• Mithra


    Mithra


    Mithra est un dieu d'origine indo-iranienne. Son nom - mitra en védique, langue religieuse ancienne de l'Inde - signifie "ami", "contrat". C'est un dieu bienveillant, qui protège la justice et veille à l'ordre du monde ; c'est aussi le dieu du serment, de l'alliance.

    Comme le Christianisme, avec lequel il rivalisa entre le I° siècle et le début du IV° siècle dans l'Empire romain, le culte de Mithra est une religion du salut ; c'est aussi une religion à mystères, d'origine indo-persane, que les pirates et les mercenaires étrangers introduisirent à Rome où elle gagna rapidement la faveur des empereurs.

    Le premier texte connu qui mentionne cette divinité est un traité conclu entre des rois orientaux - dans des régions qui correspondent à l'Asie Mineure et à la Mésopotamie - vers 1380 av. J. -C.

    Mithra, qui s'oppose à Varuna, est l'ami des hommes, c'est le dieu de la lumière et de la justice qui veille au respect des alliances et des serments : on sait par exemple que les rois persans juraient par Mithra. Peu à peu, l'image de Mithra évolue et assimile des fonctions pastorales et des attributs guerriers empruntés à Indra, dieu du panthéon védique : dieu de l'aurore, Mithra lutte contre les ténèbres ; garant de la propriété, il protège les troupeaux et assure la prospérité des hommes en faisant tomber la pluie qui fait pousser l'herbe indispensable à leur pâture ; mais l'ami des hommes se fait redoutable : s'il guérit les malades et protège les combattants, il châtie aussi durement les parjures.

    Le culte de Mithra n'était pas à l’origine une religion à mystères, c'était une religion officielle à laquelle le Grand Roi de Perse participait en personne par des libations et des danses sacrées.
    Chez les Perses, au VIème siècle avant J. -C., Mithra est vénéré de manière officielle, en tant que divinité tutélaire du souverain. Après la chute de l'empire perse - à la suite de conquête d'Alexandre -, d'autres royaumes, ceux d'Arménie, du Pont par exemple, pratiquent le culte de Mithra. Ainsi les rois du Pont prennent-ils le nom de Mithridate, "donné par Mithra".

    Au premier siècle avant J.- C., des éléments de la mythologie gréco-romaine se mêlent aux légendes concernant Mithra, faisant de ce dernier un dieu hellénisé : on rapproche par exemple Mithra du dieu solaire Hélios - Apollon.

    De l'Orient à Rome
    C'est par les colonies grecques d'Asie Mineure que le culte s'introduisit dans le monde gréco-romain. L'historien Plutarque date d'ailleurs de cette époque, en 67 av. J.C., l'introduction des mystères en Italie par des pirates alliés au roi du Pont, Mithridate VI Eupator, capturés par Pompée. Ces pirates ciliciens, en lutte contre l'impérialisme romain, pratiquaient des sacrifices et des initiations rituelles dans des grottes secrètes où les affiliés s'engageaient par serment.
    La première attestation de la présence de Mithra à Rome remonte au premier siècle de notre ère. Le roi Parthe Tiridate, qui en 66 est couronné à Rome, aurait, selon Pline l'Ancien, initié Néron au "repas des mages", et l'aurait honoré du nom de Mithra.
    Avant la fin du 1er siècle de notre ère, on ne connaît aucun sanctuaire dédié à Mithra - on n'a ainsi retrouvé aucune trace de ce culte à Pompéi, enfouie sous les cendres en 79.

    Mithra

    Mithra naissant de la pierre, musée des Thermes de Dioclétien

     Culte
    Ce que nous savons sur le mithriacisme est fondé sur l'iconographie, sur des peintures et surtout des sculptures, car quasiment aucun texte sacré n'est parvenu jusqu'à nous. Cette religion se présente comme un livre d'images sans commentaires et sans explications qui permettent d'en décrypter la doctrine.
    Dans l'interprétation qu'en donnent les Romains, le mithriacisme repose sur une conception mythique de l'histoire de l'univers. A l'origine, un dieu, Saturne, sort du chaos. Puis il désigne un successeur, Jupiter, à qui il remet l'insigne du pouvoir absolu: la foudre. Pour combattre le mal, présenté sous la forme d'une sécheresse qui détruit la vie, naît Mithra, qui surgit d'un rocher tenant une torche et un glaive. C'est à lui de veiller sur l'ordre du monde, d'assurer sa survie en luttant contre les esprits mauvais, en le sauvant de la sécheresse, de la soif, de la mort des troupeaux ; il va en effet procurer l'eau en faisant miraculeusement jaillir une source d'une paroi rocheuse.

    Puis il se met à la poursuite du taureau dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale. Il capture la bête, la maîtrise et l'égorge dans une caverne, comme il en a reçu l'ordre du Soleil, par l'intermédiaire d'un corbeau messager.
    Les représentations romaines de cette scène sont très nombreuses:

    Mithra

     

    Une image sacrée
    L'image énigmatique que l'on voit ici représente la scène qui ornait chaque lieu du culte : Mithra, coiffé d'un bonnet phrygien, tient le taureau par les naseaux et, le plaquant au sol, il le frappe au coeur, derrière l'épaule gauche; un chien lèche le sang sorti de la blessure ; un scorpion mord les testicules du taureau tandis qu'un serpent semble le piquer à la patte ; de la queue du taureau jaillissent des épis de blé ; selon une version tardive du mythe, en effet, la végétation serait née de la moëlle du taureau primordial et les espèces animales viendraient de sa semence, recueillie par la lune, qui veille ici sur la scène avec le soleil. Le scorpion symbolise les forces du mal qui tentent de tarir la vie à sa source mais le meurtre du taureau sauve la création et le sang répandu féconde la terre. Un rayon solaire frappe le dieu de la lumière qui triomphe ainsi des ténèbres : après le sacrifice du taureau, Mithra monte sur le char du soleil.
    Cette victoire est célébrée par un grand banquet où sont présents le Soleil et Mithra. Ce dernier, devenu Sol invictus, Soleil à la fois invaincu et invincible, monte vers le ciel en char solaire. Le mythe semble alors faire apparaître la prédominance de Mithra sur le Soleil.
    Ces figures renvoient au déroulement du temps et rappellent l'importance des astres, et, par delà, de l'astrologie dans la religion mithriaque, où ils jouent un rôle positif.


    Le mithraeum ou temple de Mithra et l'initiation

    A l'origine, le mithraeum était une caverne et il en gardera toujours la forme. De taille restreinte, il était situé Mithradans des maisons privées, des dépendances, souvent à proximité de casernes, généralement du moins partiellement souterrain. Il était aménagé comme une salle à manger et ne pouvait guère recevoir qu'une douzaine de convives à la fois : deux banquettes latérales, destinées aux mystes (les initiés), entouraient un couloir qui conduisait à la statue ou au bas-relief représentant le sacrifice du taureau. De chaque côté du couloir ou de la statue du dieu, se tenaient deux images de porteurs de torche : l'un, symbole de la végétation florissante du printemps et de l'été, (ou du soleil levant) la tenait levée, l'autre, symbole de la stérilité de la mauvaise saison, (ou du soleil couchant) abaissée. Le mithraeum était généralement orienté de telle sorte que le soleil levant frappe la statue du dieu à l'équinoxe de printemps.
    Le culte renvoie au mythe de Mithra tauroctone et symbolise le cosmos avec quelquefois un plafond vouté qui représente le ciel étoilé et les planètes.

    Le rituel qui se déroule dans le mithréum doit, suppose-t-on, comprendre un premier temps d'instruction qui prend appui sur une iconographie abondante, puis un repas rituel. Ce banquet sacramentel commémore et réactualise celui de Mithra et du Soleil. La nourriture prise permet une régénération aussi bien physique que spirituelle. Il est probable que la cérémonie comprenait des sacrifices d'animaux, et que l'eau et le feu y jouaient un rôle important.

    Mithra

    Le banquet de Mithra ( le Louvre)

     

    Religion du salut, religion à mystères
    Le culte de Mithra, en passant de l'Orient à l'Occident, est devenu, à l'instar d'autres cultes grecs, une religion à mystères. Lors de son initiation, le futur adepte (le néophyte), passant de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les rites initiatiques exigent courage et endurance physique. Les cérémonies s'achèvent sur une poignée de main avec le Pater, manifestation physique du pacte, du serment qui lie les mithriastes. Les initiés s'élèvent graduellement dans la hiérarchie, selon une "échelle" codifiée de sept grades, qui les conduit à remplir différentes fonctions :

    La doctrine même reste cependant obscure sur bien des points. On ne peut par exemple avoir de certitude sur ce qui était révélé à l'initié à l'issue de ces épreuves, ni sur ce qu'il lui était permis d'espérer pour une vie dans l'au-delà : on ne peut affirmer que les adeptes aspiraient à l'immortalité ; peut-être avaient-ils adopté la croyance en un retour cyclique du temps.

    Le mithriacisme va avoir une influence grandissante après 150, avec une période d'expansion maximale au milieu du IIIème siècle. Les mithréums se multiplient alors, et jusqu'au IVème siècle. On estime qu'il dut s'en construire plus d'une centaine à Rome, et on en a recensé plus d'une vingtaine à Ostie. Les témoignages archéologiques témoignent certes de cet engouement, mais il faut prendre en considération le petit nombre d'adeptes que peut accueillir chaque sanctuaire : une trentaine en moyenne.

    Une religion de soldats ?
    Religion de soldats et non de prêtres, le culte de Mithra avait tout pour séduire les légionnaires romains qui répandirent le culte du dieu dans l'Empire. Durant le II° siècle après J.C., le culte de Mithra s'implanta dans toutes les villes de garnison, en Italie, en Gaule, en Bretagne, en Afrique et jusqu'au Danube. A Rome, l'empereur Commode et ses successeurs adoptèrent le culte de Mithra pour se concilier l'armée ; on célébrait Mithra sur le Palatin et sur l'Aventin et le mithraïsme faillit même devenir religion d'État sous Aurélien.

    Les raisons du succès
    Le mithriacisme prône des vertus qui correspondent à des valeurs romaines : la fides, c'est-à-dire la loyauté, le respect de la parole donnée. Le courage physique aussi, manifesté lors des épreuves initiatiques, le sens de la discipline au sein d'une stricte hiérarchie trouvent des échos au sein de l'armée :
    Ces éléments permettent de comprendre pourquoi ce culte n'a fait l'objet d'aucune forme de rejet officiel ou d'ordre privé : il ne remet en cause ni l'ordre établi ni la structure sociale de la société romaine.
    Plus encore, sont intégrées aux pratiques religieuses les divinités du panthéon romain, et ce d'autant mieux qu'elles sont des divinités planétaires, l'astrologie tenant une place grandissante dans les préoccupations religieuses romaines. Les légendes gréco-romaines concernant Saturne et Jupiter, les représentations d'Apollon comme dieu solaire s'insèrent dans le mythe de Mithra. D'autres divinités d'origine orientale y trouvent aussi leur place, ainsi qu'en attestent les données archéologiques. 0n a, par exemple, retrouvé dans le mithréum de Sainte Prisca deux têtes représentant Vénus et Sérapis.


    Lorsque le christianisme s'imposa en Italie, de nombreuses églises prirent la place du mithraeum, le lieu de culte des adeptes de Mithra. Les adeptes de Mithra croyaient en effet à la montée des âmes au ciel, à la fin des temps, avec le retour de Mithra sur le char du soleil qui devait purifier le monde par le feu.
    L'histoire de Mithra, le "Dieu-Soleil" de Perse, précède le mythe chrétien d'au moins
    600 ans. Mithra a les caractéristiques suivantes en commun avec le Christ: Mithra est né dans une grotte d'une vierge un 25 décembre. Il était considéré comme un grand sage et un maître qui voyageait beaucoup. Il était appelé "le bon berger". Il était considéré comme "la voie, la vérité et la lumière". Il était encore appelé "le rédempteur", "le sauveur", "le Messie". Il était associé au taureau. Son jour sacré était le dimanche, le "jour du Seigneur," des centaines d'années avant l'émergence du mythe du Christ. Il était particulièrement célébré autour de la période de l'année qui deviendra les fêtes de Pâques. Il avait 12 compagnons ou disciples. Il accomplissait des miracles. Il fut enterré dans un tombeau. Après trois jours il se leva. Sa résurrection était célébrée chaque année. Les paroles de la Cène sont empruntées à celle des sectateurs de Mithra.

    Les sanctuaires dédiés à Mithra ont été détruits par les chrétiens vers la fin du IVe siècle ; un décret de l'empereur Théodose en 392 a donné le départ des persécutions religieuses contre les fidèles du dieu Mithra.
    À Rome, la Basilique Saint-Clément-du-Latran possède dans ses sous-sols des vestiges d'un temple mithraïque.
    En France on a trouvé des sanctuaires dédiés à Mithra à Angers, Biesheim, Bordeaux, Bourg-Saint-Andéol, Metz , Nuits-Saint-Georges , Septeuil et Strasbourg.
    En Belgique, un sanctuaire mithriaque à Tirlemont est aujourd'hui attesté. En outre, des bronzes mithriaques ont été découverts à Angleur près de Liège par hasard à la fin de 1881 ou au début de 1882 par un ouvrier briquetier. Ils sont exposés au musée Le Grand Curtius de Liège. Ces bronzes exceptionnels, presque uniques, appartenaient à la décoration d'un sanctuaire probablement proche mais encore non identifié.
    En Allemagne, près de Trèves : des vestiges d'un temple dédié à Mithra ont été découverts en 1928.
    En Espagne (Galice) : restes de mithraeum près de la cathédrale de Lugo.
    En Algérie, un sanctuaire dédié à Mithra se trouve dans la cité, aujourd'hui en ruines, de Tiddis (wilaya de Constantine).

     

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://faustula.free.fr/religion/Mithra.html
    http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/mithra.htm

     

     

     


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  • ( Callisto par Fragonard)

    Callisto

     

    La légende de Callisto est un mythe arcadien.

    Dans la mythologie grecque, Callisto est une nymphe d'une très grande beauté. Son ascendance est incertaine et certaines versions en font la fille de Lycaon, roi d'Arcadie.

    Callisto est une suivante d’Artémis (déesse de la chasse) et comme tout son entourage exclusivement féminin, elle doit faire vœux de chasteté éternelle. Elle passait sa vie dans la montagne à chasser, dans la troupe des compagnes d'Artémis.

    Zeus, maître des dieux et père d'Artémis, l’aperçut lors d’une chasse et, comme d’habitude, en tomba éperdument amoureux et, comme il le faisait souvent pour mener à bien ses conquêtes féminines, il inventa une ruse pour la séduire.

    Un jour que la jeune nymphe était étendue sous un arbre, il s'approcha d'elle déguisé en Artémis. Callisto ne voyant pas la supercherie ne résista pas et se retrouva enceinte.

    Elle chercha à cacher son état à Artémis, qui ne supporterait pas, de la part d'une de ses suivantes, cette infraction aux règles de la chasteté. Callisto était enceinte d'Arcas quand, un jour, Artémis et ses compagnes décidèrent de se baigner dans une source. Callisto dut se dévêtir, et sa faute fut révélée.

    Artémis entra alors dans une violente colère et la menaça de ses flèches redoutables, insensible au fait que Zeus pût être le principal coupable.

    Callisto

    Héra entendit la dispute, et folle de jalousie se vengea en transformant Callisto en ourse, la condamnant à se cacher dans la montagne.

    Plus tard, Artémis, lors d'une de ses longues courses, aperçut l'ourse et lui décocha une flèche. Callisto mourut et Hermès, témoin de la scène, prévint Zeus. Ému par cette fin tragique et se sentant coupable, Zeus recueillit le fruit de leur amour, Arcas, et transforma Callisto en constellation, la grande ourse. A sa mort, Arcas lui aussi sera transformé en constellation, la petite ourse.

     

    On montrait le tombeau de Callisto en Arcadie, non loin de la source Cruni; il était situé sur une colline plantée d'arbres, près d'un temple d'Artémis.

    La nymphe Callisto avait, au temple de Delphes, une statue offerte par les Tégéates; Polygnote l'avait représentée dans la Lesché du même temple, revêtue de la dépouille de l'ourse symbolique.

     

     

     

     

     

     http://www.alex-bernardini.fr/mythologie/callisto-la-nymphe.php

     

     

     

     

     

     


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  • La légende du crocus des prairies


    (Légendes manitobaines)

    Wappee était le fils du chef de la tribu des Pieds Noirs. Estimé de tous, il vivait paisiblement entouré des siens. N’ayant peur de rien, à l’abri des intempéries et des bêtes féroces dans le grand tipi, il grandissait en sagesse tout en suivant attentivement les enseignements de son père.
    Quand Wappee eut douze ans, son père le fit venir.
    "Mon fils, le temps est venu pour toi de devenir un homme. Un jour, si les Esprits le veulent, tu seras le chef. Pour cela, tu dois te montrer à la hauteur de ton peuple. Tu dois partir dans les collines. Tu reviendras dans cinq nuits. Alors, peut-être seras-tu devenu un homme libre, capable de conduire les tiens".

    Wappee quitta la tribu le soir même et se dirigea vers les montagnes. Il s’installa sur le sommet de la plus haute colline. Seul avec les étoiles, il se sentit libre, prêt à affronter tous les obstacles.
    Au matin, Wappee se leva, le cœur léger. C’était une belle journée de printemps. La neige fondait lentement sous le chaud soleil.
    Wappee s’assit et médita sur son avenir. Il devait attendre qu’un Esprit bienveillant lui montre, par le biais du rêve, le chemin qui le mènerait de l’enfance vers l’âge adulte. Mais le jour progressait et Wappee ne voyait toujours rien.
    Aucune vision, ni âme qui vive, ne venait troubler le silence qui l’entourait. Très vite, la solitude et la peur s’emparèrent de lui.
    Le soir venu, il s’allongea à nouveau dans l’espoir d’avoir une vision. Mais rien ne vint.
    Le lendemain se passa en tous points comme la veille. La journée chaude étala les couleurs de l’aube jusqu’au crépuscule pour se fondre ensuite dans la pénombre de la nuit. Wappee ne bougea pas.
    Il ne lui restait maintenant que trois nuits avant de retourner chez son père pour lui annoncer qu’il n’était pas devenu un homme, mais qu’il était un lâche.
    Le Grand Esprit ne lui avait pas permis de faire le rêve. Plus le temps passait, plus Wappee ressentait la douleur de l’échec.

    Le matin suivant, alors qu’il observait les couleurs du soleil levant, il aperçut une petite fleur aussi blanche que la neige, qui reposait à ses côtés.
    La fleur ouvrait grand ses pétales pour y laisser entrer le soleil. Elle se balança lentement dans sa direction jusqu’à ce que son esprit troublé fut calmé par la vue des montagnes bleues et de l’herbe verte des prés.
    Assis non loin de la fleur, Wappee observa les corbeaux et écouta le bruit du vent. Le jour baissait. La montagne devint rose, puis magenta. Bientôt le soleil disparut, laissant place à l’obscurité.

    Mais cette fois, Wappee ne se sentait plus seul. Il avait maintenant une amie :
    "Petite sœur, dit-il, toi si fragile, que fais-tu dans cet endroit froid et venteux? Je vais me coucher près de toi pour te réchauffer. Mais je ne veux pas t’écraser".
    Et pendant qu’une partie de son esprit se reposait l’autre partie veillait sur la petite fleur blanche.
    Lorsque la nuit se prépara à rencontrer le jour, la fleur parla :
    "Écoute, Wappee. Hier, tu étais triste car tu ne connaissais pas la peur. Celui qui ne connaît pas la peur est fragile. L’homme sage apprend à vivre avec elle".
    Le jeune indien, surpris, s’approcha de la fleur pour mieux l’entendre. Mais la fleur se tût, en se balançant au gré du vent.
    Toute la journée, Wappee ne cessait de penser à ce que la fleur lui avait dit.
    La nuit suivante, il protégea encore la petite fleur avec son manteau de fourrure. Puis, à l’aube, la fleur parla :
    "Tu as bon cœur, Wappee. Tu iras loin".
    Puis, elle se tût jusqu’à la nuit suivante. Au lever du jour, elle dit encore:
    "La sagesse et un coeur bon sont les qualités d’un grand chef. Si tu as des difficultés, reviens vers les collines, elles t’apporteront la paix et la chaleur".
    Puis Wappee s’endormit paisiblement. Son sommeil fut peuplé de visions :devenu chef de sa tribu, il la vit heureuse et prospère.

    Il était maintenant temps pour Wappee de retourner vers les siens. Cependant, avant de partir, il dit à la fleur:
    "Petite sœur, pendant trois nuits, tu m’as consolé de ma solitude, tu m’as aidé à avoir des visions. Demande-moi ce que tu veux et j’irai voir le Grand Esprit pour qu’il exauce tes vœux".
    La petite fleur répondit :
    "Wappee, demande au Grand Esprit de m’habiller de bleu et de violet, comme les montagnes, afin que les hommes puissent me voir, de me donner un petit soleil doré que je garderai tout au fond de mon cœur pour me consoler les jours de pluie, et un manteau chaud pour que je puisse faire face au vent froid qui souffle et à la neige qui fond. Ainsi, j’apporterai confort et espérance à tous les hommes".
    Le Grand Esprit, qui avait entendu cette conversation fut sincèrement touché par la bonté de Wappee envers la fleur aussi, répondit-il aux souhaits de ce dernier.
    La petite fleur blanche devint alors bleue et violette avec au centre un cœur chaud et doré, enveloppé d’un manteau de verdure. Cette petite fleur s’appelle le crocus des prairies.
    Les hommes admirent sa force et sa fragilité, ses couleurs et sa chaleur...

    Elle est aujourd’hui l’emblème floral du Manitoba ( province de l'Ouest du Canada )

     

     

     

     

    Sources: http://grissom.os.free.fr/crocus.html
    http://www.ipernity.com/group/229312/discuss/131191

     

     

     

     


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  • Shah Jahan & Mumtaz Mahal

     

     

    Cadeau pour la Saint Valentin, pour les amoureux mais aussi les solitaires romantiques, une vidéo magnifique:

    (A mettre en plein écran). 

      

     

    Inspiré par la fabuleuse histoire d'amour de Shah Jahan & Mumtaz Mahal, Jacques Guerlain crée en 1925 le 1er parfum Oriental de l'histoire: Shalimar.
    On y trouve la sublime égérie de Shalimar, Natalia Vodianova, en princesse indienne.

     

     

    Je vous laisse lire ci-dessous l’histoire sans fards du Taj Mahal

    mêlée à la légende:

     

     

    http://www.leregional.ch/N24785/la-terrible-legende-du-taj-mahal.html

     

     

    Shah Jahan & Mumtaz Mahal

     

     

    Heureuse Saint Valentin à tous.

     

     

     


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  • Scàthach,
    la Magicienne et Guerrière du Pays des Ombres.


    Dans la mythologie celtique irlandaise, Scáthach est une magicienne puissante et redoutable, peut-être Druidesse, sans aucun doute la maîtresse absolue dans l’Art de la guerre.

    Elle est fille de Buanuinne, roi de Scotie et mère de Lasair, Inghean Bhuidhe, Latiaran et Uathach. Selon le récit Le meurtre du fils unique d'Aífe, Scáthach est aussi la sœur d'Aífé (fille d'Ardgeimm).

    Elle demeure en Écosse, certains textes évoquent l’île de Skye.
    Scáthach habite dans un château imprenable gardé par sa propre fille. On accède à sa résidence par le Pont-des-Sauts qui rétrécit et devient glissant ou s’étire et se redresse pour broyer le visiteur téméraire.

    Elle-même initiatrice des plus valeureux guerriers, experte en magie, dans l’art de la guerre et du sexe, elle commande une bande de femmes qui éduquent les héros.

    Bien qu’elle ne fasse qu’un passage furtif dans la littérature irlandaise, et qu’on ne puisse pas dire si elle est Déesse, demi-Déesse ou simple héroïne, Scáthach a un rôle crucial dans le Cycle d’Ulster, appelé également le cycle de la branche rouge.
    Elle est la Grande Initiatrice.


    Scáthach est l’initiatrice de Cúchulainn, à la fois en tant que guerrier (il devient son champion et elle lui enseigne le maniement du gae bolga, le javelot-foudre qu’elle lui offre) mais aussi pour son passage de l’état de jeune homme à l’état d’homme (il couche avec elle avant de s’unir pour un an à sa fille, Uathach).

    Ses élèves les plus prestigieux furent Cuchulainn et son ami Ferdiad, Elle les forma tous les deux à l’art de la guerre. Elle fut également chargée de leur éducation sexuelle. Elle forma aussi Conchobar, fils de Cathbad, le premier druide du royaume d’Ulster, redoutable pour ses prophéties, un druide guerrier dont le nom veut dire « Tueur au combat »…
    Comme les chevaliers de la Table Ronde, les guerriers ne doivent pas devenir ennemis les uns des autres. Ce serment ne sera pas respecté puisque Cúchulainn va tuer Ferdiad dans un combat singulier, lors de la Razzia des vaches de Cooley.

    C’est Scathach qui donna à Cuchulainn sa lance appelée Gáe Bolga, une lance redoutable et invincible faite d’os ou d’arrête de monstre marin, également appelée le « javelot-foudre ». Il est le seul à avoir le privilège de la posséder et de savoir la manier.
    L’objet a été fabriqué avec les os d’un monstre marin nommé Coinchenn, qui avait été tué par un de ses congénères, Curruid. Cette arme est magique, elle ne peut être utilisée que de manière rituelle, selon l’enseignement de la magicienne. À son invocation, elle vient elle-même comme l’éclair dans la main du guerrier, puis fonce sur l’ennemi. Quand elle pénètre le corps de la victime, elle s’ouvre en de nombreuses pointes qui sont autant de blessures mortelles ; elle est foudroyante et implacable. Elle peut être utilisée comme une lance traditionnelle ou lancée comme un javelot avec la main ou le pied en la tenant avec les orteils.


    Ferdiad, apparenté aux Fir Bolg en a finalement subi le coup fatal …
    Dans le récit épique de la Táin Bó Cúailnge (la « Razzia des vaches de Cooley »), la reine Medb contraint Ferdiad à affronter Cúchulainn en combat singulier, l’enivrant et lui promettant la main de sa fille Findabair. Les deux guerriers se battent pendant trois jours, l’issue du combat est incertaine. En dernière extrémité, Cúchulainn se sert du gae bolga pour vaincre, car Ferdiad avait la peau en corne.
    Il a donc trahi son serment en tuant son ami.

    Scathach par Howard David Johnson

     

     

    Sources: https://grand-cercle-celtique.com/2012/12/08/scathach-la-princesse-guerriere-du-pays-des-ombres/
    https://scathcraft.wordpress.com/2013/11/26/scathach/

     


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