• Les Dragons

    Depuis des millénaires, le mythe du dragon hante l’imagination des peuples.

    Le dragon est probablement le plus notoirement connu de tous les monstres de légende. Mais, est-on bien sûr qu’il s’agit d’un mythe ?
    On constate que pendant des siècles, le dragon a joué un rôle dans les arts, les légendes et la religion. L’homme n’a jamais eu suffisamment d’imagination pour inventer ou créer sans se servir d’un modèle.
    Mais, quel est ce modèle ? Un animal ? Plusieurs animaux dont on a mélangé les attributs ? La question se pose donc de savoir si le dragon a réellement existé.

    Dans de nombreuses mythologies à travers le monde, on retrouve des créatures reptiliennes possédant des caractéristiques plus ou moins similaires, désignées comme dragons.
    Il s'agit là d'une figure imaginaire, tout comme le sont le sphinx, les sirènes ou toute autre créature fabuleuse. Celles-ci s'appuient davantage sur des espèces animales existantes, que l'homme hybride à sa fantaisie, que sur la découverte d'un squelette .
    Ses représentations varient cependant énormément en fonction des civilisations. Symbole de vie et de puissance en Chine, protecteur en Indonésie, protecteur de trésors en Grèce antique ou encore maléfique et ravisseur de princesses en Europe médiévale.

    Le proto-dragon, tel qu'il a pu être statistiquement reconstruit, était en partie serpent ; il est représenté comme une sorte de gigantesque reptile écailleux, avec une longue queue mobile, capable de cracher du feu et de voler grâce à des ailes semblables à celles des chauves-souris. Il gardait les sources et autres points d’eau. Il pouvait provoquer des inondations et des tornades. Il est intéressant de noter que cet ensemble de traits se retrouve encore dans les mythologies - et dans les arts rupestres, pour certains très vieux - du monde entier, ce qui laisse supposer que cette reconstruction serait au moins partiellement vraie.

    Les dragons apprécient particulièrement les grottes et les montagnes, lieux de prédilection où ils aiment vivre.
    Ce sont des solitaires qui aspirent à la tranquillité, sauf au moment de la reproduction lorsqu’ils recherchent un ou une partenaire pour fonder une famille. En dehors de cette période, ils dorment beaucoup et hibernent durant plusieurs mois chaque année.
    Ils sont très friands de lait et adorent déguster quelques vaches, voire des humains lorsqu’ils sont affamés.
    Ils sont tout à fait capables de parler.

    Pour pouvoir cracher des flammes, ils broient des pierres phosphoriques qui produisent un gaz inflammable au contact de l’acide gastrique. Ce gaz est ensuite expulsé et s’enflamme au contact de l’oxygène de l’air.
    Les dragons pouvaient également devenir invisibles ou luire dans l’obscurité.

    Il est difficile de déterminer une origine géographique ou historique aux dragons. Leur apparition semble dater des premières civilisations.

    De la manière la plus probable, les dragons apparaissent, sous une forme ou une autre, en même temps que les autres monstres de l'imaginaire. Les plus anciennes traces connues remontent à 6000 ans environ, dans une tombe néolithique de Xishuipo, site archéologique de la province du Henan, en Chine.

     

    Dragon de la Cité interdite. © dinosoria.com

    Symbole du Mal ou du Bien ?
    Une distinction principale est à faire entre les dragons occidentaux et les dragons orientaux.

    La tradition chrétienne a fait du dragon le serviteur du Diable et l’incarnation du Mal. Mais, il n’en a pas toujours été ainsi. Les dragons des mythes ancestraux étaient des créatures beaucoup moins malfaisantes.
    Certes, ils inspiraient de la terreur mais ils causaient peu de ravages. Les dragons pouvaient vivre en paix avec les hommes, qui se conciliaient leurs bonnes grâces en échange d’un tribut annuel d’or ou de vies humaines.

    Par opposition à l’Occident, le dragon personnifie en Chine la douceur et la bonté. Les dragons étaient les dieux de la pluie. Ils formaient des nuages avec leur souffle et arrosaient les champs de riz.
    Ils étaient aussi des symboles de régénération. Le sang des dragons morts pouvait fertiliser la terre. Un peu partout dans le monde, en Occident comme en Orient, les traditions populaires ont perpétré ce rôle symbolique des dragons, au cours de rites de fertilité immémoriaux.

    Le dragon est omniprésent dans la mythologie chinoise. Nugua (ou Nuwa), déesse à l’origine du monde selon la cosmogonie chinoise, est un être mi-humain, mi-dragon.
    Le dragon est presque toujours bénéfique et aide dieux et hommes à vaincre les forces du mal ou les catastrophes naturelles.
    L’emblème de l’empire d’Orient était un dragon pourpre.

    Et ce n'est pas un hasard si le Dragon est tant vénéré en Chine, pays du Tao ou voie du milieu. Céleste et chtonien, gardien des eaux, crachant le feu, à la fois Yin et Yang, le Dragon chinois réunit les principes opposés de l'univers : le feu et l'eau, le ciel et la terre.
    Une légende raconte qu’un dragon, sorti du fleuve jaune, apporta à Yu le Grand les plans du monde.
    Le prince Yu est le fondateur mythique de la première dynastie des Xia. Il est un héros civilisateur à qui l’on attribue le fait d’avoir dompté les inondations du fleuve jaune grâce à l’aide d‘un dragon. Il est souvent représenté dans la couleur qui sera plus tard réservée exclusivement aux empereurs de Chine : le jaune
    Les empereurs de Chine s’asseyaient sur un trône sculpté de dragons. Ces animaux étaient associés aux pratiques de géomancie, ou feng-shui.
    Aujourd’hui encore, en Chine, on célèbre la nouvelle année en promenant dans les rues d’immenses dragons de papier et de bambou.

     

    En Corée, chaque fleuve, chaque rivière accueillait son propre dragon.
    En Asie, les os de dragons faisaient partie de la pharmacopée traditionnelle. Il est presque certain qu’il s’agissait de fossiles d’animaux préhistoriques.

    Dans les légendes de l'Inde et de tout le Sud-Est asiatique, des dragons à tête humaine surmontée d'un capuchon à tête de cobra, les nagas, sont les habitants du domaine souterrain où ils gardent jalousement les trésors de la Terre. Ils ont pour ennemis naturels des vautours mythiques appelée Garudas, dragons aériens opposés aux Nagas, dragons des eaux et de la terre.

    En Occident, l’histoire du dragon terrassé connaît beaucoup de variantes. Pour la plupart des héros anciens, Siegfried, Sigurd, Beowulf, saint Georges, saint Michel, Arthur, Tristan ou Lancelot, c’était le couronnement d’une carrière que de tuer un cruel dragon. Sur ce thème, les légendes ont foisonné.

    Parmi les dragons cosmiques il y a le Midgardorm, scandinave dont le corps fait le tour de la Terre et Quetzalcoatl, le célèbre serpent à plumes des Toltèques et des Aztèques.

    Les Dragons

    Pour les Celtes comme pour les Romains, le dragon était un symbole guerrier.
    Dans la littérature celtique, le mot dragon désigne aussi un chef. Un pendragon est un chef suprême.
    Uther Pendragon, le père du roi Arthur, avait adopté pour emblème le dragon. Uther avait vu en songe un dragon traverser le ciel en jetant des flammes. Ses devins avaient vu là un présage selon lequel il devait hériter du royaume de son frère.
    Le présage se réalisa et Uther fit confectionner deux étendards représentant des dragons, dont l’un l’accompagnait dans toutes ses batailles.
    Merlin lui-même avait déjà, dès son enfance, annoncé le règne d’Uther Pendragon selon la légende du dragon rouge et du dragon blanc.

    Nous retrouvons ces dragons habitant la terre et l’eau dans les légendes concernant Mélusine, et, plus généralement, la Vouivre. La terre, elle-même, a longtemps été comparée à un dragon, et les anciens nommaient Veines du Dragon ces courants telluriques qu'ils essayaient de concentrer en y élevant pierres levées et monuments.

    Dans le seul folklore britannique, on compte plus d’une cinquantaine de dragons différents. Dans le monde entier, on en recense des milliers.

    En Europe, la légende la plus connue est celle de saint Georges tuant le dragon. Cette légende a trouvé de nombreuses variantes avec des ingrédients identiques : un dragon qui ravage un royaume et exige un tribut annuel. Le tribut est en général une belle jeune fille. Un chevalier s’empresse de tuer le dragon pour sauver le royaume et épouser la belle.

    Statue d'un dragon en Slovénie. By wili hybrid


    Il y a beaucoup de dragons dans les légendes et les mythes. Mais d’où viennent donc ces animaux aux pouvoirs surnaturels ?

    En l’absence de toute preuve fossile, il est difficile d’accorder beaucoup d’importance aux légendes qui décrivent les dragons.
    On peut cependant s’interroger sur l’origine de ces légendes. Sur quelles bases s’appuient-elles ?
    Il est tout de même assez étrange que ces légendes parlant de dragons soient si persistantes et surtout si universelles.

    Mais, nos aïeux avaient la fâcheuse habitude de voir des dragons partout. Pour les anciens cartographes, le dragon est presque un animal familier. Ils en parsemaient les cartes des régions inexplorées.
    Pour eux, ils représentaient l’inconnu et les plaçaient au milieu des girafes et des éléphants. On peut constater la présence de dragons sur de nombreuses cartes anciennes mêlées à des animaux bien réels.

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.dinosoria.com/dragon_legende.html

     

     

     


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  • Ixchel

    Ixchel, ou Ix Chel, est une déesse maya associée à l'eau. Son nom signifie « Dame (ix) - Arc-en-ciel (chel) ». Dans les textes glyphiques, elle est appelée « Chak Chel ». C'est la femme d'Itzamna et la mère de Bacabs.

    Ixchell est une magnifique et ancienne déesse lunaire vénérée par les Mayas. Elle est la mère de plusieurs dieux et régule le cycle de la vie et de la mort. Elle est la gardienne des âmes, et vit son existence tant dans la peau d’une magnifique jeune femme lumineuse et séduisante, que dans la peau d’une sage matriarche sombre et puissante.

    Elle est également la déesse de la Lune et de la Maternité. Elle préside aux naissances, et protège les futures-mères. Elle est la patronne des médecins et des shamans (hechiceros).

    Elle peut se présenter sous un aspect bienveillant ou malveillant. Contrairement aux Européens, pour qui l'arc-en-ciel véhicule des connotations positives, les Mayas le craignaient et croyaient qu'il avait son origine dans les puits à sec, qu'ils appelaient l'anus de l'Inframonde. Dans le codex maya dit Codex de Dresde, elle est associée au déluge et à la destruction du monde, considérée comme la cause des tempêtes tropicales et des inondations.
    Elle est souvent représentée avec un vase à la main, duquel s’écoulent les eaux primordiales.

    Déesse de la Lune, elle en est la lumière, le mystère et l’expression de toutes ses phases. Elle a aussi cependant, un lien privilégié avec la terre. Ixchel veillait à ce que la pluie tombe sur terre pour nourrir les récoltes. Les légendes disent que la pluie tombait lorsqu’elle versait sa jarre.

    Triple déesse, Ixchel revêt parfois les traits d’une jeune fille aux oreilles et aux griffes d’un jaguar, souvent portant un bouclier et une lance. À d’autres moments elle est représentée sous l’apparence d’une vieille femme à la tête enserrée par un serpent, des os ornant sa jupe, et des oreilles et des griffes de jaguar composant sa physionomie.
    Sous sa forme de jaguar (forme sous laquelle elle voyage entre les mondes et échappe au Soleil) elle représente à la fois une shamane et une guerrière lunaire venant errer sur terre.
    Elle est à l’image de la Lune une et multiple.

    Bien qu’elle fût parfois représentée comme une déesse des catastrophes, la plupart de ses mythes la décrivent comme une déesse bienfaitrice qui refusa d’être la victime de l’oppression, symbole de la liberté des femmes.

     Sa légende:

    Sous son aspect jeune, Ixchel était si belle, presque trop. Son teint était opalescent, ses longs cheveux noirs, qu’elle brossait des heures durant, brillaient au soleil. Tous les dieux étaient captivés par sa beauté, tous sauf un.
    Le dieu-soleil, semblait immunisé contre les charmes d’Ixchel. Ironiquement, c’est sur lui que la déesse jeta son dévolu, elle ne voyait et ne voulait que lui. Durant de très longues années, elle l’observa se promener dans le ciel, dans sa splendeur dorée, espérant qu’il la remarque un jour.
    Mais plus elle le suivait, plus le climat empirait sur terre. Quand elle le chassait, les marées montaient, créant des inondations qui envahirent les champs et détruisirent les récoltes. Elle était si amourachée qu’elle ne réalisait pas les catastrophes qu’elle créait.

    Comme bien des déesses lunaires, Ixchel était une tisseuse accomplie et c’est sa magnifique robe, tissée par ses propres mains, qui attira enfin l’attention du dieu-soleil. Finalement il devint son amant.
    Ixchel donna au dieu-soleil quatre fils. Ils étaient les dieux-jaguars et se faufilaient la nuit lorsque le soleil n’était plus là. Ils furent nommés en l’honneur des quatre points cardinaux et chacun était responsable de tenir un coin du ciel qui était carré.

    Mais le grand-père de la déesse désapprouvait cette union. Fou furieux, il frappa Ixchel d’un éclair, la tuant sur le coup.
    Durant treize jours ensuite, les libellules en deuil chantèrent pour elle. La magie de leurs chants provoqua sa résurrection. Elle reprit alors possession de sa vie, et retourna auprès du Soleil, mais leur liaison fut brève, car le Soleil l’accusa d’infidélité. Le dieu-soleil était jaloux et suspicieux de nature. Il avait également un très mauvais caractère, ce qui empirait les choses. Un jour, il soupçonna son propre frère, Étoile du matin, d’entretenir une liaison avec son épouse. Aveuglé par la colère et la jalousie, il projeta Ixchel hors des cieux.

    Ixchel

    Ixchel jaguar par Susan Seddon Boulet

    Ixchel trouva refuge chez le dieu-vautour. Quand la nouvelle parvint aux oreilles de son époux, il s’empressa d’aller la retrouver et implora son pardon. Il lui promit de ne plus jamais la traiter comme il l’avait fait et la supplia de revenir avec lui.
    Elle revint, mais peu de temps après son retour, le Soleil redevint jaloux à nouveau.
    Une légende raconte qu’il s’est emparé de son éclat, après une violente querelle, la laissant en possession d’une brillance argentée, lui ayant volé sa lumière solaire dorée.

    Elle se sentait trahie et, triste, elle le quitta. Cette fois, elle le quitta pour de bon,
    sachant qu’il ne changerait jamais. Elle attendit qu’il se soit endormi et se faufila dans la nuit, prenant la forme d’un jaguar et devenant ainsi invisible chaque fois qu’il la cherchait.
    Depuis lors, elle demeura invisible au soleil sous le couvert de la nuit et prenant la forme du jaguar. Elle devint véritablement libre, allant et venant selon ses propres désirs, ne laissant plus jamais personne être maître de sa vie et de sa destinée.

    Ixchel est une déesse forte, qui refuse de devenir une victime et qui prend à pleine main possession de sa vie et de ses moyens. Elle refuse toute oppression. Elle fait face à l’adversité. Elle s’alloue le pouvoir de choisir.

    Ayant échappé à son mari possessif, elle passa plusieurs nuits sur l’île de Cozumel, son lieu sacré. Là, elle s’occupa des femmes enceintes et des femmes en couche et fit de son sanctuaire un refuge pour les femmes.

    Statue d'Ixchel sur Cozumel


    Cuzamil – île de Ix Chel.
    L’île de Cozumel, appelée Cuzamil par les anciens Mayas, se trouve sur la côte orientale de la péninsule du Yucatan au Mexique. C’est une destination de sanctuaire et de pèlerinage pour les femmes, consacrée à la déesse Ix Chel.

    Les légendes disent qu’entre 600-800 avant notre ère femmes et enfants seulement pouvaient vivre sur l’île. C’était un lieu de refuge pour les femmes marginales et les orphelins, les veuves, les femmes stériles ou maltraitées.

    D’après les récits Espagnols il existait sur l’île un oracle représenté par une grande statue d’Ixchel dans laquelle se tenait la prophétesse.

    Les femmes mayas au moins une fois dans leur vie, devaient accomplir un pèlerinage sur l’île sacrée d’Ixchel
    ( « île des femmes » Isla de las Mujeres), pour lui offrir des présents et recevoir sa bénédiction. Durant des centaines d’années, des femmes firent ce pèlerinage par bateau, et plusieurs des autels dédiés à Ixchel existent encore sur l’île.
    Aujourd'hui dans le Yucatan, le passage rituel à Cozumel est organisé chaque année, lors du festival d’Ixchel se tenant le 8 décembre, appelée « La Travesia. » C’est une re-création du pèlerinage Cuzamil antique qui a été perdu pendant plus de 500 ans.
    Ce festival est animés de processions, de bénédictions des bateaux et des champs.

    Temple d'Ixchel sur l'île

     

     

     


    Sources : http://www.goddessgift.com/goddess-myths/mayan-goddess-ix-chel.htm
    http://www.celebrerladeesse.net/ixchel--deacuteesse-arc-en-ciel-de-la-lune.html
    http://portraitsdelunes.blogspot.fr/2010/06/ixchel-deesse-de-la-lune-maya.html

     

     

     

     

     


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  • Ma France

     

    Ma France, quand on a nourri son coeur latin
    Du lait de votre Gaule,
    Quand on a pris sa vie en vous, comme le thym,
    La fougère et le saule,

    Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,
    L’odeur de vos feuillages,
    La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux,
    Dès l’aube de son âge,

    Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons
    Chaudes comme la laine,
    On a fixé son âme et bâti sa maison
    Au bord de votre Seine,

    Quand on n’a jamais vu se lever le soleil
    Ni la lune renaître
    Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils,
    Vos chênes et vos hêtres,

    Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs ;
    Vos fruits et vos châtaignes,
    On a bien médité dans la paix de vos soirs
    Les livres de Montaigne,

    Quand pendant vos étés luisants, où les lézards
    Sont verts comme des fèves,
    On a senti fleurir les chansons de Ronsard
    Au jardin de son rêve,

    Quand on a respiré les automnes sereins
    Où coulent vos résines,
    Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein
    Le coeur de Jean Racine,

    Quand votre nom, miroir de toute vérité,
    Émeut comme un visage,
    Alors on a conclu avec votre beauté
    Un si fort mariage

    Que l’on ne sait plus bien, quand l’azur de votre œil
    Sur le monde flamboie,
    Si c’est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil
    Qu’on a le plus de joie…

     

    Ma France


    Anna de Noailles, Le Pays

    Hommage à toutes les victimes de la barbarie.

     

     

     


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  • Ladyhawk

    Ladyhawke,
    la femme de la nuit

     

    Ce n’est pas une vraie légende, mais ça mérite de l’être, dans la droite ligne des histoires magiques qui nous font rêver.

    Contrairement à ce que la publicité faite pour le film à sa sortie au cinéma prétendait, l'histoire n'est pas du tout adaptée d'une légende médiévale mais a été imaginée par Edward Khmara. La Writers Guild of America a d'ailleurs intenté une action contre Warner Bros., qui a été obligée de payer une compensation à Khmara.

    (Ladyhawke) est un film fantastique américain, réalisé par Richard Donner en 1985.
    Ensorcelés par le cruel et jaloux évêque d'Avila, les amants Etienne de Navarre et Isabeau d'Anjou se transforment alternativement en loup et en faucon. Avec le secours de Philippe Gaston, jeune voleur qu'ils prennent comme messager, et du vieux moine Imperius, ils se lancent dans une quête pour combattre le diabolique homme d'église et retrouver leur forme originelle.

     

    Ladyhawk


    Philippe Gaston (Matthew Broderick) est un jeune voleur emprisonné dans le donjon d'Aquila. Réussissant à s'échapper des cachots, il est finalement rattrapé par la garde lancée à sa poursuite mais il est sauvé in extremis par Étienne de Navarre (Rutger Hauer), ancien chef de la garde d'Aquila.

    Faisant halte chez un couple de paysans semi débiles, Philippe voit un loup attaquer son agresseur pendant la nuit et aperçoit une splendide jeune femme, qui disparaîtra bien vite. Fascinée par la belle, il en parle le lendemain à Navarre, qui semble connaître bien des choses sur elle. Au fil de son aventure, le jeune garçon découvre qu'une malédiction lie l'intrigante jeune femme et le noble guerrier :

    "Toujours ensemble, éternellement séparés".
    Amant d'Isabeau d'Anjou (Michelle Pfeiffer), Navarre provoqua par le passé la jalousie de l'évêque d'Aquila (John Wood), également amoureux d'elle. Incapable de résister à cette passion dévorante, l'évêque chassa alors le couple d'Aquila et les condamna en pactisant avec le diable.
    Le cruel religieux, incapable de conquérir le coeur de la belle, tout acquis à Etienne, a obtenu de Satan qu'il jette une malédiction sur le couple.
    Etienne devient un loup noir lorsque le soleil se couche, et Isabeau devient un faucon au lever du soleil.
    Désormais les amants sont condamnés à être éternellement ensemble et pourtant toujours séparés.
    Cette malédiction ne finira que lorsque les deux amants se trouveront en même temps sous leur forme humaine, chose qualifiée de quasi-impossible.

    La transformation:

     

    Las de cette vie sans espérance, Navarre a décidé d'en finir en tuant l'évêque. C'est pourquoi il a décidé de venir en aide au jeune Gaston car celui-ci pourra lui indiquer le passage qu'il a emprunté pour quitter Aquila, lui permettant ainsi de s'y introduire à l'insu de la garde. Philippe Gaston, qui découvre petit à petit le cruel secret des amants, décide de les aider à briser la malédiction, même s'il ne sait comment s'y prendre.

     

    Ladyhawk

     

    Isabeau est blessée sous sa forme de faucon à la suite d'une attaque de gardes envoyés par l'évêque mais Imperius, un moine défroqué auquel Navarre avait confessé son amour, et qui l'avait trahi en le dénonçant accidentellement à l'évêque, la soigne. Voulant réparer son ancienne erreur, Imperius leur annonce que si Navarre et Isabeau se présentent tous deux devant l'évêque sous leur forme humaine, la malédiction sera brisée et que des circonstances exceptionnelles permettant cela se produiront dans trois jours à Aquila.

    Après avoir échappé une fois de plus aux gardes de l'évêque, Philippe et Imperius persuadent Navarre d'accorder une chance à ce plan qui lui semble improbable et le petit groupe s'introduit dans Aquila. Navarre se fraie un chemin en combattant pour parvenir jusqu'à l'évêque qui officie dans l'église.

    Peu après y être parvenu, une éclipse de soleil prévue par Impérius survient et Isabeau reprend sa forme humaine. Les astres se sont rencontrés.
    La malédiction prend alors fin et l'évêque, de dépit, tente d'assassiner Isabeau mais Navarre le tue avant qu'il n'y parvienne. Les deux amants sont désormais libres de vivre leur amour.

     

    Ladyhawk

     

    Richard Donner reçoit le scénario original de Ladyhawke, écrit par Edward Khmara, en 1982. Donner apprécie l'aspect romantique de l'histoire mais souhaite que d'autres aspects soient revus. Il engage donc d'autres scénaristes qui réécrivent le scénario en supprimant notamment toutes les créatures fantastiques qui peuplaient l'histoire initiale.

    Le film est tourné en Italie, principalement dans la région de Campo Imperatore, dans les Abruzzes, pour les extérieurs. La forteresse en ruines où vit Imperius dans le film est celle du château de Rocca Calascio. D'autres scènes sont tournées en Émilie-Romagne (à la forteresse de Torrechiara et dans le village de Castell'Arquato), en Lombardie (à Soncino), en Vénétie (à Belluno) et dans le Latium (près de Viterbe). Les intérieurs de la cathédrale sont recréés à Cinecittà.

     

     

    Le film :

    https://openload.co/embed/IVxkm9E7bBM/

     

     

     

     


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  • Rhiannon

    Rhiannon
    par Jan Hess

    Déesse-Mère vénérée par les Gallois, Rhiannon incarne la vie, la mort et la renaissance car, dans son royaume, la mort s'accompagne toujours d'une régénération. Son nom est dérivé de Rigantona, qui signifie "grande reine". Rhiannon apparaît en "grande reine" ou en déesse jument.
    Elle a d’importantes fonctions, dont celle d’être la muse des poètes, des artistes et de la royauté. Elle emporte avec amour les âmes depuis la Terre jusque dans l’au-delà, chevauchant son fidèle cheval blanc, les aidant ainsi à s’ajuster à cette transition que représente la vie après la mort. Elle se trouve aussi être la protectrice de toutes les femmes maltraitées.

    Experte de la métamorphose, Rhiannon peut revêtir à volonté les formes les plus diverses; elle prend souvent l'aspect d'une jument blanche. Déesse-muse, elle est accompagnée de trois oiseaux magiques qui pouvaient ressusciter les morts ou plonger un vivant dans un sommeil de sept ans. La représentation mythique de Rhiannon est généralement celle d’une déesse bienveillante qui promet de beaux rêves aux dormeurs.
    Elle était réputée pour être si rapide sur son cheval que jamais personne ne pouvait la rattraper.

    Le roi devait son pouvoir à la reine Rhiannon et tout candidat au trône la rencontrait sous les traits d'un cerf, majestueux symbole du rajeunissement, de la beauté, de la force et de l'énergie masculine instinctive. Pour que la royauté de Pwyll sur le Dyved soit reconnue, il doit avoir une reine qui légitime son pouvoir, car chez les Celtes, la Souveraineté est un concept féminin.

    Rhiannon est dans la Mythologie Galloise, la fille de Hereydd et la malheureuse épouse de Pwyll, un seigneur de Dyfed. Tous les malheurs de Rhiannon viennent de ce qu’elle avait repoussé Gwawl, l’homme à qui elle avait été promise. De colère, son père avait lancé une malédiction sur la famille de Pwyll. A cause de ce sort, Rhiannon souffrit des années de stérilité et après la naissance de son fils, elle fut injustement accusée de l’avoir tué. Même lorsque le garçon qu’elle appela Pryderi (Souci) fut revenu et eut grandi, la malédiction continua de la poursuivre.

    Légendes dans les Mabinogion:

    Rhiannon

    Pwyll, prince de Dyved

    Dans le premier conte, Pwyll aperçoit sur la colline de sa résidence royale de Narberth (ou Arbeth), une cavalière inconnue. Désirant connaître son identité, il demande à un serviteur de la rattraper, mais celui-ci n’y parvient pas. Il donne alors l’ordre au meilleur de ses cavaliers de la rejoindre, sans plus de succès. Le lendemain, c’est le meilleur coursier de ses terres qui subit le même échec. Le jour suivant, c’est Pwyll lui-même qui engage la poursuite. Alors que son cheval est à bout de souffle et risque de s’effondrer, il appelle l’inconnue qui s’arrête immédiatement. Elle lui dit se nommer Rhiannon et qu’elle a fui son père qui veut la marier de force. Elle dit aussi être amoureuse de lui et qu’elle veut l’épouser. Pwyll accepte et le mariage est fixé l’année suivante.

    Quatre ans plus tard nait Pryderi, mais le garçon est enlevé à la naissance et sa mère est accusée d’infanticide, à l’instigation des femmes chargées de s’en occuper. En guise de pénitence, elle est condamnée à rester assise aux portes de la ville pendant sept ans, elle doit raconter son histoire aux visiteurs et les faire entrer en les portant sur son dos.
    Mais au bout de quatre ans, Ternon Twryf Lliant vient éclaircir l’affaire et raconte son histoire. Tous les ans, sa jument poulinait mais l’animal nouveau-né était immédiatement enlevé par un monstre. Il y a quatre ans, il avait attaqué le monstre et lui avait coupé une patte. Dans l’écurie, il avait trouvé un enfant qu’il avait adopté et appelé Gwri Gwallt Euryn.
    La preuve est faite que Gwri Gwallt Euryn est le fils de Pwyll et de Rhiannon, dont la peine est annulée.

    Rhiannon

    Manawydan fils de Llyr

    Dans le second conte, Pwyll est mort et Pryderi lui a succédé, son épouse est Kigva. Rhiannon, quant à elle a épousé Manawyddan Fab Llyr, un prince ami de son fils. Au cours d’une promenade sur la colline de Narberth, un brouillard magique s’abat sur la région et la dévaste, ne laissant en vie que les deux couples. La misère les contraint à partir pour l’Angleterre, où ils vont exercer différents métiers, pour survivre.
    De retour dans leur pays, poursuivant un sanglier blanc, ils arrivent à un château inconnu où Pryderi et Rhiannon se retrouvent par un sortilège enchainés à une fontaine. Et le château disparaît quand l’orage éclate. Manawydan et Kigva repartent une année puis reviennent s’installer pour cultiver la terre. À trois reprises, les récoltes sont dévorées par des souris géantes. Manawyddan capture la plus grosse et quand il va pour la pendre, un moine, un prêtre puis un évêque viennent lui proposer de racheter la vie de la souris. Manawyddan refuse et demande que cesse le sortilège. Pour prix, Manawydan demande la libération de Rhiannon et Pryderi ainsi que la levée de l’ensorcellement sur les sept cantrefs du Dyved ; ce que l’évêque accepte. En fait, l’évêque se nomme Llwyd, il a jeté un sort sur le royaume pour venger son ami Gwawl, rejeté par Rhiannon. La souris capturée est sa femme. Il promet de libérer les otages et le pays. Il tient sa promesse et la souris se transforme en jeune et belle femme. Tout rentre dans l’ordre.

     

    Déesse de la nuit d'une merveilleuse beauté, Rhiannon rappelle que la mort et la renaissance s'équilibrent.

    Il est tentant de rapprocher Rhiannon de la déesse gauloise Epona, l’une des rares divinités celtiques que les Romains aient jamais adorées, mais cette idée ne fait pas l’unanimité.

    Rhiannon est un personnage singulier de la mythologie galloise. Elle supporta l’injustice et ses souffrances avec une patience remarquable. Mais sa vraie nature est , selon toute vraisemblance, en rapport avec les chevaux. Lorsque Pwyll la vit pour la première fois, elle chevauchait un grand et beau cheval blanc , vêtue de brocard de soie et d’or. Son fils volé fut retrouvé dans une écurie, et sa punition pour l’avoir perdu était de servir de bête de somme aux visiteurs qui se rendaient au château de son époux.

     

     

    Sources: Wikipédia - http://www.jardinsoleil.com/cartes/deesses/rhiannon.php
    La Mythologie Celtique, Arthur COTTEREL.

     

     

     

     

     

     


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