-de-mer-et-le-lion-de-terre-de-saint-raphael-54631825.html

     


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