• Finn et le dragon

    Finn Mac Cool et le Dragon

     

    Fils du grand guerrier Cumhaill, Fionn Mac Cumhaill (connu aussi comme Finn MacCool) fut élevé par deux femmes qui lui apprirent comment se battre et comment survivre en pleine nature.

    Après ses précédentes péripéties avec le saumon de la connaissance, Finn part vers une nouvelle aventure dans le but de reconquérir la place de son défunt père.

    Finn et le Dragon de Tara

    Lorsque Finn quitta l’enseignement de son professeur Finegas, il partit aussitôt vers la grande cour du Roi, située à Tara. Il trouva une grande foule sur sa route, car tout le monde y allait pour célébrer le grand festival de Samhain. Tous les chefs de clans et grands guerriers du pays se rassemblaient chaque année à Tara pour célébrer le début de la saison sombre.

    Le grand hall d’entrée du Palais était bondé de visiteurs bruyants et de grands feux dansaient dans chaque coin de la pièce. Les serviteurs accouraient de partout avec de grands plateaux remplis de viandes. Le vin coulait à flot et les rires résonnaient dans toute la salle.

    Lorsque Finn passa les immenses portes du hall donnant sur la salle du festin, un silence de mort se fit alors dans l’assemblée. N’ayant aucun siège réservé à son nom, il s’approcha du roi tout en regardant dans les yeux chacun des chefs de clans et guerriers qui se trouvaient à la table.

    – Qui es-tu ? demanda le roi. Quel est le nom de l’étranger qui ose interrompre mes festivités ?
    – Je suis Finn, fils de Cumhaill, répondit le jeune homme d’une voix fière.

    - Alors tu es le bienvenu en ces lieux ! annonça à pleine voix le roi. Ton père était l’un de mes plus fidèles amis. Je ne passe pas un seul jour sans penser à lui.
    – C’est un grand honneur que d’être à vos côtés mon roi. En quoi puis-je vous servir ? demanda Finn.
    – Et bien, il y a peut-être quelque chose que tu puisses faire pour moi.

    Et il commença alors à raconter une étrange histoire.


    – À chaque Samhain, et ce depuis plus de 9 ans, Tara se voit assiégée par un esprit diabolique prenant la forme d’un dragon cracheur de feu. Lorsque le dragon commence à entrer dans la ville, une douce musique l’accompagne et tous ceux qui l’entendent sont alors plongés dans un profond sommeil. De nombreux guerriers ont tenté de le terrasser mais tous sont morts avant d’avoir pu tenter la moindre petite action. Nos magiciens ont également tenté de le tuer à l’aide de leurs sorts, mais chaque tentative a échoué. Si tu arrives à tuer ce dragon et à sauver Tara, je te fais alors la promesse de t’accorder le vœu de ton choix.

    – Je tuerai ce dragon pour vous, mon roi, jura Finn devant toute l’assemblée ébahie. Puis il tourna ses talons et sorti dans la nuit pour attendre la bête.

    Alors qu’il commençait à s’assoupir, Finn entendit une voix résonner dans son oreille.
    – Finn, ton père était un grand ami pour moi et j’ai le devoir de rembourser une dette que j’ai envers lui.

    Finn, surpris, regarda tout autour de lui mais ne vit personne.

    – Tu ne peux pas me voir Finn, dit alors la voix, mais lève la tête et tu découvriras mon présent.

    Finn leva les yeux et découvrit une magnifique lance en argent en train de flotter à quelques centimètres de sa tête.

    – Comme tu le sais, continua la voix, lorsque le dragon approche, il joue une musique qui endort tous ceux qui l’entendent. Prends cette lance magique et presse la fermement contre ton front dès que la musique commencera. La mélodie du dragon n’aura alors plus aucun effet sur toi.

    Finn accepta le cadeau, remercia l’esprit, puis attendit de longues heures jusqu’à ce qu’enfin il entende une petite note au loin. On aurait dit un air de flûte qui sonnait comme une douce berceuse.

    Les gens devant lui commencèrent à tomber comme des mouches dans un sommeil profond. Finn appuya alors la lance en argent contre son front et la musique s’arrêta comme par magie !

    Mais avant même qu’il ne le réalise, le dragon se tenait déjà devant lui !

    L’incroyable monstre mesurait plus de 5 mètres de haut et des flammes jaillissaient de ses énormes narines. En une fraction de seconde, Finn saisit la lance en argent et visa la tête du dragon alors que celui-ci se préparait à cracher une flamme sur son adversaire. La pointe de la lance vint se loger directement entre ses yeux et la bête s’écroula sur le sol dans un vacarme assourdissant.

    Le monstre maintenant à terre, Finn dégaina son épée et trancha d’un coup net la tête du dragon. Il emporta avec lui son trophée et retourna au banquet pour le présenter au roi.

    – Tu nous as sauvé du dragon Finn ! déclara le roi. Comme promis, tu as le droit de me demander ce que tu veux. Quel est donc ton souhait mon enfant ?
    – Je souhaite récupérer la place de mon père en devenant le nouveau leader des Fianna, annonça le nouveau héros.
    – Et bien qu’il en soit ainsi !! répondit le roi.

    Le roi déclara alors Finn comme le nouveau leader du clan des Fianna et tous les guerriers s’agenouillèrent face à lui.

    Et voici comment Finn Mc Cool devint le plus grand leader des Fianna.

     

    Finn et le dragon

     

     

     Source: http://www.vivre-en-irlande.fr/culture-irlandaise/finn-cool-dragon

     

     


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    Chromolithographie de l'artiste hambourgeois Arnold Schleisinger (1926)

    Mami Wata

     

    Mamy Wata est la Mère des eaux, mi-femme mi-poisson, mi-terrestre mi-aquatique, déesse du culte vodun au Togo et au Bénin, esprit de l’eau craint par les pêcheurs du Nigeria et du Ghana, mangeuse d’hommes qui erre dans la nuit africaine, sous les traits d’une revenante, sainte patronne des prostituées de Kinshasa.

    Mamy Wata est une divinité qui est l’objet d’autant de cultes que d’adeptes. Héroïne de contes lacustres et de légendes urbaines, elle recouvre autant de symboles que de cultures, et incarne autant de vertus que d’espoirs, autant de maléfices que de peurs.
    C'est la déesse mère des Eaux, déesse crainte des Pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur.

    Mami Wata est généralement décrite comme une femme d'une grande beauté, aux cheveux noirs, raides ou bouclés, qu'elle coiffe avec un peigne d'or. Elle a la peau claire, les yeux grands et brillants, ses vêtements sont à la dernière mode et ses bijoux aveuglants. Ces signes de richesse sont le signe de la nature dangereuse de Mami Wata.

    Mais le plus souvent elle est décrite sous les traits d'une sirène mi-femme mi-poisson ou mi-femme mi-serpent. Un grand serpent (symbole de la divination et de la divinité) l'accompagne souvent. Par ces attributs elle ressemble beaucoup aux Vouivres européennes et rappelle évidemment Mélusine.

    Cette sirène est l’une des rares déités de la mythologie africaine à être représentée, picturalement parlant, sous des traits et une forme récurrents.

    Mami Wata

    Selon une tradition nigérianne, les adeptes hommes peuvent rencontrer Mami Wata sous la forme d'une belle prostituée. Après l'acte sexuel, elle lui apparaît et lui demande la fidélité et le secret. S'il accepte, la fortune et la santé lui sont accordées, sinon, ruine sur sa famille, ses finances et son travail.

    Van Stipriaan rapporte d'autres histoires dans lesquelles des voyageurs (des hommes) la rencontrent sur la rivière. Mami Wata est immanquablement à sa toilette, se coiffant les cheveux en se regardant dans un miroir. Quand elle remarque l'intrus, elle s'enfuit dans l'eau en laissant ses affaires derrière elle dont le voyageur s'empare. Plus tard elle lui apparaît en rêve et lui demande la restitution de ses affaires et qu'il lui soit sexuellement fidèle. S'il accepte, la fortune lui est accordée, sinon il a le mauvais œil.

    Mamiwata, en plus d’être un être hybride, est une divinité étrangère. Etrangère aux hommes et étrangère à la nature. C’est une créature supranaturelle, car elle incarne le croisement de trois mondes : animal, humain et spirituel.
    Mamiwata est également la seule divinité africaine, vénérée ou connue dans un espace géographique rassemblant des cultures et des peuples aussi divers que les Ibo du Nigeria, les Ewé du Bénin, les Bamiléké du Cameroun et les Kongo de la RDC. Bien qu’elle soit l’objet de cultes différents et soit rattachée à des symboles bien particuliers selon les ethnies, les croyances, mais aussi les milieux sociaux, on peut dire que Mamiwata est une déesse « panafricaine ».

    En se basant sur la localisation « côtière » des pays où le culte de Mamiwata est le plus répandu, à savoir le golfe de Guinée, pour le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo, et l’Afrique Centrale pour le Cameroun et la RDC, certains chercheurs sont arrivés à la conclusion que Mamiwata, dans sa représentation moderne, est apparue pour la première fois en Afrique au 15ème siècle, au moment où les Européens ont abordé les côtes du continent noir. La sirène aurait été introduite en Afrique, à la fois par les récits des marins européens, mais également par les figures de proue de leurs navires, qui représentaient très souvent une sirène.
    Elle serait selon certains la représentation du mal et des vices apportés par l’homme blanc.

    Son culte varie selon ses initiés, prêtres et adorateurs, cependant des grandes lignes se dégagent. Des réunions peuvent avoir lieu, mais la déité est plus encline à des rapports individuels avec ses suiveurs. Elle a de nombreux prêtres et médiums en Afrique, en Amérique et aux Caraïbes, qui sont spécifiquement initiés.

    Au Nigéria, ses adeptes portent des vêtements rouges et blancs, car ces couleurs représentent la nature double de Mami Wata : dans l'iconographie igbo, le rouge représente la mort, la destruction, la chaleur, la masculinité et le pouvoir alors que le blanc symbolise également la mort, mais aussi la beauté, la création, la féminité, le renouveau, la spiritualité, l'eau et la santé. Les sanctuaires de Mami Wata peuvent être décorés de ces couleurs et avec des cloches, des sculptures, des icônes chrétiennes ou indiennes, des poupées, de l'encens et des restes de sacrifices précédents.

    Le culte de Mami Wata consiste en des danses accompagnées de musique. Les adeptes dansent jusqu'à entrer en transe. Elle les possède alors et leur parle. Les offrandes sont également importantes : elle préfère de la nourriture et de la boisson, de l'alcool, des objets odorants (pommade, poudre, encens, savon, etc.) ou des biens précieux comme les bijoux. Les adorateurs modernes offrent couramment des biens manufacturés (Coca-Cola, bijoux de créateurs, etc.)

    La religion vodun ayant traversé l’Atlantique avec les esclaves africains durant près de quatre siècles de traite, la sirène Mamiwata est également très présente dans certains cultes de la diaspora noire.
    On la retrouve dans les Caraïbes, et dans certaines régions d'Amérique du Nord et du Sud, souvent sous le nom de Water Mama. Elle est en particulier vénérée dans le culte du Candomblé au Brésil, où elle porte le nom de Yemanja, et ceux de la Santeria à Cuba ou en Haïti, où les descendants d’esclaves africains l’ont baptisée Yemoya. Un culte spécial lui est consacré dans la tradition du vaudou haïtien sous le nom de Iemanja.

    Selon les traditions des deux côtés de l'Atlantique, l'esprit enlève ses adeptes ou des gens au hasard alors qu'ils nagent ou qu'ils sont en bateau. Elle les emmène dans son royaume qui peut être sous l'eau, dans le monde des esprits, ou les deux. Si elle leur permet de partir, les voyageurs reviennent souvent dans des vêtements secs et avec une nouvelle intelligence spirituelle qui se reflète dans leur regard, souvent ils s'enrichissent, deviennent plus séduisants et plus faciles à vivre.

    Mamiwata est donc une combinaison subtile de croyances africaines et d’imageries à la fois européennes et indiennes. L’aspect « étranger » de Mamiwata a d’ailleurs toujours été fortement souligné dans sa représentation picturale, comme symbole des bouleversements culturels apportés par la traite négrière et la colonisation européenne.

     

    Mami Wata

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.masque-africain.com/sculptures.html

     


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  • Arachné


    Arachné

     

    L’histoire d’Arachné, une mortelle qui tenta de défier la déesse Athéna, est un avertissement pour qui voudrait se comparer aux dieux.

    Arachné était une jeune femme issue d’une famille modeste, qui avait un don incomparable pour l’art du tissage. Elle avait tant d’habileté, tant de finesse que toutes ses créations étaient de pures merveilles. Sa réputation ne tarda pas à faire le tour du pays. Tout le monde pensait qu’elle était l’élève d’Athéna, mais la jeune femme niait ces propos, elle prétendait même, trop orgueilleusement, être meilleure qu’elle !

    La réputation de la jeune femme vint aux oreilles d’Athéna qui était également déesse du tissage.

    Intriguée, Athéna se déguisa en vieille femme pour rendre visite à la jeune tisseuse et observer son travail. Arachné, n'ayant point reconnu la déesse, se vanta devant celle-ci d’être la meilleure tisseuse du monde, meilleure qu'Athéna elle-même. La déesse entra alors dans une grande colère et révéla à Arachné sa véritable identité. Prenant les déclarations de la jeune femme pour une provocation, elle organisa alors un concours pour déterminer qui était la meilleure.

    Toute la ville accourut pour voir le spectacle. Alors chacune de son côté, elles commencèrent à tisser avec la plus grande concentration. Avec l’aide des Dieux, Athéna tissa une magnifique toile avec des fils d’or et pourpre, représentant la scène de son combat et sa victoire contre le Dieu Poséidon, ainsi que les douze dieux de l'olympe, dans toute leur majesté. Et, pour avertir sa rivale, elle ajouta, aux quatre coins, la représentation de quatre épisodes montrant la défaite de mortels qui avaient osé défier les dieux.
    La toile était merveilleuse, époustouflante, pour Athéna la victoire était évidente.

    Arachné

    Mais de son côté Arachné fit un travail plus que remarquable, pour l‘occasion elle s‘était surpassée. Sa toile était à l’image de son orgueil et de son insolence envers les Dieux. Elle représentait Zeus et ses nombreuses conquêtes où celui-ci avait dû prendre la forme de plusieurs animaux afin de séduire ses amantes. Ainsi on vit le Dieu sous forme de taureau, de cygne, de pluie, de vent… La toile était si magnifique que tous les regards se portaient sur elle, faisant passer l’œuvre d’Athéna au second plan.

    Athéna fut folle de rage devant un si beau travail, mais surtout elle fut outragée de cette représentation de son père le Roi des Dieux qu‘elle considéra comme une insulte, un grand manque de respect. Elle se précipita sur la toile et la lacéra, la mit en lambeaux, puis elle frappa de son épée Arachné devant toute la population.
    Humiliée la jeune tisseuse courut se réfugier dans sa chambre où elle s’enferma à double tour. Elle prit une longue corde, la noua autour de son cou et se pendit.

    Athéna eut cependant pitié d’elle et au dernier moment, elle transforma la corde en fil de soie.
    Elle lui redonna ainsi la vie mais lui dit « Vis, mais reste suspendue, si tu prétends être si douée pour le tissage alors tu tisseras toute ta vie ! »

    Puis elle métamorphosa Arachné en… araignée ! C’est ainsi que la jeune femme devint la mère de toutes les araignées qui tissent leur toiles encore de nos jours.

    Arachné

     

     

    Sources: http://www.dol-celeb.com/heros/arachne/
    http://mythe.canalblog.com/archives/2010/08/06/18756544.html

     

     

     

     


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  • La mandragore

    Entre mythes et réalité.

    La mandragore est une plante mystérieuse rendue magique par de nombreuses légendes médiévales.

    Homoncule, herbe de Circé, plante des sorcières, la mandragore est depuis de nombreux siècles associée à la magie. En raison de la forme vaguement humaine de sa racine et de ses composés alcaloïdes psychotropes, la mandragore a été associée depuis l'antiquité à des croyances et des rituels magiques.

    La plante:

    Cousine de la belladone, la mandragore est une plante de la famille des solanacées (comme la pomme de terre), poussant sur les bordures méditerranéennes, dans un sol fertile. Sa racine fourchue est de couleur brune à l'extérieur et blanche à l'intérieur. Elle est pourvue de grosses feuilles vertes et donne naissance à des fruits rouges ou jaunes. Sa fleur est blanche, verdâtre ou violacée, selon la variété et dégage une forte odeur.

    Sa racine peut atteindre, après plusieurs années, des dimensions impressionnantes : jusqu'à 60 à 80 centimètres et peser plusieurs kilogrammes ! Elle s'enfonce profondément dans la terre, ce qui la rend difficile à arracher.
    Cette plante est riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, narcotiques voire aphrodisiaques. Cela expliquerait les nombreuses légendes qui l’entourent et les vertus magiques qu’on lui a longtemps prêtées.

    Abondante au Moyen Age, elle s'est raréfiée de nos jours et il est difficile de s'en procurer ou d'en cultiver.

    Malgré ses bienfaits elle n'en reste pas moins une plante toxique qu'il faut utiliser avec modération et connaissance.

    Légendes à propos de la mandragore

    La mandragore a une forme particulière. Ses longues racines ont souvent fait penser, avec un peu d'imagination, à un embryon humain, d'où l'un de ses nombreux noms: homoncule qui signifie "petit homme planté". Avec cet aspect vaguement humain, plusieurs légendes ont pris naissance à l'époque médiévale autour de cette plante dite magique.

    D'après les écrits de l'époque, la mandragore se dote alors d'une réputation assez sombre voire macabre. En effet, il est dit qu'elle nait par la semence des pendus au pied des gibets au moment de leur mort. Mais aussi près des tombes de jeunes pucelles mortes d'un chagrin d'amour.

    La mandragore officinale est sans doute la plante qui a été le plus entourée de superstitions. On lui prêtait le pouvoir de faire naître l'amour, de guérir la stérilité ou de multiplier l'argent.
    En raison des effets hallucinogènes de cette plante, les chamanes et sorcières s'en enduisaient le corps pour entrer en transe.
    Cette plante était également utilisée par les guérisseuses pour faciliter les accouchements et soigner les morsures de vipère.

    Selon une croyance moyenâgeuse, le cri de la mandragore pouvait rendre fou ou tuer les personnes qui se risquaient à l'arracher de terre. La cueillette de cette plante était donc entourée de précautions et de rituels magiques que nous verrons plus loin.



    Vaguement anthropomorphe, donc, la Mandragore est supposée abriter un génie et est réputée posséder des vertus aphrodisiaques et divinatoires très importantes pour les sorcières qui en usent, dit-on, pour voler. D’anciennes gravures représentent la Mandragore sous forme humaine et il fut un temps où on la retrouvait autant dans les herbiers que dans les bestiaires. Bien qu’elle soit dans sa forme, mâle et femelle, dans les opérations dites «magiques», la Mandragore symbolise toujours l’élément mâle.

    Elle est très convoitée durant tout le Moyen Age et se vend à prix d'or, car on dit qu’elle apporte richesse et chance à son propriétaire. Elle était vendue très cher en raison du risque à la cueillette, et ce d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la présence de touffes judicieusement disposées.

    Jusqu'à la fin du siècle dernier, on a assuré en France que la Mandragore rendait le double de ce qu'elle avait reçu : deux louis pour un, deux écuelles de grain pour une.

    Elle peut aussi protéger la maison où elle vit; car la mandragore vit comme tout être peuplant cette terre, mais surtout grâce aux bons soins prodigués. Afin que cette plante magique offre tous ses bienfaits elle doit être choyée. Pour rendre une mandragore magique, on la plaçait pendant un mois dans la fosse d'un cimetière. Après quoi, on la faisait sécher au four et on l'enfermait dans un morceau de linceul : "Tant que l'on est en sa possession, affirmait le Grand Albert, on voit tous les jours augmenter sa chance".

     

    La mandragore dans l’histoire de la médecine:

    Une plante représentée sur le trône de Toutânkhamon pourrait être une mandragore (Hepper 1990) mais cette plante n'étant pas indigène en Égypte, il aurait fallu qu'elle y soit cultivée.

    Les médecins grecs prescrivaient la mandragore contre la mélancolie et la dépression. Hippocrate au Ve siècle av. J.-C. conseillait « Aux gens tristes, malades et qui veulent s'étrangler, faites prendre le matin en boisson la racine de mandragore à dose moindre qu'il n'en faudrait pour causer le délire ».

    Au rapport de son élève Xénophon, Socrate parle déjà des effets sédatifs de la plante ; Théophraste, élève d’Aristote, rapporte que la racine traite les maladies de peau et la goutte et que les feuilles sont efficaces pour soigner les blessures. Ses propriétés sédatives étaient connues puisqu’il dit qu’elle est bonne pour le sommeil. Théophraste signale aussi des propriétés aphrodisiaques. En recueillant la sève qui s'écoule de la fleur délicatement arrachée et en rajoutant quelques ingrédients secrets cela donne un puissant philtre d'amour très utilisé au Moyen Age.

    Les sorciers et alchimistes de l'époque ont d'ailleurs toujours dans leur repère un bocal rempli de racines de mandragore.

     

    Mandragores mâle et femelle. Manuscrit Dioscurides neapolitanus, Biblioteca Nazionale di Napoli, début du VIIe siècle.

    Au Ier siècle de notre ère, le médecin grec Dioscoride, en donne une description assez précise.

    « Il y a une espèce femelle, noire qui est appelée tridakias, qui a des feuilles plus étroites et plus petites que la laitue, d'une odeur puante et forte, étendues sur le sol, ainsi que des « pommes » semblables à celles du sorbier, jaune pâle, d'une bonne odeur, dans lesquelles il y a une graine semblable à celle de la poire. Les feuilles de l'espèce mâle et blanche, que certains appellent morion, sont claires, grandes, larges et lisses comme celles de la bette. Ses pommes sont deux fois plus grosses, de couleur safran, dégagent une odeur agréable relativement forte. Les bergers en mangent et s'endorment pour un certain temps. Sa racine est semblable à la précédente, mais plus grande et plus blanche. Elle n'a pas de tige non plus… ».

    Pline l'Ancien, naturaliste romain, en donne une description très proche à la même époque.

    Pline nous signale aussi des indications proches de celles de Dioscoride. L'usage comme narcotique et analgésique revient toujours :

    « On conserve les feuilles dans la saumure, et elles ont plus d'effet sinon le suc des plantes fraîches est un dangereux poison ; et encore, ainsi conservées, leurs propriétés nocives portent à la tête, même par la simple odeur… L'effet soporifique varie avec les forces du sujet ; la dose moyenne est d'un cyathe. On la fait boire aussi contre les morsures de serpents et avant les incisions et les piqûres pour insensibiliser ».

    Dioscoride énumère de nombreuses maladies où la mandragore est d'un grand secours. La racine préparée avec du vinaigre guérit les inflammations de la peau, avec du miel ou de l'huile, elle est bonne contre les piqures de serpent, avec de l'eau, elle traite les écrouelles et les abcès. Le jus fait venir les menstrues et précipite l'accouchement. Prudemment, Dioscoride met en garde contre la toxicité de la plante « Toutefois, il faut se garder d'en boire trop, car il [le jus] ferait mourir la personne ».

    Elle agit aussi sur la fécondité. Nicolas Machiavel a d'ailleurs écrit en 1520 une pièce de théâtre (une farce burlesque) portant le nom de mandragore. Elle met en scène le pouvoir immense de cette plante contre la stérilité.

    Cependant, bien heureux est celui qui arrive à s'emparer d'une mandragore car la cueillir demande d'user de nombreuses ruses. En effet, cette plante mystérieuse pousse un cri épouvantable lorsqu'elle est arrachée tant ses souffrances sont insoutenables. Ce hurlement désespéré tue sur place l'inconscient qui a alors essayé de se l'approprier.

    Arrachage d'une mandragore. Manuscrit Tacuinum Sanitatis, Bibliothèque nationale de Vienne, v. 1390.

    Pour parer à ce problème plusieurs stratégies sont conseillées:

    «Pour la trouver, il faut attendre une nuit de pleine lune, car la mandragore illumine la noirceur de la nuit. Il faut se rendre au pied d'un gibet les pieds nus. Trois cercles sont à tracer dans la terre à l'aide d'une épée, le tout accompagné de paroles sacramentelles. A ce moment là il faut faire appel à un chien, affamé ou bien docile, et l'attacher au pied de la plante. Il est conseillé de se boucher les oreilles avec de la cire et de se reculer de quelques pas. Il suffit de siffler le chien ou de l'appâter avec un morceau de viande afin que celui en courant arrache la racine. Il est bien évident que le pauvre animal meurt alors sous le cri affreux de la mandragore. Le tour est joué et la plante est prête à être ramassée sans risque.» (Herbarius Apulei, 1481).

    Le Quellec fait remonter l'ancienneté de cette tradition au début du VIe siècle. En l'an 520, le manuscrit de Dioscoride de Vienne est illustré par deux miniatures sur lesquelles on voit une racine de mandragore attachée au cou d'un chien mort, gueule béante.

    Les précautions lors de la cueillette sont aussi énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541). D'après lui, la mandragore qui était une racine à-demi humaine, restait soumise à celui qui lui donnait de l'âme en la déterrant.

    A son sujet, Pline le jeune écrivait que "ceux qui cueillent la Mandragore prennent garde à ne pas avoir le vent en face ; il faut qu' ils décrivent trois cercles autour d'elle avec une épée, puis qu' ils l'enlèvent de terre en se tournant du côté du couchant. La racine de cette plante broyée avec de l'huile rosat et du vin, guérit les inflammations et les douleurs des yeux".

    Théophraste nous indique que lors de la cueillette il faut:

    « tracer autour de la mandragore trois cercles avec une épée, couper en regardant vers le levant, danser autour de l'autre et dire le plus grand nombre possible de paroles grivoises » (H.P. IX, 8, 8).

    Les magiciens pensaient qu'il existait des relations intimes entre les différents objets et les différent êtres vivants. Pour eux, les plantes sont des êtres animés doués d'une âme car étroitement soumises à l'action de divinités ou de forces astrales. Comme les médecins, ils désiraient soigner les malades mais ils avaient une toute autre conception de la maladie. Comme le dit Guy Ducourthial « Ils considèrent qu'elle n'a pas de cause naturelle, mais qu'elle est envoyée aux humains par des divinités pour les punir de leurs fautes. Pour guérir les individus malades, ils prétendent pouvoir contraindre ces divinités à détourner l'influence néfaste qu'elles exercent sur eux, mais aussi « maîtriser » un certain nombre de plantes qu'ils ont sélectionnées, c'est-à-dire les soumettre à leurs injonctions et les obliger à abandonner leurs propriétés pour qu'ils puissent en disposer à leur gré. Pour atteindre leur but, ils doivent accomplir un certain nombre de gestes précis et souvent mystérieux, prononcer incantations et formules secrètes et réciter des prières particulières, notamment lors de la récolte des plantes qu'il faut effectuer à des moments particuliers ».

    Ainsi le cercle tracé autour de la plante crée un espace magiquement clos, enfermant la plante et permettant au magicien de s'en rendre maître.

    Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se déroulaient les nuits de pleine lune.

    On trouve aussi parfois la mandragore et la jusquiame dans la composition d'onguents utilisés par les sorcières. Une croyance très répandue aux XVIe et XVIIe siècles, voulait que les sorcières s'enduisent le corps d'un onguent avant de s'envoler dans les airs pour aller au sabbat. Elles s'y rendaient à cheval sur un balai ou une fourche, enduits eux aussi d'onguent.

    La mandragore est aussi utilisée dans certains rituels du culte vaudou.

    Bien que ces croyances populaires nous fassent rire aujourd'hui, la mandragore n'en reste pas moins une plante mystérieuse qui est encore utilisée dans certaines contrées.

    Au Moyen Age elle est la plante la plus dangereuse mais aussi la plus convoitée.

    On donne aussi parfois à la Mandragore le nom de « main du Diable » ou de «main de Gloire», mais ceci est une autre histoire.

     

     

    Sources: Wikipédia - https://scribium.com/leslie-bello/a/la-mandragore-une-legende-du-moyen-age/

    http://www.gralon.net/articles/maison-et-jardin/jardin/article-la-mandragore---une-plante-entouree-de-magie-5505.htm

     

     

     

     


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  • Le sirop d’érable

    Bien des idées qu’ont eu les hommes leur ont été soufflées par l’observation des animaux.
    Celle-ci par exemple:

    Les tribus amérindiennes savaient comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop. Par la suite, ils ont appris à nos ancêtres à fabriquer le sirop d'érable.
    Mais les Amérindiens, eux, comment ont-ils appris ?

    Le sirop d’érable

    Une des nombreuses légendes raconte qu'un petit écureuil grimpa le long d'un tronc d'arbre, mordit sa branche et se mit à boire. Un Amérindien se trouvant au pied de cet arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu'une source d'eau fraîche coulait tout près. Il imita l'écureuil en faisant une fente avec son couteau ...surprise, l'eau qui s'en écoulait était sucrée ! Jusqu'alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages. Et voilà qu'il existait un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal.
    En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps. Tout ça parce qu'il avait regardé et imité un écureuil en train de se désaltérer avec la sève d'érable.

    Le sirop d’érable

    Cette petite légende de la découverte du sirop d`érable a été confirmée par le frère Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois il y a bien des années, auteur illustre de la Flore laurentienne. Les Amérindiens auraient donc appris en observant l'écureuil roux.
    Marie-Victorin affirme que les Amérindiens ont appris aussi de l’écureuil à transformer la sève d’érable en sirop. En effet, de la blessure causée par la branche qui se casse coule la sève, parfois jusqu’au pied de l’arbre. Le soleil chauffe cette sève jour après jour pour faire évaporer l’eau jusqu’à ce qu’il ne reste que du sirop. Les écureuils lèchent ce sirop chaque printemps.

    Il y a finalement autant de légendes amérindiennes sur l’origine du sirop d’érable qu’il y a de tribus. Une seule certitude : les Amérindiens ont très vite su exploiter les vertus de la sève de l’érable à sucre en mettant au point une technique de récolte toute simple. A l’approche du printemps, ils entaillaient les arbres de biais avec leur tomahawk et recueillaient le précieux liquide dans un mokuk, récipient d’écorce de bouleau qu’ils déposaient sur la neige au pied de l’arbre à l’aide d’un éclat de bois encastré dans l’entaille. Pour obtenir un sirop épais, les Amérindiens faisaient bouillir la sève dans des chaudrons d’argile en la chauffant avec des pierres rougies au feu. Le procédé était très long.

    Le sirop d’érable

     

    Pour infos:
    Croyances populaires:
    -Les premiers cris des corneilles annoncent l'arrivée du temps des sucres.
    -Les premiers cris des outardes (oies sauvages) annoncent la fin de la saison.
    -Si on entaille les érables lors du croissant de lune, la coulée est abondante.
    -Si l'érable coule trop vite au moment de l'entaille, la coulée ne durera pas longtemps.
    -L'apparition de l'oiseau des sucres (Passereau) signifie qu'il est temps d'entailler. Cet oiseau est fréquent lorsque le temps d'entailler les érables est arrivé.
    -Les papillons des sucres annoncent la fin de la coulée.
    C'est un papillon gris et blanc qui fait son apparition à la fin de la saison des sucres et qui se noie dans les chaudières d'eau d'érable.

     

     


    Source: mon ami Gino et http://www.chezmaya.com/cartesvirtuelles/erable/sucres.html
    http://mag.kanata.fr/gastronomie/lhistoire-du-sirop-derable.html

     

     

     

     

     


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