• Mithra


    Mithra


    Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom - mitra en védique, langue religieuse ancienne de l'Inde - signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde ; c'est aussi le dieu du serment, de l'alliance.

    Comme le Christianisme, avec lequel il rivalisa entre le I° siècle et le début du IV° siècle dans l'Empire romain, le culte de Mithra est une religion du salut ; c'est aussi une religion à mystères, d'origine indo-persane, que les pirates et les mercenaires étrangers introduisirent à Rome où elle gagna rapidement la faveur des empereurs.

    Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.

    Mithra, qui s'oppose à Varuna, est l'ami des hommes, c'est le dieu de la lumière et de la justice qui veille au respect des alliances et des serments : on sait par exemple que les rois persans juraient par Mithra. Peu à peu, l'image de Mithra évolue et assimile des fonctions pastorales et des attributs guerriers empruntés à Indra, dieu du panthéon védique : dieu de l'aurore, Mithra lutte contre les ténèbres ; garant de la propriété, il protège les troupeaux et assure la prospérité des hommes en faisant tomber la pluie qui fait pousser l'herbe indispensable à leur pâture ; mais l'ami des hommes se fait redoutable : s'il guérit les malades et protège les combattants, il châtie aussi durement les parjures.

    Le culte de Mithra n'était pas à l’origine une religion à mystères, c'était une religion officielle à laquelle le Grand Roi de Perse participait en personne par des libations et des danses sacrées.
    Chez les Perses, au VIème siècle avant J. -C., Mithra est vénéré de manière officielle, en tant que divinité tutélaire du souverain. Après la chute de l'empire perse - à la suite de conquête d'Alexandre -, d'autres royaumes, ceux d'Arménie, du Pont par exemple, pratiquent le culte de Mithra. Ainsi les rois du Pont prennent-ils le nom de Mithridate, "donné par Mithra".

    Au premier siècle avant J.- C., des éléments de la mythologie gréco-romaine se mêlent aux légendes concernant Mithra, faisant de ce dernier un dieu hellénisé : on rapproche par exemple Mithra du dieu solaire Hélios - Apollon.

    De l'Orient à Rome
    C'est par les colonies grecques d'Asie Mineure que le culte s'introduisit dans le monde gréco-romain. L'historien Plutarque date d'ailleurs de cette époque, en 67 av. J.C., l'introduction des mystères en Italie par des pirates alliés au roi du Pont, Mithridate VI Eupator, capturés par Pompée. Ces pirates ciliciens, en lutte contre l'impérialisme romain, pratiquaient des sacrifices et des initiations rituelles dans des grottes secrètes où les affiliés s'engageaient par serment.
    La première attestation de la présence de Mithra à Rome remonte au premier siècle de notre ère. Le roi Parthe Tiridate, qui en 66 est couronné à Rome, aurait, selon Pline l'Ancien, initié Néron au "repas des mages", et l'aurait honoré du nom de Mithra.
    Avant la fin du 1er siècle de notre ère, on ne connaît aucun sanctuaire dédié à Mithra - on n'a ainsi retrouvé aucune trace de ce culte à Pompéi, enfouie sous les cendres en 79.

    Mithra

    Mithra naissant de la pierre, musée des Thermes de Dioclétien

     Culte
    Ce que nous savons sur le mithriacisme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.
    Dans l'interprétation qu'en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l'histoire de l'univers. A l'origine, un dieu, Saturne, sort du chaos. Puis il désigne un successeur, Jupiter, à qui il remet l'insigne du pouvoir absolu: la foudre. Pour combattre le mal, présenté sous la forme d'une sécheresse qui détruit la vie, naît Mithra, qui surgit d'un rocher tenant une torche et un glaive. C'est à lui de veiller sur l'ordre du monde, d'assurer sa survie en luttant contre les esprits mauvais, en le sauvant de la sécheresse, de la soif, de la mort des troupeaux ; il va en effet procurer l'eau en faisant miraculeusement jaillir une source d'une paroi rocheuse.

    Puis il se met à la poursuite du taureau dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale. Il capture la bête, la maîtrise et l'égorge dans une caverne, comme il en a reçu l'ordre du Soleil, par l'intermédiaire d'un corbeau messager.
    Les représentations romaines de cette scène sont très nombreuses:

    Mithra

     

    Une image sacrée
    L'image énigmatique que l'on voit ici représente la scène qui ornait chaque lieu du culte : Mithra, coiffé d'un bonnet phrygien, tient le taureau par les naseaux et, le plaquant au sol, il le frappe au coeur, derrière l'épaule gauche; un chien lèche le sang sorti de la blessure ; un scorpion mord les testicules du taureau tandis qu'un serpent semble le piquer à la patte ; de la queue du taureau jaillissent des épis de blé ; selon une version tardive du mythe, en effet, la végétation serait née de la moëlle du taureau primordial et les espèces animales viendraient de sa semence, recueillie par la lune, qui veille ici sur la scène avec le soleil. Le scorpion symbolise les forces du mal qui tentent de tarir la vie à sa source mais le meurtre du taureau sauve la création et le sang répandu féconde la terre. Un rayon solaire frappe le dieu de la lumière qui triomphe ainsi des ténèbres : après le sacrifice du taureau, Mithra monte sur le char du soleil.
    Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble alors faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil.
    Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent un rôle positif.


    Le mithraeum ou temple de Mithra et l'initiation

    A l'origine, le mithraeum était une caverne et il en gardera toujours la forme. De taille restreinte, il était situé Mithradans des maisons privées, des dépendances, souvent à proximité de casernes, généralement du moins partiellement souterrain. Il était aménagé comme une salle à manger et ne pouvait guère recevoir qu'une douzaine de convives à la fois : deux banquettes latérales, destinées aux mystes (les initiés), entouraient un couloir qui conduisait à la statue ou au bas-relief représentant le sacrifice du taureau. De chaque côté du couloir ou de la statue du dieu, se tenaient deux images de porteurs de torche : l'un, symbole de la végétation florissante du printemps et de l'été, (ou du soleil levant) la tenait levée, l'autre, symbole de la stérilité de la mauvaise saison, (ou du soleil couchant) abaissée. Le mithraeum était généralement orienté de telle sorte que le soleil levant frappe la statue du dieu à l'équinoxe de printemps.
    Le culte renvoie au mythe de Mithra tauroctone et symbolise le cosmos avec quelquefois un plafond vouté qui représente le ciel étoilé et les planètes.

    Le rituel qui se déroule dans le mithréum doit, suppose-t-on, comprendre un premier temps d'instruction qui prend appui sur une iconographie abondante, puis un repas rituel. Ce banquet sacramentel commémore et réactualise celui de Mithra et du Soleil. La nourriture prise permet une régénération aussi bien physique que spirituelle. Il est probable que la cérémonie comprenait des sacrifices d'animaux, et que l'eau et le feu y jouaient un rôle important.

    Mithra

    Le banquet de Mithra ( le Louvre)

     

    Religion du salut, religion à mystères
    Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte (le néophyte), passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique. Les cérémonies s'achèvent sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithriastes. Les initiés s'élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une "échelle" codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions :

    La doctrine même reste cependant obscure sur bien des points. On ne peut par exemple avoir de certitude sur ce qui était révélé à l'initié à l'issue de ces épreuves, ni sur ce qu'il lui était permis d'espérer pour une vie dans l'au-delà : on ne peut affirmer que les adeptes aspiraient à l'immortalité ; peut-être avaient-ils adopté la croyance en un retour cyclique du temps.

    Le mithriacisme va avoir une influence grandissante après 150, avec une période d'expansion maximale au milieu du IIIème siècle. Les mithréums se multiplient alors, et jusqu'au IVème siècle. On estime qu'il dut s'en construire plus d'une centaine à Rome, et on en a recensé plus d'une vingtaine à Ostie. Les témoignages archéologiques témoignent certes de cet engouement, mais il faut prendre en considération le petit nombre d'adeptes que peut accueillir chaque sanctuaire : une trentaine en moyenne.

    Une religion de soldats ?
    Religion de soldats et non de prêtres, le culte de Mithra avait tout pour séduire les légionnaires romains qui répandirent le culte du dieu dans l'Empire. Durant le II° siècle après J.C., le culte de Mithra s'implanta dans toutes les villes de garnison, en Italie, en Gaule, en Bretagne, en Afrique et jusqu'au Danube. A Rome, l'empereur Commode et ses successeurs adoptèrent le culte de Mithra pour se concilier l'armée ; on célébrait Mithra sur le Palatin et sur l'Aventin et le mithraïsme faillit même devenir religion d'État sous Aurélien.

    Les raisons du succès
    Le mithriacisme prône des vertus qui correspondent à des valeurs romaines : la fides, c'est-à-dire la loyauté, le respect de la parole donnée. Le courage physique aussi, manifesté lors des épreuves initiatiques, le sens de la discipline au sein d'une stricte hiérarchie trouvent des échos au sein de l'armée :
    Ces éléments permettent de comprendre pourquoi ce culte n'a fait l'objet d'aucune forme de rejet officiel ou d'ordre privé : il ne remet en cause ni l'ordre établi ni la structure sociale de la société romaine.
    Plus encore, sont intégrées aux pratiques religieuses les divinités du panthéon romain, et ce d'autant mieux qu'elles sont des divinités planétaires, l'astrologie tenant une place grandissante dans les préoccupations religieuses romaines. Les légendes gréco-romaines concernant Saturne et Jupiter, les représentations d'Apollon comme dieu solaire s'insèrent dans le mythe de Mithra. D'autres divinités d'origine orientale y trouvent aussi leur place, ainsi qu'en attestent les données archéologiques. 0n a, par exemple, retrouvé dans le mithréum de Sainte Prisca deux têtes représentant Vénus et Sérapis.


    Lorsque le christianisme s'imposa en Italie, de nombreuses églises prirent la place du mithraeum, le lieu de culte des adeptes de Mithra. Les adeptes de Mithra croyaient en effet à la montée des âmes au ciel, à la fin des temps, avec le retour de Mithra sur le char du soleil qui devait purifier le monde par le feu.
    L'histoire de Mithra, le "Dieu-Soleil" de Perse, précède le mythe chrétien d'au moins
    600 ans. Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ: Mithra est né dans une grotte d'une vierge un 25 décembre. Il était considéré comme un grand sage et un maître qui voyageait beaucoup. Il était appelé "le bon berger". Il était considéré comme "la voie, la vérité et la lumière". Il était encore appelé "le rédempteur", "le sauveur", "le Messie". Il était associé au taureau. Son jour sacré était le dimanche, le "jour du Seigneur," des centaines d'années avant l'émergence du mythe du Christ. Il était particulièrement célébré autour de la période de l'année qui deviendra les fêtes de Pâques. Il avait 12 compagnons ou disciples. Il accomplissait des miracles. Il fut enterré dans un tombeau. Après trois jours il se leva. Sa résurrection était célébrée chaque année. Les paroles de la Cène sont empruntées à celle des sectateurs de Mithra.

    Les sanctuaires dédiés à Mithra ont été détruits par les chrétiens vers la fin du IVe siècle ; un décret de l'empereur Théodose en 392 a donné le départ des persécutions religieuses contre les fidèles du dieu Mithra.
    À Rome, la Basilique Saint-Clément-du-Latran possède dans ses sous-sols des vestiges d'un temple mithraïque.
    En France on a trouvé des sanctuaires dédiés à Mithra à Angers, Biesheim, Bordeaux, Bourg-Saint-Andéol, Metz , Nuits-Saint-Georges , Septeuil et Strasbourg.
    En Belgique, un sanctuaire mithriaque à Tirlemont est aujourd'hui attesté. En outre, des bronzes mithriaques ont été découverts à Angleur près de Liège par hasard à la fin de 1881 ou au début de 1882 par un ouvrier briquetier. Ils sont exposés au musée Le Grand Curtius de Liège. Ces bronzes exceptionnels, presque uniques, appartenaient à la décoration d'un sanctuaire probablement proche mais encore non identifié.
    En Allemagne, près de Trèves : des vestiges d'un temple dédié à Mithra ont été découverts en 1928.
    En Espagne (Galice) : restes de mithraeum près de la cathédrale de Lugo.
    En Algérie, un sanctuaire dédié à Mithra se trouve dans la cité, aujourd'hui en ruines, de Tiddis (wilaya de Constantine).

     

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://faustula.free.fr/religion/Mithra.html
    http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/mithra.htm

     

     

     


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    Dionysos


    Le plus étrange de tous les dieux
    Celui qui enseigna aux hommes à faire du vin.

    Dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et la démesure, ainsi que du théâtre et de la tragédie. Il a été adopté par la Rome antique sous le nom de Bacchus et assimilé au dieu italique Liber Pater.
    Il ne vit pas sur le mont Olympe.

    Dionysos est le seul dieu né d'une mère mortelle: il est présenté comme le fils de Zeus et de Sémélé, fille du roi de Thèbes Cadmos et d'Harmonie, il est donc un demi-dieu.
    Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant, provocateur..
    Ne faisant pas partie des Olympiens à l'origine, Dionysos accède à l’Olympe après avoir su réconcilier Héphaistos et sa mère Héra .

    Dionysos est né sur le mont Méros, dans le Pakistan actuel.
    Zeus est l'amant de Sémélé, pendant assez de nuits pour que la jalouse Héra en prenne ombrage. Sémélé, enceinte et poussée par les conseils pernicieux d'Héra ayant pris l‘apparence de sa vieille nourrice, demande avec insistance à contempler dans toute la lumière de sa divinité celui qui ne s'unissait à elle que dans l’obscurité. Mais aucun mortel ne peut voir Zeus sous son véritable aspect sans mourir. Zeus, qui avait malencontreusement promis à Sémélé d’exaucer tous ses vœux, est contraint de se dévoiler. Sémélé meurt du coup de foudre mettant le feu à tout le palais. Miraculeusement l’enfant survit et Hermès, ouvrant la cuisse de Zeus, y place l’enfant afin qu’il continue sa croissance. Ainsi Hermès le fera naitre à son terme, «de la cuisse de Jupiter», expression passée dans les usages.
    Dionysos est, en tout cas, né deux fois et doublement fils de Zeus.

    L’enfant est d’abord confié à sa tante Ino, également fille de Cadmos et femme du roi Athamas. Mais Héra les frappe tous deux de folie au point qu’ils tuent leurs propres enfants.
    Dionysos est alors conduit par Hermès à Niysa, lieu mystérieux que certains assimilent au mont Nyséion en Thrace, d’autres comme Hérodote à une ville de Haute-Egypte, où il est élevé par des nymphes locales et par le vieillard Silène.

    Devenu adolescent, Dionysos est, à son tour, victime d’Héra qui le frappe de folie. Sauvé par Rhéa, sa grand-mère paternelle, Dionysos entame alors un long vagabondage, ayant des difficultés à se faire accepter dans toutes les cités où il aborde. Venu d’ailleurs, il est considéré comme un dieu dangereux qui apporte, en même temps que la vigne, ivresse et désordre.
    En Thrace en particulier, il est mal reçu par le roi Lycurgue, qui jette en prison ses fidèles, les ménades (Bacchantes). Dionysos les libère et frappe à son tour Lycurgue de folie meurtrière. Celui-ci tue son fils à coups de hache. Dionysos poursuivi par Lycurgue meurt de peur et plonge dans la mer où il est caché un temps par Thétis.
    Revenu des Enfers, Dionysos a également arraché Sémélé au royaume des Ombres. Il la transporte dans l'Olympe grâce à Hestia qui lui cède sa place, où elle devint immortelle sous le nom de Thyoné.

    Baldassarre Franceschini


    Dionysos doit prouver sa valeur aux autres dieux de l'Olympe en commençant par conquérir les Indes. Il part avec une armée de ménades et de satyres, et affronte de nombreux ennemis, dont il convainc une partie en leur faisant découvrir le vin.
    Dionysos installe son culte en Lydie, en Phrygie, en Perse et en Asie, et ne vient en Grèce qu'ensuite.
    En Grèce, le culte de Dionysos excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Argos près d'Éleuthère ainsi que Penthée, roi de Thèbes.
    Le roi Penthée, très attaché à l’ordre, résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, embrasant le palais, et semant la folie parmi les femmes de Thèbes, dont Agavé, mère de Penthée, qui s'égaillent sur les pentes du Cithéron. Penthée se laisse tenter par le spectacle et, travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades prennent Penthée pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse, croyant que c'est celle d'un lion. La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite et la victoire de Dionysos.

    Dionysos est bien donc celui qui vient du dehors, l'étranger à qui la cité doit faire place à certains moments de l'année, et en qui la raison doit reconnaître ses limites.

    Ses amours

    Alors que Thésée a abandonné Ariane sur l'île de Naxos, Dionysos passait par là et serait tombé amoureux d'elle; il apparaît à Ariane, l'emmène sur l'Olympe et en fait sa femme. Certains textes disent que Dionysos aurait ordonné à Thésée d'abandonner Ariane car son destin était de devenir une de ses prêtresses. En cadeau de mariage, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage ; ce sera la constellation de la couronne boréale. Ariane est divinisée après cela et devient une personnification de la terre fertile.

    D'Althée, la reine de Calydon, il a une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l'époux d'Althée, Œnée. Enfin, Aphrodite lui donne plusieurs fils, à savoir Priape, divinité phallique des vergers et des jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial, et, selon le 57e Hymne orphique, l'Hermès souterrain, chtonien ou infernal.
    De la nymphe Nikaia, il a une fille Teléte.

      C. Albacini, Dionysos et Ariane (XVIIIe siècle), Madrid, Académie royale des beaux-arts de San Fernando.


    Fonctions

    Dionysos est avant tout un dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux (sève, urine, sperme, lait, sang). Il se spécialise ensuite dans la vigne, qu'il est censé avoir donnée aux hommes, ainsi que dans l'ivresse et la transe mystique.

    Vase attique (vers 550-520 av. J.-C.), Munich, Staatliche Antikensammlungen.

    Il est surtout le père de la comédie et de la tragédie. C'étaient au départ des sortes d'illustrations du culte, qui se donnaient au théâtre grec au cours des Dionysies, en présence de ses prêtres. Elles avaient une forme littéraire scandée particulière, le dithyrambe. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percussions et aux flûtes. Ils sont dissonants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l'effroi. En ce sens, il est l'antithèse d'Apollon, qui patronne l'art lyrique et l'harmonie.

    Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de Ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ».
    Le culte privé avait lieu entre initiés. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu deux fois-né. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'Empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels.

    Dionysos, dieu de l'ivresse et de l'extase, est celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort. Le vin, comme le soma védique, est censé aider à conquérir l'immortalité.

    Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux.

    Les attributs de Dionysos
    Dionysos a pour attributs la vigne dans tous ses aspects, la branche porteuse de grappes et de sarments, mais aussi le lierre, le roseau qui sert à confectionner les pipeaux et la pomme de pin.
    Ces trois éléments entrant dans la composition du thursos (thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre couronné d’une pomme de pin ) que portent les Satyres et les Bacchantes, ou Dionysos lui-même. Ce bâton dans la légende a été une arme, l'arme des femmes déchaînées, en particulier dans le voyage en Asie.
    On trouve aussi le grenadier et la grenade, le figuier et les figues.

    Les animaux
    En tant que Dieu de la fécondité et de la puissance, Dionysos est associé au bouc (tragos), et au taureau dont il porte souvent la corne (taurokerôs) à la main dans l’iconographie.
    Dionysos est souvent représenté sur un âne, une panthère ou un léopard, ou même, après son mythique séjour indien, ou la connaissance de l’Inde issue de l’épopée d’Alexandre, menant un attelage de tigres.
    Le culte de Dionysos dans la province d’Afrique, qui se développe en particulier sous la dynastie des Sévères, représentera le dieu sur un lion rugissant et Silène sur un dromadaire !
    Les mythographes analysent cette chevauchée comme une intimité de Dionysos avec les animaux sauvages, que ses suivantes les ménades savent également dompter : Dionysos est celui qui libère et maîtrise à la fois la violence animale .

    Les instruments de musique
    Les instruments propres à déclencher le délire bachique sont la flûte de Pan (syrinx) et le tambourin (tympanon). De nombreux vases montrent Dionysos entouré de satyres et de ménades.
    Le bonnet phrygien rappelle son origine asiatique.


    Contrairement à Dionysos, figure majeure du panthéon grec, Bacchus n’a pas une très grande importance chez les Romains ; son culte n’est pratiqué que par des initiés. Il consiste en mystères, les bacchanales, qui sont le lieu de manifestations frénétiques, d’orgies et de beuveries. Ces célébrations prennent au fil du temps une telle ampleur qu’elles sont interdites par le sénat romain en 186 av. J.-C.

     

     

    Annibale Carracci

     

     

     


    Sources: http://www.cndp.fr/archive-musagora/dionysos/dionysosfr/mythe.htm -
    http://www.mythologica.info/mythologie-romaine/bacchus-le-dieu-du-vin/

     

     

     

     


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  • Dagda

    Dagda


    Dagda (Eochaid Ollathair) connu en tant que "dieu bon" ou " seigneur des cieux," était l'un des grands rois des Tuatha Dé Danann et le dieu irlandais de la fertilité, de la terre et de l'abondance mais aussi des traités.
    On le voyait également comme le dieu des arts, de la connaissance, de la magie et de la musique. Il est le Maître du temps et des éléments, il règne autant sur la vie que sur la mort. Il est aussi le Maître de l’Autre Monde, le Sidh.

    Avec Lug, il est considéré comme le Dieu le plus puissant des Tuatha Dé Dannan, des êtres surnaturels au service de la Déesse Mère Dana.
    Il est le père du peuple, le premier dieu, l'Être Absolu (père des vivants, maître des morts). De conception plus primitive que Lug, son aura s'éteindra à l'avènement de ce dernier, mais il représentera encore la mémoire des temps "anciens".

    Le Dagda est avant tout le dieu-druide qui contrôle le sacré et la science. Omniprésent et omnipotent, il est considéré comme le patron des druides car il connaît un grand nombre de sorts qui lui permettent de ressusciter les morts; il est le druide parfait. 

    Dagda est montré comme ventripotent et peu séduisant, et pourtant ses conquêtes sont nombreuses. Il se contente cependant de s'unir à son épouse, la Mórrigan «Grande Reine» ou la Bodb «Corneille», déesse de la Guerre.
    A noter que comme on dit souvent la Morrigan on dit aussi le Dagda.

    Dagda

    On ne sait pourquoi il était souvent décrit de façon irrévérencieuse et même ridicule.
    Son aspect est hideux, ventru comme un bouddha, un oeil démesuré, les cuisses énormes, les épaules larges, d'une taille prodigieuse. Vêtu d'une simple tunique à capuchon trop courte, tenue des gens du peuple, ses bottes sont en cuir de cheval, poils à l'extérieur.
    C'était un guerrier effrayant doté d'une force surhumaine.
    Plus tard les récits médiévaux le décrivent comme le grand roi d’Irlande et un dieu aux multiples pouvoirs.

    Il forme un binôme avec son frère Ogme (Oghma), le dieu de la Magie guerrière, dont il est le complément..
    Père d'Oengus et du roi Bodb, de Cermat et de la triple déesse Brigid, ses frères sont Elcmar, Nechtar et Midir.

    Il était aussi réputé pour son appétit féroce :
    Il prenait plaisir à manger et juste avant la seconde bataille de Magh Tuireadh, il se rendit dans le camp des Fomorii, ses ennemis acharnés, pendant la trêve du nouvel an. Ils préparèrent alors à son attention du porridge fait de lait, de farine, de graisse, de cochons et de chèvres, en quantité suffisante pour rassasier cinquante hommes.
    Ils lui ordonnèrent, sous peine de mort, de tout manger, ce qu'il fit de bon cœur en se servant d'une louche en bois « si énorme qu'un homme et une femme pouvaient coucher dedans ». Cette épreuve transforma temporairement Dagda en vieil homme obèse, mais cela ne l'empêcha pas de séduire l'une des filles des Fomorii, qui lui promit d'aider les Tuatha Dé Danann par sa magie.
    Ce récit évoque peut-être, dans une version altérée, le mariage sacré d'un chef et d'une jeune fille qui avait lieu au début de chaque année durant la fête de Beltane. L'union avait pour but d'assurer la prospérité, la force et la paix.

    Dans le récit du Cath Maighe Tuireadh, le Dagda a trois ou quatre mésaventures, mais c'est lui qui, avec Lug et Ogme, organise la guerre victorieuse des Túatha Dé Dánann contre les Fomorii. Dans de nombreuses illustrations et récits, Dadga est représenté avec 4 talismans qui témoignent de sa puissance.

    La Massue magique
    Son arme préférée est la massue. Montée sur 2 roues, elle est si lourde que la marque laissée sur son passage peut servir de frontière entre deux mondes. Avec la plus grosse extrémité de sa massue, il pouvait tuer jusqu’à 9 ennemis en un seul coup. L’autre extrémité pouvait quant à elle ressusciter les morts. Elle lui donnait ainsi le droit de vie et de mort. 
    La Harpe des 4 saisons
    Le Dagda possède une harpe magique appelée l’Uaithne. Celle-ci a plusieurs pouvoirs en elle. Le premier est de jouer n’importe quelle mélodie du monde toute seule, sur simple commande de son propriétaire. Son second pouvoir est de changer l’ordre respectifs des saisons. Enfin, certaines légendes racontent que Dagda utilisait sa harpe pour commander ses hommes sur les champs de batailles.
    Le Chaudron d’abondance
    Le dieu druiDagdade possède un chaudron magique sans fond, appelé le chaudron d’abondance. Le chaudron est un élément important dans la mythologie celtique. Celui du Dagda provient de l’île de Murias du druide Semias, avant que les Tuatha Dé Danann ne s'installent en Irlande. Le nom de ce chaudron est Undry. Il symbolise la souveraineté, l’abondance et la résurrection. Assimilé au Saint Graal, c’est une source d’approvisionnement infini. Tous ceux qui l’approchent sont immédiatement rassasiés. Il s’en sert aussi pour ramener les morts à la vie en les jetant dedans. C’est peut-être lui qui est représenté sur le chaudron de Gundestrup.
    La Roue cosmique
    Dagda dispose également d’une roue à 8 rayons comme d’autres dieux. Cet objet à caractère solaire symbolise sa puissance cosmique. On raconte que celui qui l’entend devient sourd, celui qui la voit devient aveugle et celui sur lequel elle tombe meurt sur le coup.

    Dagda possédait quatre grands palais sous les collines creuses. Plus tard, Dagda répartit ses terres entre ses fils mais oublia Oengus. Ce dernier eut alors une idée pour récupérer son dû. Il demanda un jour à son père s’il pouvait loger dans sa plus belle demeure, le Brug na Boinne, pour « un jour et une nuit ». Or, dans la culture celtique, le terme de « un jour et une nuit » est très ambigu car l’expression « jour et nuit » est une interprétation pour l’éternité. Ainsi Oengus prit possession du Brug na Boinne pour toujours. Considéré comme un Sidh, ce lieu mythique est aujourd’hui assimilé au site mégalithique de Newgrange, ouvert de nos jours au public.

    Dagda


    Les Trois Airs de Musique du Dagda
    La harpe magique contient toutes les mélodies et tous les instruments possibles.
    Cette harpe aux propriétés exceptionnelles était un des plus grands trésors du Dagda. Elle venait à lui quand il l’appelait, et jouait à sa demande trois airs magiques, connus sous le noms des « trois nobles airs »:

    - L'air du rire qui correspond à la jeunesse,
    - L'air des pleurs qui correspond à la vieillesse,
    - L'air du sommeil qui correspond à la mort.

    Dans le récit intitulé Seconde Bataille de Mag Tured (Cath Maighe Tuireadh), la harpe est volée par les Fomoires; le Dagda se met à sa recherche, accompagné de Lug et Ogme. Ils la retrouvent accrochée au mur d'une résidence des ennemis; à l'appel du dieu, la harpe s'envole et tue neuf Fomorii. Alors elle joue l'air des lamentations et les femmes se mettent à pleurer, puis elle joue l'air du sourire et les garçons se mettent à rire; enfin elle joue l'air du sommeil et l'armée ennemie s'endort.
    Ses deux amis dieux et lui en profitèrent alors pour s’en aller sans difficulté, emmenant la harpe avec eux.

     

     

    Sources: http://www.mythes-celtes.fr/mythes/D/dagda.htm
    http://www.les-mondes-de-gwenn.fr/2010/12/06/les-trois-airs-de-musique-du-dagda/
    http://www.vivre-en-irlande.fr/culture-irlandaise/dagda-dieu-celtique

     

     

     


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  • Morphée

     

    Morphée est, dans la mythologie grecque, l'un des mille enfants du Sommeil (Hypnos) et de la Nuit (Nyx); il est chargé de prendre l'aspect (d'où son nom Morpheus qui signifie "qui reproduit la forme") d'êtres humains dans les rêves.

    Il est le chef des Oneroi qui comme lui sont des créatures ailées. Comme un vol de chauve-souris, ils émergent chaque nuit des profondeurs de l'Erèbe, la terre de la nuit éternelle située au delà du soleil levant, par une porte. Ceux qui passaient par la porte de corne apportaient des rêves prémonitoires et ceux qui passaient par la porte d'ivoire apportaient des rêves ordinaires.
    Certains semblent spécialisés dans un domaine bien défini, comme Phantasos, qui a la capacité d'apparaître dans les rêves sous la forme d'objets inanimés, ou Phobetor qui apporte les cauchemars et apparait sous l'aspect de monstres.

    Morphée est souvent représenté comme un jeune homme tenant un miroir d’une main et des pavots soporifiques de l’autre, avec des ailes de papillon battant rapidement et silencieusement.
    Il donne le sommeil en touchant une personne avec ses pavots, en même temps que des rêves pour la nuit. Pour se présenter aux mortels, il se transforme en être cher, leur permettant l'espace d'un instant de sortir des machinations des dieux.

    On le retrouve notamment dans l'œuvre d'Ovide. Messager des dieux, il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme.

    Il joue un rôle important dans l'histoire d'Alcyone et Céyx:

    Céyx se rend à Claros pour consulter un oracle, mais il se noie durant la traversée, prononçant le nom de sa femme avant de mourir.
    Héra, incapable de supporter la vue de l'épouse qui priait pour le retour de son mari, enverra Iris auprès d‘Hypnos. Ce dernier demandera à son fils Morphée d'apparaître en rêve à Alcyone sous l'apparence de Céyx, pour lui décrire son naufrage et lui demander des funérailles. Cette apparition laisse croire à Alcyone en la réalité de ce récit.
    Alcyone part à la recherche de son corps sur le rivage en hurlant le nom de son mari. Les vagues refouleront le corps de Céyx à ses pieds.
    Pris de pitié devant son chagrin, les dieux métamorphosèrent le couple en martins-pêcheurs. Le couple sera réuni et nichera les hivers, pendant les "jours de l'alcyon" période pendant laquelle Eole, le père d'Alcyone, calme la mer pendant sept jours.

    Dès lors, Morphée fut considéré comme le dieu des songes prophétiques.

    On dit aussi que, comme son père, Morphée avait le pouvoir d'endormir les gens. Il lui suffisait de les effleurer avec les pavots, ils tombaient alors dans un profond sommeil. Il ne lui restait plus qu'à leur suggérer ses prémonitions.

    Toutefois Morphée n’est pas le dieu du sommeil, mais des rêves prophétiques.

    Ainsi le rôle de Morphée est légèrement déformé dans l'expression "être dans les bras de Morphée": il aurait dû être celui d'apporter le rêve et non le sommeil, ce qui est la tâche de son père. Ce qui correspondrait le mieux à Morphée devrait être "emmener aux pays des songes" ou alors l'expression devrait être "dans les bras d'Hypnos" !

    Quand la mythologie entre dans le monde d'aujourd'hui.

    De nos jours, Morphée revêt plusieurs formes et se décline en expressions ou termes qui nous paraissent plus ou moins éloignés de la légende d'origine...

    -Tomber dans les bras de Morphée: s'endormir d'un sommeil profond,

    -la morphologie : la forme,

    -la morphine : drogue utilisée en médecine et au fort pouvoir soporifique,

    -Morpheus, personnage de Matrix, interprété par Laurence Fishburne, est celui qui « libère » Néo de son sommeil.

     

     

     

     Sources:https://scribium.com/lise-pathe/a/le-mythe-de-morphee-fils-du-sommeil/ http://mythologica.fr/grec/morphee.htm#sthash.gYlrt0gI.dpuf


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  • Les Dieux Gaulois

    César ainsi que le poète latin Lucain nous parlent d’une triade dans la mythologie gauloise, et faute d’autres écrits, nous devons bien nous y fier.

    Les dieux les plus importants du panthéon gaulois sont d’après eux:

    Taranis, Toutatis (ou Teutatès) et Esus.

     

    Taranis

    Taranis est un dieu du Ciel de la foudre et du tonnerre de la mythologie celtique gauloise.

    D'essence royale, souvent assimilé au Jupiter romain, au Lugh celte, il est le père de Belenos, il est souvent accompagné d'un cheval, ou d'un cheval à tête humaine

    Dans la mesure où il porte très souvent une roue, si celle-ci est interprétée comme roue solaire, il pourrait être un dieu du Soleil comme Lugh. Mais cette roue peut aussi être interprétée comme roue cosmique, le ciel des étoiles tournant autour de l'axe polaire.

    Son culte est attesté en Grande-Bretagne, en Rhénanie, en Dalmatie, en Provence, en Auvergne, en Bretagne et en Hongrie. Ses premières représentations prennent forme peu avant la conquête romaine. Sous l'influence de ses voisins, la Gaule commence à représenter ses dieux sous formes de statues et leur élève des autels et des lieux de cultes plus importants que jadis.

    Il est présent à Tonnerre, Bourg-Saint-Andéol et Tournon sous le nom de Turnos.
    On le représente portant une roue enflammée.

    On a retrouvé sept autels consacrés à Taranis, tous portants des inscriptions en grec ou en latin, à travers l'Europe continentale.

    Il est également représenté sur le chaudron de Gundestrup (200 ou 100 avant Jésus-Christ) retrouvé au Danemark. Ce chaudron est une des plus belles pièces illustrant, entre autres, le grand Taranis.

    Ce dieu serait le plus souvent représenté comme un homme d'âge mûr, barbu et viril.

    On lui attribue de nombreux symboles:
    le tonnerre: des esses, des éclairs
    la roue: symbole de l’éternité en mouvement, elle est l’attribut de Taranis qui a mis en marche notre monde
    la massue: « qui tue lorsqu’il frappe par un bout et ressuscite quand il frappe par l’autre »
    tout comme: le Dagda, qui a également la roue pour attribut.
    la corne : trigaranos le taureau aux trois cornes
    un cheval à tête humaine qui l’accompagne
    le triskel, la spirale
    l’aigle
    le serpent

     

    Teutatès (Toutatis)

    Dieu protecteur d’une communauté et de son territoire avec une connotation guerrière.

    Dans la mythologie celtique, Teutatès est un théonyme gaulois que l’on ne connaît que par l’épopée La Pharsale de Lucain, un récit de la guerre civile qui opposa Jules César et Pompée; il est mentionné avec Ésus et Taranis.

    C’est une forme archaïque ou une variante de Toutatis, il provient de teutã qui a évolué en touta et totã. Le sens est «père de la tribu, de la nation.»
    Déformé, le mot teuta a donné leur nom aux Teutons, la tribu, ensemble de peuples germaniques habitant le nord de l'Allemagne actuelle. Le mot Teuton a lui-même donné le nom allemand de l'Allemagne, Deutschland, ainsi que le nom que les Anglo-Saxons donnent aux Néerlandais, Dutch et le mot ancien tudesque qui désigne les Allemands en langue d'oïl, ainsi que le nom de la partie germanophone de la Lorraine du Nord, la Lorraine Thioise.

    C’est la même notion que l’on retrouve dans la mythologie celtique irlandaise de tuath (la tribu), avec les Tuatha Dé Danann. Teutatès pourrait être également rapproché du Dagda.

    Souvent assimilé après la conquête romaine au Mercure ou au Mars romains, il est le dieu central de la mythologie gauloise, le dieu totémique de chaque tribu. Il représente la tribu au sens actuel de nation, l'union des hommes dans la paix (Mercure) comme dans la guerre (Mars).

    Cette dernière assimilation fut pratiquée sous le Haut-Empire romain, notamment dans l’île de Bretagne où l'on connaît des inscriptions dédiées à Mars Toutatis.

     Teutates est symbolisé par une tête de bélier et un corbeau, deux esses horizontales symétriques représentant le bélier, ou une accolade ou un V aux extrémités spiralées.

    Ce dieu est aussi connu par des inscriptions sous la forme « Totatus » retrouvées au sanctuaire de Beauclair, à Voingt (Puy-de-Dôme), en territoire arverne.

    Il est également représenté sur le chaudron de Gundestrup.

     

    Ésus

    Dieu gaulois, Esus est nommé le «Bûcheron» ou encore, l’«Ebrancheur». "Esus" signifie "le maître" ou "le seigneur". Il est l'un des trois dieux souverains des Gaulois avec ses frères Taranis et Teutatès, cités par l'auteur romain Lucain.

     Dieu défricheur de la forêt primordiale avec sa hache, il est aussi appelé Moccos, le dieu au sanglier, Erriapus ou encore Silvanus dans sa version gallo-romaine.

    Il est le dieu de la Terre et de la Végétation et est donc lié à l’élément végétal. Il préside aussi aux travaux des champs et des bois.

    Il apparaît comme l’une des principales divinités gauloises et n’est, par ailleurs, connu qu’en Gaule.

     Esus est associé à l'If, arbre primordial, sous les surnoms d'Ivérix, "le Roi If" ou d' Ivocatus, "le combattant de l'if", divinité tutélaire de la tribu des Eburons ("le peuple de l'if").

     Dieu charpentier, il peut avoir comme équivalent Luchtan , dieu irlandais qui fabrique des lances pour les dieux en seulement trois coups de hache. Il ressemble aussi au dieu gallois Math, maître des forêts capable d'animer les arbres et magicien dont le nom évoque l'ours, esprit de la forêt.

    On peut citer deux représentations connues du dieu Esus.

    Premièrement, celle de Trèves : sur un bas-relief, le dieu frappe un arbre sur lequel sont perchés trois oiseaux. On aperçoit, cachée dans les feuilles, une tête de taureau, ce qui semble renvoyer au Tarvos Trigaranos, soit le « Taureau aux Trois Grues » du Pilier des Nautes de Lutèce (Kruta).

    Esus serait en train d’abattre l’Arbre de Vie afin d’en libérer une Grande Déesse qui en serait prisonnière, mais rien ne semble recouper cette fable imaginée. Au registre des fables, il faut sans doute également ranger l’opposition entre Esus et Cernunnos, se partageant les faveurs de la Déesse-Mère au rythme des saisons (Picard).

    Autre représentation, celle du Pilier des Nautes des Parisii, conservé au musée de Cluny. Sur ce monument divisé en « dés » superposés, Esus, vêtu d’une courte tunique et tenant une serpe de la main droite, empoigne de la main gauche un arbre qu’il est en train d’ébrancher. Son nom figure clairement dans la bande au-dessus de la sculpture. Pour certains, il s’agit là de l’activité d’un charpentier, le Pilier des Nautes étant lié à la navigation, pour d’autres, l’activité du dieu le présente sous l’aspect d’une divinité de la troisième fonction productrice ou comme une divinité trifonctionnelle (sacerdotale, guerrière et productrice). La représentation d’Esus voisine directement avec celle du Tarvos Trigaranos ou « Taureau aux Trois Grues ». Ce thème semble renvoyer à la tête de taureau et aux trois oiseaux perchés qui apparaissent sur le bas-relief de Trèves (Kruta).

     


    Esus sur le Pilier des Nautes.

     Datant du Ier siècle, le Pilier des Nautes découvert au XVIIIe siècle sous la cathédrale Notre-Dame de Paris, est un offrande des bateliers de la Seine (les nautes) à l’empereur romain Tibère qui régnait alors sur la Gaule (province romaine).
    Cependant leur allégeance reste prudente, car le pilier, également nommé pierre de la dédicace, figure à la fois le panthéon celtique et celui des nouveaux gouvernants romains, rare exemple de syncrétisme.
    Consacré au maître du panthéon romain, le dieu Jupiter, le Pilier des Nautes évoque les colonnes de Jupiter, élevées plus tardivement en Gaule et en Germanie. Douze de ses faces illustrent les divinités majeures des panthéons celtique:Cernunnos, Smertrios, Esus et Tarvos Trigaranus, et romain: les Dioscures, Jupiter, Vulcain, Fortuna, Vénus, Mercure, Mars, selon un programme politique et religieux qui nous reste hélas hermétique.

    C'est le plus vieux monument de Paris et le plus ancien ensemble sculpté découvert en France et daté par une inscription impériale.

    Le pilier des Nautes est exposé dans la salle du frigidarium des thermes de Cluny.

     

     

     http://lagrangeducherchant.over-blog.com/article-esus-le-bon-maitre-61242746.html
    http://ganthor8.blogspot.fr/p/esus-le-dieu-bucheron.html
    http://www.histoiredumonde.net/Teutates-Toutatis.html
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pilier_des_Nautes


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