• Le sirop d’érable

    Bien des idées qu’ont eu les hommes leur ont été soufflées par l’observation des animaux.
    Celle-ci par exemple:

    Les tribus amérindiennes savaient comment recueillir la sève des érables et la transformer en sirop. Par la suite, ils ont appris à nos ancêtres à fabriquer le sirop d'érable.
    Mais les Amérindiens, eux, comment ont-ils appris ?

    Le sirop d’érable

    Une des nombreuses légendes raconte qu'un petit écureuil grimpa le long d'un tronc d'arbre, mordit sa branche et se mit à boire. Un Amérindien se trouvant au pied de cet arbre le regardait et se demandait pourquoi, puisqu'une source d'eau fraîche coulait tout près. Il imita l'écureuil en faisant une fente avec son couteau ...surprise, l'eau qui s'en écoulait était sucrée ! Jusqu'alors, sa tribu ne trouvait du sucre que dans les fruits sauvages. Et voilà qu'il existait un arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal.
    En plus, il venait de découvrir un remède contre le scorbut dont les siens souffraient souvent au printemps. Tout ça parce qu'il avait regardé et imité un écureuil en train de se désaltérer avec la sève d'érable.

    Le sirop d’érable

    Cette petite légende de la découverte du sirop d`érable a été confirmée par le frère Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois il y a bien des années, auteur illustre de la Flore laurentienne. Les Amérindiens auraient donc appris en observant l'écureuil roux.
    Marie-Victorin affirme que les Amérindiens ont appris aussi de l’écureuil à transformer la sève d’érable en sirop. En effet, de la blessure causée par la branche qui se casse coule la sève, parfois jusqu’au pied de l’arbre. Le soleil chauffe cette sève jour après jour pour faire évaporer l’eau jusqu’à ce qu’il ne reste que du sirop. Les écureuils lèchent ce sirop chaque printemps.

    Il y a finalement autant de légendes amérindiennes sur l’origine du sirop d’érable qu’il y a de tribus. Une seule certitude : les Amérindiens ont très vite su exploiter les vertus de la sève de l’érable à sucre en mettant au point une technique de récolte toute simple. A l’approche du printemps, ils entaillaient les arbres de biais avec leur tomahawk et recueillaient le précieux liquide dans un mokuk, récipient d’écorce de bouleau qu’ils déposaient sur la neige au pied de l’arbre à l’aide d’un éclat de bois encastré dans l’entaille. Pour obtenir un sirop épais, les Amérindiens faisaient bouillir la sève dans des chaudrons d’argile en la chauffant avec des pierres rougies au feu. Le procédé était très long.

    Le sirop d’érable

     

    Pour infos:
    Croyances populaires:
    -Les premiers cris des corneilles annoncent l'arrivée du temps des sucres.
    -Les premiers cris des outardes (oies sauvages) annoncent la fin de la saison.
    -Si on entaille les érables lors du croissant de lune, la coulée est abondante.
    -Si l'érable coule trop vite au moment de l'entaille, la coulée ne durera pas longtemps.
    -L'apparition de l'oiseau des sucres (Passereau) signifie qu'il est temps d'entailler. Cet oiseau est fréquent lorsque le temps d'entailler les érables est arrivé.
    -Les papillons des sucres annoncent la fin de la coulée.
    C'est un papillon gris et blanc qui fait son apparition à la fin de la saison des sucres et qui se noie dans les chaudières d'eau d'érable.

     

     


    Source: mon ami Gino et http://www.chezmaya.com/cartesvirtuelles/erable/sucres.html
    http://mag.kanata.fr/gastronomie/lhistoire-du-sirop-derable.html

     

     

     

     

     


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  • Dagda

    Dagda


    Dagda (Eochaid Ollathair) connu en tant que "dieu bon" ou " seigneur des cieux," était l'un des grands rois des Tuatha Dé Danann et le dieu irlandais de la fertilité, de la terre et de l'abondance mais aussi des traités.
    On le voyait également comme le dieu des arts, de la connaissance, de la magie et de la musique. Il est le Maître du temps et des éléments, il règne autant sur la vie que sur la mort. Il est aussi le Maître de l’Autre Monde, le Sidh.

    Avec Lug, il est considéré comme le Dieu le plus puissant des Tuatha Dé Dannan, des êtres surnaturels au service de la Déesse Mère Dana.
    Il est le père du peuple, le premier dieu, l'Être Absolu (père des vivants, maître des morts). De conception plus primitive que Lug, son aura s'éteindra à l'avènement de ce dernier, mais il représentera encore la mémoire des temps "anciens".

    Le Dagda est avant tout le dieu-druide qui contrôle le sacré et la science. Omniprésent et omnipotent, il est considéré comme le patron des druides car il connaît un grand nombre de sorts qui lui permettent de ressusciter les morts; il est le druide parfait. 

    Dagda est montré comme ventripotent et peu séduisant, et pourtant ses conquêtes sont nombreuses. Il se contente cependant de s'unir à son épouse, la Mórrigan «Grande Reine» ou la Bodb «Corneille», déesse de la Guerre.
    A noter que comme on dit souvent la Morrigan on dit aussi le Dagda.

    Dagda

    On ne sait pourquoi il était souvent décrit de façon irrévérencieuse et même ridicule.
    Son aspect est hideux, ventru comme un bouddha, un oeil démesuré, les cuisses énormes, les épaules larges, d'une taille prodigieuse. Vêtu d'une simple tunique à capuchon trop courte, tenue des gens du peuple, ses bottes sont en cuir de cheval, poils à l'extérieur.
    C'était un guerrier effrayant doté d'une force surhumaine.
    Plus tard les récits médiévaux le décrivent comme le grand roi d’Irlande et un dieu aux multiples pouvoirs.

    Il forme un binôme avec son frère Ogme (Oghma), le dieu de la Magie guerrière, dont il est le complément..
    Père d'Oengus et du roi Bodb, de Cermat et de la triple déesse Brigid, ses frères sont Elcmar, Nechtar et Midir.

    Il était aussi réputé pour son appétit féroce :
    Il prenait plaisir à manger et juste avant la seconde bataille de Magh Tuireadh, il se rendit dans le camp des Fomorii, ses ennemis acharnés, pendant la trêve du nouvel an. Ils préparèrent alors à son attention du porridge fait de lait, de farine, de graisse, de cochons et de chèvres, en quantité suffisante pour rassasier cinquante hommes.
    Ils lui ordonnèrent, sous peine de mort, de tout manger, ce qu'il fit de bon cœur en se servant d'une louche en bois « si énorme qu'un homme et une femme pouvaient coucher dedans ». Cette épreuve transforma temporairement Dagda en vieil homme obèse, mais cela ne l'empêcha pas de séduire l'une des filles des Fomorii, qui lui promit d'aider les Tuatha Dé Danann par sa magie.
    Ce récit évoque peut-être, dans une version altérée, le mariage sacré d'un chef et d'une jeune fille qui avait lieu au début de chaque année durant la fête de Beltane. L'union avait pour but d'assurer la prospérité, la force et la paix.

    Dans le récit du Cath Maighe Tuireadh, le Dagda a trois ou quatre mésaventures, mais c'est lui qui, avec Lug et Ogme, organise la guerre victorieuse des Túatha Dé Dánann contre les Fomorii. Dans de nombreuses illustrations et récits, Dadga est représenté avec 4 talismans qui témoignent de sa puissance.

    La Massue magique
    Son arme préférée est la massue. Montée sur 2 roues, elle est si lourde que la marque laissée sur son passage peut servir de frontière entre deux mondes. Avec la plus grosse extrémité de sa massue, il pouvait tuer jusqu’à 9 ennemis en un seul coup. L’autre extrémité pouvait quant à elle ressusciter les morts. Elle lui donnait ainsi le droit de vie et de mort. 
    La Harpe des 4 saisons
    Le Dagda possède une harpe magique appelée l’Uaithne. Celle-ci a plusieurs pouvoirs en elle. Le premier est de jouer n’importe quelle mélodie du monde toute seule, sur simple commande de son propriétaire. Son second pouvoir est de changer l’ordre respectifs des saisons. Enfin, certaines légendes racontent que Dagda utilisait sa harpe pour commander ses hommes sur les champs de batailles.
    Le Chaudron d’abondance
    Le dieu druiDagdade possède un chaudron magique sans fond, appelé le chaudron d’abondance. Le chaudron est un élément important dans la mythologie celtique. Celui du Dagda provient de l’île de Murias du druide Semias, avant que les Tuatha Dé Danann ne s'installent en Irlande. Le nom de ce chaudron est Undry. Il symbolise la souveraineté, l’abondance et la résurrection. Assimilé au Saint Graal, c’est une source d’approvisionnement infini. Tous ceux qui l’approchent sont immédiatement rassasiés. Il s’en sert aussi pour ramener les morts à la vie en les jetant dedans. C’est peut-être lui qui est représenté sur le chaudron de Gundestrup.
    La Roue cosmique
    Dagda dispose également d’une roue à 8 rayons comme d’autres dieux. Cet objet à caractère solaire symbolise sa puissance cosmique. On raconte que celui qui l’entend devient sourd, celui qui la voit devient aveugle et celui sur lequel elle tombe meurt sur le coup.

    Dagda possédait quatre grands palais sous les collines creuses. Plus tard, Dagda répartit ses terres entre ses fils mais oublia Oengus. Ce dernier eut alors une idée pour récupérer son dû. Il demanda un jour à son père s’il pouvait loger dans sa plus belle demeure, le Brug na Boinne, pour « un jour et une nuit ». Or, dans la culture celtique, le terme de « un jour et une nuit » est très ambigu car l’expression « jour et nuit » est une interprétation pour l’éternité. Ainsi Oengus prit possession du Brug na Boinne pour toujours. Considéré comme un Sidh, ce lieu mythique est aujourd’hui assimilé au site mégalithique de Newgrange, ouvert de nos jours au public.

    Dagda


    Les Trois Airs de Musique du Dagda
    La harpe magique contient toutes les mélodies et tous les instruments possibles.
    Cette harpe aux propriétés exceptionnelles était un des plus grands trésors du Dagda. Elle venait à lui quand il l’appelait, et jouait à sa demande trois airs magiques, connus sous le noms des « trois nobles airs »:

    - L'air du rire qui correspond à la jeunesse,
    - L'air des pleurs qui correspond à la vieillesse,
    - L'air du sommeil qui correspond à la mort.

    Dans le récit intitulé Seconde Bataille de Mag Tured (Cath Maighe Tuireadh), la harpe est volée par les Fomoires; le Dagda se met à sa recherche, accompagné de Lug et Ogme. Ils la retrouvent accrochée au mur d'une résidence des ennemis; à l'appel du dieu, la harpe s'envole et tue neuf Fomorii. Alors elle joue l'air des lamentations et les femmes se mettent à pleurer, puis elle joue l'air du sourire et les garçons se mettent à rire; enfin elle joue l'air du sommeil et l'armée ennemie s'endort.
    Ses deux amis dieux et lui en profitèrent alors pour s’en aller sans difficulté, emmenant la harpe avec eux.

     

     

    Sources: http://www.mythes-celtes.fr/mythes/D/dagda.htm
    http://www.les-mondes-de-gwenn.fr/2010/12/06/les-trois-airs-de-musique-du-dagda/
    http://www.vivre-en-irlande.fr/culture-irlandaise/dagda-dieu-celtique

     

     

     


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  • Le manque de lumière et la fraîcheur de ce petit matin ont rappelé à ma mémoire cette jolie poésie que je partage :

     

    Ce que disent les hirondelles

    Chanson d'automne

    Déjà plus d'une feuille sèche
    Parsème les gazons jaunis ;
    Soir et matin, la brise est fraîche,
    Hélas ! les beaux jours sont finis !

    On voit s'ouvrir les fleurs que garde
    Le jardin, pour dernier trésor :
    Le dahlia met sa cocarde
    Et le souci sa toque d'or.

    La pluie au bassin fait des bulles ;
    Les hirondelles sur le toit
    Tiennent des conciliabules :
    Voici l'hiver, voici le froid !

    Elles s'assemblent par centaines,
    Se concertant pour le départ.
    L'une dit : " Oh ! que dans Athènes
    Il fait bon sur le vieux rempart !

    " Tous les ans j'y vais et je niche
    Aux métopes du Parthénon.
    Mon nid bouche dans la corniche
    Le trou d'un boulet de canon. "

    L'autre : " J'ai ma petite chambre
    A Smyrne, au plafond d'un café.
    Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre
    Sur le seuil d'un rayon chauffé.

    " J'entre et je sors, accoutumée
    Aux blondes vapeurs des chibouchs,
    Et parmi les flots de fumée,
    Je rase turbans et tarbouchs. "

    Celle-ci : " J'habite un triglyphe
    Au fronton d'un temple, à Balbeck.
    Je m'y suspends avec ma griffe
    Sur mes petits au large bec. "

    Celle-là : " Voici mon adresse :
    Rhodes, palais des chevaliers ;
    Chaque hiver, ma tente s'y dresse
    Au chapiteau des noirs piliers. "

    La cinquième : " Je ferai halte,
    Car l'âge m'alourdit un peu,
    Aux blanches terrasses de Malte,
    Entre l'eau bleue et le ciel bleu. "

    La sixième : " Qu'on est à l'aise
    Au Caire, en haut des minarets !
    J'empâte un ornement de glaise,
    Et mes quartiers d'hiver sont prêts. "

    " A la seconde cataracte,
    Fait la dernière, j'ai mon nid ;
    J'en ai noté la place exacte,
    Dans le pschent d'un roi de granit. "

    Toutes : " Demain combien de lieues
    Auront filé sous notre essaim,
    Plaines brunes, pics blancs, mers bleues
    Brodant d'écume leur bassin ! "

    Avec cris et battements d'ailes,
    Sur la moulure aux bords étroits,
    Ainsi jasent les hirondelles,
    Voyant venir la rouille aux bois.

    Je comprends tout ce qu'elles disent,
    Car le poète est un oiseau ;
    Mais, captif ses élans se brisent
    Contre un invisible réseau !

    Des ailes ! des ailes ! des ailes !
    Comme dans le chant de Ruckert,
    Pour voler, là-bas avec elles
    Au soleil d'or, au printemps vert !

     

    (Théophile Gautier - Tableau d'Elisabeth Sonrel)

     


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  • Lughnasad

    Lughnasadh

     Je fais remonter ce sujet qui est d'actualité.
    Même si les jours qui raccourcissent me rendent un peu triste, je vous souhaite une très belle fête de Lughnasadh, une très heureuse fête des moissons.

     

     (31 juillet - 1 août)

    Dans la mythologe cetlique, Lughnasadh est une fête religieuse dont le nom signifie « assemblée de Lug », le dieu-roi qui représente la Souveraineté et l’Homme primordial. Elle a lieu au début du mois d’Elembivios du calendrier de Coligny (approximativement vers le 1er août du calendrier grégorien dans l'hémisphère Nord et le 1er février dans l'hémisphère Sud), symboliquement pendant la période des récoltes.
    Certains Wiccans, néo-druides et néo-païens utilisent le terme Lammas, nom de la fête anglo-saxonne qui lui est équivalente.

    Dans les sagas irlandaises, Lug, le dieu du soleil à qui était dédiée cette fête, était un chef des Tuatha de Dannan, « le Peuple de la déesse Dana », qui, en qualité de héros bâtisseur, dévoila aux hommes les techniques permettant de labourer, de semer et de récolter le blé.

    Cette fête de Lughnasadh représente le début de la période des moissons: les premiers grains mûrs ainsi que tous les fruits et légumes prêts à être récoltés.

    La fête se déroulait probablement à la pleine lune la plus proche de cette date, et c'était le moment de remercier les esprits et les dieux pour le début des récoltes, mais aussi pour les honorer avec des offrandes et des prières afin qu'ils protègent les cultures. L'esprit du blé était attiré et capturé dans les poupées en paille, les "cages de l'esprit" qui jouent un rôle important lors de cette fête. Elle est donc fréquemment associée au pain car le blé est une des premières récoltes de la saison.

    Les jours commencent à raccourcir.
    C’est la période où la Déesse voit le Dieu s’affaiblir et mourir, alors qu’il renaît en elle. Dans la tradition celtique, on honore et on remercie la Déesse Mère pour l’abondance des récoltes, ainsi que le Dieu, symbole de prospérité.
    Pendant cette période on consomme du pain, les premiers fruits ou un produit des premières récoltes. On partage la nourriture avec tous. Symboliquement, certains jettent des morceaux de pain dans le feu.

    Il s’agit de la fête du roi dans sa fonction de redistributeur des richesses, sous l’autorité des druides. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire (sous peine de vieillissement prématuré) et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique.

    Pour célébrer cette fête, les jeux étaient à l'honneur. Les druides assistaient aux fêtes, et faisaient des concours d'éloquence et de science. Les guerriers faisaient également des concours, sans toutefois être d'une réelle méchanceté, la joie et la bonne humeur étaient davantage de mise.

    Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de s’amuser, d’entendre des poètes et des musiciens.

    La notion d'union lors de Lughnasadh est très forte : union du soleil et de la lune, des hommes et des femmes, fusion de la mère et de l'enfant. C'est donc un très bon jour pour célébrer un mariage.

    Lughnasadh

    Handfasting

    La cérémonie du mariage celtique se déroule en plein air pour être plus proche des éléments de la nature, à qui on demande des bénédictions. C’est le druide ou la prêtresse qui dirige la cérémonie en présence des deux clans. Les futurs mariés prennent place dans un cercle tracé par le druide avec leurs témoins. Il est important toutefois de savoir que le mariage celtique était un contrat d'union pour une durée de un an et un jour ( à cette époque on concevait que l'amour ne pouvait pas forcement durer toute une vie.) On procède ensuite aux échanges de voeux, des anneaux ainsi qu’aux offrandes.

    On continue avec le rituel des « mains liées », le druide attache les mains des nouveaux mariés avec une tige de lierre ou un ruban, symbolisant leur union pour le meilleur et pour le pire.
    Pour finir en beauté, on demande aux époux de sauter au-dessus d’un balai, qui représente le premier obstacle à surmonter dans leur vie commune.

    Mais c'est aussi le moment où la roue de l'année repart vers la saison sombre et où l'on sent l'approche de l'ombre, ce jour marque le départ prochain de l’été.

    Lughnasadh est l'automne celtique: le moment d'abondance et de célébration est aussi le moment du fauchage et du sacrifice. La nature est sèche souvent, la chaleur du soleil a déjà fait jaunir quelques feuilles voire quelques arbres.
    C'est un moment crucial dans la roue des saisons, car Lughnasadh montre l'importance de l'équilibre non seulement dans la nature, mais aussi dans la vie personnelle.
    En effet, tout ce qui est vivant naît, décline et s'achemine vers la mort pour renaître ensuite, formant ainsi la boucle du grand cycle universel qui perpétue la vie. La mort n'est qu'un passage, un moment de cette transformation permanente qu'est l'existence ; le blé moissonné se transforme en pain qui est mangé et assimilé par notre sang, qui nourrit et donne de la force.

    En Europe, beaucoup de gens continuent à célébrer cette fête par des feux de joie et des danses. Certains néo-païens préparent un pain de forme humaine, symbolisant le Dieu qu'ils sacrifient et mangent. Des foires de Lammas se tiennent encore dans certaines régions de l'Angleterre, vestiges d'un temps où la récolte était accueillie avec grande joie.

    L'une des activités de saison est la séparation du grain de la balle - le vannage. Cette action véhicule la "moisson" symbolique de la vie. À cette époque on réfléchit à toutes les bonnes choses qui ont porté fruits, on les attire à soi pour les louer et on décide quoi abandonner. Lughnasadh est donc le bon moment pour se débarrasser des mauvaises habitudes.

    Se défaire de ce qui est devenu inutile est autant une partie de la moisson que la célébration de l'abondance.

     

     Lughnasad

     

     

     

     

    http://www.blogg.org/blog-51512-billet-en_savoir_plus_sur_lughnasadh-746622.html 
    http://esoteria.canalblog.com/archives/2013/06/27/27521260.html

     

     

     

     


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  • La Reine des poissons

     

    Retour après de gros problèmes « ordinatesques » , alors:

    Une histoire de Gérard de Nerval que je vous livre telle quelle:

    La Reine des poissons

    Sylphe par Séverine Pineaux.

     

    La Reine des poissons

    Conte de la province du Valois.

    Il y avait dans la province du Valois, au milieu des bois de Villers-Cotterêts, un petit garçon et une petite fille qui se rencontraient de temps en temps sur les bords des petites rivières du pays, l’un obligé par un bûcheron nommé Tord-Chêne, qui était son oncle, à aller ramasser du bois mort, l’autre envoyée par ses parents pour saisir de petites anguilles que la baisse des eaux permet d’entrevoir dans la vase en certaines saisons. Elle devait encore, faute de mieux, atteindre entre les pierres les écrevisses, très nombreuses dans quelques endroits.

    Mais la pauvre petite fille, toujours courbée et les pieds dans l’eau, était si compatissante pour les souffrances des animaux, que, le plus souvent, voyant les contorsions des poissons qu’elle tirait de la rivière, elle les y remettait et ne rapportait guère que les écrevisses, qui souvent lui pinçaient les doigts jusqu’au sang, et pour lesquelles elle devenait alors moins indulgente.

    Le petit garçon, de son côté, faisant des fagots de bois mort et des bottes de bruyère, se voyait souvent exposé aux reproches de Tord-Chêne, soit parce qu’il n’en avait pas assez rapporté, soit parce qu’il était trop occupé à causer avec la petite pêcheuse.

    Il y avait un certain jour dans la semaine où les deux enfants ne se rencontraient jamais… Quel était ce jour ? Le même sans doute où la fée Mélusine se changeait en poisson, et où les princesses de l’Edda se transformaient en cygnes.
    Le lendemain d’un de ces jours-là, le petit bûcheron dit à la pêcheuse : " Te souviens-tu qu’hier je t’ai vu passer là-bas dans les eaux de Challepont avec tous les poissons qui te faisaient cortège… jusqu’aux carpes et aux brochets ; et tu étais toi-même un beau poisson rouge avec les côtés tous ruisselants d’écailles d’or.
    – Je m’en souviens bien, dit la petite fille, puisque je t’ai vu, toi qui étais sur le bord de l’eau, et que tu ressemblais à un beau chêne vert, dont les branches d’en haut étaient d’or…, et que tous les arbres du bois se courbaient jusqu’à terre en te saluant.
    – C’est vrai, dit le petit garçon, j’ai rêvé cela.
    – Et moi aussi j’ai rêvé ce que tu m’as dit : mais comment nous sommes nous rencontrés deux dans le rêve ?… "

    En ce moment, l’entretien fut interrompu par l’apparition de Tord-Chêne, qui frappa le petit avec un gros gourdin, en lui reprochant de n’avoir pas seulement lié encore un fagot.
    " Et puis, ajouta-t-il, est-ce que je ne t’ai pas recommandé de tordre les branches qui cèdent facilement, et de les ajouter à tes fagots ?
    – C’est que, dit le petit, le garde me mettrait en prison, s’il trouvait dans mes fagots du bois vivant… Et puis, quand j’ai voulu le faire, comme vous me l’aviez dit, j’entendais l’arbre qui se plaignait.
    – C’est comme moi, dit la petite fille, quand j’emporte des poissons dans mon panier, je les entends qui chantent si tristement, que je les rejette dans l’eau… Alors on me bat chez nous !
    – Tais-toi, petite masque ! dit Tord-Chêne, qui paraissait animé de boisson, tu déranges mon neveu de son travail. Je te connais bien, avec tes dents pointues couleur de perle… Tu es la Reine des poissons… Mais je saurai bien te prendre à un certain jour de la semaine, et tu périras dans l’osier… dans l’osier ! "

    Les menaces que Tord-Chêne avaient faites dans son ivresse ne tardèrent pas à s’accomplir. La petite fille se trouva prise sous la forme de poisson rouge, que le destin l’obligeait à prendre à de certains jours. Heureusement, lorsque Tord-Chêne voulut, en se faisant aider de son neveu, tirer de l’eau la nasse d’osier, ce dernier reconnut le poisson rouge à écailles d’or qu’il avait vu en rêve, comme étant la transformation accidentelle de la petite pêcheuse.
    Il osa la défendre contre Tord-Chêne et le frappa même de sa galoche. Ce dernier, furieux, le prit par les cheveux, cherchant à le renverser ; mais il s’étonna de trouver une grande résistance : c’est que l’enfant tenait ses pieds à la terre avec tant de force, que son oncle ne pouvait venir à bout de le renverser ou de l’emporter, et le faisait en vain virer dans tous les sens.
    Au moment où la résistance de l’enfant allait se trouver vaincue, les arbres de la forêt frémirent d’un bruit sourd, les branches agitées laissèrent siffler les vents, et la tempête fit reculer Tord-Chêne, qui se retira dans sa cabane de bûcheron.
    Il en sortit bientôt menaçant, terrible et transfiguré comme un fils d’Odin ; dans sa main brillait cette hache scandinave qui menace les arbres, pareille au marteau de Thor brisant les rochers.

    Le jeune roi des forêts, victime de Tord-Chêne – son oncle, usurpateur –, savait déjà quel était son rang qu’on voulait lui cacher. Les arbres le protégeaient, mais seulement par leur masse et leur résistance passive…
    En vain les broussailles et les surgeons s’entrelaçaient de tous côtés pour arrêter les pas de Tord-Chêne, celui-ci a appelé ses bûcherons et se trace un chemin à travers ces obstacles. Déjà plusieurs arbres, autrefois sacrés du temps des vieux druides, sont tombés sous les haches et les cognées.

    Heureusement, la Reine des poissons n’avait pas perdu de temps. Elle était allée se jeter aux pieds de la Marne, de l’Oise et de l’Aisne, les trois grandes rivières voisines, leur représentant que si l’on n’arrêtait pas les projets de Tord-Chêne et de ses compagnons, les forêts trop éclaircies n’arrêteraient plus les vapeurs qui produisent les pluies et qui fournissent l’eau aux ruisseaux, aux rivières et aux étangs ; que les sources elles-mêmes seraient taries et ne feraient plus jaillir l’eau nécessaire à alimenter les rivières ; sans compter que tous les poissons se verraient détruits en peu de temps, ainsi que les bêtes sauvages et les oiseaux.
    Les trois grandes rivières prirent là-dessus de tels arrangements que le sol où Tord-Chêne, avec ses terribles bûcherons, travaillait à la destruction des arbres – sans toutefois avoir pu atteindre encore le Prince des forêts –, fût entièrement noyé par une immense inondation, qui ne se retira qu’après la destruction entière des agresseurs.

    Ce fut alors que le Roi des forêts et la Reine des poissons purent de nouveau reprendre leurs innocents entretiens.

    Ce n’étaient plus un petit bûcheron et une petite pêcheuse, mais un Sylphe et une Ondine, lesquels, plus tard, furent unis légitimement.

    La Reine des poissons

    Ondine par Joséphine Wall.

     

     

    http://boiteahistoires.free.fr/0contexte/nerval_reinepoissons.html

     

     

     

     


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