• Le menhir de Kerloas

    Rites et légendes du menhir de Kerloas

     

    Il est certainement l’un des monuments les plus visités du pays d’Iroise. «Le Bossu» ou «An Tort», c’est ainsi qu’on le surnommait jadis à cause de ses deux bosses.
    Le menhir* de Kerloas se trouve sur la commune de Plouarzel dans le Finistère.
    La roche qui le compose est un granite de l'Aber-Ildut, il aurait été érigé il y a environ 5000 ans.

    Les pratiques et les légendes qui se rapportent aux mégalithes en général et aux menhirs en particulier sont nombreuses et variées. Le menhir de Kerloas ne peut pas échapper à la règle.
    Un monument pareil, ça ne peut pas se rater ! Le plus haut menhir d'Europe, et peut-être même du monde, est situé légèrement au-dessous du point le plus élevé du Pays d'Iroise ( 142 m ), distant de 500 m.
    Il domine un agréable et large espace réservé aux visiteurs.

    Le menhir de Kerloas fut classé monument historique le 25 septembre 1883. Il est censé être le plus haut menhir de France (et du monde) actuellement debout. Il se dresse à près de 10 mètres du sol .
    Cependant, la hauteur originelle de ce monolithe était bien plus importante et devait dépasser les 12 m car, au XVIIIème siècle, il fut victime de la foudre qui en tronqua la partie sommitale, lui donnant ce sommet curieusement biseauté, et les principaux morceaux qui gisaient à son pied furent utilisés, l’un pour la fabrication d’une auge, l’autre comme pierre d’entrée de champ. Cette dernière a été reconvertie aujourd’hui en ornement de pelouse à la ferme voisine.

    Les spécialistes estiment le poids total du menhir entre 100 et 150 tonnes. Constitué de granite porphyroïde, il a été vraisemblablement extrait d'affleurements situés au moins à deux kilomètres de là en direction de l'Aber Ildut. Dès lors, on imagine les difficultés qu'ont dû surmonter les constructeurs du monument pour l'extraire de sa roche, le tailler, puis le transporter sur cette distance en remontant la pente naturelle du terrain, et l'ériger à son emplacement actuel.

     

    Le menhir de KerloasLe menhir de Kerloas

    Le menhir et ses bosses

    Il a une particularité:
    Le menhir de Kerloas présente à environ un mètre du sol deux bosses opposées, deux petites protubérances arrondies d'une trentaine de centimètres de diamètre. C'est pour cette raison que certains appellent encore ce monument "Le Bossu".
    La présence de ces deux bosses opposées sur une pierre parfaitement bouchardée laisse à penser qu'elles ont été volontairement façonnées sinon maintenues. Dans quel but ?

    Un rite nous a été transmis par plusieurs voyageurs du 19e siècle. Jacques Cambry, écrivain breton, nous dit par exemple en 1805 :
    "Les nouvelles mariées y mènent leurs maris, leur font baiser la pierre, pour être maîtresses chez elles. Une superstition bizarre porte les hommes et les femmes à se frotter le nombril contre ce pilier pour enfanter plutôt des garçons que des filles, et la pierre est usée et polie à la hauteur de la ceinture."

    De son côté, en 1832, Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de Fréminville, nous dit :
    "Les nouveaux mariés se rendent dévotement au pied de ce menhir, et après s'être en partie dépouillés de leurs vêtements, la femme d'un côté, l'époux de l'autre, se frottent le ventre nu contre une de ces bosses. L'homme prétend, par cette cérémonie ridicule, obtenir des enfants mâles plutôt que des filles, et la femme prétend que par là elle aura l'avantage d'être la maîtresse absolue du logis et de gouverner entièrement son mari."

    Selon Sébillot, les jeunes mariés se rendaient au pied du menhir la seconde nuit après leur mariage. La femme embrassait le menhir d'un côté, l'homme de l'autre et, si leurs lèvres se trouvaient en face les unes des autres, le ménage était assuré d'avoir des garçons.

    En 1911, Guénin nous rapporte que le mégalithe était réputé avoir un pouvoir de guérison et que des personnes venaient se frotter les parties malades aux bosses du menhir. Ce même auteur nous apprend aussi que c'est une "bonne femme" qui l'aurait apporté dans son tablier.
    D'autres légendes l'attribuent à Gargantua, qui le mit en place, ainsi que tous les blocs de granite plus ou moins gênants qui parsèment les champs de Plouarzel, pour se venger des habitants de cette paroisse car ils ne lui avaient donné à manger que de la bouillie. Par contre, il ne laissa aucune pierre sur le territoire de Plouzané où il fut bien accueilli.

    Comme pour beaucoup de menhirs situés en bordure d‘océan, on dit aussi qu'un trésor serait caché dessous, visible uniquement pendant la nuit de Noël. Ces légendes disent qu'au premier coup de minuit les menhirs couraient s'abreuver à l'océan. Mais, lorsque sonnait le douzième coup, ils avaient déjà repris leur place, stoïques, immobiles, insensibles aux attaques du temps. Et malheur aux imprudents qui, éblouis par les richesses dévoilées, avaient oublié l'heure; ils étaient écrasés...
    C’est évidemment sous le menhir de Kerloas que le plus grand trésor devait être enterré! Y aurait-il des squelettes d’anciens curieux sous ce menhir?

    Le menhir de Kerloas

    Plusieurs fouilles ont été pratiquées autour du monument. Elles ont révélé un dallage d'environ 20 m de longueur ainsi que 26 tessons provenant du dépôt d'un vase en céramique de l'Age du Bronze, c'est-à-dire très postérieur à l'érection du menhir. En 1961, à la suite de la fouille clandestine d'un chercheur de trésor, un autre dépôt de poteries fut découvert au pied du monument.
    Les tessons furent déposés au Musée de Préhistoire de Penmarc'h.

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/patrimoine_religieux/megalithes/menhir_de_kerloas
    http://www.patrimoine-iroise.fr/culturel/archeo/prehistorique/Kerloas.html

     

     

     


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  • La Reine des poissons

     

    Retour après de gros problèmes « ordinatesques » , alors:

    Une histoire de Gérard de Nerval que je vous livre telle quelle:

    La Reine des poissons

    Sylphe par Séverine Pineaux.

     

    La Reine des poissons

    Conte de la province du Valois.

    Il y avait dans la province du Valois, au milieu des bois de Villers-Cotterêts, un petit garçon et une petite fille qui se rencontraient de temps en temps sur les bords des petites rivières du pays, l’un obligé par un bûcheron nommé Tord-Chêne, qui était son oncle, à aller ramasser du bois mort, l’autre envoyée par ses parents pour saisir de petites anguilles que la baisse des eaux permet d’entrevoir dans la vase en certaines saisons. Elle devait encore, faute de mieux, atteindre entre les pierres les écrevisses, très nombreuses dans quelques endroits.

    Mais la pauvre petite fille, toujours courbée et les pieds dans l’eau, était si compatissante pour les souffrances des animaux, que, le plus souvent, voyant les contorsions des poissons qu’elle tirait de la rivière, elle les y remettait et ne rapportait guère que les écrevisses, qui souvent lui pinçaient les doigts jusqu’au sang, et pour lesquelles elle devenait alors moins indulgente.

    Le petit garçon, de son côté, faisant des fagots de bois mort et des bottes de bruyère, se voyait souvent exposé aux reproches de Tord-Chêne, soit parce qu’il n’en avait pas assez rapporté, soit parce qu’il était trop occupé à causer avec la petite pêcheuse.

    Il y avait un certain jour dans la semaine où les deux enfants ne se rencontraient jamais… Quel était ce jour ? Le même sans doute où la fée Mélusine se changeait en poisson, et où les princesses de l’Edda se transformaient en cygnes.
    Le lendemain d’un de ces jours-là, le petit bûcheron dit à la pêcheuse : " Te souviens-tu qu’hier je t’ai vu passer là-bas dans les eaux de Challepont avec tous les poissons qui te faisaient cortège… jusqu’aux carpes et aux brochets ; et tu étais toi-même un beau poisson rouge avec les côtés tous ruisselants d’écailles d’or.
    – Je m’en souviens bien, dit la petite fille, puisque je t’ai vu, toi qui étais sur le bord de l’eau, et que tu ressemblais à un beau chêne vert, dont les branches d’en haut étaient d’or…, et que tous les arbres du bois se courbaient jusqu’à terre en te saluant.
    – C’est vrai, dit le petit garçon, j’ai rêvé cela.
    – Et moi aussi j’ai rêvé ce que tu m’as dit : mais comment nous sommes nous rencontrés deux dans le rêve ?… "

    En ce moment, l’entretien fut interrompu par l’apparition de Tord-Chêne, qui frappa le petit avec un gros gourdin, en lui reprochant de n’avoir pas seulement lié encore un fagot.
    " Et puis, ajouta-t-il, est-ce que je ne t’ai pas recommandé de tordre les branches qui cèdent facilement, et de les ajouter à tes fagots ?
    – C’est que, dit le petit, le garde me mettrait en prison, s’il trouvait dans mes fagots du bois vivant… Et puis, quand j’ai voulu le faire, comme vous me l’aviez dit, j’entendais l’arbre qui se plaignait.
    – C’est comme moi, dit la petite fille, quand j’emporte des poissons dans mon panier, je les entends qui chantent si tristement, que je les rejette dans l’eau… Alors on me bat chez nous !
    – Tais-toi, petite masque ! dit Tord-Chêne, qui paraissait animé de boisson, tu déranges mon neveu de son travail. Je te connais bien, avec tes dents pointues couleur de perle… Tu es la Reine des poissons… Mais je saurai bien te prendre à un certain jour de la semaine, et tu périras dans l’osier… dans l’osier ! "

    Les menaces que Tord-Chêne avaient faites dans son ivresse ne tardèrent pas à s’accomplir. La petite fille se trouva prise sous la forme de poisson rouge, que le destin l’obligeait à prendre à de certains jours. Heureusement, lorsque Tord-Chêne voulut, en se faisant aider de son neveu, tirer de l’eau la nasse d’osier, ce dernier reconnut le poisson rouge à écailles d’or qu’il avait vu en rêve, comme étant la transformation accidentelle de la petite pêcheuse.
    Il osa la défendre contre Tord-Chêne et le frappa même de sa galoche. Ce dernier, furieux, le prit par les cheveux, cherchant à le renverser ; mais il s’étonna de trouver une grande résistance : c’est que l’enfant tenait ses pieds à la terre avec tant de force, que son oncle ne pouvait venir à bout de le renverser ou de l’emporter, et le faisait en vain virer dans tous les sens.
    Au moment où la résistance de l’enfant allait se trouver vaincue, les arbres de la forêt frémirent d’un bruit sourd, les branches agitées laissèrent siffler les vents, et la tempête fit reculer Tord-Chêne, qui se retira dans sa cabane de bûcheron.
    Il en sortit bientôt menaçant, terrible et transfiguré comme un fils d’Odin ; dans sa main brillait cette hache scandinave qui menace les arbres, pareille au marteau de Thor brisant les rochers.

    Le jeune roi des forêts, victime de Tord-Chêne – son oncle, usurpateur –, savait déjà quel était son rang qu’on voulait lui cacher. Les arbres le protégeaient, mais seulement par leur masse et leur résistance passive…
    En vain les broussailles et les surgeons s’entrelaçaient de tous côtés pour arrêter les pas de Tord-Chêne, celui-ci a appelé ses bûcherons et se trace un chemin à travers ces obstacles. Déjà plusieurs arbres, autrefois sacrés du temps des vieux druides, sont tombés sous les haches et les cognées.

    Heureusement, la Reine des poissons n’avait pas perdu de temps. Elle était allée se jeter aux pieds de la Marne, de l’Oise et de l’Aisne, les trois grandes rivières voisines, leur représentant que si l’on n’arrêtait pas les projets de Tord-Chêne et de ses compagnons, les forêts trop éclaircies n’arrêteraient plus les vapeurs qui produisent les pluies et qui fournissent l’eau aux ruisseaux, aux rivières et aux étangs ; que les sources elles-mêmes seraient taries et ne feraient plus jaillir l’eau nécessaire à alimenter les rivières ; sans compter que tous les poissons se verraient détruits en peu de temps, ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux.
    Les trois grandes rivières prirent là-dessus de tels arrangements que le sol où Tord-Chêne, avec ses terribles bûcherons, travaillait à la destruction des arbres – sans toutefois avoir pu atteindre encore le Prince des forêts –, fût entièrement noyé par une immense inondation, qui ne se retira qu’après la destruction entière des agresseurs.

    Ce fut alors que le Roi des forêts et la Reine des poissons purent de nouveau reprendre leurs innocents entretiens.

    Ce n’étaient plus un petit bûcheron et une petite pêcheuse, mais un Sylphe et une Ondine, lesquels, plus tard, furent unis légitimement.

    La Reine des poissons

    Ondine par Joséphine Wall.

     

     

    http://boiteahistoires.free.fr/0contexte/nerval_reinepoissons.html

     

     

     

     


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  • Le Lion de Mer

    Le Lion de Mer

    Légende varoise: le lion de mer et le lion de terre de Saint Raphaël

    Le Lion de mer est un îlot rocheux, composé de rochers roux (porphyre), situé dans la baie de Saint-Raphaël.
    Une Vierge trône sur le sommet de l'île et la pointe est occupée par des installations techniques.
    Le site est également un spot de plongée reconnu. On y trouve notamment une voûte tapissée de coraux en fleur. Deux statues agrémentent la sortie du passage de l'arche sous marine: la Vierge et la Sirène.
    Il se situe à proximité d'un autre îlot rocheux appelé le Lion de terre.
    Le lion de mer et le lion de terre de Saint Raphaël sont de nos jours des curiosités touristiques locales, agrémentées par une légende digne de la Grèce Antique.

    Voici leur légende:

    Une princesse , en raison de sa beauté, suscitait la jalousie de sa belle mère. Cette dernière fit endormir la jeune femme qui fut ensuite placée sur un bateau.
    Le vent poussa l’embarcation jusqu’au rivage de St Raphaël, où un beau jeune prince, se promenant sur la plage, l’aperçut.
    Curieux, il regarda à travers sa longue-vue et aperçut la princesse dont il tomba follement amoureux. Il embarqua alors sur une petite barque pour la rejoindre.

    Mais Amphitrite, l’une des Néréides et femme de Poséidon, amoureuse du jeune homme, si beau et si charmant, envoya deux monstres marins à corps de crocodile et à tête de lion sur le bateau de la princesse pour qu’elle se noie.

    Heureusement Poséidon, Dieu suprême des Mers et des Océans, se réveilla à ce moment et voyant la situation, soit eut pitié des deux humains, soit voulut contrer son épouse, et donc pétrifia les monstres qui sont aujourd’hui le Lion de Mer et le Lion de Terre.

     

    Le Lion de Mer

    Etape pour les touristes et spot célèbre pour les plongeurs, les profondeurs du lion de mer abritent encore de nos jours deux statues bordant la voûte de l’arche : la « statue de la Vierge » (je ne sais pas ce qu’elle vient faire là?) et la « statue de la sirène » (les néréides antiques étant souvent improprement appelées « sirènes).
    J’ignore malheureusement l’origine de ces statues!

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.benoitreveur.info/article-legende-varoise-le-lion-de-mer-et-le-lion-de-terre-de-saint-raphael-54631825.html

     


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  • Les Fées en Haute Bretagne


    Pour Monica

    L'imagination populaire des Bretons est peuplée de créatures étranges, tantôt malicieuses, tantôt menaçantes, protectrices, séductrices ou cruelles.
    Les fées sont issues du légendaire médiéval. Certaines sont célèbres, comme Viviane, qui enchanta Merlin dans la forêt de Brocéliande. Mais les grottes littorales, les forêts et les fontaines étaient aussi les domaines de ces magiciennes.

    En Haute Bretagne, on parle très souvent des fées. Outre les légendes nombreuses qu'on raconte à leur sujet, plusieurs proverbes où elles figurent sont restés dans la conversation courante; on dit : « Blanc comme le linge des fées » pour désigner du linge d'une blancheur éclatante; « Belle comme une fée » pour exprimer une beauté surhumaine.

    On prétend qu'elles étaient plus nombreuses en Haute-Bretagne que Basse-Bretagne...mais personne n'a vraiment vérifié...Elles vivaient dans des endroits isolés, dans des grottes par exemple pour celles qui se trouvaient au bord de la mer, et qu'on appelait alors le Pertus ès fées. Ailleurs elles habitaient dans des roches aux fées, grottes ou dolmens. Ainsi la grotte de la Goule aux Fées à Saint-Enogat, le Fuseau de Margot à Plédran, le Val des Fées à Donges, la Butte aux fées à Carentoir et la Roche Margot à Pontivy.

    On dit que le golfe du Morbihan serait né des larmes abondantes que les fées auraient versées lorsqu'elles furent contraintes de quitter l'Armorique. Sur cette mer nouvelle, elles jetèrent ensuite leurs couronnes de fleurs, qui se changèrent en îles.
    La plus belle dériva vers le large: c'est Belle-Île. La Bretagne est belle. Si belle qu'elle a été créée par des fées. Et qu'elle est terre de légendes.

    Vers le Mené, dans les cantons de Collinée et de Moncontour, on les appelles des Margot la Fée, ou ma commère Margot, ou bien la bonne femme Margot. Sur les côtes, on les désigne assez souvent sous le nom de bonnes dames ou de nos bonnes mères les fées; en général on parle d'elles avec certains égards.

    Elles ne restaient pas inoccupées et travaillaient surtout la nuit.
    On leur attribuait une force surhumaine comme en témoignent certains menhirs qui n'étaient autres que les fuseaux avec lesquels elles filaient la laine. Dans leur tablier elles pouvaient transporter des rochers énormes et on assure à Saint-Cast que la tour de Cesson fut construite par les fées, comme le portail de la chapelle de Saint-Jacques-le-Majeur à Saint-Alban.

    Les fées entretenaient habituellement de bons rapports avec les humains, dans la mesure où le pacte qu'elles avaient conclu avec eux était respecté. Dans ces conditions elles pouvaient être très obligeantes.

    Mais elles dansaient et chantaient aussi. On le reconnaissait à de grands cercles ou l'herbe était plus verte. Mais gare aux imprudents qui voulaient les voir ! Elles n'appréciaient pas, se mettaient en colère et ensorcelaient les curieux !
    Entre Fréhel et Cancale, des fées de fort belle apparence venaient danser dans les criques isolées de la côte. Certains soirs de pleine lune, elles invitaient les pécheurs attardés à entrer dans leur ronde, puis soudain, elles les transformaient en chat. On les voit alors errer sur les falaises, miaulant de détresse les soirs de grands vent; ils ne retrouvent leur forme humaine qu'après avoir tissé avec le mica du sable des grèves, un manteau d'or et d'argent que les fées revêtiront pour repartir dans leur ronde infernale

    Les fées étaient de belles personnes. Il y en avait toutefois des vieilles qui paraissaient avoir plusieurs centaines d'années; quelques-unes avaient les dents longues comme la main, ou leur dos était couvert de plantes marines, de moules ou de vignots; c'est une manière de désigner leur ancienneté.

    « Elles étaient faites comme des créatures humaines; leurs habits n'avaient point de coutures. Quand on les apercevait de loin, elles paraissaient vêtues des habits les plus beaux et les plus brillants. Quand on s'approchait, ces belles couleurs disparaissaient ; mais il leur restait sur la tête une espèce de bonnet en forme de couronne, qui paraissait faire partie de leur personne. » (Conté par François Mallet du Gouray, laboureur).

    Sur la côte, on prétend que les fées appartenaient à une race maudite, et qu'elles avaient été condamnées à rester sur la terre pendant un certain temps. Vers le Mené, canton de Collinée, les anciens disaient que lors de la révolte des anges, ceux qui étaient restés dans le paradis se divisèrent en deux: les uns prirent parti pour le bon Dieu, les autres restèrent neutres. Ces derniers furent envoyés sur la terre pour un temps, et ce sont ces anges à moitié déchus qui étaient les fées.

    En général on croit que les fées ont existé, mais qu'elles ont disparu à des époques qui varient suivant les pays.
    Sur la côte, où l'on croit fermement que les fées ont habité les houles ou grottes des falaises, l'opinion générale est qu'elles ont disparu au commencement du siècle. Nombre de personnes, âgées aujourd'hui d'une soixantaine d'années, ont entendu raconter à leurs pères ou à leurs grands-pères qu'ils avaient vu les fées.

    Les fées ont disparu depuis que l'on sonne l'Angélus et qu'on chante le Credo; mais par la suite des temps la religion s'éteindra, on ne chantera plus le Credo, on ne sonnera plus l'Angélus, et les fées reviendront. Elles sont toutes parties la même nuit; elles reviendront aussi la même nuit.


    Les mondes disparus
    Pays de la mer, la Bretagne connut encore la séduction des sirènes et des morganes, dont quelques audacieux visitèrent les merveilleux palais aquatiques. Le petit peuple des korrigans avait fait de la vieille péninsule sa terre d'élection, et les monuments mégalithiques qui la parsèment étaient, dit-on, leurs demeures.
    Les menhirs recèlent des univers magiques. Les korrigans, elfes malicieux, gambadent la nuit entre les mégalithes. A Carnac, des soldats romains ont été pétrifiés, figés dans leurs alignements. Les pierres du dolmen de la Roche aux Fées ont été déplacées par des fées. La splendide ville d’Ys fut créée par le roi Gradlon pour sa fille Dahud, en baie de Douarnenez. Le diable déroba la clé des écluses pour laisser les flots engloutir la cité. Dahut, noyée, s’est faite sirène.

    Essé/ La Roche aux fées
    Le plus grand dolmen de France

    Au cœur de la verdure, le site est enchanteur... La Roche-aux-fées est sans conteste le plus grand dolmen de France, c'est aussi un lieu de légende marqué par la fée Viviane.
    Si la construction de ce monument date du néolithique, soit environ 2000 ans avant notre ère, les spécialistes restent perplexes quant à son mode de construction. 19,50 mètres de long, 6 mètres de large, 4 mètres de haut... Le site est impressionnant. Et quand on sait que certaines pierres de plus de 40 tonnes proviennent de plusieurs kilomètres à la ronde, on se demande bien comment les habitants de l'époque ont fait pour les déplacer là.
    Le mystère a inspiré la légende...

    Une longue allée couverte
    Quarante et un blocs composent le monument de la Roche-aux-fées. Une allée couverte de schiste formée de quatre chambres dont la signification n'a toujours pas été révélée. Selon la légende, Viviane aidée par les fées l'auraient construit en une nuit!

    La légende des amoureux
    Un tel monument ne pouvait qu'inspirer histoires et superstitions. Plusieurs croyances portent sur le nombre de pierres du monument qui varierait sans cesse.
    L'une d'elles concerne les amoureux. Pour savoir si leur union va durer, les couples doivent faire le tour de la Roche-aux-fées, chacun dans un sens différent et compter les pierres. S'ils trouvent le même nombre de pierres, leur avenir sera radieux !

    Il existe aussi une croyance qui fait de la structure le tombeau d'un général romain. Un ingénieur géographe du XVIIIe siècle indique :
    « Les gens des environs veulent que ce ſoit un ancien temple des Fées, pour leſquelles leurs ancêtres avoient beaucoup de vénération ; opinion ridicule, mais peu étonnante, ſi l'on fait attention que ce ſont des paysans les plus groſſiers qui penſent ainſi. […] Les gens ſenſés croient que ce monument eſt le tombeau d'un Général Romain. »
    — Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne.

    Ce à quoi Arthur de La Borderie répond presque un siècle plus tard :
    « Je laisse à choisir ici laquelle est la plus grossière, de la poétique légende des paysans ou de la bévue pédantesque des gens sensés. »
    — Arthur de La Borderie, La Bretagne contemporaine.

     

    (D'après un article paru en 1886) et:
    http://www.tourismebretagne.com/decouvrir/sites-insolites/esse-la-roche-aux-fees
    http://conseils-astuces.over-blog.com/article-les-fees-de-bretagne-70639514.html
    http://www.bretagne-web.net/legendes_de_bretagne.html

     


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  • Les Etoiles de Sion

    Les étoiles de Sion

    Pour Pianosh qui m’a indiqué cette légende.

    La légende du Saut de la Pucelle.

    Un soir, une jeune princesse de la noble maison de Vaudémont de la colline de Sion, montée sur un cheval blanc, traversait le bois qui recouvre une partie du plateau au retour de sa pieuse visite à Notre Dame de Sion qu‘elle vénérait particulièrement.

    A mi-chemin, elle vit surgir de la forêt un cavalier qui semblait l’attendre. A son allure, elle comprit qu’il avait de mauvaises intentions. Saisie de frayeur, elle pressa sa monture mais le félon la gagnait de vitesse et allait l’atteindre.
    Paniquée, la jeune fille s’écria « Bonne Vierge de Sion, sauvez-moi ! »

    Elle voulut chercher son salut dans la fuite, piqua son cheval qui s'emporta et arriva en un instant sur le bord à pic d‘un précipice. En présence de cet autre danger, la retraite étant impossible avec le poursuivant qui se rapprochait, la princesse n'hésita pas un instant, se recommanda de nouveau à la Vierge, sa protectrice, et s'élança dans le vide.
    Son cheval tomba debout sur une large pierre, où il marqua profondément les quatre fers de ses sabots.
    Le poursuivant étant sur le point de l’imiter, la Vierge saisit dans le ciel une poignée d’étoiles que la nuit tombante venait d’allumer et les jeta dans les yeux du cavalier et de sa monture qui, aveuglée, se cabra et rebroussa chemin. Certaines versions de la légende prétendent qu’ils se sont écrasés au fond du ravin.

    Depuis ce soir là, nous trouvons par myriades des étoiles dans le sol de la colline.

     

    ***************

    Sion, haut lieu sacré de Lorraine.
    La colline de Sion est certainement un des lieux sacrés les plus important de Lorraine.

    Sur cette colline se trouve le lieu-dit du saut de la pucelle, cadre de la légende. Il s’agit d’un ravin quasiment à la verticale et assez profond dans la forêt. A son pied se trouverait l’empreinte d’un sabot de cheval dans la roche. Si aujourd’hui elle n’est plus visible, il semblerait qu’en 1820 il était encore possible de la voir. On trouvait fréquemment ce genre d’empreinte dans les lieux de cultes païens, et comme de bien entendu on y a greffé une légende chrétienne.

    La basilique Notre-Dame de Sion matérialise le culte marial qui remplaça le culte des déesses latines, qui lui-même s'était implanté sur un haut-lieu celtique.
    Avant l'ère chrétienne, les celtes vénèrent déjà sur la colline le dieu de la Guerre Wotan et la déesse de la fertilité et de l'abondance Rosmerta . Lors de la conquête romaine de la Gaule, l'enceinte de Sion était une des places fortes des Leuques, peuple gaulois n'ayant jamais combattu l'armée romaine. Au IVe siècle, le Christianisme chasse les deux divinités et le culte de la Vierge Marie remplace celui des divinités païennes.


    ***************

    Les Etoiles de Sion Les Etoiles de Sion


    Les étoiles de Sion
    Les encrines ou crinoïdes

    Les étoiles de Sion sont des fossiles d'animaux marins (non mobiles) de l'ère secondaire, les lis de mer (aussi appelés encrines ou crinoïdes), cousins des oursins et des étoiles de mer. Elles font partie des échinodermes. Les "étoiles de Sion" sont des fragments d'encrines fossilisés. Chaque « étoile » correspond à une unité (entroque) du pédoncule (la « tige ») de l’animal marin.
    Les encrines étaient des animaux vivant il y a plus de 200 millions d'années lorsque la Lorraine, à la période du Jurassique, était recouverte par une vaste mer chaude.
    L'encrine était fixée au fond de la mer par une longue tige, composée d'articles en entroques, rappelant l'empilement des vertèbres de la colonne vertébrale.
    Les articles empilés du pédoncule - appelé aussi tige - se sont désarticulés et accumulés avec les sédiments. Ils ont été conservés dans les roches sédimentaires qui se sont formées lorsque la mer s’est retirée.

    Les Etoiles de Sion

    Si on trouve des étoiles un peu partout sur la colline et même aux alentours, c'est en face du lieu-dit « La Croix Sainte-Marguerite » que leur présence est la plus remarquable. Les amoncellements de terre de décapage ont été entreposés à cet endroit en 1945 par les troupes américaines qui y cherchaient de la pierre calcaire pour aménager le terrain d'aviation américain de Tantonville.

     

     


    Sources: Wikipédia - http://legende-et-realite.blogspot.fr/2009/06/la-legende-des-etoiles-de-sion.html
    http://www.sion.cg54.fr/fr/la-colline-de-sion-vaudemont/geologie-et-fossiles/le-mystere-des-etoiles-de-sion.html

     

     


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