• Le temps du rêve, ou Dreamtime


    La création du monde selon les Aborigènes Australiens
    Le temps du rêve (Tjukurpa en langue anangu), aussi appelé « le rêve », est le thème central de la culture des aborigènes d'Australie. Le « temps du rêve » explique les origines de leur monde, de l’Australie et de ses habitants.
    Cette notion complexe désigne un espace temps parallèle ainsi que le Temps des origines et se réfère donc à la fois à une dimension sacrée actuelle et au passé.

    Les Aborigènes pensent qu’il y a très longtemps la terre était plate, noire, sans vie. Des esprits qui se trouvaient sous terre ou dans le ciel à l’état larvaire se sont éveillés, sont sortis de la terre ou sont tombés du ciel et, par leurs actions, ont créé la vie et le relief (tel héros s’engouffrant ici dans la terre créant un point d’eau, ressortant là, faisant apparaître une montagne…)
    Ces êtres pouvaient changer de forme à volonté, passer d’une forme humaine à une forme mi-homme mi-animal, et possédaient des capacités physiques extraordinaires puisque un Ancêtre Ver pourra voler, un Poisson marcher et parler. Avant de disparaître ils ont donné vie à une espèce animale ou végétale qui porte son nom : dingo, kangourou, larve witchetty, liane serpent …
    Ce sont ces démiurges qui ont institué les rites et les règles sociales. Le Rêve est à l’origine de toute chose, il donne une explication à tous les phénomènes (comme la pluie, le cycle des saisons,…), il est donc la Loi.
    Tout ce qui existe a son origine dans le Rêve. Les dingos existent parce qu’il y a un Rêve de Dingo et ainsi de suite pour tout, et une fois mort on se fond à nouveau dans le Rêve.

    Les croyances aborigènes sont liées au totémisme. Chaque homme descend de l’un d’eux et même est une partie de lui et ainsi il existe des hommes-goannas, des hommes-kangourous… Les Aborigènes pensent que chaque individu est donc relié à l’un de ces Esprits Ancestraux mais aussi à tout ce qu’il a créé, par exemple les dingos, qu’il dit alors être ses frères et qu’il ne peut donc chasser ou manger, mais aussi les sites, comme les points d’eau, les rochers, les arbres, qui deviennent autant de sites sacrés. Ce lien se nomme Rêve. L’individu associé à un Rêve, pour maintenir le lien qu’il a avec son Ancêtre et ce qu’il a créé, doit effectuer des rituels sur ces lieux sacrés avec les autres membres qui partagent le même Rêve. Ils sont considérés comme les gardiens des sites.

    Les grands mythes du Temps du Rêve varient selon les régions, selon les ethnies, mais il existe un tronc commun.

    Le Dreamtime: la base de la religion Aborigène
    La religion des Aborigènes est basée sur une croyance: selon eux, la vie est apparue lors du Dreamtime ou "Temps du Rêve". Des ancêtres géants étaient sortis de terre pour donner une réalité à toute chose avec leurs chants; le serpent Arc-en-ciel créa par exemple les rivières. Ceci les pousse donc à considérer le pays dans lequel il vivent comme bien plus qu'un simple territoire, c'est de la musique matérialisée qui ne doit subir aucun dommage.
    Le temps du rêve désigne l’ère qui précède la création de la Terre, une période où tout n'était que spirituel et immatériel. Baiame, le Premier Être, donne ensuite sa forme au monde en le rêvant.

    La légende du "Temps du Rêve"
    Le Temps du RêveAu début, il n'y avait que le ciel et la terre. Puis, le soleil est apparu. Les ancêtres (des êtres invisibles) se sont alors réveillés et ont fait apparaître les plantes, les animaux, les rivières et les montagnes. Ils ont aussi créé les premiers hommes et femmes : le peuple aborigène. Les ancêtres ont ensuite parcouru l'Australie pour tracer les routes de ce nouveau peuple, et établir leurs lois. Ensuite, ils s'endormirent de nouveau. Les aborigènes appellent "le temps du rêve", le moment de la création de leur monde

    Selon les aborigènes le temps du rêve existe toujours et peut être atteint pour des besoins spirituels. Au travers du temps du rêve, il serait possible de communiquer avec les esprits et de déchiffrer le sens des mauvais présages, maladies et autres infortunes.

    Les traces du rêve
    Dans la conception aborigène du monde, chaque événement laisse une trace sur terre et tout dans la nature découle des actions d’êtres métaphysiques qui créèrent le monde. La signification de certains lieux et de certaines formations naturelles est liée à leur origine dans le temps du rêve. Certains lieux ont donc un « pouvoir de rêve » dans lequel réside le sacré.
    Ainsi, les Noongar de la région de l’actuelle ville de Perth sur la rive ouest de l’Australie, croient que l’escarpement rocheux « Darling Scarp » est le corps d’un Wagyl (encore transcrit Waugal ou Waagal) un être ophidien gigantesque du temps du rêve, qui en serpentant dans le paysage a créé lacs et rivières (en particulier la Swan).

    Selon certaines versions (il existe de nombreuses cultures aborigènes en Australie) les esprits des ancêtres qui ont créé la Terre se retirèrent au fur et à mesure que le temps du rêve s’évanouissait. Dans une autre version, Altjira était le dieu du Temps du rêve qui créa la terre et se retira comme le temps du rêve disparaissait.

    Une fois leur actes créateurs terminés, les grands esprits ancestraux sont apparus en rêve aux premiers êtres humains pour leur indiquer en détail les itinéraires de pèlerinage de ces "Sites du Rêve". Voyant leur vie comme un voyage en quête de leurs ancêtres, les aborigènes allaient de sites en sites (walkabout) suivant ces chemins préétablis appelés "songlines". Lors de ce parcours initiatique, ils chantaient des airs du Dreamtime adaptés à chaque lieu - colline, source ou rocher - car les esprits demeurent à jamais dans ce qu'ils ont créé.

    Les épisodes du temps du rêve ont été transmis par la tradition orale et par des peintures rupestres

    Le Serpent arc-en-ciel. Ngalyod
    Le Serpent arc-en-ciel ou Waagal, appelé aussi Wagyl ou Yurlungur est un être mythologique majeur pour le peuple Aborigène d'Australie.

    Il est considéré comme l'habitant permanent des puits et contrôle ainsi l'eau, la source de vie la plus précieuse. Parfois imprévisible, c'est le Serpent arc-en-ciel qui rivalise avec l'implacable soleil, pour reconstituer les réserves d'eau. Ce combat épique est décrit dans le Temps du rêve.

    C'est donc un protecteur bienfaiteur de son peuple, mais il peut aussi punir ceux qui enfreignent la loi. Il donne et reprend la vie. La mythologie du Serpent arc-en-ciel est étroitement liée à la terre, à l'eau, à la vie, aux relations sociales et à la fertilité. Il existe de nombreuses histoires associées au Serpent arc-en-ciel, ce qui traduit l'importance de cet être mythique dans les traditions aborigènes.

    Pour le nomade aborigène marchant dans le 'bush', le serpent est un signe de la Terre indiquant un point d'eau proche et l'arc-en-ciel est un signe du Ciel indiquant une pluie récente dans cette direction. Tout deux étant des signes bénéfiques.

    Il existe plusieurs représentations du serpent arc-en-ciel sur les parois des grottes situées dans la Terre d’Arnhem (Territoire du Nord).
    Certaines peintures remontent à environ 10 000 ans. Cette créature mythique est donc vénérée depuis fort longtemps.
    Ce serpent-dragon porte plusieurs noms : Kurreah, Andrenjinyi, Yingarna ou Ngalyod
    Ngalyod est le créateur de Kunwinjku situé sur la Terre d’Arnhem.

    Symbolisme
    Dans la mythologie australienne, le serpent –arc-en-ciel est le Créateur du monde et de toutes les créatures qui l’habitent. Selon les tribus, il est plus ou moins malveillant ou bienveillant. Il n’est ni masculin, ni féminin.
    Ngalyod est le premier enfant de Yingarna, la Mère. Mais bien que Mère, elle est androgyne comme ses enfants.
    Ngalyod est un serpent-dragon qui fait naître des sources et est lié à la production de la pluie. Il est donc le symbole de la fertilité. Mais, il est également responsable des tempêtes et des inondations. Sa colère se manifeste quand l’homme viole les lois de la nature.
    Le serpent arc-en-ciel engloutit alors ces hommes et recrachent leurs os qui sont instantanément transformés en pierre.
    Le serpent-dragon est à ce titre associé à la terre. Symbole de la pluie céleste, il féconde la terre. Il symbolise également les rythmes naturels, les rythmes de la vie.

    Lors des cérémonies et des rituels, on vénère d’une part Ngalyod, le mâle qui est le transformateur de la terre et d’autre part, Yingarna, la Mère, la version féminine et complémentaire de Ngalyod.

    Le rêve permettrait aux aborigènes de voyager autant dans le passé que dans le futur.

     

    http://www.dinosoria.com/ngalyod.html http://aboriginal.free.fr/Texte/pagereligion.htm
    http://www.aborigene.fr/le-temps-du-r%C3%AAve

     

     


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  • Mythes autour de la Lune

     

    Mythes et légendes autour de la lune

    Dès les origines du monde, la Lune a fasciné les hommes.
    Les mythes et légendes à son sujet sont innombrables.
    Astre de la nuit, au visage changeant, la Lune rythme et contrôle l'écoulement du Temps. Plusieurs peuples apprirent ainsi à diviser l’année en mois, créant par la suite le calendrier. Les romains lui dédièrent d'ailleurs le 1er jour de la semaine : Lunae dies, dit « jour de la Lune ».

    Au plus lointain de l’histoire de l’humanité, les phases croissantes et décroissantes de la Lune ont servi à définir les calendriers, bases de repères de l’homme, tant pour rythmer sa vie sociale et religieuse, que pour le guider dans les étapes des récoltes nécessaires à sa subsistance.
    Si le Soleil octroie ses bienfaits à tout un système terrestre et céleste, la Lune, elle, privilégie exclusivement la Terre.

    Tantôt pleine ou nouvelle, croissante ou décroissante, la Lune vit dans la plupart des mythes un cycle de mort, de renaissance, et de transformation...
    Les hommes primitifs attachaient une plus grande importance à la Lune qu’au Soleil parce que:
    Le Soleil est un astre éternellement pareil, égal à lui-même et dépourvu de tout « devenir »;
    La Lune, au contraire, est un astre qui croit, décroît, disparaît et renaît, un astre soumis aux lois de la naissance et de la Mort.

    La Lune est donc à l’origine du calendrier le plus archaïque qui soit : le calendrier pastoral, point de départ du calendrier des sept jours (car tous les sept jours, la Lune va changer de forme :
    - Nouvelle Lune, Premier Quartier, Pleine Lune, Dernier Quartier, tout ceci formant le mois lunaire défini par le terme de « Lunaison ».
    - L’année se composait ainsi de 13 mois de 28 jours auxquels on a rajouté plus tard des jours supplémentaires pour rattraper les 365 jours du calendrier solaire.

    Les Druides mirent au point un calendrier lunaire annuel, constitué de treize lunes ou périodes lunaires, dont chacune fut attribuée à un arbre.
    C’est la lune qui règle le calendrier des celtes, le mois celtique est un mois lunaire. Il commence avec la Lune et s'achève avec elle. La Lune chez les Celtes, n'est pas qu'un objet céleste attaché à la Terre, elle est considérée comme une femme, ou plutôt une déesse.
    Pour les druides celtes, qui étaient des astronomes remarquables, la Lune servait surtout à régler le calendrier et le rituel des cérémonies religieuses et magiques. Elle apparaissait en Maître du temps,

    Cette unité de mesure qu’est le rythme lunaire a influencé la conscience humaine et a servi de pont entre les civilisations, depuis les premières civilisations matriarcales jusqu’à nos civilisations patriarcales et monothéistes.
    C’est à ces époques archaïques que les premiers symboles cosmiques apparaissent unissant: Lune, la Femme, la Terre, la Fertilité, l’Eau.
    La lune a toujours exercé une fascination sur les hommes, et encore plus sur les femmes qui sont gouvernées par ses cycles.

    Plus que tout, la lune à toujours gouverné la magie.
    On croit que la nuit de la pleine lune est un bon temps pour la divination et le scrying, ou divination par le miroir noir, la boule de cristal ou un bol sombre rempli d’eau.

    Symbolique lunaire
    La lune représente le principe féminin et passif, opposé et complémentaire du soleil.
    Elle gouverne par sa force d'attraction les eaux terrestres et les cycles de croissance de la nature.
    A l'instar de la Terre-Mère, elle est considérée comme le réceptacle de la vie et de la fécondation universelle.

    En astrologie,  elle est le principe féminin et le symbole de connaissance réflexive, de l'inconscient, de l'imaginaire et de la mémoire.
    En alchimie, elle est l'élément féminin du couple androgyne.
    Elle représente également le devenir cosmique et le maillon entre ciel et Terre.

    La pleine lune est le symbole de beaucoup de déesses pour les prêtresses des religions païennes.
    Symboles en relation: l'eau, l'argent, le taureau, l'œuf, la vie, la mort, l'âme, la perle.

    Cultes:
    L’un des plus anciens cultes au dieu lunaire naquit voici 5000 ans en Mésopotamie, entre le Tigre et l’Euphrate. Sumériens et Babyloniens allaient créer les bases d’une religion qui influencerait la majorité des religions antiques: égyptienne, grecque, Romaine et hébraïque.

    Le Dieu Lunaire fut considéré par de nombreuses civilisations comme le Seigneur du Temps et de la Sagesse. Maître incontesté des Mystères, il vogue chaque nuit à bord de sa barque dans les grandes Eaux célestes.
    Mais dans la plupart des mythes, la Lune prend également un visage féminin apparaissant plus douce et bienveillante que son homologue, frère ou mari, le Soleil. Symbole de fertilité et de (re)naissance, la Déesse Lunaire devint alors la gardienne protectrice des Hommes.


    Les dieux lunaires

    Mythe babylonien
    Sin - Dieu Lunaire des Babyloniens, Sin est également le père de Shamash, Dieu du Soleil.
    Chaque soir, Sin monte sur sa barque, qui apparaît dans le Ciel sous la forme d'un croissant lunaire.

     Mythe égyptien
    Thot- Dieu de la sagesse et de la connaissance
    Thot est le « scribe des dieux », comptant avec minutie les mois et les années qui s'écoulent. Il symbolise la Lune dont le parcours dans le ciel relève d'une connaissance très précise des chiffres. Thot dressa alors le calendrier, divisa le temps, et présida à l'écriture de l'Histoire.
    Khonsou- Le Navigateur
    Dieu Lunaire très ancien, Khonsou est souvent représenté sous la forme d'un homme au visage de faucon. Porteur d'un croissant de Lune sur la tête, ce Dieu Lunaire est devenu le "navigateur" qui croît et décroît chaque mois dans le ciel.

     Mythe hindou
    Chandra  -  le Brillant
    Dieu de la lune, Chandra est né de l'oeil de Purusha - Dieu Créateur de l'Univers.
    Représenté la tête ornée d'un croissant de lune, il est le symbole de la vie, de la mort, et des renaissances.
     Soma -  un pont vers l'infini
    Soma est le créateur du soma la boisson céleste. Les phases de la Lune sont ainsi expliquées par l'absorption du Soma par les dieux. La Lune décroît en effet à mesure que les Dieux boivent cette boisson céleste. Il est alors le Dieu Lunaire qui rythme l'écoulement du Temps.

     Mythe japonais
    Tsuki-Yomi
     En se lavant l'oeil droit, Izanagi donna naissance au dieu de la Lune, Tsuki-Yomi. Son nom japonais, Tsuki (Lune), Yomi (compter),  l'associe au calendrier primitif.
    La fonction principale de Tsuki-Yomi, en tant que Dieu Lunaire,  est de compter les mois qui passent. Il a le pouvoir de contrôler le défilement du temps, et d'illuminer l'obscurité.

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    Les déesses lunaires
    Comme tous les archétypes majeurs, la Lune est d'une nature ambivalente .
    Sa face livide est considérée comme l'une des entrées du Royaume des morts.

    Plus grande des divinités après le dieu-soleil, la lune est en général personnifiée par une déesse: chez les grecs, Séléné, Artémis, souvent représentée avec un croissant de lune dans les cheveux ou dans la main (Diane chez les romains), et Hécate. Athéna  est aussi la Déesse de la Lune (celle qui brille pendant la nuit). Plusieurs déesses celtiques ou nordiques sont aussi des déesses lunaires.
     Les orientaux l’honoraient sous le titre d’Uranie. L’Isis des Égyptiens, l’Astarté des Phéniciens, l’Inanna des Sumériens, l’Ishtar des Assyriens et Babyloniens, la Mylitta des Perses, l’Alilat des Arabes, avaient une nature lunaire.

      Mythe celtique
    La déesse celte Dana était la Grande Déesse blanche des origines du monde, dont les fils honoraient la mémoire en vouant un culte à la Lune. D’ailleurs l’ancien nom de l’île de Bretagne, Albion, tire son étymologie d’Albina, ‘’la Déesse blanche’’, aînée des cinquante Danaïdes, où l’on retrouve les noms de Diane et Dana.

     Mythe grec
    Décrite comme une femme d’une grande beauté,  Séléné possédait un visage éclatant de lumière. Dès qu'Hélios finissait sa course dans le Ciel, la Déesse de la Lune s'élançait à son tour, illuminant les ténèbres de ses chevaux argentés.
    Hécate "Celle qui brille au loin". Hécate Trivia est l'aspect infernal, souterrain, aquatique et la patronne des sorcières.

     Mythe chinois
    Au début de chaque mois, Heng-gno, la mère des douze lunes  lavait ses enfants dans un lac. Puis, chacune à leur tour, les lunes partaient pour un voyage d'un mois à travers le ciel.

     Mythe inca
    Mama Quilla  -  la déesse mère
    Quilla suit dans le Ciel le parcours de son frère et époux, Inti le soleil. Reine de la nuit, elle s'assure du bon déroulement du temps, et fut associée au calendrier Inca. Représentée par un disque d'argent au visage humain, Mama Quilla est la mère du 1er inca : Manco Capac.

     Mythe africain
    Mawu-LISA  -  fusion lune / soleil
     La Lune, Mawu, incarne le principe féminin. Elle est la déesse de la Nuit, de la sagesse, et de la connaissance. Le Soleil, Lisa, représente quant à lui le principe masculin. Il contrôle le déroulement des jours, et détient la force et le pouvoir qui soutient le monde.
    Lorsque Mawu et Lisa s’accouplent, une éclipse se produit dans le Ciel. Tous deux sont ainsi à l’origine du monde, ils sont les créateurs des Dieux et de l'humanité. Mawu et Lisa, dit aussi "le couple insurpassable et omnipotent", sont également vus comme les 2 facettes d'un seul et même Dieu.

     Dans certaines légendes amérindiennes, la lune est tenue captive par une tribu hostile. Une antilope espère sauver la lune et la rendre au village d'une bonne tribu, mais le Coyote, l'escroc, s'immisce. La poursuite est éternelle: celle de l'antilope et du coyote, qui jette la lune dans une rivière chaque nuit, juste hors de portée de l'antilope.

    De tous ces mythes, contes et légendes nous reste la croyance, fortement ancrée dans les esprits, que la Lune a toujours et encore une influence "magique" sur les hommes même si de nos jours, ces influences se sont quelque peu désacralisées.

     

    Sources : Symboles et allégories- Matilde Battistini- Editions Hazan
    http://cosmobranche.free.fr/MythesLune.htm
    http://www.ledifice.net/3020-5.html


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  • Philémon et  Baucis

    Philémon et Baucis


    Dans une région reculée de l’ancienne Phrygie, il existe deux arbres que les voyageurs vénèrent et où ils viennent souvent déposer des fleurs, et pour cause, car l'un est un chêne, l'autre un tilleul mais ils n'ont qu'un seul tronc.
    L'histoire raconte comment ceci arriva et fournit la preuve de l'immense pouvoir des dieux et de la façon dont ils récompensent les humbles et les pieux.

    Nous ne connaissons Philémon et Baucis que par un unique récit, celui qu'en fit Ovide
    dans ses « Métamorphoses ». Il y nomma les dieux par leurs noms latins : Jupiter et Mercure.
    Cependant, comme il s'agit d'une légende grecque fort ancienne il m'a paru préférable de leur restituer leurs noms grecs.

    « Le récit d'Achéloüs suscite l'incrédulité de Pirithoüs concernant le pouvoir des dieux à provoquer des métamorphoses. Lélex prétend prouver le contraire par un récit.
    Il dit avoir vu personnellement en Phrygie un lieu où s'élevaient un chêne et un tilleul entourés d'un muret, près d'un lac. »

    C'était à une époque où les dieux avaient encore pour habitude de se promener sur Terre, pour se distraire, et pour voir comment les hommes se comportaient.
    Un jour, justement, Zeus, lassé de boire du nectar et de l'ambroisie qu'on lui servait toujours dans l'Olympe, lassé d'écouter la lyre d'Orphée et de regarder danser les muses, décida de faire une petite balade en Phrygie.
    Zeus voulut savoir jusqu'à quel point le peuple phrygien pratiquait l'hospitalité. Le père des dieux et des hommes s'intéressait très particulièrement à cette vertu puisque tous les hôtes, tous ceux qui cherchent refuge dans un pays étranger se trouvaient sous sa protection personnelle.

    Il se fit accompagner de son fils Hermès, qui était bien le plus amusant des dieux, toujours plein d'astuces. Hermès eut bien soin de quitter ses ailes pour n'être pas reconnu, et de laisser aussi son caducée.
    Et c'est ainsi qu'un jour, deux voyageurs d'aspect tout à fait ordinaire, qu'on aurait pu prendre pour de pauvres vagabonds coureurs de route, traversèrent une des régions montagneuses de la Phrygie. Les deux dieux se promenèrent au hasard à travers le pays.
    Ils arrivèrent dans une grosse bourgade, et, affectant de succomber de fatigue, ils frappèrent à toutes les portes, demandant l'hospitalité, de quoi se restaurer, et un coin pour dormir.
    Personne ne voulut les recevoir; toujours, on les congédiait avec insolence et la porte se refermait. Cent fois et davantage, ils répétèrent leur essai ; partout ils furent traités de la même façon.

    Sortant du bourg, ils arrivèrent au bord d'un petit étang et trouvèrent là une modeste cabane, couverte de chaume et de roseaux; c'était la plus pauvre de toutes celles qu'ils avaient vues jusqu'ici.
    Mais là, quand ils frappèrent, la porte s'ouvrit toute grande et une voix aimable les pria d'entrer. Ils durent se courber pour passer le seuil tant la porte était basse, mais quand ils eurent pénétré à l'intérieur, ils se trouvèrent dans une pièce chaude et accueillante et surtout très propre, où un vieil homme et une vieille femme aux doux visages leur souhaitèrent la bienvenue de la façon la plus amicale et s'affairèrent à les mettre à l'aise.

    Tous deux étaient âgés. Ils s'étaient mariés fort jeunes, et avaient vieilli ensemble dans cette misérable chaumière. Pauvres et sans bien, ils avaient su, par leur vertu, diminuer les rigueurs de l'indigence. Vivant seuls dans cette cabane, ils étaient sans maîtres ni serviteurs.
    Le vieil homme poussa un banc devant l'âtre et les pria de s'y étendre pour reposer leurs membres fatigués et la vieille femme y jeta une couverture. Elle se nommait Baucis, dit-elle aux étrangers, son mari s'appelait Philémon. 

    Ils vivaient depuis leur mariage dans cette chaumière et ils y avaient toujours été heureux. «Nous sommes de pauvres gens, mais la pauvreté n'est pas un si grand malheur quand on est prêt à l'accepter, et un esprit accommodant peut être lui aussi d'un grand secours », conclut-elle. Tout en parlant, elle vaquait à de menues tâches et se préoccupait de leur bien-être.
    Elle souffla sur les braises du foyer jusqu'à ce qu'un bon feu y reprit vie ; pour l'entretenir et faire bouillir la marmite, elle ramassa des copeaux et arracha quelques branches qui soutenaient la cabane; au-dessus des flammes, elle suspendit une petite marmite pleine d'eau; comme celle-ci commençait à bouillir, le mari rentra, portant un beau chou qu'il était allé cueillir dans le jardin. Le chou alla dans la marmite, avec une grande tranche du lard qui pendait à une poutre.

     Puis il prit dans un coin de la chambre un baquet de hêtre et le remplit d'eau chaude pour laver les pieds des voyageurs et reposer leurs membres fatigués. Au milieu de la chambre était un lit de bois de saule. Philémon étendit dessus un tapis dont ils ne se servaient que lors des grandes fêtes. Ce tapis, digne ornement d'un tel lit, était un habit fort usé: ce fut là qu'il fit placer, pour dîner, Zeus et Hermès.
    En attendant que le dîner fut prêt, il entretint ses hôtes pour les empêcher de s'ennuyer.

    Cependant Baucis préparait le couvert. Comme la table avait un pied plus court que les autres, elle y remédia en mettant une brique dessous. Après l'avoir bien essuyée avec de la menthe fraîche, elle y plaça des olives, des baies sauvages, des cornouilles d'automne conservées dans du vinaigre, des endives, du raifort, des radis, des raves, du fromage blanc pressé, des œufs cuits sous la cendre, des noix, des figues, des dattes, des prunes, des pommes odorantes.
    Elle alla cueillir des grappes de raisin sur la vigne qui couvrait une partie de la cabane,
    et les plaça avec les autres fruits. Au milieu de la table était un rayon de miel.
    Philémon et Baucis étaient pauvres, mais tout ce qu'ils avaient, ils le mirent à la disposition des voyageurs. Philémon posât devant ses hôtes des coupes en bois de hêtre, et une jarre en terre cuite contenant un vin qui avait un goût prononcé de vinaigre et largement coupé d'eau. Mais Philémon semblait heureux et fier de pouvoir joindre cet appoint à leur souper et il prenait grand soin de remplir chaque coupe à peine vidée.

    Les deux vieillards étaient si contents et tellement surexcités par le succès de leur hospitalité, qu'il leur fallut tout un temps pour s'apercevoir d'un étrange phénomène. La jarre restait toujours pleine; quel que fût le nombre de coupes versées le niveau du vin ne baissait pas.
    Alors Philémon et Baucis, s'apercevant du prodige, eurent peur.
    Ils comprirent que leurs hôtes étaient des dieux, et demandèrent pardon de ne leur offrir qu'un si modeste repas. Et comme ils avaient une oie familière, et fidèle gardienne de leur petite demeure, ils décidèrent de l'immoler en l'honneur de leurs visiteurs divins.
    « Nous avons une oie », dit le vieil homme. « Nous aurions dû la donner à vos Seigneuries. Mais si vous consentez à patienter un peu, nous allons la préparer pour vous. » Mais la capture de l'oie s'avéra une entreprise qui dépassait leurs maigres forces. Ils s'y essayèrent en vain et s'y épuisèrent, tandis que Zeus et Hermès, grandement divertis, observaient leurs efforts. L'oie leur échappa, et ils ne parvinrent pas à s'en saisir. Elle finit par se réfugier auprès des dieux eux-mêmes, lesquels défendirent qu'on la tuât.
    Et quand Philémon et Baucis, haletants et exténués, durent enfin abandonner leur chasse, les dieux sentirent que le moment d'agir était venu pour eux. Ils se montrèrent, en vérité, très bienveillants. «Ce sont des dieux que vous avez hébergés et vous en serez récompensés», dirent-ils. « Quant à ce pays inhospitalier qui méprise le pauvre étranger, il sera châtié, mais pas vous. »

    Zeus leur demanda alors d'abandonner leur maison et de les suivre jusqu'au haut de la colline voisine. Malgré leur grand âge et leur marche pénible, ils suivirent docilement Zeus et Hermès, que l'oie ne quittait plus.
    Le ciel se chargea alors d'énormes nuages. Parvenus sur les hauteurs, ils se retournèrent,
    et virent tout le bourg et les environs submergés. Tout le village fut englouti par les eaux,
    à l'exception de leur petite cabane.
    Stupéfaits, Philémon et Baucis ne virent plus que de l'eau partout la région tout entière était submergée, un grand lac les entourait. Les voisins ne s'étaient jamais montrés bien aimables pour le vieux couple, qui néanmoins pleura sur eux. Mais une autre merveille sécha les larmes des bons vieillards. La cabane qui depuis si longtemps était leur demeure se transformait sous leurs yeux en un temple majestueux, au toit d'or soutenu par des colonnes du plus beau marbre.

    « Bonnes gens », dit Zeus, « exprimez un vœu et nous vous l'accorderons aussitôt. » Les deux vieillards chuchotèrent un instant, puis Philémon parla: «Qu'il nous soit permis d'être vos ministres et les gardiens de ce temple. Oh, et puisque nous avons si longtemps vécu ensemble ne laissez aucun de nous demeurer seul, un jour ; accordez-nous de mourir ensemble.» Emus, les deux dieux acquiescèrent.
    Leurs souhaits s'accomplirent.

    Longtemps le vieux couple servit dans le grand édifice, et l'histoire ne dit pas s'il leur arriva parfois de regretter leur chaumière douillette et les flammes joyeuses de son âtre. Parvenus à la plus grande vieillesse, ils se trouvaient un jour l'un près de l'autre devant le temple, évoquant des souvenirs de leur vie passée.

    Tout à coup Philémon s'aperçut que Baucis se métamorphosait en arbre, en un magnifique tilleul, et Baucis, de son côté, fut étonnée de voir Philémon devenir un superbe chêne.
    Ils s'adressèrent alors les adieux les plus tendres, qui cessèrent peu à peu, devenant comme un doux murmure dans leurs branches et sous leur feuillage.
     Puis une écorce les entoura. Ils n'eurent que le temps de s'écrier tendrement : « Adieu, cher compagnon» ; les mots avaient à peine passé leurs lèvres qu'ils étaient transformés en arbres. Mais ils étaient toujourPhilémon et  Bauciss ensemble ; le chêne et le tilleul n'avaient qu'un seul tronc.

    « Ainsi, prêtres du temple, ils firent aux pèlerins les honneurs des lieux, jusqu'au jour de leur métamorphose en deux arbres voisins, devenus objets de vénération. Tel fut le récit de Lélex. »

    Aujourd'hui encore, les voyageurs peuvent voir, dans cette région, auprès des ruines d'un temple situé au bord d'un lac, deux arbres voisins, un chêne et un tilleul qui n‘ont qu‘un seul tronc.
    Souvent, à leurs branches, sont suspendues des guirlandes de fleurs.

     


    http://www.yrub.com/mytho/mythphilemonbaucis.htm
    http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met08/Mo8-Plan.htm
    http://lachenaie.over-blog.fr/article-33282882.html

     

     


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  • Les Walkyries


    Dans la mythologie scandinave, les Walkyries sont des vierges guerrières, filles du dieu Odin, sans qu’il soit fait mention de leurs mères (alors demi-déesses?) ou d‘après d‘autres versions simplement ses messagères. Grandes, belles, à l'allure fière, elles ont des yeux très bleus et de longs cheveux blonds. Elles portent des casques ailés ou cornus, sont armées d’une lance dont la pointe brille comme une flamme et d’un bouclier, se couvrent la poitrine de cuirasses de fer et chevauchent des coursiers volants, ou quelquefois d’énormes loups féroces.

    Ce sont les Walkyries qui choisissent selon les vœux d’Odin le dénouement des batailles et même  les héros qui mourront au combat. Walkyries signifient « celles qui choisissent les victimes. »
    D’une part, elles symbolisent l’héroïsme et les récompenses dues aux plus braves, de l’autre elles incitent en se servant de leurs charmes les guerriers à se sacrifier.
    Les plus assoiffés de sang se voient promettre de nombreuses récompenses.

    Elles surveillent de haut toutes les batailles. Lorsqu'une bataille doit avoir lieu sur Terre, opposant des clans rivaux, Odin envoie les Walkyries assister au combat. Chacune d'entre-elles choisit le héros qui lui semble le plus vaillant et le plus valeureux pour l'emporter, s'il est mortellement atteint, jusqu'au Walhalla et, ainsi, en faire un des Einherjar, les soldats d’Odin. Le héros qui avait pour destin de mourir et qui devait être choisi par les Walkyries avait une vision avant de périr ; il apercevait de magnifiques femmes blondes et armées montées sur leurs chevaux tendant les mains en signe d’appel.

    Lorsqu’elles n’étaient pas sur un champ de bataille, ces jolies vierges servaient le festin et la boisson aux guerriers du Walhalla. Elles devaient aussi desservir après le repas et s’assurer que les cornes de bière des Einherjar ne soient jamais vides.
    Elles étaient éternellement jeunes et belles, aussi naturellement gracieuses que le cygne, dont elles empruntent parfois l'apparence. Elles ne révèlent leur colossale nature qu'aux combats, sinon, elles sont vêtues de tunique légères et courtes maintenues par une ceinture d'or épousant la forme de la taille.
    Mourir au combat était un honneur pour les guerriers nordiques. Ils savaient que les plus braves rejoindraient Walhalla, le palais des défunts de Wotan (Odin).

    Walhalla est un magnifique palais dans lequel « vivent » les héros morts, les Einherjar, qui constituent l’armée personnelle d’Odin. Tous ces guerriers doivent livrer leur dernière grande bataille aux côtés d’Odin à Ragnarök.
    Pour les Scandinaves, le Walhalla est une vaste salle resplendissante d'or, au toit recouvert de boucliers. Sa charpente est faite de lances et la grande salle, percée de cinq cent quarante portes. Chacune de ces portes est assez large pour laisser sortir de front huit cents guerriers, lorsqu'ils seront convoqués pour la bataille finale du Ragnarök.
    Là les guerriers morts festoient et se battent par jeu en attendant la fin du monde. Les Walkyries leur servent de l’hydromel, produit par la chèvre Heidrun, ils mangent la chair du sanglier Saerihimnir, boisson et viande sont inépuisables.

    Freyja est considérée comme la première parmi les Walkyries. À l'instar d'Odin, elle reçoit dans son manoir Sessrumne à Folkvang la moitié des guerriers morts au combat, qu'elle guidera au combat le jour du Ragnarök.

    Dans la culture
    Plusieurs œuvres de culture classique ont pour thème les Valkyries, dont la peinture, la sculpture et l'opéra.
    Ces mythes ont inspiré de nombreux artistes, dont John Ronald Revel Tolkien, devenu célèbre, avec son épopée « Le Seigneur des Anneaux ».
    Richard Wagner (1813-1883) a magistralement mis en musique cette mythologie.
    Les quatre opéras de L'Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen) sont directement inspirés de la mythologie nordique : Das Rheingold; Die Walküre; Siegfried; Götterdämmerung.

     

     

    http://anica12.skyrock.com/1385525742-Les-Walkyries.html
    http://elfdancer.blog4ever.com/blog/articles-cat-182076-185309-feerie_.html

     

     


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  • Le Lotus

    Le Lotus

    Pour Valéria

    La fleur de lotus est considérée comme l’une des plus belles fleurs du monde.
    En 1951, l’une des trois graines d’un lotus vieux de 2.000 ans découvert dans la région Kemigawa de la Préfecture de Chiba (Japon) a fleuri. Depuis, elle est connue pour être « la plus ancienne fleur du monde »; symbole de fécondité oblige.
    Dans les pays du sud de la Méditerranée comme en Asie, le lotus a une valeur égale à celle de la rose ou du lys en Europe.

    D’un point de vue botanique, le lotus est une des rares plantes aquatiques capable de porter sa fleur au bout d’une tige émergeant nettement au dessus de la surface de l'eau. Cette particularité permet de distinguer la fleur de lotus de la fleur de nénuphar, qui elle flotte en surface de l'eau.

    La fleur de lotus est l’un des symboles les plus anciens et aspire à la plus grande pureté, c’est la seule plante aquatique pouvant émerger de la noirceur de la vase pour s'épanouir et se dresser hors de l'eau pour donner une fleur d'une beauté incroyable. C'est justement dans cette impureté qu’est la profondeur des eaux saumâtres, qu'elle va puiser son élégance et sa beauté pour être enfin attirée par la lumière, la nuit elle se referme et sombre sous la surface de l’eau, à l’aube elle sort et s’ouvre à nouveau.

    Intact face à l’impureté, le lotus symbolise la pureté du cœur et de l’esprit. La fleur de lotus représente longévité, santé, honneur et chance; dans la mythologie égyptienne la fleur de lotus symbolise le soleil, la création et la renaissance. En Orient, la fleur de Lotus est considérée comme un symbole d’épanouissement spirituel.

    La fleur de lotus est aussi un symbole très présent dans le monde Indien.
    La fleur de Lotus indienne symbolise divinité, savoir, fertilité et richesse Elle est associée à la déesse de la richesse, Maha Lakshmi, qui apporte prospérité, pureté et générosité. Elle est représentée assise sur une fleur de lotus éclose.

    La fleur sacrée du  Bouddhisme
    Dans le bouddhisme la fleur de lotus est emblématique de Bouddha. Dans tout le monde indien on compte de très nombreuses peintures, sculptures et représentations de la fleur de lotus. Outre le pouvoir de création et la compassion, le lotus symbolise la connaissance qui, au fur et à mesure des réincarnations, permet d'atteindre le Nirvana. Dans l'iconographie bouddhique, Bouddha et les bodhisattvas sont souvent représentés assis sur un lotus, posture qui symbolise l'atteinte de l'illumination.
    La symbolique du lotus en bouddhisme relève encore du fait que la graine et la fleur apparaissent ensemble, il s'agit de la simultanéité de la cause (la graine) et de l'effet (la fleur) dans la loi de causalité de l'univers qui est l'un des concept majeur de la philosophie bouddhique. À cela il faut rajouter que le lotus puise sa substance vitale dans la boue pour s'épanouir, en effet, au-dessus de l'eau. Ainsi "la boue" représente les souffrances, les troubles, les désirs, qui sont le terreau même de notre épanouissement. Il est donc possible de transformer son karma par l'illumination, l'atteinte de la boddhéité, grâce à notre éveil à la loi de causalité.
    Le lotus rose (“padma”) associé à Vishnu est un symbole diurne et solaire contrairement au lotus bleu (“utpala”) propre à la nuit et à la lune et en relation avec Shiva.
    Les divinités se tiennent sur un lotus car elles se manifestent de manière totalement pure, sans jamais être entachées par l'ignorance, la dualité, les perturbations internes, le karma et la souffrance.

    Selon la mythologie hindoue, le créateur du monde, Brahma, était né d'une fleur de lotus, qui avait elle-même poussé sur le nombril de Vishnou alors que celui-ci dormait sur l'eau.
    Il se dit aussi qu’à chaque pas que Bouddha faisait lorsqu'il était enfant, une fleur de lotus surgissait à ses pieds.
    Le culte hindou centré sur le lotus s’étendit finalement à de nombreuses autres cultures et devint le principe de doctrines religieuses comme le Lotus Sutra bouddhiste qui est encore aujourd’hui un enseignement spirituel très influent.
    Om Mani Padme Hum, qui signifie " Salut à toi, Ô Joyau dans le Lotus", est le mantra sacré des Tibétains.

    Le Sûtra du Lotus
    Dans nombre de représentations, le Bouddha se tient au milieu d'un lotus à huit pétales.
    Le maître qui a introduit la doctrine du Bouddha au Tibet au VIIIe siècle de notre ère porte le nom de “Padmasambhava”; (celui qui naquit du lotus).
    Le “Sûtra du Lotus” (Lotus de la Loi Véritable) constitue un recueil sanskrit reconnu par le Mahayana comme renfermant les enseignements fondamentaux du Bouddha. À la fois enseignement du Bouddha vivant et enseignement vivant du Bouddha, il expose les nombreuses voies qui mènent à l'Éveil et tout particulièrement: le rôle du Bouddha; les bénéfices retirés des Bodhisattvas; le sens de la nature du Bouddha et l'importance de la foi.
    Le lotus, qui pousse dans la boue et la vase pour donner une fleur d'une exquise beauté, dépeint la nature du Bouddha depuis son émanation jusqu'à sa sublime fragrance.

    La fleur sacrée de l'Égypte
    Le papyrus et le lotus, deux plantes aquatiques, représentaient respectivement les royaumes de la Haute et de la Basse Égypte. Selon le mythe égyptien de la création du monde, le lotus est sorti du limon originel et de son calice le divin Créateur. La fleur de lotus s'ouvrant au lever du soleil et se refermant à son coucher, symbolise le dieu du Soleil et l'expansion de la lumière hors du limon originel.
    Lieu de naissance et couche nuptiale d'Isis et d'Osiris, il symbolise également la naissance et la renaissance après la mort. Rien d'étonnant dès lors qu'il orne les colonnes des monuments de l'architecture égyptienne et de ses représentations murales. La colonne symbolise l'Axe de l'Univers d'où partent autant de faisceaux de lotus représentant le plein épanouissement de la manifestation du monde.
    Le lotus bleu était davantage estimé que le lotus blanc en raison de l'odeur suave, semblable à celle de la vie divine, qu'il exhalait. Attribut de Néfertem, le dieu de Memphis et le “Seigneur des Parfums”, il était appelé “nen-nufer”, origine de la dénomination française “nénuphar”.

    Un autre symbole associé au lotus est le mont Fuji que les bouddhistes vénèrent quant à eux pour sa forme qui rappelle le bouton blanc de la fleur sacrée car les huit pics, qui surmontent la cime sont semblables aux huit pétales du Lotus.
    Enfin nous trouvons au Japon Kannon reconnaissable à ses attributs: un vase à eau, contenant parfois une fleur de lotus (symbole de la pureté), et un rosaire.
    Pour les chinois, le lotus est sagesse, prospérité et bonheur du couple.

    Les voies du Tantra et du Kundalini-Yoga
    Selon le Tantra, il y a dans l'être humain un corps subtil parcouru par trois canaux (“nâdis”) joints à leur base. Les canaux latéraux, où s'écoulent des énergies opposées, solaire (“Pingala”) et lunaire (“Ida”), s'enroulent autour du troisième canal neutre (“Sushumnâ”) et de cinq points fondamentaux.
    Au nombre totaLe Lotusl de sept, ces points fondamentaux sont qualifiés de chakras, terme sanskrit qui se traduit littéralement par roues. Assortie de rayons, la roue représente la forme stylisée du lotus. Or, ces centres sont précisément représentés, dans la tradition hindoue, par des lotus distingués par le nombre de leurs pétales.
    Au cours de son ascension, la “kundalini”, forme statique de l'énergie subtile, traverse successivement les différents chakras associés aux besoins physiques, psychiques et spirituels pour mener l'être vers la Connaissance véritable et à la pleine Réalisation symbolisées par le lotus à mille pétales.
    Dans le Tantra taoïste, la floraison est le résultat d'une alchimie intérieure, du mariage de l'essence avec le souffle, du Feu et de l'Eau qui symbolise le retour au centre, à l'unité de l'état primordial représenté par le lotus.

    C'est également une plante médicinale.
    En Égypte et dans la Chine Impériale, les pouvoirs du lotus sacré étaient déjà connus pour ralentir le vieillissement et retrouver la vitalité. Les recherches actuelles confirment les propriétés antioxydantes des graines, riches en polyphénols. L'extrait du rhizome possède des propriétés anti-diabétique et anti-obésité.
    Rhizome et graines sont utilisés en cosmétologie pour lutter contre le vieillissement.
    Pas étonnant que le lotus sacré soit cultivé pour ses rhizomes, ses graines et ses fleurs
    depuis plus de 2 000 ans !

     

    Le Lotus

     


    (sources : http://oeilsophie)
    http://www.chakravoyance.com/meditation_et_spiritualit_eacute_-symbolique_du_lotus.html
    http://users.skynet.be/lotus/lotus/lotus0-fr.htm

     

     


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