• Le Houx

    LE HOUX
    (Tinne) :

    C'est le symbole de la chance et de la bonne fortune. En mythologie celtique le houx est l'arbre jumeau du chêne. Le chêne gouverne la partie claire de l'année tandis que le houx règne sur la partie sombre.

    Depuis la nuit des temps, le houx est le symbole des fêtes religieuses ou païennes et, comme le gui, le houx passe pour porter bonheur parce qu’il reste toujours vert. Il semble donc échapper à la marche de ce temps jalonnée par les saisons. Ainsi, il symbolise la vie au cœur de l’apparente mort hivernale, d’où sa place dans les cérémonies qui marquaient le solstice d’hiver. Il se voyait d’ailleurs attribuer des vertus protectrices, lesquelles sont à l’origine de nos traditions et fêtes de fin d’année qu’il continue d’enchanter. Les feuilles épineuses du houx offrent une énergie de protection aux gens mais aussi, aux animaux. Cette plante est associée à l’élément feu et à l’hiver.

    Le houx est devenu populaire dans les festivités de Yule grâce aux nombreuses cultures et traditions magiques à travers le temps. Le houx a des liens avec les traditions druidiques pour sa verdure persistante à travers les plus sombres jours d’hiver, mais aussi en raison de ses liens avec les traditions féériques. Les druides, ces prêtres des Celtes et des Gaulois, croyaient que le soleil ne quittait jamais les plants de houx.
    On pensait que les fées qui vivaient dans le buisson de houx entraient à l’intérieur des maisons pendant les mois d’hiver pour prendre une pause du froid et des conditions difficiles. Ces branches de houx offraient des cachettes de premier choix pour les fées et les esprits de la forêt qui y trouvaient refuge pendant la saison froide. Le houx était donc une plante sacrée.

    Les druides coupaient les branches piquantes pour en faire des bâtons de vie. Pour les couper correctement sur les arbres, un goutte de sang était essentielle, mais du vin rouge était censé convenir tout aussi bien. Les baies rouges incarnaient l’énergie féminine, juste comme les baies du gui symbolisaient la semence masculine. Unies dans le rituel accompli durant le solstice d’hiver, ces deux plantes devinrent « des parentes mythiques » et jouèrent le rôle vital de garantir la vie renouvelée au printemps.

    La signification du houx comme symbole de vie éternelle et de sage prévoyance se reflète dans son nom anglais, holly, qui est relié au mot holy (ndlt : saint, sacré). Dans le rituel celtique du houx accompli la nuit précédant le solstice d’hiver, les branches de houx étaient récoltées et installées dans la maison comme protection contre la sorcellerie, la foudre, et la mort. De là provient l’expression « holy day » (jour saint, sacré), plus tard transformée en terme profane « holiday » (vacances, jour férié) !

    Le HouxSon histoire connue remonte aux grands peuples de l'Antiquité. Il était alors coutume de décorer les maisons, les autels, de s'orner soi-même ou de remercier les personnes chères par des compositions florales de verdure et de fleurs comportant un message. Chaque plante avait une signification symbolique et de la combinaison de différentes plantes résultait un message. L'arrangement floral avait généralement la forme d'une guirlande ou d'une couronne. Ainsi, chez les Romains, des couronnes de houx étaient offertes aux jeunes mariés en signe de bons vœux et de félicitations.

    Le houx est considéré comme sacré pour le dieu romain Saturne. Les Romains célébraient « allègrement » les Saturnales à la fin du calendrier romain, soit le mois de décembre. Des couronnes de houx et d’autres verdures étaient installées bien en vue en l'honneur de Saturne, dieu des semailles et de la culture de la vigne; ces festivités coïncidaient avec la fin des activités agricoles et le solstice d'hiver, moment de l'année où les jours commencent à rallonger. Cette ancienne fête hivernale comportait également un échange de cadeaux. Il était alors de bon ton d'envoyer des présents garnis de houx à ses amis.

    Dans le culte romain de Bacchus, le houx était la contrepartie féminine du lierre masculin, et c’est pourquoi les portes des maisons étaient décorées de couronnes des deux plantes au cours des Saturnales. Le docteur de l’église, Quintus Tertullian, interdit cette pratique comme coutume païenne durant le IIème siècle de notre ère. Les autorités de l’église étaient impuissantes face à la popularité persistante des rituels du houx cependant, et réinterprétèrent finalement la pratique en termes chrétiens : «Selon la légende, chaque palmier qui accueillit le Sauveur Jésus lorsqu’il entra à Jérusalem, reçut des épines comme souvenir de l’épreuve à laquelle le Christ fut soumis». (Schöpf 1986, 146). Ainsi, les feuilles piquantes du houx devinrent un symbole chrétien de la couronne d’épines et ses baies rouges devinrent le sang du Christ.


    Utilisation Magique et Populaire.
    Plus d'une superstition et croyance émaillent l'histoire du houx. Les anciens Européens croyaient que par ses feuilles épineuses, le houx repoussait les mauvais esprits, entre autre les sorcières et les foudres du ciel.

    Comme d’autres plantes à feuillage persistant, les feuilles piquantes et découpées de l’Ilex passaient à la fois pour protéger contre les pouvoirs dangereux et pour les attirer : « Selon les croyances populaires, les sorcières avaient besoin des baies rouges du houx pour créer les orages. Les baies étaient un ingrédient important des « onguents et encens » des sorcières ». (Weustenfeld 1996, 111).
    Ils étaient utilisés en magie comme protection contre les cauchemars, les incubes et autres démons, ainsi que pour se protéger de la foudre.
    Planté près d’une maison, le houx protégeait contre la magie maléfique. Pythagore écrit que le pouvoir de leurs fleurs change l’eau en glace. Il dit également que lorsqu’un bâton de ce bois est lancé contre une bête sans suffisamment de force, il se rapprochera de lui-même jusqu’à l’animal, à une coudée environ, par sa propre magie, puisqu’un grand pouvoir réside dans cet arbre (Pline l’Ancien XXIV, 116).

    Selon les traditions botaniques, un buisson de houx, plante de protection, cultivé sur votre propriété vous protégerait contre la foudre.

    Étrangement, on retrouve aussi cette croyance chez certains Amérindiens de l'est de l'Amérique du Nord qui plantaient du houx près de leurs habitations. Ils avaient de plus découvert une méthode de séchage des baies qui en préservait toute la brillance et la rondeur. Elles servaient à la décoration des vêtements et des cheveux ainsi que de monnaie d'échange avec d'autres peuplades où le houx ne poussait pas à l'état naturel. Des rameaux de houx peints sur des objets ou brodés sur des vêtements étaient signe de chance. Pour les guerriers amérindiens, la plante entière avait force de symbole : la rigidité de son bois représentait leur résistance, les épines leur férocité, et la longévité des feuilles, leur courage face à l'ennemi.


    Cette année, apportez un peu de la magie de la nature dans votre maison et ajoutez quelques brins frais de houx à votre décoration intérieure. N’oubliez pas de conserver les feuilles épineuses et les baies toxiques à l’écart des jeunes enfants, et profitez de l’enchantement naturel de Yule.

     

    Le Houx

    Très belle fin d’année à tous.

     

     

     

    Sources: http://espacepourlavie.ca/le-houx
     http://www.le-sidh.org/wicca/pratiques-rituelles-sorcieres/plantes-sorcieres/le-houx-arbre-sacre-de-frau-holle/

     

     

     

     

     


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  • Œdipe par Ingres, musée du Louvre

     
    Œdipe

     

    Bien au-delà du complexe du même nom inventé par Freud, voici la véritable histoire d’Œdipe, symbole d’un homme prisonnier de son destin.

    Œdipe est un héros de la mythologie grecque. Il fait partie de la dynastie des Labdacides, les rois légendaires de la ville de Thèbes. Fils de Laïos et de Jocaste, Œdipe est principalement connu pour avoir résolu l'énigme du sphinx et pour s'être rendu involontairement coupable de parricide et d'inceste.
    Sa légende a beaucoup inspiré les arts pendant et après l'Antiquité, sa postérité ayant été très influencée par les visions du mythe que donnent les tragédies grecques. À l'époque contemporaine, la figure d'Œdipe a également été utilisée pour illustrer le complexe dit d'Œdipe en psychanalyse.

    Le roi de Thèbes, Laïos, a tout pour être heureux. Les caisses de son royaume sont pleines, son peuple l’apprécie, et il file le parfait amour avec son épouse Jocaste. Seule ombre au tableau: malgré tous les efforts du couple, il n’arrive pas à avoir la moindre descendance.
    Laïos décide d’aller consulter l’oracle de Delphes qui lui fait une terrible prédiction: il vaut mieux qu’il n’ait jamais de fils, car celui-ci tuerait son père et épouserait sa mère.
    Terrifié, Laïos s‘abstiendra longtemps d‘approcher son épouse, mais il finit par céder aux charmes de Jocaste et un jour leur nait un fils.

    De peur que l’oracle ne s’accomplisse, ils font exposer le nouveau-né sur le mont Cithéron, après lui avoir fait percer les chevilles pour l’accrocher à un arbre, ou pour l’empêcher de s’enfuir, sort qu’on réservait aux animaux.
    Mais le serviteur chargé de cette besogne prend l’enfant en pitié et le confie à un berger qui en prend soin avant de le confier à un voyageur. Lequel conduit l'enfant à la cour de Polybe, roi de Corinthe. Ce dernier voit en l’enfant un cadeau des dieux. Lui qui, justement, n’arrive pas à avoir d’héritier; il accueille le nouveau-né avec joie et lui est sa femme Mérope l’élèvent comme s’il était leur fils.
    Il lui donne le nom d’Œdipe qui signifie "celui qui a les pieds enflés".

    Œdipe grandit donc avec bonheur dans le palais de Polybe, en ignorant sa réelle identité. Mais lorsque, devenu un bel adolescent, il est pressenti pour succéder au roi Polybe sur le trône, des rumeurs colportant le fait qu’il est un enfant trouvé se font de plus en plus pressantes dans le royaume. Le jeune homme, intrigué, questionne ses parents à ce sujet qui le perturbe. Malgré leurs dénégations, le malaise qui s’installe alors lui fait comprendre qu’on lui cache quelque chose. Alors, à son tour, il décide d’aller voir l’oracle de Delphes pour l’interroger sur ses origines.

    Fidèle à ses déclarations sibyllines, l’oracle ne lui donne pas de vraies réponses, ou du moins lui cache-t-il une partie de la vérité… Œdipe apprend ainsi qu’une malédiction pèse sur lui, et qu’il est destiné à tuer son père et à épouser sa mère.
    Le jeune garçon est sous le choc. Lui qui aime tant ses parents, il ne comprend pas comment de telles abominations pourraient arriver. Mais, sachant que les paroles du messager des dieux ne sont pas à prendre à la légère, et ne voulant pas prendre le risque de faire du mal à Polybe malgré lui, il prend la décision de partir loin de sa famille. Il s’exile de Corinthe et commence une vie d’errance, de villes en villes, de royaumes en royaumes.

    Un jour, Œdipe croise un homme sur un char, sans doute un notable à en croire ses vêtements luxueux. À côté de lui, une personne qui semble être à son service. L’homme prend le vagabond de haut, et lui ordonne de s’écarter de son chemin. Devant le refus d’Œdipe, il s’approche, l’air menaçant, et lui porte un coup de bâton. Pris de colère, Œdipe tue le vieil homme et continue son chemin. Il ne le sait pas encore, mais il vient bien malgré lui d’accomplir la première partie de la prophétie. Car l’homme qu’il vient de tuer n’est autre que Laïos, le roi de Thèbes, son père biologique!

    En continuant sa route, Œdipe arrive à Thèbes.
    À Thèbes, justement, on est très inquiet. Un monstre mystérieux vient de s’installer dans la région. Il se fait appeler le Sphinx, ressemble à un genre de lion avec des ailes et une tête de femme, et sème la terreur auprès des habitants. Sa façon d’agir n’est pas commune: il pose des énigmes complexes à ses victimes et, si celles-ci ne savent pas y répondre (c’est-à-dire tout le temps), il les dévore sans autre forme de procès…
    Ne sachant comment se débarrasser de ce terrible monstre, le nouveau roi de Thèbes, Créon, fait une annonce retentissante: il cédera son trône ainsi que la main de la reine Jocaste qui est veuve à quiconque réussira à débarrasser la région de ce maudit Sphinx!

    Œdipe, n’ayant pas grand chose d’autre à faire, décide de tenter le coup. Il va à la rencontre du monstre et attend que celui-lui lui soumette son énigme. Le Sphinx ne se fait pas prier et lui pose la question suivante:
    Quelle créature marche sur quatre pattes le matin, sur deux à midi et sur trois le soir?
    Il ne lui faut que quelques secondes de réflexion pour que tout s’éclaire: « C’est l’homme! »
    Œdipe répond juste : "c’est l’Homme qui au matin de sa vie se déplace à quatre pattes, qui au midi de sa vie marche avec ses deux jambes et qui au soir de sa vie s'aide d'une canne, marchant ainsi sur trois pattes".

    C’est la première fois que le Sphinx perd à ce petit jeu! Humilié, il se jette du haut d’une falaise et se tue.
    Comme récompense pour avoir vaincu le Sphinx, Œdipe obtient le trône de Thèbes, laissé vacant après la mort du roi Laïos, ainsi que la main de la veuve, Jocaste : le second volet de l'oracle est accompli

    Œdipe a donc tué son père, et épousé sa mère comme l’avait prédit l'oracle !

    Œdipe et Jocaste vivent heureux pendant de nombreuses années, ignorant leur véritable lien de parenté.
    Œdipe et Jocaste ont quatre enfants : deux fils, Étéocle et Polynice, et deux filles, Antigone et Ismène

    Thèbes va bientôt subir une nouvelle épreuve: cette fois, c’est une terrible épidémie de peste qui s’abat sur la ville. Alors que les cadavres s’accumulent, on va de nouveau interroger l’oracle de Delphes pour trouver une solution. Celui-ci est formel: l’épidémie ne s’arrêtera que lorsque le meurtrier du roi Laïos sera démasqué.
    Mais comment mener l’enquête? Le cadavre du roi Laïos a été découvert le long d’un chemin, gisant dans son sang, plusieurs années auparavant.
    Œdipe prononce alors contre le meurtrier une malédiction sauvage, et consulte le devin Tirésias pour connaître le nom du coupable. Tirésias esquive, feinte, suscite même contre lui les soupçons du roi. Finalement, excédé, il conseille à Œdipe de consulter ses serviteurs. L'un d'eux, témoin du meurtre, est ce même esclave qui autrefois a "perdu" l'enfant sur le Mont Cithéron.

    Peu de temps après arrive un messager de Corinthe qui lui annonce que son père Polybe est mort et que le peuple le réclame pour lui succéder sur le trône. Œdipe explique qu’il est déjà roi de Thèbes et que, de toute façon, il préfère se tenir éloigner de Corinthe et de sa mère, de peur que la prophétie ne se réalise. Et l’homme le rassure tout de suite: il n’a pas à s’en faire, tout simplement parce qu’il n’est pas le vrai fils de Polybe et de Mérope. C’est lui-même qui l’a récupéré des mains d’un berger nommé Phorbas, alors qu’il n’était encore qu’un nourrisson!
    Œdipe fait venir le berger, qui ne tarde pas à confesser toute l’histoire. Et ainsi éclate l’effroyable vérité… Œdipe est bien le fils de Jocaste et de Laïos, il a tué son père sur le bord de la route quelques années auparavant et il partage sa couche avec sa propre mère!

    La vérité est dévoilée et Jocaste s'en suicide de désespoir, et lorsqu'Œdipe se rend compte qu'elle est morte et que leurs enfants, Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène, sont maudits, il se crève les yeux avec les broches de la reine, et renonce au trône.

    Œdipe et Antigone par Brodowski

    Il part sur les routes, la main sur l'épaule d'Antigone, la seule qui lui soit restée attachée, chercher un pardon problématique. Parvenu en Attique, il est purifié de son crime par Thésée, et meurt à Colone : un oracle n'a-t'il pas déclaré que l'endroit où serait érigée sa tombe serait béni par les dieux ?

    La tragédie de Sophocle Œdipe à Colone met en scène une mort surnaturelle d'Œdipe dans le dème de Colone, près d'Athènes : appelé par la voix d'un dieu, le héros, accompagné du seul Thésée, se rend dans un espace sauvage où il disparaît, non sans avoir annoncé que la présence de sa tombe à Colone assurera une protection surnaturelle à la cité d'Athènes.


    Les dieux décident-ils de notre destin et est-il inéluctable quoi qu’on fasse?

     

     

     

     

    Sources:http://www.alex-bernardini.fr/mythologie/oedipe.php
    http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/antigone/mytheoedipe.htm
    http://www.etaletaculture.fr/mythologie/oedipe-est-complexe/

     

     

     


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  • Le menhir de Kerloas

    Rites et légendes du menhir de Kerloas

     

    Il est certainement l’un des monuments les plus visités du pays d’Iroise. «Le Bossu» ou «An Tort», c’est ainsi qu’on le surnommait jadis à cause de ses deux bosses.
    Le menhir* de Kerloas se trouve sur la commune de Plouarzel dans le Finistère.
    La roche qui le compose est un granite de l'Aber-Ildut, il aurait été érigé il y a environ 5000 ans.

    Les pratiques et les légendes qui se rapportent aux mégalithes en général et aux menhirs en particulier sont nombreuses et variées. Le menhir de Kerloas ne peut pas échapper à la règle.
    Un monument pareil, ça ne peut pas se rater ! Le plus haut menhir d'Europe, et peut-être même du monde, est situé légèrement au-dessous du point le plus élevé du Pays d'Iroise ( 142 m ), distant de 500 m.
    Il domine un agréable et large espace réservé aux visiteurs.

    Le menhir de Kerloas fut classé monument historique le 25 septembre 1883. Il est censé être le plus haut menhir de France (et du monde) actuellement debout. Il se dresse à près de 10 mètres du sol .
    Cependant, la hauteur originelle de ce monolithe était bien plus importante et devait dépasser les 12 m car, au XVIIIème siècle, il fut victime de la foudre qui en tronqua la partie sommitale, lui donnant ce sommet curieusement biseauté, et les principaux morceaux qui gisaient à son pied furent utilisés, l’un pour la fabrication d’une auge, l’autre comme pierre d’entrée de champ. Cette dernière a été reconvertie aujourd’hui en ornement de pelouse à la ferme voisine.

    Les spécialistes estiment le poids total du menhir entre 100 et 150 tonnes. Constitué de granite porphyroïde, il a été vraisemblablement extrait d'affleurements situés au moins à deux kilomètres de là en direction de l'Aber Ildut. Dès lors, on imagine les difficultés qu'ont dû surmonter les constructeurs du monument pour l'extraire de sa roche, le tailler, puis le transporter sur cette distance en remontant la pente naturelle du terrain, et l'ériger à son emplacement actuel.

     

    Le menhir de KerloasLe menhir de Kerloas

    Le menhir et ses bosses

    Il a une particularité:
    Le menhir de Kerloas présente à environ un mètre du sol deux bosses opposées, deux petites protubérances arrondies d'une trentaine de centimètres de diamètre. C'est pour cette raison que certains appellent encore ce monument "Le Bossu".
    La présence de ces deux bosses opposées sur une pierre parfaitement bouchardée laisse à penser qu'elles ont été volontairement façonnées sinon maintenues. Dans quel but ?

    Un rite nous a été transmis par plusieurs voyageurs du 19e siècle. Jacques Cambry, écrivain breton, nous dit par exemple en 1805 :
    "Les nouvelles mariées y mènent leurs maris, leur font baiser la pierre, pour être maîtresses chez elles. Une superstition bizarre porte les hommes et les femmes à se frotter le nombril contre ce pilier pour enfanter plutôt des garçons que des filles, et la pierre est usée et polie à la hauteur de la ceinture."

    De son côté, en 1832, Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de Fréminville, nous dit :
    "Les nouveaux mariés se rendent dévotement au pied de ce menhir, et après s'être en partie dépouillés de leurs vêtements, la femme d'un côté, l'époux de l'autre, se frottent le ventre nu contre une de ces bosses. L'homme prétend, par cette cérémonie ridicule, obtenir des enfants mâles plutôt que des filles, et la femme prétend que par là elle aura l'avantage d'être la maîtresse absolue du logis et de gouverner entièrement son mari."

    Selon Sébillot, les jeunes mariés se rendaient au pied du menhir la seconde nuit après leur mariage. La femme embrassait le menhir d'un côté, l'homme de l'autre et, si leurs lèvres se trouvaient en face les unes des autres, le ménage était assuré d'avoir des garçons.

    En 1911, Guénin nous rapporte que le mégalithe était réputé avoir un pouvoir de guérison et que des personnes venaient se frotter les parties malades aux bosses du menhir. Ce même auteur nous apprend aussi que c'est une "bonne femme" qui l'aurait apporté dans son tablier.
    D'autres légendes l'attribuent à Gargantua, qui le mit en place, ainsi que tous les blocs de granite plus ou moins gênants qui parsèment les champs de Plouarzel, pour se venger des habitants de cette paroisse car ils ne lui avaient donné à manger que de la bouillie. Par contre, il ne laissa aucune pierre sur le territoire de Plouzané où il fut bien accueilli.

    Comme pour beaucoup de menhirs situés en bordure d‘océan, on dit aussi qu'un trésor serait caché dessous, visible uniquement pendant la nuit de Noël. Ces légendes disent qu'au premier coup de minuit les menhirs couraient s'abreuver à l'océan. Mais, lorsque sonnait le douzième coup, ils avaient déjà repris leur place, stoïques, immobiles, insensibles aux attaques du temps. Et malheur aux imprudents qui, éblouis par les richesses dévoilées, avaient oublié l'heure; ils étaient écrasés...
    C’est évidemment sous le menhir de Kerloas que le plus grand trésor devait être enterré! Y aurait-il des squelettes d’anciens curieux sous ce menhir?

    Le menhir de Kerloas

    Plusieurs fouilles ont été pratiquées autour du monument. Elles ont révélé un dallage d'environ 20 m de longueur ainsi que 26 tessons provenant du dépôt d'un vase en céramique de l'Age du Bronze, c'est-à-dire très postérieur à l'érection du menhir. En 1961, à la suite de la fouille clandestine d'un chercheur de trésor, un autre dépôt de poteries fut découvert au pied du monument.
    Les tessons furent déposés au Musée de Préhistoire de Penmarc'h.

     

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.bretagne.com/fr/culture_bretonne/patrimoine_religieux/megalithes/menhir_de_kerloas
    http://www.patrimoine-iroise.fr/culturel/archeo/prehistorique/Kerloas.html

     

     

     


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  • La Bougie

    La bougie est, avec la lampe à huile, la plus vieille méthode d'éclairage. La bougie existerait depuis environ 3000 ans av. J.C..
    Les chandelles destinées à l’usage quotidien étaient faites de suif, de la graisse animale purifiée (mouton ou boeuf). La graisse était fondue dans un grand chaudron et l’on écumait d’abord les impuretés quand elles remontaient à la surface. On ajoutait ensuite de l’eau, pour emprisonner le reste, pris entre l’eau et la graisse. Les résidus ainsi produits étaient pressés pour en extraire le suif. On fabriquait la mèche en tordant ensemble plusieurs fils de coton.
    Les bougies de cire d’abeille affichaient de bien meilleures performances, mais plus chères elles n’étaient pas à la portée de tous : elles fumaient moins, donnaient plus de lumière, et surtout sans provoquer de mauvaise odeur. Dans ce cas là, la cire était fondue, filtrée pour en ôter les impuretés, puis on l’étendait au soleil en bandes minces afin de la blanchir et de lui faire perdre sa couleur jaune. Elle était alors fondue dans un chaudron et versée sur les mèches, suspendues à une sorte de cerceau de fer installé au-dessus.

    Enfin, outre la lumière qu'elle procure, la bougie fut aussi utilisée pour mesurer le temps. Il suffisait de faire des graduations sur sa longueur.

    La Bougie

     

    La bougie est aussi un puissant symbole. On y trouve le feu, symbole d'énergie de lumière et de purification, symbole du lien entre le monde réel et l'astral, puis la flamme qui monte, symbole d'élévation spirituelle, qui brille de la même façon dans l'astral que dans le monde physique Mais il y aussi le calme, la sérénité et l’amour qui se dégage de cette atmosphère.
    La flamme du cierge est purificatrice.
    Symbole de lumière, le cierge éloigne les forces des ténèbres.
    Les cierges ont une valeur magique : leur flamme est censée éloigner le diable tenté de prendre l'âme du mort.

    « Dans la flamme d’une chandelle toutes les forces de la nature sont actives », disait Novalis. La cire, la mèche, le feu, l’air qui s’unissent dans la flamme brûlante, mobile et colorée sont eux-mêmes une synthèse de tous les éléments de la nature. Mais ces éléments sont individualisés dans cette flamme unique.
    Symbole de la vie ascendante, la bougie est l’âme des anniversaires. Autant de bougies, autant d’années, autant d’étapes vers la perfection et le bonheur. S’il faut les éteindre d’un souffle, c’est moins pour rejeter ces petites flammes dans la nuit de l’oubli, les anéantir dans le passé avec leurs cicatrices de brûlures, que pour manifester la persistance d’un souffle de vie supérieur à tout ce qui fut déjà vécu..
    De même, les bougies qui brûlent près du défunt – ces cierges allumés- symbolisent la lumière de l’âme dans sa force ascensionnelle, la pureté de la flamme spirituelle qui monte vers le ciel, la pérennité de la vie personnelle arrivée à son zénith.



    Traditions:
    De tous temps les bougie furent utilisées durant les cérémonies. Dès les premiers siècles, la veille de Noël, on dressait dans les maisons une grande bougie allumée, symbolisant la naissance du Christ (symbole de lumière). Cette coutume, empruntée à la veillée pascale, s’est conservée intégralement en Irlande. De même que la couronne de l’avent : La couronne est un cercle qui rappelle que le temps des fêtes nous revient à chaque année, et le cercle est un très ancien symbole pour la vie éternelle. Sur la couronne il y a quatre bougies et chaque dimanche on en allume une de plus.
    Chez les Slaves, la bougie est plantée sur une miche de pain.
    Dans certains pays, on commémore la nouvelle année avec l’allumage de la Couronne de Lumière, Cercle de 13 bougies symbolisant le nombre de lunaisons dans l’année solaire.
    Chez le peuple Kmer aucune invocation ne peut être prononcée sans que soit allumée au moins une bougie et trois baguettes d’encens. Le plus important est le Tien Kol, ou « cierge de la lignée », qui représente la vie humaine aussi facilement éteinte que la flamme de la bougie mais qui peut se transmettre comme une flamme d’une bougie à l’autre.
    Dans le calendrier hébraïque, la fête de « Hanouccah », fête des lumières est le symbole du miracle de la fiole d’huile sacrée servant de lumière au Temple, qui brilla huit jours au lieu d’un seul. La coutume par excellence de cette fête est d’allumer la Hanoucciah (chandelier de 8 branches + 1 le shamash qui sert à allumer les autres) pendant les huit jours de fête.
    Durant le nouvel an chinois, fêté à la mi-janvier, des nombreuse lanternes sont allumés. Lao-Tseu a dit : « Mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres. »
    L’Etoile flamboyante, chez les francs-maçons est parfois représentée par cinq cierges en forme de pentagramme.

    Le soir de Samhain, les Celtes avaient éteint le feu dans l’âtre de leurs foyers, ensuite, chaque chef en allumait un nouveau dans son âtre, feu qui devait brûler jusqu’à l’automne suivant. Ici il n’est pas question de bougie, mais de la symbolique du feu y est identique et les bougies d’Halloween remplacèrent les feux rituels.
    Les huit bougies de la Déesse portées à Imbolc, symbole du cycle complet, des huit fêtes celtiques, le tour de l’année, et donc de la vie, le chiffre de la Déesse.

    Une ancienne divination, appelée lychnomancie ou lampadomancie, interprétait la forme, la couleur et les divers mouvements de la lumière.



    Mythes et superstitions:
    En ne laissant pas une bougie se consumer totalement, on évitera de faire périr un marin en mer ou d'attirer le malheur sur un membre de la maison.
    Laisser une bougie se consumer dans une pièce vide porte malheur, et en allumer une à la flambée du feu de cheminée ou de la cuisinière rend pauvre et fera mourir à l'hospice.
    La bougie qui s'éteint toute seule est signe de mauvais augure :
    On prétend que peu avant la Révolution, alors que Marie-Antoinette veillait à la lueur de quatre bougies, trois d'entre elles s'éteignirent. La reine s'exclama : "Voilà quelque chose de bien singulier ! J'ai peut-être tort d'être superstitieuse, mais si la quatrième bougie a le sort des autres, je me croirai menacée d'un grand malheur."
    Aussitôt la quatrième bougie s'éteignit.
    Une tradition courante dans les pays anglo-saxons consiste à poser des bougies sur la fenêtre à Noël. A l'origine, elles étaient censées guider la Sainte Famille en route pour Bethléem. Elles procurent une année de joie et de prospérité.
    On ne renvoie jamais un étranger attiré par ces lumières.
    En Chine, les bougies rouges, allumées dans les rues pendant les processions destinées à apaiser les esprits des morts, protègent aussi des démons.
    Selon la tradition Perse, on guérit un malade en allumant au-dessus de lui une chandelle faite de musc et de safran, puis en la mettant derrière son dos en ordonnant au mal de s'en aller.
    En Auvergne, il ne faut pas faire confiance à une personne qui ne fait pas jaillir au premier contact la flamme quand elle utilise la bougie d'un autre pour allumer la sienne.
    Selon une croyance du Morbihan, avoir du mal à allumer les cierges des mariés annonce un malheur pour ceux-ci.
    En Sicile, il est de mauvais augure qu’un de ces cierges tombe pendant la cérémonie.
    Les Russes conservaient chez eux les cierges ayant servi à la célébration d'un mariage. Ils en allumaient un au premier coup de tonnerre pour éloigner la foudre.

    La Bougie

    Lors de la Fête des Morts, les Parentalia qui se déroulaient en Février, les Romains qui faisaient alors des sacrifices à Pluton et aux dieux infernaux, tenaient allumés toute la nuit torches et cierges. Cette fête est à l'origine de celle de la Chandeleur.
    Dans toute l'Europe, les cierges bénits en cette occasion passent pour avoir de grands pouvoirs.
    Au retour de l'église, celui qui conservait son cierge allumé jusque chez lui était assuré de ne pas mourir dans l'année. S'il s'éteignait, on redoutait le pire.
    Les cierges de la Chandeleur étaient conservés précieusement à la maison.
    On les suspendait derrière les portes, on traçait des croix avec la cire, pour protéger les habitants de la maison et éloigner les mauvais esprits.
    Ils étaient rallumés en cas de grêle, d'orage, de maladie, de blessures, d'accouchement difficile.
    Les apiculteurs décrivaient un cercle autour des ruches avec ce cierge afin d'assurer la prospérité des abeilles.
    Le cierge bénit à la Chandeleur servait aussi aux désenvouteurs.
    En Bretagne, on s'en servait pour retrouver les noyés.

    La même puissance est attribué aux cierges bénits à Pâques.
    Les pêcheurs belges jetaient un bout de ce cierge dans les filets pour s'assurer de bonnes prises.
    Les "cierges errants" tenus par des esprits de l'autre monde apparaissent sur les routes désertes.

    La bougie a toujours été utilisée dans un cadre de protection énergétique. Donc, n'hésitons pas à allumer une, deux ou trois bougies pour ré-harmoniser un lieu et augmenter son taux vibratoire.

    Très utilisée en magie, la bougie permet "d'ouvrir une porte" entre les différents mondes.
    La disposition des bougies sur un autel servira aussi à canaliser l'énergie produite par le symbole ainsi dessiné.
    Il faut les allumer avant le début du rituel et les éteindre à la fin mais jamais les souffler.
    Les bougies intentionnelles:
    Ici, la couleur des bougies utilisée autour du cercle magique dépendra du type de rituel.
    La couleur de la chandelle va orienter et canaliser l’Energie selon le type de demande (amour, travail, argent, désenvoûtement …).
    En cas de doute concernant la couleur, prendre une bougie de couleur blanche.

    Bougie blanche, bleue, verte et jaune pour les rituels de magie blanche ou vertes
    Bougie rouge, rose et dorée pour les rituels de magie rouge
    Bougie noire pour les rituels de magie noire.

     

     

     

    Sources: http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/11/01/2627345_pouvoirs-des-bougies-chandelles-et-flambeaux.html
    http://l-ambrebleu.over-blog.com/pages/Les_Bougies-2418632.html
    http://esotcelt.unblog.fr/a-propos-de-bougie-ou-de-chandelle-un-peu-de-symbolisme/

     

     

     

     

     


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  • Arianrhod

    Image Jessica Galbreth

    Arianrhod
    Et Blodeuwedd

    Arianrhod, dans la mythologie celtique galloise, est une déesse qui apparaît notamment dans le quatrième conte des Mabinogion : « Math fils de Mathonwy ».
    Son nom signifie « Roue d’Argent ».
    Fille de Dôn (Dana), ses cinq frères sont Gwydion, Amaethon, Hyveidd, Gofannon et Gilfaethwy. Ellle est la nièce de Math, roi de Gwyedd.
    Déesse de la fécondité, elle est la mère du dieu suprême Lleu Llaw Gyffes, équivalent de Lug, et de Dylan Eil Ton. Leur naissance est le fruit d’une pratique magique, quand le roi Math veut s’assurer de la virginité de leur mère Arianrhod.

    Cette belle déesse au teint pâle était la plus puissante des enfants mythiques de la déesse mère celte Dana. C’était la gardienne de la Roue des étoiles, un symbole du temps qu’on voyait aussi comme la Roue du destin, qui tournait devant le portail séparant le monde visible de l’invisible. Elle est une gardienne du portail de l’immortalité, dont la magie permet de vivre hors du temps et de traverser le voile qui sépare le monde visible du monde invisible.

    Arianrhod est censée voir à travers les yeux d’une grande chouette et voit même dans l’obscurité de l’inconscient de l’être humain.
    Son élément est: l’eau - son symbole: la roue - son animal: La chouette. La Chouette symbolise la mort et le renouvellement, la sagesse, la lune, la magie et l’initiation.

    Elle est l’une des cinq déesses d’Avalon ; les autres sont Blodeuwedd, Branwen, Cerridwen et Rhiannon.

    Sa légende:
    Le roi Math, fils de Mathonwy, souverain du Gwynedd, doit obligatoirement, suite à une malédiction, demeurer les pieds posés dans le giron d’une vierge sous peine de mourir. Il ne peut déroger à cette obligation qu’en temps de guerre.

    L’un de ses neveux, Gilfaethwy, s’éprend de Goewin la vierge « porte-pieds » et son frère, le magicien Gwydion, imagine un stratagème pour éloigner le roi de la vierge. Il informe son oncle que des porcs fabuleux, venus de l’Annwvyn, sont arrivés chez Pryderi, le prince de Dyved, et qu’il peut se les approprier avec onze de ses compères déguisés en bardes.
    À la cour de Pryderi, où les faux bardes sont reçus, Gwydion propose d’échanger les porcs de l’Annwvyn contre 12 magnifiques étalons et 12 lévriers. La proposition est acceptée mais ce que Gwydion offre n’est qu’un artifice magique, qui prend fin après 24 heures. 
    A la suite de ça, se voyant floué, Pryderi entreprend immédiatement une expédition guerrière contre le Gwynedd, forçant Math à intervenir. Gilfaethwy en profite pour violer la vierge le soir même.
    La guerre cesse quand Gwydion tue Pryderi en combat singulier. De retour dans sa résidence royale, Goewin annonce au roi qu’elle ne peut plus assumer sa fonction, puisqu’elle a perdu sa virginité. Le roi l’épouse pour sauver son honneur et punit les deux frères.

    Pour remplacer Goewin, on suggère Arianrhod, fille de Dôn et sœur de Gwydion et Gilfaethwy. Elle doit subir une épreuve attestant sa virginité, en passant sur la baguette magique de Math. Mais en effectuant ce rituel elle donne immédiatement naissance à deux frères jumeaux. Le premier, à peine né, rejoint l’océan pour nager avec les poissons, c'est pourquoi il est appelé Dylan Eil Ton, « Dylan fils de la vague ». Dylan Eil Ton est aussi mentionné dans un poème du « Livre de Taliesin » dans lequel il est qualifié de magicien.
    Il sera malencontreusement tué par son oncle Gofannon.

    Honteuse et courroucée, Arianrhod perd en s’enfuyant son second enfant qui est recueilli par Gwydion, qui le met secrètement en nourrice ; il grandit deux fois plus vite que la normale.
    Pour son quatrième anniversaire, Gwydion amène l’enfant voir Arianrhod.

    Les trois geisa.
    Au lieu d’être heureuse, Arianrhod est scandalisée. Successivement, sa mère va lui jeter trois sorts ou interdits (geisa dans les mythes irlandais) :
    Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
    Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
    Il n’aura pas de femme humaine.
    Son refus de reconnaître son fils, de lui donner un nom, des armes et une femme révèle, a contrario, l'importance du rôle de la femme chez les Celtes.
    Elle lui refuse ainsi les trois aspects anciens de la masculinité.

    Gwydion, usant de magie, contraint Arianrhod à faire ce qu’elle avait défendu.

    Gwydion, choqué par sa soeur, entreprit de briser les trois mauvais sorts. Lui et l’enfant encore sans nom se déguisèrent en cordonniers. Arianrhod arriva, désirant de nouveaux souliers. L’enfant vit un oiseau et le tua d’un seul jet de pierre. La déesse commenta la scène en désignant l’enfant comme Lleu Law Gyffes (Lleu à la main sûre/main habile). Gwydion révéla la supercherie en expliquant à Arianrhod qu’elle venait justement de briser la première malédiction en nommant son fils. Folle de rage, elle jura qu’on ne l’y reprendrait plus.
    Le magicien Gwydion et Lleu se déguisèrent ensuite en voyageurs. Gwydion créa une illusion : une armada de bateaux venait attaquer le repère d’Arianrhod. Pour se défendre, elle distribua des armes à tous ses serviteurs, dont Lleu. Le second sort fut brisé.
    Pour le troisième tabou, Math et Gwydion unirent leurs dons de magie pour créer, avec des fleurs et des plantes (genêt, primevère, reine-des-prés, aubépine, etc.) une femme (« la fille la plus belle et la plus parfaite du monde ») qui est appelée Blodeuwedd («visage de Fleurs»).
    Par conséquent, elle n’était pas humaine.
    Promise à Lleu, ils se marièrent et le troisième sort fut aussi brisé.

    L’union fut célébrée et Llew fut doté d’un cantref (domaine), mais un jour que Llew rendait visite au roi Math, dans sa résidence de Caer Dathyl, Blodeuwedd accueillit Gronw Pebyr, seigneur de Penllyn, qui chassait dans le pays.

    La trahison de Blodeuwedd.

    Blodeuwedd offrit l’hospitalité au chasseur pour la nuit et en tomba amoureuse. Les amants passèrent plusieurs nuits ensemble et projetèrent de tuer l’époux. Mais Llew est un dieu qui ne peut être tué que selon certaines modalités: il ne peut être tué à l’intérieur, ni à l’extérieur, ni lorsqu’il chevauche ou qu’il marche. En fait, il ne peut être assassiné que dans une seule position : quand il prend son bain avec un pied sur une chèvre et l’autre sur un chaudron, par une lance forgée spécialement pendant une année.

    Gronw demanda à Blodeuwedd de se renseigner pour apprendre comment tuer son mari. Le lendemain Llew revint et trouva une Blodeuwedd en larmes. Elle lui confia ses craintes concernant le fait qu’il pourrait un jour trouver la mort et ne plus revenir. Llew la consola, en lui disant qu’il ne pouvait pas être facilement terrassé, que seule une lance pourrait le tuer et cela dans certaine circonstances.

    Blodeuwedd demanda à son mari de lui expliquer comment on pouvait arriver a obtenir ces circonstances, il lui dit alors qu’il devait prendre son bain sur les rives d’une rivière, dans un chaudron couvert d’un toit, et qu’il devait y avoir une chèvre au coté du chaudron. Il devait alors mettre un pied sur le dos de la chèvre et l’autre sur le bord du chaudron. Et là la lance pourrait le tuer.

    Blodeuwedd, envoya un message à Gronw, lui disant de commencer a fabriquer la lance. Après une année et un jour, Blodeuwedd, demanda alors a Llew de lui montrer comment on arrivait a se tenir en équilibre sur un chaudron et une chèvre. Encore pour calmer son épouse Llew le fit, mais au moment ou il posa le pied sur le bord du chaudron, Gronw sortit de l’ombre et lui transperça les côtes. Au même moment Llew se transforma en aigle et s’envola en poussant un cri de douleur, non seulement du fait d’avoir été blessé mais également pour la trahison de son épouse bien aimée.
    L’amant meurtrier prit sa place à la tête du royaume.

    Gwydion parcourut le Gwynedd à la recherche de son neveu. Il retrouva l’aigle et, chantant des englyn, chants magiques, lui redonna son aspect humain. Il le ramena à Caer Dathyl pour être soigné par les meilleurs médecins. Puis ils mobilisèrent les hommes du Gwynedd et marchèrent vers le cantref de Dinoding.
    Gwydion transforma Blodeuwedd en chouette pour qu’elle ne vive que la nuit et soit méprisée des autres oiseaux en la maudissant ainsi. «Vous n’oserez pas montrer votre visage, plus jamais à la lumière du jour, plus jamais, et ce sera la cause de l’hostilité entre vous et tous les autres oiseaux. Ce sera leur nature de vous harceler et de vous mépriser partout où ils vous trouveront. Et vous ne perdrez pas votre nom  qui sera toujours «Blodeuwedd ».

    Blodeuwedd signifie « hibou » en langage d’aujourd'hui. Et c’est à cause de ça qu’est née l’hostilité entre les oiseaux et la chouette et que le hibou est encore appelé Blodeuwedd. »

    Pendant ce temps, Gronw s’échappa et envoya des émissaires à Lleu pour implorer son pardon. Lleu refusa, exigeant que Gronw l’attende sur la rive de la rivière Cynfael pour recevoir un coup de sa lance. Gronw pria désespérément quelqu'un de sa troupe de guerre de prendre sa place, mais ses hommes refusèrent. Finalement, Gronw dut se résoudre à recevoir le coup, à la condition qu’il puisse placer une grosse pierre entre lui et Lleu. Lleu permit à Gronw de le faire, puis leva la lance et la projeta avec une telle force qu’elle perça la pierre, tuant son rival.
    Une pierre percée à Ardudwy est encore connue sous le nom de Llech Ronw (Pierre de Gronw).

    Llew récupéra ses terres et règna sur tout le Gwynedd.

     

     

     


    Sources: Wikipédia et http://www.orderwhitemoon.org/goddess/arianrhod2/Arianrhod_2.html
    http://calendriercelte.tumblr.com/arianrhod
    http://laforetceltique.forumactif.com/t890-blodeuwedd

     


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