• (Dans un cimetière de Dublin)

     

    La Croix Celtique

    La croix celtique ou croix nimbée est une croix dans laquelle s'inscrit un anneau. Les branches de la croix dépassent toujours de l'anneau, et sur les représentations les plus détaillées, le cercle est en retrait par rapport à la croix.

    Les croix celtiques sont souvent ornées d’entrelacs, de nœuds, symboles de vie, mais aussi des représentations du serpent, symbole de renaissance.

    Le dessin de la croix celtique remonte très loin dans le temps comme en témoignent les rouelles de l'Âge de Bronze (ci contre). Il se retrouve aussi bien dans le tracé des camps vikings que dans celui des populations indiennes de l'Amérique du nord.

    Ces symboles, appelés roues solaires, apparaissent dès le néolithique (6000 av. J.C.) et dans des Gravures rupestres de Suède.
    Un symbole graphiquement semblable a aussi été utilisé dans d'autres traditions non chrétiennes. On le retrouve chez les Indiens des plaines d'Amérique. Il était très couramment utilisé et servait à orienter l'espace avant chaque cérémonie, comme l'explique Élan noir dans: Rites secrets des indiens Sioux, Le mail, 1992.

    La forme la plus connue de nos jours reste néanmoins la croix celtique ornée d'entrelacs. Dans le dessin des entrelacs, les “nœuds” correspondent à autant d'états ou de modalités d'un état que l'être doit parcourir avant de rejoindre les états supérieurs ou le Centre.

    Sa dénomination découle principalement de son apparition dans les contrées celtiques britanniques entre le VIIe et le IXe siècle, notamment au pays de Galles, en Écosse et en Irlande. Elle est le symbole caractéristique du christianisme celtique.

     La croix est l'un des symboles fondamentaux de l'humanité et cela bien avant l'arrivée du christianisme.
    Les chrétientés Celtiques d'Irlande ont, dès le IIIe s, développé le symbolisme de la croix cerclée, synthèse intime et parfaite entre la tradition Celtique et le christianisme.
    La croix celtique se retrouve dans beaucoup d'endroit (essentiellement des cimetières) car le christianisme a récupéré au travers de la croix chrétienne (croix simple) une partie de la symbolique "païenne".

    L'utilisation chrétienne combine une croix latine (croix à jambe inférieure plus longue que les autres) avec le cercle, tandis que les autres utilisations (symboliques, politiques, etc.) sont basées sur une croix régulière (chaque branche de la croix a une longueur identique).

    (Monastersboice)


     Beaucoup de croix en pierre avec un cercle en son centre ont été érigées dès le début du VIIe siècle en Irlande et sur l'île de Bretagne (aujourd'hui "Grande-Bretagne"). Hormis l'Irlande, on en rencontre donc en Écosse, au Pays de Galles et en Cornouailles, bien que dans cette dernière région, le modèle de croix diffère, le cercle étant généralement plus large que la croix.

    Les plus connues sont celles d'Irlande, avec la croix de Kells (comté de Meath) et celle de Monasterboice (comté de Louth), ou Clonmacnoise, qui est probablement la plus ancienne, même si la date exacte où ces croix ont été érigées n'est pas connue avec précision.
    On en trouve également en Bretagne et d’autres contrées de France.

    (Clonmacnoise - Irlande)

     Dans la symbolique celtique:
    Trois cercles sont représentés signifiant les différents niveaux de l’univers :
    - le chaos/ l’Incréé de l’Univers/ la Source, ou cercle divin (Keugant)
    - le monde terrestre/ expérience humaine ou cercle des migrations (Abred)
    - la lumière/ le cercle final ou cercle de la Lumière blanche (Gwenwed)

    C’est le parcours symbolique de l’âme qui est ici représenté.
    L’âme doit accéder à ces différents niveaux afin de monter vers le niveau suprême (Gwenwed). Il s’agit d’une représentation de l’expérience humaine, de ses embûches, réussites et expériences. Si l’âme ne peut pas accéder au niveau suprême, elle peut demander à revenir dans le Keugant et d’attendre de se réincarner dans une autre vie, un autre corps pour mieux accéder au niveau suprême.

    Gwenwed est le monde éternel où le temps et le changement sont «suspendus». Il représente le 5ème élément, l’Ether, la lumière divine.

    Les 4 branches de la croix représentent les 4 éléments: Eau, Air, Feu, Terre avec une représentation végétale (Gui, Trèfle, Epi, Gland), solstices et équinoxes, les quatre saisons et aussi la division Celtique traditionnelle d'un territoire en quatre.
    Le centre est un lieu de passage et de communication symbolique entre ce monde et l'autre, les entrelacs, présents sur les pieds des croix, expriment le mouvement sans fin de l'évolution et de l'involution des faits cosmiques et humains.

    Un 4ème cercle, représentant le monde souterrain ou l’enfer celte, le cercle d’Annoum ou Anwn, vient s’inscrire sur le cercle d’Abred aux intersections avec la croix, donnant 8 petits cercles entourant le cercle central, Gwenwed. Il s’agirait d'une représentation du système solaire: le Soleil au centre et huit autres planètes: Mars, la Lune, Mercure, vénus, Jupiter, Neptune, Saturne, Uranus. (Interprétation moderne de la croix).

    Il convient donc de rappeler que la croix celtique est un résumé de la cosmogonie celtique, un symbole celto-chrétien propre aux nations celtes et une expression de l’esprit de celles-ci.
    Elle ne peut en aucun cas appartenir à des groupes ou des individus n’ayant aucun lien, ni culturel ni national, avec la celtitude.

     

    (Brompton Cross)

     


    Sources: Wikioédia - http://antique.mrugala.net/Celte/Croix%20celtique.htm 
    http://users.skynet.be/lotus/cross/celtic0-fr.htm - http://www.ledifice.net/7515-1.html


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  • Le Muguet

    Emblème du printemps, le muguet symbolise la renaissance après le morne hiver, ainsi que la chance.

    Le muguet fleurit quand vient le printemps, il a donc été depuis longtemps une plante idéale pour célébrer la nouvelle saison, les beaux jours qui reviennent et pour s’attirer de futures bonnes récoltes.

    Le nom latin de la plante (Convallaria majalis) indique qu'elle pousse en mai dans les vallées. On l'appelle d'ailleurs parfois lys des vallées, formulation que l'on retrouve dans son nom anglais « lily of the valley ». Quant à son nom français, connu dans les textes depuis 1200 sous la forme mugue ou musguet, c'est un dérivé de musc, sans doute une altération de muscade, en raison du parfum de la fleur.

    De nombreuses légendes entourent la naissance du muguet.
    La légende grecque veut que le muguet fut créé par Apollon, dieu du mont Parnasse, pour en tapisser le sol, afin d’offrir à ses neuf muses aux pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher.

    La déesse nordique Ostara, célébrée à l'équinoxe de printemps, était associée au muguet.
    Les Celtes attribuaient déjà des vertus porte-bonheur à cette plante: sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature.

    La légende chrétienne narre l’histoire de Saint Léonard, ermite réfugié en forêt qui dût se battre contre un dragon. Sorti vainqueur de la bataille, on dit que les gouttes de sang qu’il versa au cours de la bataille donnèrent naissance à des pieds de muguet. Cette légende expliquerait en partie la croyance que le muguet porterait chance.
    A cette époque, symboliquement, la blancheur immaculée du muguet, son parfum le rapprochait de la douceur, de l’humilité, de la chasteté de la Vierge Marie. Une autre légende raconte que les larmes que la Vierge versa au pied de la croix de Jésus Christ, se transformèrent en grelots semblables aux clochettes du muguet.

    La tradition du muguet porte-bonheur viendrait de cette légende disant qu'en 1560, Charles IX alors âgé de 10 ans et sa mère Catherine de Médicis visitent la Drôme où le chevalier Louis de Girard de Maisonforte offre au jeune roi un brin de muguet cueilli dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Le roi, charmé, reprend cette pratique d'offrir chaque printemps un brin de muguet à chacune des dames de la cour en disant « Qu'il en soit fait ainsi chaque année », la coutume s’étendant rapidement à travers tout le pays.

    Une autre version veut qu'en 1560, Catherine de Médicis charge le chevalier de Saint-Paul-Trois-Châteaux d’une mission secrète auprès des Borghèse, ce dernier revient de chez cette riche famille italienne et, en guise de réussite de sa mission, offre au roi à la cour de Fontainebleau un bouquet de muguet trouvé dans les bois.

    La fleur des fiançailles
    Au Moyen Age, selon la coutume, les jeunes hommes accrochaient un brin de muguet à la porte des demoiselles pour signifier leur affection et leurs intentions conjugales. Aussi, cette tradition était particulièrement répandue au mois de mai. En effet, ce mois était considéré comme la période des fiançailles.

    En France, dès 1793, le calendrier républicain de Fabre d’Églantine propose une fête du Travail (« jour du travail ») au 3e jour des sansculottide (le « tridi »), tandis qu'il associe le muguet au « jour républicain », le 26 avril et non le 1er mai, rompant ainsi avec cette tradition royale.

    Cette tradition se perd jusqu'au 1er mai 1895 qui voit le chansonnier Félix Mayol débarquer à Paris, gare Saint-Lazare, et se faire offrir un bouquet de muguet par son amie parisienne Jenny Cook. Une anecdote publiée dans ses mémoires rapporte que faute de trouver un camélia, que les hommes élégants portaient à l'époque au revers de leur redingote, il prend un brin de muguet le soir de sa première sur la scène du Concert parisien. La première étant un triomphe, il conserve ce muguet qui devient son emblème et relance peut-être cette coutume.

    Au XIXe siècle autour de Paris, les cueillettes de muguet donnaient lieu à des fêtes populaires.
    Au début du 20°siècle les couturiers organisèrent une fête du 1er mai en bois de Chaville situé en région Ile de France. Ils offraient à cette occasion des bouquets de muguets à leurs clientes et leurs ouvrières. Christian Dior en fait l’emblème de sa Maison de couture. Dès lors, cette coutume du 1er mai devient une fête dans la région parisienne et la fête du muguet fut reprise par le tout Paris. A partir de 1956, pendant plus de 10 ans la fête du muguet durait en ce lieu 15 jours !

    Le muguet porte-bonheur et la fête du travail
    Ce n'est qu'au début du XXe siècle qu'il sera associé à la Fête du travail, qui date elle-même de 1889.

    A son origine, les travailleurs offraient des églantines rouges pour la fête du travail.
    En fait, sous Pétain, en 1942, des affiches de la campagne du 1er mai du Maréchal Pétain représentaient une main de travailleur cueillant un brin de muguet dans la terre, avec une annotation: 1er mai Fête du travail. C’est ainsi qu’une plante porte-bonheur, virginale vint remplacer une fleur rouge, à la symbolique révolutionnaire.
    Cette mesure du 1er mai comme jour férié fut reprise en 1947 après la guerre par le gouvernement issu de la Libération.

    Il se vend en France chaque année 50 millions brins de muguet (vendus à l'unité ou en pots), 80% de la production étant réalisée dans la région nantaise par une trentaine de producteurs répartis sur une demi-douzaine de communes.

    Aujourd’hui, le muguet est plus que jamais la fleur du 1er mai, autant pour sa portée politique que pour ses vertus porte-bonheur.

    C'est en parfumerie  que le muguet est surtout connu, même s'il y est rarement utilisé sous sa forme naturelle. Dès le XVIe siècle, le muguet était un parfum apprécié, notamment des hommes, puisque le terme muguet a servi à désigner jusqu'au XIXe siècle un jeune homme affecté, élégant, galant auprès des dames. On disait également «il fait le muguet».
    Aujourd'hui on l'utilise dans les parfums féminins comme note de cœur, mais sous forme synthétique, le terpinéol (ou terpinol) étant un excellent succédané.

    Le muguet est souvent utilisé comme parfum de savon.
    Plusieurs parfums l’ont mis en valeur : Diorissimo de Dior, Anaïs Anaïs d’Anaïs, Parfum d’été de Kenzo, Pleasures d’Estée Lauder.

    D'après le langage des fleurs, le muguet signifie « retour du bonheur », et il couronne 13 ans de mariage.

    Au Québec, les croyances liées au muguet, faisaient qu’un brin de muguet cueilli en mai servait de porte-bonheur. C’est pourquoi ce brin était conservé dans son portefeuille ou son missel. En Normandie et en Haute Bretagne, le muguet du 1er mai était cueilli ce jour là et porté sur soi toute la journée.

    Le muguet, une plante délicieusement parfumée mais toxique
    Il faut savoir que le muguet est une plante toxique. Tant en suçant une tige, qu’en mangeant ses fruits, ou en buvant de l’eau où la plante a été mise. Cette plante était utilisée quelque fois en remplacement de la digitale.

    Le muguet est bien entendu la fleur emblématique du 1er mai: offrir du muguet à quelqu’un ce jour-là, c’est lui souhaiter beaucoup de bonheur.
    Si vous offrez un brin comportant 13 clochettes, vous adresserez au destinataire des vœux de félicité éternelle…

    Le muguet est une de ces fleurs qui peuvent s’offrir sans aucune connotation amoureuse : n’hésitez pas à en faire cadeau autour de vous !

     

    Et avec ce brin je vous souhaite à tous beaucoup de bonheur pour toute l’année.

     

    Le Muguet

     

     

     

     

    Sources: http://blog.interflora.fr/encyclopedie-des-fleurs/fiches-fleurs/muguet/ 
    https://scribium.com/chantal-dumont/a/la-fete-du-muguet-de-mai-son-origine-son-symbole-porte-bonheur/

     

     

     

     

     


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  • La Pivoine

    La Pivoine

    Pour Béa


    Fleur de légendes vénérée par les Chinois, la pivoine a beaucoup à nous conter…Du grec paeonia (littéralement «plante à guérir»), la pivoine a très tôt connu le succès grâce à ses vertus curatives. Au regard de son incomparable beauté, elle n’a pourtant rien à envier à la rose!

    En Chine, les pivoines herbacées ont été cultivées avant tout comme plante médicinale. Il y a environ 2000 ans, la Chine commença à cultiver la pivoine pour traiter diverses affections, comme la paresse hépatique ou les faiblesses du sang.

    Cette fleur est aujourd’hui adulée autant pour son opulente beauté que pour ses vertus médicinales. Elle est encore très cultivée pour la production de médicaments, fabriqués à partir de l’écorce de ses racines.

    La pharmacopée japonaise l'utilise comme antispasmodique. Dans la médecine traditionnelle chinoise, c'est sa racine pelée, découpée en tranches qui est utilisée. Connue sous le joli nom de 白芍药 (báisháoyào), elle a pour fonction traditionnelle d'enrichir le sang, de consolider le yin, de réguler le foie et calmer la douleur.

    Des textes antiques nous prouvent que les Grecs étaient déjà conscients des nombreuses vertus qu’offre la pivoine. Vers 400 ans av J.-C., le fameux médecin grec Hippocrate se servait de la plante dans le traitement de l’épilepsie, pour favoriser les menstruations et l’expulsion du placenta après les accouchements.

    Il faudra attendre 500 ans avec l’arrivée de la dynastie Song (960-1279) pour que la pivoine soit appréciée pour ses qualités esthétiques et son incroyable parfum. Elle orne alors les palais impériaux et inspire les artistes qui la déclinent en peinture, porcelaine, poteries…

    La PivoineLa PivoineLa PivoineLa Pivoine

    Symbolique:
    Pour les Chinois, la pivoine est riche de symboles: on l’associe à la beauté féminine mais elle est aussi l’emblème de l’abondance et de la réussite sociale.

    Considérée comme la reine des fleurs, la pivoine incarne aussi l’amour. Représentées par trois, elles sont également le symbole du printemps. Sous la dynastie Song (960-1279), elle a été appelée "fleur de richesse et de prestige" et était représentée sur de nombreux objets.

    Aujourd’hui encore, des tableaux représentant des pivoines sont accrochés dans les maisons, pour favoriser la chance, ou dans les bureaux, pour favoriser les bonnes affaires.

    Symbole floral traditionnel de la Chine, fleur de l'état de l'Indiana et fleur du 12e anniversaire de mariage, la pivoine est connue comme la fleur de la richesse et de l'honneur. Avec leur apparence luxuriante, pleine et ronde, les pivoines incarnent le romantisme et la prospérité et sont considérées comme un présage de bonne fortune et de mariage heureux.

    Mythes et légendes
    Entre la pivoine et les dieux, c’est une histoire sans fin et pleine d’ambivalence.

    Dans son Iliade, Homère est le premier à donner ses lettres de noblesse à la fleur au travers de l’histoire de Péon. Ce médecin des dieux de l’Olympe aurait guéri Hadès, blessé mortellement par Hercule, grâce à la racine de pivoine.

    Dans une autre légende grecque on raconte que la nymphe Péone, fille d’Asclépios dieu de la médecine et de la nymphe Epione, était si courtisée par les dieux qu’une déesse, folle de jalousie, l’aurait transformée en une fleur aux mille pétales: la pivoine.

    Nous connaissons tous l’expression populaire «rougir comme une pivoine» ? Le sentiment de honte ressenti par la nymphe Péone, qui fut transformée en cette fleur, pourrait en être à l’origine, mais toutes les pivoines ne sont pas rouges.
    Ou aussi que son père, jaloux, la trouvant trop impudique, menaça de la tuer, alors Zeus la sauva en la transformant en pivoine. 

    Théophraste considérait la pivoine comme une plante magique, liée au cosmos tout entier. Il préconisait des règles très spécifiques pour sa cueillette, car mal exécutée, celle-ci pouvait conduire à d’atroces souffrances…: «Cette plante doit être arrachée la nuit; si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus.»

    Il est dit que l'Empereur Yang-Ti (605-618) plaça la pivoine sous protection impériale et qu'elle fut dès lors vénérée comme fleur nationale. Certaines variétés étaient vendues 100 onces d'or (environ 3 kg) la plante.
    La culture de la pivoine était très importante, surtout sous la dynastie des Tang. On liait même le destin de la fleur à celle du pays, l'épanouissement de la fleur de pivoine reflétant la prospérité de la Chine.

    En Chine, on raconte que Wu Zetian, unique impératrice de l’histoire de la Chine, se promenait dans ses jardins un soir d’hiver de l’an 691. Etonnée de n’y trouver aucune fleur, elle ordonna à celles-ci de fleurir pendant la nuit. Toutes les fleurs s’exécutèrent excepté la pivoine qui refusa de fleurir hors saison. Ses longues tiges restèrent nues sans la moindre petite feuille verte. L’impératrice, humiliée, bannit alors toutes les pivoines de sa ville, Xi’an, et les renvoya à Luoyang, qui devint plus tard la capitale de la fleur.

    La pivoine trouve aussi sa place dans l’histoire de France: au Moyen Age, les bracelets de graines de pivoine permettaient d’après les croyances de se protéger des mauvais esprits, des maladies et des tempêtes.

    La Pivoine

    La pivoine fut une immense source d’inspiration pour le peintre Edouard Manet (1832-1883). On la retrouve en fleurs coupées, notamment dans Le vase aux pivoines et Branches de pivoines blanches et sécateur. La forme et le rythme de ses pétales évoquaient la complexité des sentiments passionnels. Dans son poème «Pétales de pivoine», Apollinaire associe la fleur à la beauté féminine.

    Guerlain l’a décliné dans son parfum Aqua Allegoria, où les essences de la fleur sont sublimées par la bergamote et le pamplemousse rose. Thierry Mugler propose aussi une variation de son parfum mythique Angel avec Pivoine Angel, qui marie la force du patchouli à la douceur de la pivoine.

    Dans nos sociétés occidentales et le langage des fleurs, la pivoine est plutôt symbole de sincérité et de timidité, on dit aussi d’elle qu’elle apporte la protection. Associée à d’autres fleurs dans un bouquet, elle renforce leur message.

    · Pivoine multicolore : Ta beauté nourrit mon désir pour toi.
    -
    Pivoine blanche : Je suis heureux de t'aimer.
    · Pivoine mauve : Mon amitié pour toi est forte.
    · Pivoine rouge : J'ai pour toi un désir charnel ardent.
    · Pivoine rose : Je t'aime mais suis trop timide pour l'exprimer.

     

     

     

     http://blog.interflora.fr/encyclopedie-des-fleurs/fiches-fleurs/pivoine/
    # http://taijiqigong.over-blog.com/article-la-chine-des-symboles-la-pivoine-52220164.html

     

     

     

     


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  • Le Gui

    La plante sacrée des druides


    Le gui, que les Grecs associaient à Hermès, dieu messager de l'Olympe et dieu de la santé, était aussi considéré comme une plante sacrée du temps des Gaulois.
    Les Germains et les peuples du Nord considèrent cette plante comme « magique » et sa consommation permettrait de communiquer avec les esprits des morts.

    C'était le gui cueilli sur le chêne — chose rare — qui était recherché. Le chêne était l'arbre du soleil qui symbolisait la force et la puissance. Le gui était l'arbuste de la lune.
    Pour les anciens, cette plante qui se développait en dehors des énergies terrestres et de l’intervention humaine n’était pas d ‘origine terrestre mais cosmique. Plante extra terrestre, plante de la lune ancienne, du temps où le monde était différent, un monde d’eau. Selon Rudolf Steiner, cette plante serait à mi-chemin entre le règne végétal et le règne animal.

    Si, de tout temps, le gui a bénéficié d'une "aura" mythique, c'est en raison de sa croissance et de son mode de vie particulier. En effet le gui n'est pas vraiment une plante adaptée à la vie sur terre, il ne peut s'implanter sur le sol. A la différence des autres végétaux, il ne suit ni le phototropisme, ni le géotropisme. Au contraire il forme des touffes arrondies et se crée presque un espace intérieur, qu'il pénètre de vie, ce qui est le propre de l'animal. Par ailleurs, les branches, même âgées de 20 ans, sont toujours vertes, ce qui les différencie des autres plantes. Sa graine est, aussi, particulière à tel point qu'on la nomme embryon, comme pour le règne animal. L'embryon reste toujours vivant dans son enveloppe de mucosité, il traverse l'intestin de l'oiseau, au lieu, comme les autres graines de végétaux, de reposer un certain temps dans la terre. A aucun moment de son cycle végétatif, le gui n'a de contact avec la terre.

    Le gui n’est pas un parasite comme on le croit, au contraire il effectue un échange avec l’arbre qui lui permet de se maintenir en bonne santé, nombre d’expériences l’ont prouvé.

    Un des plus célèbres mythes de la mythologie nordique implique le gui. D'après l'Edda de Snorri, le dieu Baldr, fils d'Odin, est rendu invincible par sa mère Frigg qui a fait jurer à toutes choses, plantes, pierres et êtres vivants, de ne pas faire du mal à son fils après qu‘elle ait fait un mauvais rêve. Cependant le dieu malin Loki lui fait avouer qu'elle n'a pas fait jurer à une pousse de gui, tellement elle lui paraissait inoffensive. Alors Loki, jaloux de la popularité de Baldr, taille le gui et incite traîtreusement le dieu Höd, frère aveugle de Baldr, de le lancer vers celui-ci, ce qui le tue tragiquement.
    Freyja, déesse de l’amour, implora les dieux de redonner vie à Baldr, promettant alors d’embrasser quiconque passerait sous le gui. Evidemment, Baldr ressuscita. De cette légende naquit la coutume du baiser sous le gui, dès lors symbole de l’amour et du pardon.
    Frigg enjoignit au gui de monter sur un arbre et de ne jamais en redescendre. 
    Voilà comment, selon la mythologie germanique, débute la carrière du gui, la seule plante sur terre qui n’a pas juré obéissance et fidélité aux dieux tout-puissants.

    Mais l’image la plus familière concernant le gui est celle qui provient de son utilisation rituelle dans le Le Guimonde celtique. Tout le monde a vu les différentes représentations du druide barbu en robe blanche sur un chêne en train de couper avec une faucille d’or une touffe de gui pour assurer  la fécondité des champs. Le gui retombait sur un drap immaculé afin que jamais il ne puisse toucher la terre, sous peine de perdre ses pouvoirs.
    Les gaulois qui, comme chacun sait, ne craignaient qu’une seule chose, c’est que le ciel leur tombe sur la tête, attribuaient donc à cette plante, outre ses vertus médicinales, des pouvoirs magiques.
    Les Druides croyaient que cette plante était semée sur le chêne par une main divine et voyaient dans l'union entre leur arbre sacré et ces rameaux toujours verts un symbole d'immortalité.
    En fait, la cérémonie de la cueillette du gui dans le monde celtique avait lieu le sixième jour de la lune du Nouvel An qui commençait le 1er Novembre. Or à cette époque où tout meurt, seul le gui reste vert sur les arbres avec des fruits pleins de suc dont se gorgent les grives tout en en dispersant les graines, ce qui assure ainsi sa multiplication.

     Arbre lié aux oracles, le chêne communiquait alors au gui le pouvoir de divination et sa consommation transmettait à l’homme « l’eau du chêne » sève miraculeuse entre toutes. En langue celte, son nom signifie « guérit tout »,  le gui passe pour guérir l’épilepsie, les ulcères, la stérilité féminine et celle des bêtes femelles grâce à la glu, son suc, qui a la consistance du sperme. Symbole de renouveau de la nature, le gui chassait les mauvais esprits, purifiait les âmes, neutralisait les poisons et assurait la fécondité des troupeaux.
    En Gallois, le gui est nommé oll-iach, c'est à dire "panacée".

    En procédant à la cueillette de la plante parasite, le vieux prêtre devait prononcer « O ghel an heu », qui signifiait « Que le blé germe ». C’est de cette formule magique, symbole de renaissance du soleil après le solstice d'hiver, que proviendrait l’expression traditionnelle « Au gui l’an neuf » prononcée le soir de la Saint-Sylvestre comme vœu de Nouvel An sous une boule de gui suspendue au plafond. La formule fut remplacée plus tard par « Bon an, mal an, Dieu soit céans » (soit dans la maison).
    Par ailleurs, lorsque des ennemis se rencontraient sous une branche de gui dans la forêt, ils devaient déposer les armes et observer une trêve jusqu'au lendemain.
    C'est de là que viendrait la coutume de suspendre une boule de gui et d'y échanger un baiser en signe d'amitié et de bienveillance.

    Ainsi, le baiser sous le gui porteur de bons auspices est probablement une tradition d'origine celte. Cette tradition païenne s’est perpétuée, même si l’Eglise tenta de substituer au gui le Houx dont les épines rappellent la couronne du Christ et les boules rouges, son sang.
    Même si sa signification païenne a été oubliée, la coutume d'échanger un baiser sous le gui est encore vivace en Europe et au Canada.
    Un baiser échangé par un couple d'amoureux est interprété comme une promesse de mariage, et comme un présage de bonheur et de longue vie.
    En France, cette coutume est plus particulièrement liée à la Saint sylvestre et au jour de l'An : la branche de gui, symbole de prospérité et de longue vie est un heureux présage pour franchir le seuil d’une nouvelle année.

    Récoltés en période de maturité, octobre-novembre, les fruits et les tiges fraîches du gui des pommiers et des poiriers sont encore utilisés comme remède contre l’hypertension. Les anthroposophes suisses utilisent le gui comme base d’un traitement contre le cancer connu sous le nom de «viscum-thérapie», d’après le nom latin de la plante, Viscum album.

    Et avec ce bouquet de gui, je vous souhaite de bien terminer 2015 pour une belle et heureuse année 2016.


    http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=1251#.UrRNEa_LTIU
    http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/tag/utilisation-rituelle-du-gui-dans-le-monde-celtique/
    http://www.gralon.net/articles/commerce-et-societe/services/article-le-gui---symbole-et-traditions-2315.htm

     

     


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  • La grenouille

    En raison de ses métamorphoses, la grenouille est un symbole de résurrection, des cycles de la vie, en particulier l’étape de la renaissance. Le développement de la grenouille, du têtard à l’état adulte, nous rappelle les nombreux cycles de transformations dans nos vies.

    La grenouille est un animal lunaire. Dans une tradition répandue, la grenouille se voit dans la lune et elle joue un rôle dans des rites tendant à provoquer la pluie, les rapports avec l'eau étant un facteur commun à la lune et à la grenouille

    Cet animal est généralement associé à l’élément de l’eau et porte de ce fait des attributs symboliques lies à la purification et au caractère transitoire de la vie.

    La grenouille est symbolique de:
    Purification
    Renouvellement, renaissance
    Fertilité, abondance
    Transformation, métamorphose
    Connexion avec les mystères de la vie et une sagesse ancienne.

    Les grenouilles sont au centre d'un nombre incroyable de mythes et de légendes. Elles ont été associées au royaume des fées et des déesses et des dieux égyptiens. Certains peuples Amérindiens leur prêtent le pouvoir d' appeler les pluies et d' influencer la température. En Europe, elles sont fréquemment associées à la guérison.

    Grande communicatrice, la grenouille représente la voix du peuple. On croit que les chants de la grenouille ont des pouvoirs magiques, voire divins. Lorsqu’elle est illustrée touchant une autre créature avec sa langue, la grenouille représente la transmission de connaissances et de pouvoirs.

    La symbolique de la grenouille est présente dans de nombreuses traditions à travers le monde entier. En Egypte ancienne , dans la vieille Europe, en Grèce, en Chine, chez les Aztèques et les Incas, la grenouille s'impose comme un noble batracien.

    Partout elle symbolise la "genèse du monde, la génération spontanée, la cure vivifiante, la fécondité des femmes et des femelles, les espoirs d'éternité.

    La grenouille est divinisée en Egypte antique sous la forme d’Hekat, symbole de vie, et de renaissance dans un marais primordial. Cette déesse était responsable du bon développement du fœtus, et de l'accouchement.


    Déesse-Grenouille du firmament égyptien.

    Dans des textes très anciens, elle joue avec Khnoum un rôle dans les naissances: Khnoum modelait le corps du futur enfant et Hekat lui insufflait la vie. Hekat était surtout considérée comme une déesse qui assistait la mère pendant l'accouchement, puis protégeait le nouveau-né. Elle tendait devant le visage du nouveau-né la croix de vie (l'ankh) pour lui communiquer une force divine, la tête de grenouille symbolisant la vie et la fécondité.

    Hekat est mentionnée dans les textes des pyramides où elle est liée au roi dans son ascension céleste. Elle personnifie l'énergie vitale, le Kâ. Elle préside aux naissances, la résurrection étant considérée comme une seconde naissance.

    On croyait aussi qu'elle naissait chaque année lors de la crue du Nil.

    La grenouille a été divinisée par les Amérindiens Haïdas de la côte Pacifique des Etats-Unis, qui considèrent Dzelarhons (la déesse-grenouille, épouse de Kaïti le dieu-ours) comme une importante divinité animale.

    Dans la tradition amérindienne, la grenouille est souvent considérée comme le faiseur de pluie. Beaucoup de traditions chamaniques appellent la grenouille pour faire venir la pluie et contrôler les conditions météorologiques. Elle est liée avec tous les rites initiatiques ayant un rapport avec l’eau.

    En Australie: La raison du déluge est une grenouille géante qui avait absorbé toutes les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la grenouille, qui alors libéra les eaux emprisonnées.

    De nombreux exemples indiquent que la grenouille est associée aux pluies bienfaisantes, que ce soit les grenouilles utilisées dans la Chine ancienne pour obtenir la pluie, figurées sur les tambours parce qu'ils rappellent le tonnerre et appellent la pluie, ou même la Grande Grenouille de l'Inde, support du monde et symbole des profondeurs obscures et fécondes. Dans la poésie védique, les grenouilles sont considérées comme l'incarnation de la terre fécondée par la pluie printanière: leurs coassements sont alors un chant pour remercier le ciel. Elles sont les prêtresses de la Terre mère. Au Japon, elles préludent au bonheur.

    En Afrique du Nord, les croyances qui se rapportent à la grenouille sont marquées par son lien avec l'élément aquatique. On dit que la grenouille était près de Dieu lorsque son trône était sur l'eau. Elle a reçu la révélation et son croassement est sa manière de faire l'éloge de Dieu. Elle est donc souvent considérée comme la reine des sources, le génie bienfaisant des eaux

    La grenouille est considérée au Viêt-Nam comme une forme de l'âme qui voyage tandis que dort le corps; lui faire du mal, c'est donc risquer de blesser ou de tuer la personne endormie.

    Pour les Celtes: elle symbolise la sensibilité, la beauté, elle est également messagère du bonheur, porteuse de chance. 

    Chez les Francs: Emblème porté sur les étendards de Clovis, elle symbolisait, par ses métamorphoses, la démarche spirituelle vers la perfection, la résurrection et l'immortalité. Trois grenouilles figuraient sur l'étendard de Clovis et elle fut souvent représentée sur les bas reliefs où sa forme évoque fort bizarrement celle d'une fleur de Lys mal formée.

    Chez les chrétiens: le Moyen Age fera de la grenouille le symbole du diable : elle vit dans la boue et son coassement intempestif est comme un harcèlement de Satan ou des hérétiques. En revanche, les chrétiens de l'Orient ont une image beaucoup plus positive. Les lampes à huiles avaient la forme d'une grenouille associée à une croix et l'inscription " Je suis la résurrection ". Mais la répulsion ancestrale pour les animaux au sang froid reprit le dessus. Parmi les Pères de l'Église (les écrivains des premiers siècles), beaucoup voient dans la grenouille le symbole du diable. Au Moyen Âge, on l'associe aux sorcières, on fait mijoter des cuisses de grenouille pour faire des philtres d'amour !

    Le totem de la grenouille ou du crapaud nous rappelle le caractère éphémère de la vie. Symbole de transition et de transformation, cet animal totem vient souvent nous soutenir dans les moments de changement. Fortement associée à l’élément eau, la grenouille nous connecte au monde des émotions et des énergies féminines.

    D'après les amérindiens, si vous voyez une grenouille dans vos rêves, cela signifie qu'il est temps de faire une pause, de s'occuper de soi.

    Les personnes qui ont l'énergie de la grenouille sont de très bons guérisseurs et médiums. Ils ont une grande intuition et le pouvoir d'éloigner les ondes négatives et libérer les malades de leurs souffrances.

    Sa façon de vivre dans deux éléments qui sont l’eau et la terre est une caractéristique de la grenouille. Le fait qu’elle soit active la nuit la relie donc à l’énergie lunaire et à la déesse de la lune. Ceux qui se sentent proches de cet animal totem pourraient naturellement avoir de la facilité à naviguer entre les différents plans d’existence, et aimer jouer avec la magie de la nature et des éléments.

    Dans certaines régions d'Europe, les grenouilles furent utilisées comme baromètres bon marché. La grenouille était placée dans un bocal à moitié rempli d'eau et pourvu d'une petite échelle. Par temps pluvieux, le batracien était censé rester dans l'eau en coassant. Au retour du beau temps, l'animal devait gravir l'échelle, d'autant plus haut que le temps serait plus beau.

     

     

     

     http://hekat.free.fr/pages/6.html - http://dico.reves.free.fr/ANIMAUX/GRENOUILLE.HTM 
    http://www.animal-totem.fr/animal-totem-grenouille/- http://gaiachamanisme.over-blog.com/article-la-grenouille-79231418.html

     

     

     

     


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