• Mesa Verde

    Mesa Verde


    Le parc national de Mesa Verde, dans le Colorado, aux Etats-Unis, a abrité pendant des siècles des habitants dont on ignore le nom originel mais que les Navajos appellent Anasazis.
    Dans cette région, on a retrouvé de nombreux vestiges de ce peuple, notamment une fabuleuse cité de pierres nichée dans le creux d’une falaise.
    Les Anasazis sont cependant très méconnus et nous ne savons pratiquement rien de ceux qui ont édifié ces pueblos primitifs.
    A Chaco Canyon, au Nouveau-Mexique, des pictogrammes semblent démontrer que les Anasazis étaient de bons astronomes.

    C'est en 1888 que trois éleveurs partis à la recherche de bêtes qui s'étaient échappées découvrirent Sun Point et plusieurs habitations. La découverte de Cliff Palace, cette cité en pierres, date de cette époque.
    Les recherches se poursuivirent grâce à un jeune explorateur suédois, Gustav Nordenskjöld, qui souhaita réaliser une véritable étude archéologique.
    Il explora les deux collines appelées Wetherill Mesa et Chapin Mesa. En 1906, Mesa Verde « Table verte », reçut le statut de parc national.
    À partir de cette date, les fouilles archéologiques s’intensifièrent.

    En 1959, le professeur J.S Newberry entreprit une expédition pour le compte de l’armée américaine. Il fit état d’un vaste plateau de 2 600 mètres d’altitude.
    Il fallut encore attendre 15 ans pour qu’un photographe de l’U.S Geological Survey découvre le premier abri troglodytique dissimulé derrière le vaste plateau.
    Dès lors cette région suscita la curiosité. On y découvrit de nombreux vestiges de ceux qu’on baptisa Anasazi, mot qui signifie dans la langue navajo « les anciens ».
    Cliff Palace est une structure en briques d’argile et de boue, qui compte plus de 200 pièces. On y dénombre 23 lieux de culte ou kivas, des chambres et des magasins pour stocker les récoltes. Selon les archéologues, Cliff Palace, construit vers la fin du XIIe siècle, pouvait abriter environ 250 personnes.
    À Mesa Verde, on a identifié environ  4 400 sites dont plus de 600 habitations troglodytiques.  Ils ont été occupés entre les VIe et XIVe siècles par des Amérindiens Anasazis, qui y construisaient des bâtiments troglodytiques sous les falaises du canyon. Il est donc l'un des rares exemples persistants à ce jour de la culture amérindienne. Les bâtiments ont entre 700 et 1400 ans. Les villages avaient leurs fonctions propres, qui pouvaient être agricoles, artisanales ou religieuses.

    La culture Anasazi
    Pendant de nombreux siècles, les Indiens Anasazis ont vécu sur les plateaux du sud de l’Utah et du Colorado et sur ceux de l’Arizona et du Nouveau-Mexique.
    L’histoire du peuplement de Mesa Verde dans les premiers siècles de notre ère reste encore très mystérieuse. Au stade actuel de nos connaissances, on dénombre quatre périodes successives d’occupation du site :
    •Environ 450 à 700 de notre ère : période Basket Maker III, l'agriculture se généralise (maïs, courges), associée à la chasse et à la cueillette, outillage lithique, travail de l'os, développement de la céramique et de la vannerie, maisons-fosses avec foyers centraux. (Certains ouvrages avancent les dates de 200 avant notre ère à 700 de notre ère)
    •Entre 700 et 900 : période Pueblo I : apparition de villages de maisons rectangulaires aux murs de pierre ; kivas cérémonielles
    •Entre 900 et 1100 : période Pueblo II
    •Entre 1100 et 1300 : période Pueblo III qui correspond à la construction de grands complexes architecturaux comme Mesa Verde et également au travail de l'argent et de la turquoise.

    Vivant de l’élevage et de la chasse, les premiers habitants de ces lieux se sédentarisèrent pour pratiquer l’agriculture. Ils maîtrisaient déjà la céramique et fabriquaient des vanneries, d’où le nom de Basket Mesa VerdeMakers (fabricants de paniers).
    Appelées « jacal », leurs maisons primitives étaient de simples puits étayés par des poteaux en bois. Rapidement, ils formèrent de petits villages, d'abord situés au pied des éperons rocheux, puis en hauteur, sur les «mesas».
    Vers 500 de notre ère, ils fabriquaient des céramiques, des arcs et des flèches et se mirent à élever des dindes.
    À partir de la phase Pueblo II, les Anasazis ont changé leurs habitudes en matière d’habitation. Ils commencèrent à construire de véritables habitations à la surface du plateau.
    Les maisons se transformèrent en villages que les Espagnols appelleront «pueblos».
    Au fil des siècles, les villages se transformèrent en villes et vers 1100, le plateau du Colorado connut une croissance démographique.

    On pense que les Anasazis ont construit ces troglodytes pour se protéger. La difficulté d’accès empêchait tout intrus de les attaquer.
    À partir de 1300 de notre ère, les Anasazis abandonnèrent les lieux. Cet abandon est-il dû à la sécheresse et donc la disette ? Plus récemment, les autorités locales ont décidé de substituer au terme Anasazi, une appellation plus générale «les anciens habitants du pueblo».

    Actuellement, plus de 23 tribus, en plus des Navajos, peuvent prétendre être les descendantes de ceux qui ont édifié les constructions de Mesa Verde.
    Ces tribus ont toutes des ancêtres qui ont habité des pueblos semblables dans le Nouveau-Mexique. Cependant, aucun autre édifice n’a égalé la splendeur de Mesa Verde.
    Les Anasazis sont devenus une légende pour tous les Indiens des plaines qui revendiquent le fait d’être leurs descendants avec fierté, particulièrement les Hopis et les Zunis. Ce lieu est sacré pour eux.

    Selon l’Unesco: Valeur exceptionnelle
    Le paysage de Mesa Verde dans le sud-ouest américain est considéré comme le site type de la culture préhistorique ancestrale Pueblo qui s’est développée pendant près de neuf cents ans, de 450 à 1300, sur ce plateau du sud-ouest du Colorado à plus de 2 600 mètres d’altitude. Il y a une grande concentration d’habitats spectaculaires d’Indiens Pueblos. Près de 600 ‘habitations rupestres’ ont été recensées dans le Parc national de Mesa Verde, y compris des édifices de plusieurs étages aussi célèbres que « Cliff Palace », « Balcony House » et « Square Tower House », en grès et en mortier de terre, et 4 100 autres sites archéologiques ont été mis au jour. Il y a régulièrement de nouvelles découvertes.
    Critère: Les sites archéologiques exceptionnels du paysage de Mesa Verde sont un témoignage éloquent des anciennes traditions culturelles des tribus amérindiennes. Ils représentent un lien graphique entre les modes de vie passé et présent des peuples Pueblos du sud-ouest américain.

     


    Sources: http://whc.unesco.org/fr/list/27/
    http://deamonspace.fr/histoire/enigmes/archeo/anasazi.php

     

     


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  • Artémis

    Artémis


    Artémis est identifiée à la Lune à l'opposé de son frère jumeau Apollon qui est le dieu du Soleil. Tous deux s'opposent et se complètent.
    Elle est la fille de Lêto et de Zeus. Née un jour avant son frère jumeau Apollon, elle aida sa mère, victime de la vindicte d’Héra,  épouse légitime de Zeus,  à accoucher de celui-ci. 9 jours et 9 nuits de long labeur qui font d’Artémis la déesse de la naissance.

    Une Déesse vierge
    Artémis est l'une des trois déesses vierges du mont Olympe. Les deux autres étant Athéna et Hestia. Elle est la fille bien aimée de son père, Zeus. Elle a quatre ans quand elle le rencontre et celui-ci, charmé, accède à toutes ses demandes : elle ne se mariera pas et veut vivre dans la forêt.
    Elle a fait le souhait de rester vierge et chaste toute son existence, comme une Nymphe. Elle punissait même les hommes qui tentaient de la séduire ou qui lui tenaient des propos irrespectueux. Un jour en effet, elle fut surprise dans son bain par Actéon; de colère elle le changea en cerf et laissa ses chiens le dévorer.
    Par sa virginité, elle était ainsi considérée comme la Déesse protectrice de la jeunesse. Son sens de l’intact la désigne protectrice des jeunes filles et “grande sœur”, amenée à défendre les droits des femmes.
    Cette chasseresse entretient un lien étroit avec le sacrifice du sang : elle protège la vie et dispense la mort, dans un double mouvement de bienveillance et cruauté. Artémis était un déesse ambivalente ; elle pouvait aussi bien provoquer la maladie qu’accorder la santé.

    Une Chasseresse hors pair
    Artémis fait partie du monde sauvage, mais son rôle est ambigu. D'un côté, fière et insoumise, elle est entourée d'animaux sauvages. Mais de l'autre, elle part au clair de lune chasser les cerfs et les biches, armée de son arc et de ses flèches.
    C'est une guerrière, protectrice des Amazones et de la nature. Aussi, elle est également déesse de la chasse et de la nuit.
    Artémis représente l’aspect sauvage, libre et indompté de la femme. En tant que déesse de la lune, elle est proche de ses instincts, de ses intuitions et de sa nature profonde.  Elle sait ce qu’elle veut ! Et c’est ce qu’elle fera: avec ses “sœurs”, les nymphes, elle parcourt les montagnes et les clairières, vivant à l’air libre. Elle se sent proche de la terre vierge et des lieux en marge ; elle aime et protège la végétation et les sources. Elle respecte les animaux et fait confiance à sa saine animalité : voilà une belle plante qui n’use pas de la séduction préfabriquée et qui “court avec les loups”.
    En tant qu’archère, elle a reçu de Zeus son père un arc et des flèches qui ne ratent jamais leur cible ! Elle vise et va droit au but en restant concentrée sur son objectif. Indépendante et combattive, elle aime se mesurer physiquement à l’homme et se considère son égale.

    Artémis était souvent identifiée à Hécate et comparée à Diane dans la mythologie romaine,. Chez les Romains, elle est plus cruelle envers ceux qui la méprisent.
    Artémis est très souvent symbolisée avec son arc doré et ses flèches d'argent, attributs qui lui permettent d'être en adéquation avec son rôle de chasseresse. Elle est aussi parfois représentée avec le croissant de Lune.

    Artémis

    Reconstitution du temple d'Artémis à Ephèse.

     

    Les sanctuaires d'Artémis
    Son principal lieu de culte est temple d'Artémis à Ephèse, qui constitue l'une des sept merveilles du monde antique. On recense également le lac Stymphale en Arcadie ainsi que le sanctuaire d'Artémis Orthia situé à Sparte.
    Éphèse était un centre religieux dédié à Artémis. Un jour, lorsque l’opulente cité a été frappée par une épidémie, l’oracle d’Apollon informa le peuple qu’un culte devrait être dédié à Artémis Soteira, la « sauveuse ». De plus, une statue d’Artémis, portant une torche dans chaque main, devait être adorée et ainsi chasser la maladie.
    À Éphèse, une Artémis aux nombreux seins était adorée.

     Artémis, la première féministe de l'histoire?

    Artémis

     


    http://dieux-grecs.fr/artemis.htm
    http://lune.le-sidh.org/2011/03/09/jardin-artemis

     

     

     


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  • La Vouivre

    De toutes les créatures qui hantent le Jura, la Vouivre en est sans conteste la reine. Depuis la nuit des temps, la Wivre comme la nommaient déjà les celtes, sillonne notre ciel. Elle a été retenue par tous les auteurs de recueils de contes et légendes; elle n’a cessé d’inspirer les romanciers, les poètes et les artistes.
     
    Ses origines
    Il est une interprétation qui ferait remonter la légende de la Vouivre à une croyance celtique. les Celtes croyaient que les serpents, au moment du frai, fabriquaient un œuf qui possédait un pouvoir magique et servait de talisman à celui qui avait eu la chance de s’en emparer sans succomber sous les morsures.
    Vouivre est le nom gaulois du serpent, bien qu’on le dise issu du latin: vipera, la vipère.
    La Vouivre, trop de témoins l'on vue, trop de personnes l'ont étudiée pour que nous osions en nier l'existence.
    La vouivre est une figure comtoise, sans doute un des souvenirs les plus importants qu'ait laissé en France la tradition celtique. Elle est la survivante de ces divinités des sources qu'adoraient les gaulois et qui se comptaient par milliers, elle a transporté à travers les âges, l'une des croyances les plus populaires de la Gaule antique. Cette croyance fort répandue à son époque, où la conquête romaine était toute récente, Pline l'Ancien la rapporte en ces termes :
    "En outre, il est une espèce d'oeuf en grand renom dans les Gaules et dont les Grecs n'ont pas parlé. En été, des myriades de serpents se rassemblent et s'enlacent collés les uns aux autres par leur bave et par l'écume qui transpire de leur corps, ils façonnent une boule appelée oeuf de serpent. Les druides disent que cet oeuf est soutenu en l'air par les sifflements des reptiles et qu'il faut le recevoir dans un manteau avant qu'il ait touché terre. En outre le ravisseur doit s'enfuit à cheval car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il ait mis une rivière entre eux et lui. Cet oeuf est reconnaissable à ce qu'il flotte sur l'eau même attaché à un morceau d'or ...J'ai vu moi-même un de ces oeufs, qui était de la grosseur d'une pomme moyenne ..."

     Quant à savoir, enfin, pourquoi la légende de la Vouivre s’était localisée surtout dans le Jura, le problème reste entier. A-t-elle mieux résisté qu’ailleurs à cause de l’isolement des populations de la “montagne”, touchées plus tardivement par le monde moderne ? Le paysage jurassien en particulier, avec ses reculées et ses murailles calcaires, ses éboulis rocheux et ses gouffres, ses résurgences, ses cours d’eau aux rives verdoyantes, ses sombres et humides forêts, s’est-il mieux prêté que d’autres à la fixation de la légende ? On ne sait trop.

    C’est Désiré Monnier qui, en 1818, dans son Essai sur l’origine de la Séquanie, mentionne semble-t-il pour la première fois la croyance populaire en la Vouivre. qu’il avait été amené à connaître. Il présente la Vouivre sous sa forme la plus pure : serpent ailé, elle traverse la nuit comme un trait de feu et porte au front une escarboucle qu’elle dépose sur la rive quand elle va boire ou se baigner ; celui qui pourrait alors s’emparer du joyau serait à jamais riche et heureux.

    Animal fantastique et légendaire , la Vouivre est insaisissable, aussi changeante dans sa forme et dans ses mœurs que l’inconscient des peuples et l’imagination des conteurs sans lesquels elle n’a pas d’existence. On peut cependant retenir quelques traits caractéristiques, permanents, qui forment comme le noyau de la légende.

    Description
    La Vouivre, conformément à l’étymologie du mot, est un serpent. Sa taille est variable: de quelques dizaines de centimètres à plusieurs mètres de longueur. Rarement pourvue de pattes, elle possède toujours deux grandes ailes de chauve-souris qui lui permettent de voler. Mais ce qui la caractérise surtout, c’est qu’elle porte au front, soit dans une cavité du crâne, soit à l’extrémité d’une sorte d’antenne griffue, une énorme pierre précieuse d’une valeur inestimable, le plus souvent un rubis, appelé “escarboucle”, parfois un diamant, et d’un éclat tel que lorsque la Vouivre vole, la nuit, elle laisse derrière elle comme une traînée de feu. Elle dépose cette escarboucle sur la rive, qu’elle cache dans la mousse, une touffe d’herbe, ou sous une pierre, avant de boire ou de se baigner ; c’est à ce moment-là seulement qu’on a des chances de s’en emparer : alors la fortune de l’audacieux est faite. Mais si la Vouivre surprend le voleur, sa vengeance est terrible.

    La Vouivre passe la plus grande partie de son temps sous terre. Son repaire peut être un trou qui s’ouvre à même le sol, une caverne au flanc d’une falaise, ou le souterrain d’un château en ruines. Mais elle fréquente aussi les milieux aquatiques : rivière tranquille miroitant sous les feuillages, étang paisible au milieu d’un bois, source courant sous la mousse ou s’étalant dans un bassin de pierre, parfois même fontaine en plein cœur d’un village. C’est là qu’elle va boire ou se baigner. La vouivre apprécie les lieux peu habités comme les marais, les grottes.

     La Vouivre n’est pas un animal vagabond. Elle a ses habitudes. Ses déplacements se limitent le plus souvent à se rendre de son repaire au lieu propice à ses ébats aquatiques. Parfois, elle vole d’un donjon ruiné à un autre, ou tournoie au-dessus d’un clocher, ou se laisse aller un temps au fil de l’eau. Ses sorties sont régulières. C’est tous les soirs qu’elle surgit, à heure fixe, pour aller se désaltérer. Exceptionnellement, le cycle peut être plus long. Ainsi, à Avoudrey, c’est chaque année, à Noël seulement, qu’on a des chances de l’apercevoir ; à Mouthier, c’est plus précisément encore, ce soir-là, au onzième coup de minuit.

    Tant qu’on ne la provoque pas, la Vouivre n’est pas un animal dangereux. Obéissant, comme une belle mécanique, aux impulsions de sa nature, elle reste indifférente au monde des humains. Mais si l’on tente de s’emparer de son escarboucle, la bête devient soudain furieuse, fond sur l’imprudent et s’acharne sur lui avec une telle férocité qu’il est bientôt mis en pièces.

    Si, dans la plupart des traditions la Vouivre reste conforme au modèle que nous venons de décrire, il n’en est pas de même des récits qu’elles rapportent, et qui diffèrent sur les moyens utilisés pour s’emparer de l’escarboucle ou la façon dont la Vouivre s’est vengée : c’est la Marguerite, de Mouthier, qui crut tenir l’escarboucle mais ne serrait dans son tablier qu’un “tro d’chou” ; c’est le jeune Dole qui ne dut la vie sauve qu’à sa fuite précipitée et à une prière à Notre Dame; c’est le paysan de Vannoz devenu “bossu des reins” depuis que la Vouivre l’avait écrasé sous le cuvier où il s’était dissimulé; c’est le vigneron de Mouthier qui, plus malin, avait hérissé son cuvier de pointes de fer contre lesquelles la Vouivre vint se déchirer; c’est aussi cet homme de Mouthe qui, étant parvenu à ravir l’escarboucle, n’eut plus dans les mains que du crottin de cheval ou des feuilles sèches, et en mourut de désespoir; c’est enfin le pauvre Nicolas, qu’on retrouva au matin réduit en cendres.
    Chaque commune de la région à sa propre vouivre et ses propres histoires, simple couleuvre ou bête monstrueuse, quelquefois mi femme mi serpente.

    Un bon expert du village de Bans apportait son propre témoignage à Charles Beauquier, vers la fin du XIXe siècle. "Je ne vous raconterai pas, avec les bonnes femmes, qu'on a vu la vouivre se baigner dans la rivière de la Cuisance, mais pour l'avoir aperçue dans les airs, c'est un fait positif. Une nuit, mes yeux furent frappés d'une grande lumière, je les levai vers le ciel et je distinguai clairement le serpent de flamme. Vous l'eussiez pris volontiers pour une étoile filante, un météore".

    Certaines traditions sont beaucoup moins pures, et la Vouivre s’y présente sous des formes diverses. C’est qu’elles ont été contaminées par d’autres croyances comme les dragons.
    Ainsi, la Vouivre d’Avoudrey, qui porte en plus de l’escarboucle une couronne de perles et de diamants, ressemble à nombre de “serpentes volantes” d’autres régions de France ; elle paraît aussi avoir subi l’influence iconographique de la “guivre” qui, sur les blasons, se trouve souvent représentée avec une couronne sur la tête.
    La vouivre de Valempoulières, qui passait pour garder un trésor fabuleux, reprend tout simplement le motif mythologique bien connu du dragon gardien de trésor.
    La vouivre de Cubry, quant à elle, n’est plus que l’avatar d’un autre dragon, celui que terrasse Saint Georges dans l’iconographie chrétienne.
    Il est d’autres traditions encore où la Vouivre n’est plus seulement une bête monstrueuse, mais où elle s’humanise, soit en se présentant comme une créature mi-femme, mi-serpent, soit en ayant été femme dans une existence antérieure.
    Ainsi, la Vouivre de Vadans n’est, dans certaines versions, qu’une copie de Mélusine ; dans d’autres, c’était une princesse punie de son égoïsme.
    De même, la Vouivre de Vaugrenans, qui aurait été la propre mère de Saint Georges, était devenue dragon à cause de sa méchanceté.
    Quant à la Vouivre de Cicon, elle dut sa transformation à l’immense chagrin qui l’accabla à la mort de son fiancé, et qui la rendit folle et acariâtre.

    Bonaventure Abry, d'Arcier rapporte ceux de quelques vieillards : "Elle mesurait 12 à 15 pouces ; elle n'était point malfaisante et avait la gueule trop petite pour pouvoir mordre. Sa tête était pourvue d'oreilles; elle manquait de pattes, mais elle possédait des ailes semblables à celles de la chauve-souris. Elle se nourrissait d'insectes et de reptiles et n'avait jamais touché aux fruits des vergers ou des vignes. Elle sortait rarement et seulement pendant les nuits d'été très obscures. On l'apercevait alors très facilement, car l'extrémité de sa queue était lumineuse comme celle d'un vers luisant, et de son vol rapide elle laissait derrière elle comme une traînée de lumière. Les habitants ne la redoutaient pas; lorsqu'ils la voyaient, ils considéraient la chose comme un présage heureux, et celui qui était sur le point d'entreprendre une affaire de quelconque importance, attendait souvent qu'elle se montrât pour se mettre à l'œuvre. Il paraît que, vers 1720, un soldat lui ayant tiré un coup de fusil, elle disparut pour toujours".

    A côté de ces monstres, on trouve d'autres fausses vouivres que l'on va jusqu'à appeler fées, puis sirènes, femmes serpents, et même Mélusine comme à Vadans les Arbois. Cette Mélusine est à considérer tout à fait à part; cette princesse d'Albanie condamnée pour parricide à l'état de demi-femme et de demi-poisson, est à l'origine de la maison des Poitiers par son mariage avec le sire de Lusignan, ou avec Raimondin, fils du comte de Forez.

    Enfin, la Vouivre passe pour dévorer les petits enfants. Peut-être y a-t-il eu là l’influence du motif héraldique de la “Guivre” avalant un enfant. À moins tout simplement qu’il s’agisse d’une invention de grand-mère, bien commode pour calmer les petits polissons ou interdire aux enfants de s’approcher de la rivière ou d’une tour qui menace ruine.

     


    http://crdp.ac-besancon.fr/vouivre/intro.htm
    http://monjura.actifforum.com/t75-la-legende-de-la-vouivre
    http://jeanmichel.guyon.free.fr/monsite/histoire/metiers/vouivre.htm

     

     


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  • L'Oiseau Tonnerre

    L’Oiseau Tonnerre

    L'oiseau-tonnerre est une créature surnaturelle importante dans la mythologie des Indiens de la côte du Nord-Ouest. La légende de l’oiseau-tonnerre appelé Wakin'yan représentait pour les Indiens à la fois le danger mais aussi la beauté de la nature. Il traversait le ciel, apportant la foudre et la grêle et ne laissant derrière lui que mort et destruction. Cependant, il amenait aussi la pluie indispensable à la terre et aux hommes.
    Les totems sculptés par les Indiens représentent souvent un oiseau-tonnerre.
    Les individus frappés par la foudre et ayant survécu deviennent souvent des shamans, car ils ont ainsi reçu le pouvoir de l'oiseau monstre.
    Dans le grand cercle de la vie, il a la responsabilité de brûler et d'anéantir toutes les manifestations des forces surnaturelles négatives qui pourraient être déployées contre les humains. Le bruit du tonnerre est causé par le battement de ses ailes démesurées, alors que les éclairs déchirant le ciel sont provoquées par le clignement de la paupière de ses yeux perçants.
    Il porte dans son bec des serpents scintillants d'éclairs.
    Les masques représentent cet oiseau comme multicolore, doté de deux cornes et d'un bec muni de dents.
    Les oiseaux-tonnerre sont parfois tenus pour être des créatures solitaires vivant sur la cime des montagnes ou voyageant en groupe.
    Les oiseaux-tonnerre des cimes montagneuses sont les servants du Grand Esprit et ne volent que pour porter des messages. Les tribus Kwakiult et Cowichan pensaient que les oiseaux-tonnerre qui vivaient en groupe prenaient forme humaine en tombant le bec en arrière (comme un masque)  et en rejetant leurs plumes comme une couverture. Certaines légendes racontent des histoires de ces oiseaux-tonnerre "humains" épousant des femmes.

    Légende:
    Il était une fois un grand faucon, le plus grand des faucons qui n’aient jamais vécu sur Terre.
    Il était si grand que ses ailes faisaient de l'ombre à deux wigwams quand il volait au-dessus d'un village. Heureusement pour les hommes, il était bon et aimable envers ceux qui l'approchaient.
    Outre qu'il était gros, ce faucon était également très puissant. Il pouvait chanter un chant spécial et tous les faucons qui étaient sur le territoire venaient tenir conseil avec lui. Un autre attrapait tous les nuages de pluie qui se trouvaient dans le voisinage et les amenait jusqu'à lui. On disait même qu'il avait un chant qui faisait sauter les souris et les lapins dans ses serres quand il tournoyait près de la terre. C'était un faucon qui avait un grand pouvoir.

    Ce faucon était si puissant que les Créatures du Tonnerre décidèrent un jour de lui donner un chant spécial qui, lorsqu'il le chanterait, lui permettrait de les amener jusqu'à lui. Elles lui dirent que pour chanter ce chant correctement, il devrait d'abord construire une hutte circulaire assez grande pour lui-même et tous les autres animaux qu'il voudrait inviter à l'écouter. Elles lui dirent qu'il devrait faire un autel circulaire d'une espèce particulière et y déposer des représentants des règnes minéral, végétal et animal. Elles lui dirent qu'il devrait remercier le Grand Esprit avant de chanter et se montrer reconnaissant envers les Créatures du Tonnerre qui partageaient leur pouvoir avec lui. Un été, il décida de chanter ce chant, aussi fit-il ce que lui avaient ordonné les Créatures du Tonnerre. Il invita quelques faucons, un aigle, deux corbeaux, un vautour, une orfraie à se joindre à lui dans le wigwam. Ils acceptèrent et quand le chant fut chanté et que les Créatures du Tonnerre furent venues, ils quittèrent tous le wigwam, sachant que le chant qu'ils avaient entendu leur avait conféré un pouvoir spécial.

    Le Grand Faucon avait accumulé des pouvoirs remarquables et un attouchement de ses ailes pouvait désormais guérir ses amis des plus graves blessures. Tout le pouvoir qu'il avait devint trop grand pour lui, si bien qu'au lieu de se souvenir de remercier chaque matin le Grand Esprit, il commença à s'enorgueillir et à chanter partout où il allait : "Je suis le plus puissant de tous les faucons. Je suis le grand Kaïk-Kaïk-Kaïk."
    Le Grand Esprit regardait le faucon et gardait patience, espérant qu'il se souviendrait. Mais il ne se souvint pas et devint de plus en plus orgueilleux.

    Un matin, il décida qu'il allait une fois encore chanter le chant des Créatures du Tonnerre de façon à obtenir encore plus de pouvoir. Il décida qu'il était si puissant qu'il n'avait pas besoin de prendre la peine de construire le wigwam et de faire les préparatifs qu'on lui avait recommandé de faire. Il ne se donna même pas la peine de remercier le Grand Esprit ou les Créatures du Tonnerre. Cette fois, il invita tous les oiseaux et tous les animaux afin qu'ils fussent les témoins de son pouvoir.
    Dans son nid, au sommet du plus grand arbre des environs, il se mit à chanter son chant. Il prenait un air avantageux et se vantait tant et plus tandis qu'approchaient les Créatures du Tonnerre. Soudain un éclair jaillit de l'un des nuages et se transforma en une boule de feu au moment où il touchait le bout de l'aile du Grand Faucon. Tout aussi soudainement, la boule de feu et le faucon disparurent avant qu'aucun des autres animaux ne fût touché. Tous ceux qui étaient là regardaient autour d'eux, n'en croyant pas leurs yeux.

    Le Grand Faucon se retrouva dans le ciel, devant le Grand Esprit.
    L'Oiseau Tonnerre"Grand Faucon, dit le Grand Esprit, tu es devenu trop arrogant. Tu oublies de dire merci. Tu oublies les rituels que l'on t'a transmis. Puisque tu as offensé les Créatures du Tonnerre en abusant du présent qu'elles t'avaient fait, tu seras désormais leur serviteur. Tu resteras un grand et bel oiseau, mais tu ne pourras plus appeler le tonnerre. C'est lui qui t'appellera. Chaque fois que les Créatures du Tonnerre sortiront pour accomplir leur tâche, tu iras avec elles. Ainsi, ne tireras-tu pas vanité du regard des humains, tu seras toujours en partie caché derrière les nuages. Tu apparaîtras à certains comme une étrange formation nuageuse, et à d'autres comme une forme de flammes créée par l'éclair. Seuls ceux qui ont une très bonne vue te verront tel que tu es, l'oiseau de feu, l'Oiseau-Tonnerre. Va maintenant et sers ceux que tu as offensés jusqu'à ce que tu aies appris le plaisir qu'il y a à servir et à se souvenir de sa place dans l'univers."

    Et c'est ainsi que l'Oiseau-Tonnerre vient à exister.

     


    Sources: http://cheyenne49.e-monsite.com/pages/legendes/l-oiseau-tonnerre.html
    http://coeva.over-blog.com/article-l-oiseau-tonnerre-101270986.html

     


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  • Morrigan

    Morrigan


    Morrigan
    Dans la mythologie celtique irlandaise, Morrigan (qu’on nomme souvent LA Morrigan ou Morrigu) signifie Grande Reine. Fille d’Ernwas, des Tuatha Dé Danann, c’est la déesse de la bataille, des différends, de la victoire, de la mort et de la fertilité. Elle possède une triple identité composée de Macha (Plaine), de Nemhain ("frénésie") et de Badba ("corneille" ou "corbeau"). Sous cette forme, elle survole les champs de bataille et choisit ses futures victimes. Elle est la déesse de la mort, mais aussi de la sexualité, de la guerre et de la fertilité. Elle possède une chevelure rouge et une énergie démoniaque qui est réputée pour sa puissante influence sur la vie des Celtes. Son nom signifie aussi "Reine des Fantômes".

    Déesse dite guerrière, elle n'est pas essentiellement une combattante, mais procède à la qualification des héros. Elle était capable d'inspirer la panique ou de posséder un guerrier au point de le faire entrer dans une frénésie meurtrière. Elle utilisait la magie afin d'influencer l'issue des combats et pouvait aussi se transformer en animal: louve, corneille.  Détentrice des savoirs, elle est notamment sous la forme Bodb (la Corneille) l’annonciatrice des destins.

    Elle est l’épouse du dieu-druide le Dagda. Sur les champs de bataille, elle apparaît souvent comme corbeau ou corneille et pour l’invoquer, il faut croasser. Son équipage est rouge, son cheval qui n’a qu’une seule patte l’est aussi, et elle même est rousse avec une cape rouge. Le rouge, couleur de sang et de la mort en fait la déesse des Morts; d’où sa désignation comme étant la Reine des Fantômes.

    Elle était dépeinte tantôt comme une jeune femme d'une très grande beauté, tantôt comme une vieille femme hideuse au rire plein de haine. Elle possédait de multiples visages.

    Les premières mentions de la Morrigan se trouvent dans les histoires du Cycle d’Ulster, où elle a une relation ambiguë avec le héros Cúchulainn. Elle joue un rôle significatif dans le développement de ce héros, lui apparaissant alors qu’il n’est qu’un jeune garçon. Le jeune héros se réveille au milieu de la nuit et sort, pensant retrouver son mentor, Conchobar. Mais à la place, le garçon trouve un fantôme qui essaie de l’attaquer. Cúchulainn n’est encore qu’un piètre combattant et la Morrigan se moque de sa couardise.
    La rencontre suivante se déroule lorsque le héros a atteint l’âge adulte. Dans le Táin Bó Cúailnge (la razzia des vaches de Cooley), sous l’apparence d’une belle et jeune fille aux sourcils roux, elle tente de séduire Cúchulainn, qui refuse ses avances. Elle le menace sous l’aspect de différents animaux et, pendant qu’il combat, elle s’enroule autour de sa cuisse en prenant la forme d'une anguille. Le héros s’en défait et la blesse. Elle profère une série de menaces et prédit une prochaine bataille au cours de laquelle il sera tué. Elle lui dit "je garderai ta mort", avant de disparaître, ne laissant derrière elle qu’une corneille. Cúchulainn comprend donc qu’il n’aurait pas dû agir ainsi. Il est alors absent du combat pour un long moment, mais lorsqu'il revient combattre, il aperçoit une jeune femme qui lave ses vêtements ensanglantés dans la rivière. Il sait alors que son heure a sonné.
    Plus tard, c’est en corneille qu’elle assiste à l’agonie de Cúchulainn, perchée sur son épaule.

    La Morrigan apparaît aussi dans les textes du cycle mythologique, le Lebor Gabála Érenn, compilation pseudo historique du 12e siècle. Elle y est listée parmi les Tuatha De Danann (littéralement “le peuple de la déesse Danu”), comme une des filles de Ernmas, petite-fille de Nuada.
    Dans les histoires des Tuatha De Danann, la Morrigan recouvre l’Irlande d’un brouillard protecteur, afin qu’ils ne soient pas envahis.

    Elle apparaît aussi dans Cath Maige Tuireadh (La Bataille de Mag Tuired) : à Samhain, le Dagda la trouve en train de se laver dans le gué (elle est alors sous la forme d’une jeune femme rousse), debout avec un pied sur chaque rive de la rivière Unius. La veille de la Seconde Bataille de Mag Tuiredh, avant de s'accoupler avec le Dagda, elle lave les corps ensanglantés et les armures de ceux qui meurent au combat. Ils s’unissent et elle lui promet ensuite de sommer les mages d’Irlande de jeter des sorts pour les Tuatha De Danann, et pour détruire Indech, le roi Fomorien.
    Cet accouplement est aussi un symbole de fertilité pour la rivière et la terre.

    Alors que la bataille va commencer et que le chef des Tuatha De Danann demande à chacun ce qu’il va apporter dans la bataille, la Morrigan répond : "je poursuivrai ce qui a été surveillé; je serai capable de tuer; je serai capable de détruire ceux qui pourront être soumis." Lorsqu’elle arrive au champ de bataille, elle chante un poème et immédiatement la bataille éclate et les Fomoriens sont rejetés à la mer. Après la bataille, elle chante un autre poème célébrant la victoire et prédisant la fin du monde.

    Morrigan est associée à l’eau, principalement par ses aspects de fertilité, mais aussi en tant que symbole de sagesse, de mystère et de prophétie : elle est une puissante devineresse dont les prophéties se rapportent généralement à la guerre.
    Selon l’eschatologie celte, à la fin du monde, Morrigan/Babd renversera le chaudron primordial, détruisant tout et faisant disparaître à tout jamais les eaux de la vie.

    Morrigan a, selon certains critiques, servi d'inspiration à la Fée Morgane. Morgane serait une variante gaëlique de Morrigan et les deux personnages peuvent se transformer en oiseau.

     

    Morrigan

     

    Sources: http://scathcraft.wordpress.com/les-dieux/an-morrigan/la-morrigan-informations-compilees/
    http://encyclopedie.arbre-celtique.com/morrigan-3182.htm  http://metal-blogs.com/warmetal/2007/06/29/morrigan/

     


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