• Arianrhod

    Image Jessica Galbreth

    Arianrhod
    Et Blodeuwedd

    Arianrhod, dans la mythologie celtique galloise, est une déesse qui apparaît notamment dans le quatrième conte des Mabinogion : « Math fils de Mathonwy ».
    Son nom signifie « Roue d’Argent ».
    Fille de Dôn (Dana), ses cinq frères sont Gwydion, Amaethon, Hyveidd, Gofannon et Gilfaethwy. Ellle est la nièce de Math, roi de Gwyedd.
    Déesse de la fécondité, elle est la mère du dieu suprême Lleu Llaw Gyffes, équivalent de Lug, et de Dylan Eil Ton. Leur naissance est le fruit d’une pratique magique, quand le roi Math veut s’assurer de la virginité de leur mère Arianrhod.

    Cette belle déesse au teint pâle était la plus puissante des enfants mythiques de la déesse mère celte Dana. C’était la gardienne de la Roue des étoiles, un symbole du temps qu’on voyait aussi comme la Roue du destin, qui tournait devant le portail séparant le monde visible de l’invisible. Elle est une gardienne du portail de l’immortalité, dont la magie permet de vivre hors du temps et de traverser le voile qui sépare le monde visible du monde invisible.

    Arianrhod est censée voir à travers les yeux d’une grande chouette et voit même dans l’obscurité de l’inconscient de l’être humain.
    Son élément est: l’eau - son symbole: la roue - son animal: La chouette. La Chouette symbolise la mort et le renouvellement, la sagesse, la lune, la magie et l’initiation.

    Elle est l’une des cinq déesses d’Avalon ; les autres sont Blodeuwedd, Branwen, Cerridwen et Rhiannon.

    Sa légende:
    Le roi Math, fils de Mathonwy, souverain du Gwynedd, doit obligatoirement, suite à une malédiction, demeurer les pieds posés dans le giron d’une vierge sous peine de mourir. Il ne peut déroger à cette obligation qu’en temps de guerre.

    L’un de ses neveux, Gilfaethwy, s’éprend de Goewin la vierge « porte-pieds » et son frère, le magicien Gwydion, imagine un stratagème pour éloigner le roi de la vierge. Il informe son oncle que des porcs fabuleux, venus de l’Annwvyn, sont arrivés chez Pryderi, le prince de Dyved, et qu’il peut se les approprier avec onze de ses compères déguisés en bardes.
    À la cour de Pryderi, où les faux bardes sont reçus, Gwydion propose d’échanger les porcs de l’Annwvyn contre 12 magnifiques étalons et 12 lévriers. La proposition est acceptée mais ce que Gwydion offre n’est qu’un artifice magique, qui prend fin après 24 heures. 
    A la suite de ça, se voyant floué, Pryderi entreprend immédiatement une expédition guerrière contre le Gwynedd, forçant Math à intervenir. Gilfaethwy en profite pour violer la vierge le soir même.
    La guerre cesse quand Gwydion tue Pryderi en combat singulier. De retour dans sa résidence royale, Goewin annonce au roi qu’elle ne peut plus assumer sa fonction, puisqu’elle a perdu sa virginité. Le roi l’épouse pour sauver son honneur et punit les deux frères.

    Pour remplacer Goewin, on suggère Arianrhod, fille de Dôn et sœur de Gwydion et Gilfaethwy. Elle doit subir une épreuve attestant sa virginité, en passant sur la baguette magique de Math. Mais en effectuant ce rituel elle donne immédiatement naissance à deux frères jumeaux. Le premier, à peine né, rejoint l’océan pour nager avec les poissons, c'est pourquoi il est appelé Dylan Eil Ton, « Dylan fils de la vague ». Dylan Eil Ton est aussi mentionné dans un poème du « Livre de Taliesin » dans lequel il est qualifié de magicien.
    Il sera malencontreusement tué par son oncle Gofannon.

    Honteuse et courroucée, Arianrhod perd en s’enfuyant son second enfant qui est recueilli par Gwydion, qui le met secrètement en nourrice ; il grandit deux fois plus vite que la normale.
    Pour son quatrième anniversaire, Gwydion amène l’enfant voir Arianrhod.

    Les trois geisa.
    Au lieu d’être heureuse, Arianrhod est scandalisée. Successivement, sa mère va lui jeter trois sorts ou interdits (geisa dans les mythes irlandais) :
    Il n’aura pas de nom, si ce n’est celui que sa mère voudra bien lui donner ;
    Il ne pourra jamais porter d’armes, à moins qu’elles viennent de sa mère ;
    Il n’aura pas de femme humaine.
    Son refus de reconnaître son fils, de lui donner un nom, des armes et une femme révèle, a contrario, l'importance du rôle de la femme chez les Celtes.
    Elle lui refuse ainsi les trois aspects anciens de la masculinité.

    Gwydion, usant de magie, contraint Arianrhod à faire ce qu’elle avait défendu.

    Gwydion, choqué par sa soeur, entreprit de briser les trois mauvais sorts. Lui et l’enfant encore sans nom se déguisèrent en cordonniers. Arianrhod arriva, désirant de nouveaux souliers. L’enfant vit un oiseau et le tua d’un seul jet de pierre. La déesse commenta la scène en désignant l’enfant comme Lleu Law Gyffes (Lleu à la main sûre/main habile). Gwydion révéla la supercherie en expliquant à Arianrhod qu’elle venait justement de briser la première malédiction en nommant son fils. Folle de rage, elle jura qu’on ne l’y reprendrait plus.
    Le magicien Gwydion et Lleu se déguisèrent ensuite en voyageurs. Gwydion créa une illusion : une armada de bateaux venait attaquer le repère d’Arianrhod. Pour se défendre, elle distribua des armes à tous ses serviteurs, dont Lleu. Le second sort fut brisé.
    Pour le troisième tabou, Math et Gwydion unirent leurs dons de magie pour créer, avec des fleurs et des plantes (genêt, primevère, reine-des-prés, aubépine, etc.) une femme (« la fille la plus belle et la plus parfaite du monde ») qui est appelée Blodeuwedd («visage de Fleurs»).
    Par conséquent, elle n’était pas humaine.
    Promise à Lleu, ils se marièrent et le troisième sort fut aussi brisé.

    L’union fut célébrée et Llew fut doté d’un cantref (domaine), mais un jour que Llew rendait visite au roi Math, dans sa résidence de Caer Dathyl, Blodeuwedd accueillit Gronw Pebyr, seigneur de Penllyn, qui chassait dans le pays.

    La trahison de Blodeuwedd.

    Blodeuwedd offrit l’hospitalité au chasseur pour la nuit et en tomba amoureuse. Les amants passèrent plusieurs nuits ensemble et projetèrent de tuer l’époux. Mais Llew est un dieu qui ne peut être tué que selon certaines modalités: il ne peut être tué à l’intérieur, ni à l’extérieur, ni lorsqu’il chevauche ou qu’il marche. En fait, il ne peut être assassiné que dans une seule position : quand il prend son bain avec un pied sur une chèvre et l’autre sur un chaudron, par une lance forgée spécialement pendant une année.

    Gronw demanda à Blodeuwedd de se renseigner pour apprendre comment tuer son mari. Le lendemain Llew revint et trouva une Blodeuwedd en larmes. Elle lui confia ses craintes concernant le fait qu’il pourrait un jour trouver la mort et ne plus revenir. Llew la consola, en lui disant qu’il ne pouvait pas être facilement terrassé, que seule une lance pourrait le tuer et cela dans certaine circonstances.

    Blodeuwedd demanda à son mari de lui expliquer comment on pouvait arriver a obtenir ces circonstances, il lui dit alors qu’il devait prendre son bain sur les rives d’une rivière, dans un chaudron couvert d’un toit, et qu’il devait y avoir une chèvre au coté du chaudron. Il devait alors mettre un pied sur le dos de la chèvre et l’autre sur le bord du chaudron. Et là la lance pourrait le tuer.

    Blodeuwedd, envoya un message à Gronw, lui disant de commencer a fabriquer la lance. Après une année et un jour, Blodeuwedd, demanda alors a Llew de lui montrer comment on arrivait a se tenir en équilibre sur un chaudron et une chèvre. Encore pour calmer son épouse Llew le fit, mais au moment ou il posa le pied sur le bord du chaudron, Gronw sortit de l’ombre et lui transperça les côtes. Au même moment Llew se transforma en aigle et s’envola en poussant un cri de douleur, non seulement du fait d’avoir été blessé mais également pour la trahison de son épouse bien aimée.
    L’amant meurtrier prit sa place à la tête du royaume.

    Gwydion parcourut le Gwynedd à la recherche de son neveu. Il retrouva l’aigle et, chantant des englyn, chants magiques, lui redonna son aspect humain. Il le ramena à Caer Dathyl pour être soigné par les meilleurs médecins. Puis ils mobilisèrent les hommes du Gwynedd et marchèrent vers le cantref de Dinoding.
    Gwydion transforma Blodeuwedd en chouette pour qu’elle ne vive que la nuit et soit méprisée des autres oiseaux en la maudissant ainsi. «Vous n’oserez pas montrer votre visage, plus jamais à la lumière du jour, plus jamais, et ce sera la cause de l’hostilité entre vous et tous les autres oiseaux. Ce sera leur nature de vous harceler et de vous mépriser partout où ils vous trouveront. Et vous ne perdrez pas votre nom  qui sera toujours «Blodeuwedd ».

    Blodeuwedd signifie « hibou » en langage d’aujourd'hui. Et c’est à cause de ça qu’est née l’hostilité entre les oiseaux et la chouette et que le hibou est encore appelé Blodeuwedd. »

    Pendant ce temps, Gronw s’échappa et envoya des émissaires à Lleu pour implorer son pardon. Lleu refusa, exigeant que Gronw l’attende sur la rive de la rivière Cynfael pour recevoir un coup de sa lance. Gronw pria désespérément quelqu'un de sa troupe de guerre de prendre sa place, mais ses hommes refusèrent. Finalement, Gronw dut se résoudre à recevoir le coup, à la condition qu’il puisse placer une grosse pierre entre lui et Lleu. Lleu permit à Gronw de le faire, puis leva la lance et la projeta avec une telle force qu’elle perça la pierre, tuant son rival.
    Une pierre percée à Ardudwy est encore connue sous le nom de Llech Ronw (Pierre de Gronw).

    Llew récupéra ses terres et règna sur tout le Gwynedd.

     

     

     


    Sources: Wikipédia et http://www.orderwhitemoon.org/goddess/arianrhod2/Arianrhod_2.html
    http://calendriercelte.tumblr.com/arianrhod
    http://laforetceltique.forumactif.com/t890-blodeuwedd

     


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    Les îles de prêtresses

     

    L'isolement de femmes dans une île est typiquement celtique.

    Il est fait souvent mention dans l’histoire d'îles où ne vivaient que des groupes de prêtresses, souvent au nombre de neuf, îles interdites donc aux hommes.

    La plus ancienne relation doit être celle de Pomponius Mela, géographe romain, pour l'île de Sein:

    Les vierges de l’île de Sein
    La légende veut que neuf prêtresses exerçaient leur magie sur cette île, à l’abri des regards profanes.
    « L’île de Sena, située dans la mer Britannique, en face des Osismiciens,, est renommée par un oracle gaulois, dont les prêtresses, vouées à une virginité perpétuelle [perpetua virginate sancta], sont au nombre de neuf. Elles sont appelées Gallicènes, et on leur attribue le pouvoir singulier de déchaîner les vents et de soulever les mers, de se métamorphoser en tels animaux que bon leur semble, de guérir des maux partout ailleurs regardés comme incurables, de connaître et de prédire l’avenir, faveurs qu’elles n’accordent néanmoins qu’à ceux qui viennent tout exprès dans leur île pour les consulter ».
    Les Gaulois croyaient qu’elles pouvaient, par leurs enchantements, exciter des tempêtes, se métamorphoser en toutes sortes d’animaux, guérir les maladies les plus graves, et prédire l’avenir, surtout aux navigateurs. Elles expliquaient les songes, rendaient invulnérables ceux auxquels il leur plaisait d’accorder ce privilège, évoquaient les morts, les ressuscitaient même, et détournaient la grêle et les inondations au moyen d’opérations magiques qui ne pouvaient être faites que la nuit, à la lumière des torches ou au clair de la lune.

    Les ïles de Prêtresses

    Photo du film "les Brumes d'Avalon"

    Les fées d’Avalon
    La plus célèbre de ces îles dont la légende est restée dans les mémoires: des textes médiévaux parlent de la fée Morgane, qui vit isolément, dans l'île d'Avalon, avec huit autres fées: elles sont donc neuf, comme des Gallicènes de l'île de Sein.

    L’île des Pommes de Geoffroy de Monmouth
    « L’Ile des Pommes, qui est appelée fortunée, tire son nom de ce qu’elle produit tout par elle-même [...] Neuf sœurs, par une loi agréable, accordent des droits à ceux qui viennent vers elles de nos régions. Celle d’entre elles qui est la première est devenue la plus savante dans l’art de guérir et elle dépasse ses sœurs par sa remarquable beauté. Son nom est Morgane et elle enseigne quelle est l’utilité de toutes les plantes pour guérir les corps malades. Un art qui lui est bien connu est de savoir changer de visage et, comme Dédale, de voler par les airs avec des plumes neuves. Quand elle le veut, elle est de Bristus (Brest), de Carnotus (Chartres) ou de Papia (Pavie) ; quand elle le veut, elle glisse des airs sur nos rivages. On dit qu’elle a enseigné l’astrologie à ses sœurs : Moronoe, Mazoe, Gliten, Glitonea, Gliton, Tyronoe, Thiten, Thiton très habile à la cithare ».
    - Vita Merlini (la vie de Merlin) de Geoffroy de Monmouth
    Cette île des Pommes n’est autre que l’île d’Avalon, qui est habitée par la légendaire Morgane.

    En Irlande, les héros des récits de Navigations rencontrent souvent une "île des Femmes":
    - c’est sur l’île de Skye qu’est initié Cuchulainn, île où demeure la magicienne Scathach Uanaind.

    Les ïles de PrêtressesLes sorcières de Kaer Loyw
    Le thème de l'île des femmes rencontrée par des voyageurs, se retrouve aussi dans les navigations de Bran, fils de Febal, qui l’amènent sur l’île des femmes, île des neufs sorcières de Kaer Loyw.
    Gloucester n’est pas une île, mais est perçue comme telle dans la tradition Galloise.
    Ce héros, équivalent gallois de Perceval, séjourne pendant trois semaines chez les neuf sorcières de Kaer Loyw (Gloucester), mais, comme elles ont commis bien des forfaits, le roi Arthur les combat plus tard avec son armée, et les vainc.
    Ces femmes sont donc au nombre de neuf, comme les Gallicènes et les fées d'Avalon, et leur puissance les rapproche des premières. (...) Ainsi Gloucester est perçue comme à moitié insulaire.

    Korid-gwen
    Selon Tacite « les anciens bardes cambriens déclarent révérer un être mythologique, du sexe féminin, nommé Korid-gwen, à laquelle ils donnent neuf vierges pour suivantes.
    Comme ces vierges sacrées, les korrigan bretonnes prédisent l’avenir ; elles savent l’art de guérir les maladies incurables au moyen de certains charmes … elles prennent la forme de tel animal qu’il leur plaît ; elles se transportent, en un clin d’œil, d’un bout du monde à l’autre … C’est en effet près des fontaines que l’on rencontre le plus fréquemment les korrigan, surtout des fontaines qui avoisinent des dolmens … Les paysans bretons assurent que ce sont de grandes princesses qui, n’ayant pas voulu embrasser le christianisme quand les apôtres vinrent en Armorique, furent frappées de la malédiction de Dieu. Les Gallois voient en elles les âmes des druidesses condamnées à faire pénitence ».

    Le mont Saint-Michel
    « Avant le christianisme, le Mont-Saint-Michel s’appelait le Mont-Bélen, parce qu’il était consacré à Bélénus, un des quatre grands Dieux qu’adoraient les Gaulois. Il y avait sur ce mont un Collège de neufs Druidesses ; la plus ancienne rendait des oracles ; elles vendaient aussi aux marins des flèches qui avaient la prétendue vertu de calmer les orages, en les faisant lancer dans la mer par un jeune homme de 21 ans qui n’avait pas encore perdu sa virginité. Quand le vaisseau était arrivé, on députait le jeune homme pour porter à ces Druidesses des présents plus ou moins considérables ».

    Les femmes Samnites
    Poseidonios affirme « qu'il y a dans l'océan une petite île, qu'il situe devant l'embouchure de la Loire et pas tout à fait en haute mer, habitée par les femmes des Samnites possédées de Dionysos et vouées à apaiser ce dieu par des rites mystiques et par toutes sortes de cérémonies sacrées.
    Aucun homme ne met le pied sur cette île; en revanche, les femmes elles-mêmes traversent l'eau pour s'unir à leurs maris et s'en retournent ensuite. .. »

    Le texte rapporté par Strabon remonte à Poseidonios, qui parcourut une partie de la Gaule à la fin du IIème siècle avant notre ère. Or, il est parfaitement exclu que des Celtes de la région de l'embouchure de la Loire aient pu, à cette époque, avoir subi une influence grecque telle qu'ils avaient adoptés et le dieu Dionysos, et ses rites.
    En réalité elles devaient célébrer le rite de Nerthus, déesse de la fertilité, autrement dit la Terre Mère.
    L'emprunt est inconcevable, et il semblerait que si les rites de ces femmes ont pu faire penser aux rites dionysiaques il faut parler d'une interprétation grecque d'un dieu gaulois par un érudit grec.

     

    Les ïles de Prêtresses


    Mais aussi ailleurs, en face de Cancun:

    Isla Mujeres, l’île des Femmes
    Considérée à l’époque des Mayas comme un lieu sacré, Isla Mujeres (l’île des Femmes) était un centre religieux dédié à la Déesse Ixchel, la mère des dieux, déesse de la lune et de la fertilité.

    Au début du XVIème siècle, Francisco Hernandez de Cordoba voyagea pour chercher des esclaves. Son but était aussi de découvrir des mines de métaux précieux. Au sud de l'île, il découvrit un temple qui ressemblait aux constructions mayas, bâti en pierres. Il découvrit sous le sable de l'île des femmes plusieurs splendides figurines qui représentaient une déesse et ses filles, ou ses compagnes.
    Leurs bustes ne sont pas vêtus comme l‘étaient autrefois les femmes indiennes. D’où tenaient-elles ces influences?
    C'est Cordoba qui donna le nom île des femmes à cette bande de terre.

     

     

     

    Sources: http://occidere.wordpress.com/2010/03/31/les-vierges-de-lile-de-sein/
    - Barzaz-Breiz, Chants populaires de la Bretagne,
    Mémoires de la société archéologique de Montpellier,

     

     

     


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    Dionysos


    Le plus étrange de tous les dieux
    Celui qui enseigna aux hommes à faire du vin.

    Dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et la démesure, ainsi que du théâtre et de la tragédie. Il a été adopté par la Rome antique sous le nom de Bacchus et assimilé au dieu italique Liber Pater.
    Il ne vit pas sur le mont Olympe.

    Dionysos est le seul dieu né d'une mère mortelle: il est présenté comme le fils de Zeus et de Sémélé, fille du roi de Thèbes Cadmos et d'Harmonie, il est donc un demi-dieu.
    Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant, provocateur..
    Ne faisant pas partie des Olympiens à l'origine, Dionysos accède à l’Olympe après avoir su réconcilier Héphaistos et sa mère Héra .

    Dionysos est né sur le mont Méros, dans le Pakistan actuel.
    Zeus est l'amant de Sémélé, pendant assez de nuits pour que la jalouse Héra en prenne ombrage. Sémélé, enceinte et poussée par les conseils pernicieux d'Héra ayant pris l‘apparence de sa vieille nourrice, demande avec insistance à contempler dans toute la lumière de sa divinité celui qui ne s'unissait à elle que dans l’obscurité. Mais aucun mortel ne peut voir Zeus sous son véritable aspect sans mourir. Zeus, qui avait malencontreusement promis à Sémélé d’exaucer tous ses vœux, est contraint de se dévoiler. Sémélé meurt du coup de foudre mettant le feu à tout le palais. Miraculeusement l’enfant survit et Hermès, ouvrant la cuisse de Zeus, y place l’enfant afin qu’il continue sa croissance. Ainsi Hermès le fera naitre à son terme, «de la cuisse de Jupiter», expression passée dans les usages.
    Dionysos est, en tout cas, né deux fois et doublement fils de Zeus.

    L’enfant est d’abord confié à sa tante Ino, également fille de Cadmos et femme du roi Athamas. Mais Héra les frappe tous deux de folie au point qu’ils tuent leurs propres enfants.
    Dionysos est alors conduit par Hermès à Niysa, lieu mystérieux que certains assimilent au mont Nyséion en Thrace, d’autres comme Hérodote à une ville de Haute-Egypte, où il est élevé par des nymphes locales et par le vieillard Silène.

    Devenu adolescent, Dionysos est, à son tour, victime d’Héra qui le frappe de folie. Sauvé par Rhéa, sa grand-mère paternelle, Dionysos entame alors un long vagabondage, ayant des difficultés à se faire accepter dans toutes les cités où il aborde. Venu d’ailleurs, il est considéré comme un dieu dangereux qui apporte, en même temps que la vigne, ivresse et désordre.
    En Thrace en particulier, il est mal reçu par le roi Lycurgue, qui jette en prison ses fidèles, les ménades (Bacchantes). Dionysos les libère et frappe à son tour Lycurgue de folie meurtrière. Celui-ci tue son fils à coups de hache. Dionysos poursuivi par Lycurgue meurt de peur et plonge dans la mer où il est caché un temps par Thétis.
    Revenu des Enfers, Dionysos a également arraché Sémélé au royaume des Ombres. Il la transporte dans l'Olympe grâce à Hestia qui lui cède sa place, où elle devint immortelle sous le nom de Thyoné.

    Baldassarre Franceschini


    Dionysos doit prouver sa valeur aux autres dieux de l'Olympe en commençant par conquérir les Indes. Il part avec une armée de ménades et de satyres, et affronte de nombreux ennemis, dont il convainc une partie en leur faisant découvrir le vin.
    Dionysos installe son culte en Lydie, en Phrygie, en Perse et en Asie, et ne vient en Grèce qu'ensuite.
    En Grèce, le culte de Dionysos excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Argos près d'Éleuthère ainsi que Penthée, roi de Thèbes.
    Le roi Penthée, très attaché à l’ordre, résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, embrasant le palais, et semant la folie parmi les femmes de Thèbes, dont Agavé, mère de Penthée, qui s'égaillent sur les pentes du Cithéron. Penthée se laisse tenter par le spectacle et, travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades prennent Penthée pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse, croyant que c'est celle d'un lion. La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite et la victoire de Dionysos.

    Dionysos est bien donc celui qui vient du dehors, l'étranger à qui la cité doit faire place à certains moments de l'année, et en qui la raison doit reconnaître ses limites.

    Ses amours

    Alors que Thésée a abandonné Ariane sur l'île de Naxos, Dionysos passait par là et serait tombé amoureux d'elle; il apparaît à Ariane, l'emmène sur l'Olympe et en fait sa femme. Certains textes disent que Dionysos aurait ordonné à Thésée d'abandonner Ariane car son destin était de devenir une de ses prêtresses. En cadeau de mariage, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage ; ce sera la constellation de la couronne boréale. Ariane est divinisée après cela et devient une personnification de la terre fertile.

    D'Althée, la reine de Calydon, il a une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l'époux d'Althée, Œnée. Enfin, Aphrodite lui donne plusieurs fils, à savoir Priape, divinité phallique des vergers et des jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial, et, selon le 57e Hymne orphique, l'Hermès souterrain, chtonien ou infernal.
    De la nymphe Nikaia, il a une fille Teléte.

      C. Albacini, Dionysos et Ariane (XVIIIe siècle), Madrid, Académie royale des beaux-arts de San Fernando.


    Fonctions

    Dionysos est avant tout un dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux (sève, urine, sperme, lait, sang). Il se spécialise ensuite dans la vigne, qu'il est censé avoir donnée aux hommes, ainsi que dans l'ivresse et la transe mystique.

    Vase attique (vers 550-520 av. J.-C.), Munich, Staatliche Antikensammlungen.

    Il est surtout le père de la comédie et de la tragédie. C'étaient au départ des sortes d'illustrations du culte, qui se donnaient au théâtre grec au cours des Dionysies, en présence de ses prêtres. Elles avaient une forme littéraire scandée particulière, le dithyrambe. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percussions et aux flûtes. Ils sont dissonants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l'effroi. En ce sens, il est l'antithèse d'Apollon, qui patronne l'art lyrique et l'harmonie.

    Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de Ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ».
    Le culte privé avait lieu entre initiés. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu deux fois-né. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'Empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels.

    Dionysos, dieu de l'ivresse et de l'extase, est celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort. Le vin, comme le soma védique, est censé aider à conquérir l'immortalité.

    Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux.

    Les attributs de Dionysos
    Dionysos a pour attributs la vigne dans tous ses aspects, la branche porteuse de grappes et de sarments, mais aussi le lierre, le roseau qui sert à confectionner les pipeaux et la pomme de pin.
    Ces trois éléments entrant dans la composition du thursos (thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre couronné d’une pomme de pin ) que portent les Satyres et les Bacchantes, ou Dionysos lui-même. Ce bâton dans la légende a été une arme, l'arme des femmes déchaînées, en particulier dans le voyage en Asie.
    On trouve aussi le grenadier et la grenade, le figuier et les figues.

    Les animaux
    En tant que Dieu de la fécondité et de la puissance, Dionysos est associé au bouc (tragos), et au taureau dont il porte souvent la corne (taurokerôs) à la main dans l’iconographie.
    Dionysos est souvent représenté sur un âne, une panthère ou un léopard, ou même, après son mythique séjour indien, ou la connaissance de l’Inde issue de l’épopée d’Alexandre, menant un attelage de tigres.
    Le culte de Dionysos dans la province d’Afrique, qui se développe en particulier sous la dynastie des Sévères, représentera le dieu sur un lion rugissant et Silène sur un dromadaire !
    Les mythographes analysent cette chevauchée comme une intimité de Dionysos avec les animaux sauvages, que ses suivantes les ménades savent également dompter : Dionysos est celui qui libère et maîtrise à la fois la violence animale .

    Les instruments de musique
    Les instruments propres à déclencher le délire bachique sont la flûte de Pan (syrinx) et le tambourin (tympanon). De nombreux vases montrent Dionysos entouré de satyres et de ménades.
    Le bonnet phrygien rappelle son origine asiatique.


    Contrairement à Dionysos, figure majeure du panthéon grec, Bacchus n’a pas une très grande importance chez les Romains ; son culte n’est pratiqué que par des initiés. Il consiste en mystères, les bacchanales, qui sont le lieu de manifestations frénétiques, d’orgies et de beuveries. Ces célébrations prennent au fil du temps une telle ampleur qu’elles sont interdites par le sénat romain en 186 av. J.-C.

     

     

    Annibale Carracci

     

     

     


    Sources: http://www.cndp.fr/archive-musagora/dionysos/dionysosfr/mythe.htm -
    http://www.mythologica.info/mythologie-romaine/bacchus-le-dieu-du-vin/

     

     

     

     


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  • Bakhtalo


    C’est l'histoire d'un couple qui ne peut pas avoir d'enfant. La femme Zara, part un jour chercher du bois en forêt et elle chante sa tristesse:

    "le vent souffle où il veut,
    L'homme va où il peut,
    Mon cœur est léger et lourd,
    Mon cœur est triste et plein d'espoir.
    Dans les branches chantent les feuilles,
    L'eau du ruisseau fredonne aussi,
    Dans le ciel, les oiseaux crient,
    Chaque plante croit et meurt,
    Chaque arbre donne ses fruits.
    Et moi, que sera ma vie?
    Le voyage est long, difficile,
    Qui sait quand il finira?"



    Elle parvient dans une grande clairière, où se dresse en son centre un hêtre majestueux. Elle le salue, ramasse quelques uns de ces fruits et se retrouve face à une femme qui sort du tronc de l'arbre. Elle se présente comme étant l'esprit Matouya, l'âme du hêtre.
    Pour la remercier et pour la consoler, elle lui promet un enfant, lui offre un coffret, et lui recommande de l'offrir à son fils quand il sera en âge de partir. Son père devra également lui tailler un bâton en bois de hêtre. Matouya ajoute que son fils deviendra un grand tzigane.


    L'enfant naît et se fait appelé Bakthalo. Il grandit, et un jour part sur les routes, avec le coffret et le bâton taillé par son père. Il marche longtemps jusqu'a arriver à la lisière de la forêt ou se trouve un campement. Il se fait héberger et le soir, autour du feu, Zelda, la fille du chef se met à chanter et danser. Bakhtalo captivé, va demander sa main. Mais le père se fâche quand il voit Bakhtalo les mains vides sans un présent digne de ce nom et l'enferme dans un trou sous un vieux hêtre et le laisse sous terre.


    Au bout de trois jours et trois nuits, Matouta apparaît au garçon, et lui offre une mèche de ses longs cheveux. Puis avec le bâton et le coffret, elle lui montre comment assembler le tout pour faire un violon. Elle souffle sur le bois, et l'instrument se met à vibrer.
    Bakhtalo se met alors à jouer sur l’instrument qu’il a confectionné et la musique sort de terre, émeut le chef qui le libère. Le tzigane fascine tellement avec sa musique qu'il obtient la main de Zelda et tous deux partent sur les routes, lui jouant, elle chantant.

     

    YOGAN

      

     

     

    Source: "Contes à Musique" de Bernard Chèze. http://www.conteur.com/forum/read.php?6,21524

     


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  • Le Cygne

    Le Cygne

     

    Pour Béa.

    Le cygne est un symbole de lumière, de pureté et d‘amour dans de nombreuses cultures. Dans le shamanisme, le totem du cygne est associé à l’amour, à l’inspiration, à l’intuition, à la grâce et à la beauté. Étant un oiseau aquatique, donc lunaire, il est également associé aux émotions et à la spiritualité.

    Les cygnes sont monogames et fidèles, et symbolisent l’amour éternel.

    Le cygne meurt en chantant et chante en mourant.

    La légende du cygne muet dit qu’au moment de mourir il aurait exhalé pour la première fois un chant très mélodieux.

    Le cygne est présent dans toutes les cultures païennes d'Europe ainsi que dans le reste du monde comme dans les traditions chamaniques de Sibérie. La blancheur de son plumage est la couleur symbolique de la lumière qui se retrouve dans la tradition vestimentaire des druides celtes et des skaldes nordiques. 

    De la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière.

    Mais il existe deux types de lumière, celle du jour qui est solaire et mâle, et celle de la nuit qui est lunaire et femelle. La lumière diurne est la puissance masculine fécondante, tandis que la lumière nocturne en est le miroir en tant que puissance féminine fécondée. Le cygne peut donc selon le contexte incarner la lumière du jour ou bien celle de la nuit. Il est féminin dans la contemplation et masculin dans l'action.

    Le Cygne

    Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l'autre monde qui, pour une raison ou autre, pénètrent dans le monde des hommes, empruntent la forme du cygne et voyagent en général par deux, reliés par une chaîne d'or ou d'argent. L'or comme symbole solaire et l'argent comme symbole lunaire, font encore une fois une claire allusion à cette bipolarisation du symbolisme du cygne.

     Il est considéré en Irlande comme l'oiseau de l'Autre Monde. Il est la forme la plus prisée pour les messagères du Sidh lorsqu'elles viennent dans le monde des hommes. Sur beaucoup d'œuvres d'art celtiques, deux cygnes figurent sur un côté de la barque solaire, qu'ils guident et accompagnent dans son voyage sur l'océan céleste.

    Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d'une part, et l'oie, d'autre part ; ce qui explique l'interdit alimentaire dont cette dernière faisait l'objet, d'après César, chez les Bretons.

    Le CygneLe cygne est un symbole royal, mais il est aussi un symbole de pureté, de la lumière et de la féminité chez les Celtes. On l'associe à l'amour (cf la légende d'Aengus et Caer la jeune fille cygne). Le cygne possède alors un caractère sacré qui le rend intouchable. Etain la troisième et Midir le roi du Monde Invisible se changent en cygnes pour échapper à la colère du roi Eochaid.

    En Extrème-Orient, le cygne est symbole d’élégance, de noblesse et de courage. Il est aussi symbole de la musique et du chant.

    Enfin, de même qu’il y a un soleil noir, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

    Dans le conte d’Andersen « le camarade de voyage », une vierge ensorcelée et sanguinaire apparaît sous la forme d’un cygne noir. Plongé trois fois dans l’eau purifiante ce cygne devient blanc et la princesse est exorcisée.

    Le Cygne

    De nombreux mythes sibériens parlent de l'oiseau de lumière à la beauté éblouissante, comme d'une vierge céleste qui sera fécondée par l'eau ou la terre pour donner naissance au genre humain. Dans ce cadre, le cygne est lié à l'aspect féminin, celui qui reçoit la fécondation. On retrouve cet aspect femelle et lunaire du cygne dans les traditions nordiques et irano-aryennes. 
    Les Bouriates content qu’un chasseur surprit un jour trois femmes splendides qui se baignaient dans un lac solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes, qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme ravit un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis reprit son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : «Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et, chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célébrerez notre passage par des cérémonies spéciales.»
    En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, Uno Harva note que, chez les Bourates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps.

    Dans la mythologie grecque, le cygne était à la fois un symbole mâle et femelle.
    Ainsi, sous sa forme mâle, il était l'emblème d'Apollon (le dieu de la force solaire, de la musique et de la poésie) et symbolisait la lumière.

    En revanche, sous sa forme femelle, le cygne symbolise la poésie lyrique et la mort.

    Le CygneApollon est né à Délos un jour sept. Ce jour là des cygnes sacrés firent sept fois le tour de l'île. Zeus, le Père des Dieux, remit au jeune Apollon une lyre ainsi qu'un char attelé de cygnes. Ces cygnes sacrés étaient originaires du grand Nord, terre mythique que les Grecs nommaient le pays des Hyperboréens. C'est avec ce char et ces cygnes que le Dieu Apollon voyage régulièrement vers l'Hyperborée (équivalent de Tir Na Nog chez les Celtes) faisant de cette manière le lien entre le bassin méditerranéen et le grand Nord. C'est là que le Dieu de la lumière et de la poésie va se régénérer avant de retourner à son temple de Delphes en Grèce. 

    Les mythes de la Grèce païenne mentionnent aussi le cygne lors de l'union entre Zeus et Léda. Afin de séduire Léda qui s'était changée en oie, Zeus se transforma en cygne. L'oie étant un avatar symbolique du cygne, on peut en conclure que Zeus-cygne et Léda-oie représentent à eux deux les deux aspects du cygne et la bipolarisation de symbole traditionnel: la lumière solaire diurne et la lumière lunaire nocturne, ce qui conduit à penser que les Grecs, rapprochant volontairement ses deux acceptions diurne et nocturne, ont fait de cet oiseau un symbole hermaphrodite où Léda et son divin amant ne font qu’un.
    De cette union naîtront deux Immortels (Hélène et Pollux) ainsi que deux Mortels (Clytemnestre et Castor).

    Le mythe grec raconte que Cycnos (le roi de Ligurie) fut tellement affligé par la mort de Phaéton (le fils d'Hélios, le Soleil), foudroyé par Zeus, qu'Apollon, ému, le changea en cygne. D'ailleurs, c'est certainement de cette histoire qu'est issue la légende du chant merveilleux du cygne mourant.

    Enfin, l'expression Le chant du cygne désigne le dernier chef-d'oeuvre d'un artiste.

    Le Cygne

    Le cygne est l'emblème de l'âme du poète. Aussi, cette image du cygne a fortement influencé la poésie et la musique, notamment à l'époque romantique, avec des œuvres majeures telles que la Mort du cygne de Tchaïkovsky, ou Lohengrin de Wagner.

    Le cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposés (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image: Divina sibi canit et orbi (il chante divinement pour soi et pour le monde). Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous.

    Malheureusement de nos jours, le cygne n’est plus respecté, des centaines d’entre eux sont abattus en vol chaque année au cours de leur migration, à tel point qu’ils sont en voie de disparition. J’espère que les dieux puniront ces meurtriers du sacré.

     

    Le Cygne

     

     

     

    Sources: L’arbre celtique.com- http://www.les-voies-libres.com/articles/symbolisme-du-cygne-
    http://francoise1.unblog.fr/2015/11/17/la-symbolique-du-cygne/-http://1001symboles.net/symbole/sens-de-cygne.html

     


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