• Ma France

     

    Ma France, quand on a nourri son coeur latin
    Du lait de votre Gaule,
    Quand on a pris sa vie en vous, comme le thym,
    La fougère et le saule,

    Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,
    L’odeur de vos feuillages,
    La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux,
    Dès l’aube de son âge,

    Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons
    Chaudes comme la laine,
    On a fixé son âme et bâti sa maison
    Au bord de votre Seine,

    Quand on n’a jamais vu se lever le soleil
    Ni la lune renaître
    Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils,
    Vos chênes et vos hêtres,

    Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs ;
    Vos fruits et vos châtaignes,
    On a bien médité dans la paix de vos soirs
    Les livres de Montaigne,

    Quand pendant vos étés luisants, où les lézards
    Sont verts comme des fèves,
    On a senti fleurir les chansons de Ronsard
    Au jardin de son rêve,

    Quand on a respiré les automnes sereins
    Où coulent vos résines,
    Quand on a senti vivre et pleurer dans son sein
    Le coeur de Jean Racine,

    Quand votre nom, miroir de toute vérité,
    Émeut comme un visage,
    Alors on a conclu avec votre beauté
    Un si fort mariage

    Que l’on ne sait plus bien, quand l’azur de votre œil
    Sur le monde flamboie,
    Si c’est dans sa tendresse ou bien dans son orgueil
    Qu’on a le plus de joie…

     

    Ma France


    Anna de Noailles, Le Pays

    Hommage à toutes les victimes de la barbarie.

     

     

     


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  • Ladyhawk

    Ladyhawke,
    la femme de la nuit

     

    Ce n’est pas une vraie légende, mais ça mérite de l’être, dans la droite ligne des histoires magiques qui nous font rêver.

    Contrairement à ce que la publicité faite pour le film à sa sortie au cinéma prétendait, l'histoire n'est pas du tout adaptée d'une légende médiévale mais a été imaginée par Edward Khmara. La Writers Guild of America a d'ailleurs intenté une action contre Warner Bros., qui a été obligée de payer une compensation à Khmara.

    (Ladyhawke) est un film fantastique américain, réalisé par Richard Donner en 1985.
    Ensorcelés par le cruel et jaloux évêque d'Avila, les amants Etienne de Navarre et Isabeau d'Anjou se transforment alternativement en loup et en faucon. Avec le secours de Philippe Gaston, jeune voleur qu'ils prennent comme messager, et du vieux moine Imperius, ils se lancent dans une quête pour combattre le diabolique homme d'église et retrouver leur forme originelle.

     

    Ladyhawk


    Philippe Gaston (Matthew Broderick) est un jeune voleur emprisonné dans le donjon d'Aquila. Réussissant à s'échapper des cachots, il est finalement rattrapé par la garde lancée à sa poursuite mais il est sauvé in extremis par Étienne de Navarre (Rutger Hauer), ancien chef de la garde d'Aquila.

    Faisant halte chez un couple de paysans semi débiles, Philippe voit un loup attaquer son agresseur pendant la nuit et aperçoit une splendide jeune femme, qui disparaîtra bien vite. Fascinée par la belle, il en parle le lendemain à Navarre, qui semble connaître bien des choses sur elle. Au fil de son aventure, le jeune garçon découvre qu'une malédiction lie l'intrigante jeune femme et le noble guerrier :

    "Toujours ensemble, éternellement séparés".
    Amant d'Isabeau d'Anjou (Michelle Pfeiffer), Navarre provoqua par le passé la jalousie de l'évêque d'Aquila (John Wood), également amoureux d'elle. Incapable de résister à cette passion dévorante, l'évêque chassa alors le couple d'Aquila et les condamna en pactisant avec le diable.
    Le cruel religieux, incapable de conquérir le coeur de la belle, tout acquis à Etienne, a obtenu de Satan qu'il jette une malédiction sur le couple.
    Etienne devient un loup noir lorsque le soleil se couche, et Isabeau devient un faucon au lever du soleil.
    Désormais les amants sont condamnés à être éternellement ensemble et pourtant toujours séparés.
    Cette malédiction ne finira que lorsque les deux amants se trouveront en même temps sous leur forme humaine, chose qualifiée de quasi-impossible.

    La transformation:

     

    Las de cette vie sans espérance, Navarre a décidé d'en finir en tuant l'évêque. C'est pourquoi il a décidé de venir en aide au jeune Gaston car celui-ci pourra lui indiquer le passage qu'il a emprunté pour quitter Aquila, lui permettant ainsi de s'y introduire à l'insu de la garde. Philippe Gaston, qui découvre petit à petit le cruel secret des amants, décide de les aider à briser la malédiction, même s'il ne sait comment s'y prendre.

     

    Ladyhawk

     

    Isabeau est blessée sous sa forme de faucon à la suite d'une attaque de gardes envoyés par l'évêque mais Imperius, un moine défroqué auquel Navarre avait confessé son amour, et qui l'avait trahi en le dénonçant accidentellement à l'évêque, la soigne. Voulant réparer son ancienne erreur, Imperius leur annonce que si Navarre et Isabeau se présentent tous deux devant l'évêque sous leur forme humaine, la malédiction sera brisée et que des circonstances exceptionnelles permettant cela se produiront dans trois jours à Aquila.

    Après avoir échappé une fois de plus aux gardes de l'évêque, Philippe et Imperius persuadent Navarre d'accorder une chance à ce plan qui lui semble improbable et le petit groupe s'introduit dans Aquila. Navarre se fraie un chemin en combattant pour parvenir jusqu'à l'évêque qui officie dans l'église.

    Peu après y être parvenu, une éclipse de soleil prévue par Impérius survient et Isabeau reprend sa forme humaine. Les astres se sont rencontrés.
    La malédiction prend alors fin et l'évêque, de dépit, tente d'assassiner Isabeau mais Navarre le tue avant qu'il n'y parvienne. Les deux amants sont désormais libres de vivre leur amour.

     

    Ladyhawk

     

    Richard Donner reçoit le scénario original de Ladyhawke, écrit par Edward Khmara, en 1982. Donner apprécie l'aspect romantique de l'histoire mais souhaite que d'autres aspects soient revus. Il engage donc d'autres scénaristes qui réécrivent le scénario en supprimant notamment toutes les créatures fantastiques qui peuplaient l'histoire initiale.

    Le film est tourné en Italie, principalement dans la région de Campo Imperatore, dans les Abruzzes, pour les extérieurs. La forteresse en ruines où vit Imperius dans le film est celle du château de Rocca Calascio. D'autres scènes sont tournées en Émilie-Romagne (à la forteresse de Torrechiara et dans le village de Castell'Arquato), en Lombardie (à Soncino), en Vénétie (à Belluno) et dans le Latium (près de Viterbe). Les intérieurs de la cathédrale sont recréés à Cinecittà.

     

     

    Le film :

    https://openload.co/embed/IVxkm9E7bBM/

     

     

     

     


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  • Rhiannon

    Rhiannon
    par Jan Hess

    Déesse-Mère vénérée par les Gallois, Rhiannon incarne la vie, la mort et la renaissance car, dans son royaume, la mort s'accompagne toujours d'une régénération. Son nom est dérivé de Rigantona, qui signifie "grande reine". Rhiannon apparaît en "grande reine" ou en déesse jument.
    Elle a d’importantes fonctions, dont celle d’être la muse des poètes, des artistes et de la royauté. Elle emporte avec amour les âmes depuis la Terre jusque dans l’au-delà, chevauchant son fidèle cheval blanc, les aidant ainsi à s’ajuster à cette transition que représente la vie après la mort. Elle se trouve aussi être la protectrice de toutes les femmes maltraitées.

    Experte de la métamorphose, Rhiannon peut revêtir à volonté les formes les plus diverses; elle prend souvent l'aspect d'une jument blanche. Déesse-muse, elle est accompagnée de trois oiseaux magiques qui pouvaient ressusciter les morts ou plonger un vivant dans un sommeil de sept ans. La représentation mythique de Rhiannon est généralement celle d’une déesse bienveillante qui promet de beaux rêves aux dormeurs.
    Elle était réputée pour être si rapide sur son cheval que jamais personne ne pouvait la rattraper.

    Le roi devait son pouvoir à la reine Rhiannon et tout candidat au trône la rencontrait sous les traits d'un cerf, majestueux symbole du rajeunissement, de la beauté, de la force et de l'énergie masculine instinctive. Pour que la royauté de Pwyll sur le Dyved soit reconnue, il doit avoir une reine qui légitime son pouvoir, car chez les Celtes, la Souveraineté est un concept féminin.

    Rhiannon est dans la Mythologie Galloise, la fille de Hereydd et la malheureuse épouse de Pwyll, un seigneur de Dyfed. Tous les malheurs de Rhiannon viennent de ce qu’elle avait repoussé Gwawl, l’homme à qui elle avait été promise. De colère, son père avait lancé une malédiction sur la famille de Pwyll. A cause de ce sort, Rhiannon souffrit des années de stérilité et après la naissance de son fils, elle fut injustement accusée de l’avoir tué. Même lorsque le garçon qu’elle appela Pryderi (Souci) fut revenu et eut grandi, la malédiction continua de la poursuivre.

    Légendes dans les Mabinogion:

    Rhiannon

    Pwyll, prince de Dyved

    Dans le premier conte, Pwyll aperçoit sur la colline de sa résidence royale de Narberth (ou Arbeth), une cavalière inconnue. Désirant connaître son identité, il demande à un serviteur de la rattraper, mais celui-ci n’y parvient pas. Il donne alors l’ordre au meilleur de ses cavaliers de la rejoindre, sans plus de succès. Le lendemain, c’est le meilleur coursier de ses terres qui subit le même échec. Le jour suivant, c’est Pwyll lui-même qui engage la poursuite. Alors que son cheval est à bout de souffle et risque de s’effondrer, il appelle l’inconnue qui s’arrête immédiatement. Elle lui dit se nommer Rhiannon et qu’elle a fui son père qui veut la marier de force. Elle dit aussi être amoureuse de lui et qu’elle veut l’épouser. Pwyll accepte et le mariage est fixé l’année suivante.

    Quatre ans plus tard nait Pryderi, mais le garçon est enlevé à la naissance et sa mère est accusée d’infanticide, à l’instigation des femmes chargées de s’en occuper. En guise de pénitence, elle est condamnée à rester assise aux portes de la ville pendant sept ans, elle doit raconter son histoire aux visiteurs et les faire entrer en les portant sur son dos.
    Mais au bout de quatre ans, Ternon Twryf Lliant vient éclaircir l’affaire et raconte son histoire. Tous les ans, sa jument poulinait mais l’animal nouveau-né était immédiatement enlevé par un monstre. Il y a quatre ans, il avait attaqué le monstre et lui avait coupé une patte. Dans l’écurie, il avait trouvé un enfant qu’il avait adopté et appelé Gwri Gwallt Euryn.
    La preuve est faite que Gwri Gwallt Euryn est le fils de Pwyll et de Rhiannon, dont la peine est annulée.

    Rhiannon

    Manawydan fils de Llyr

    Dans le second conte, Pwyll est mort et Pryderi lui a succédé, son épouse est Kigva. Rhiannon, quant à elle a épousé Manawyddan Fab Llyr, un prince ami de son fils. Au cours d’une promenade sur la colline de Narberth, un brouillard magique s’abat sur la région et la dévaste, ne laissant en vie que les deux couples. La misère les contraint à partir pour l’Angleterre, où ils vont exercer différents métiers, pour survivre.
    De retour dans leur pays, poursuivant un sanglier blanc, ils arrivent à un château inconnu où Pryderi et Rhiannon se retrouvent par un sortilège enchainés à une fontaine. Et le château disparaît quand l’orage éclate. Manawydan et Kigva repartent une année puis reviennent s’installer pour cultiver la terre. À trois reprises, les récoltes sont dévorées par des souris géantes. Manawyddan capture la plus grosse et quand il va pour la pendre, un moine, un prêtre puis un évêque viennent lui proposer de racheter la vie de la souris. Manawyddan refuse et demande que cesse le sortilège. Pour prix, Manawydan demande la libération de Rhiannon et Pryderi ainsi que la levée de l’ensorcellement sur les sept cantrefs du Dyved ; ce que l’évêque accepte. En fait, l’évêque se nomme Llwyd, il a jeté un sort sur le royaume pour venger son ami Gwawl, rejeté par Rhiannon. La souris capturée est sa femme. Il promet de libérer les otages et le pays. Il tient sa promesse et la souris se transforme en jeune et belle femme. Tout rentre dans l’ordre.

     

    Déesse de la nuit d'une merveilleuse beauté, Rhiannon rappelle que la mort et la renaissance s'équilibrent.

    Il est tentant de rapprocher Rhiannon de la déesse gauloise Epona, l’une des rares divinités celtiques que les Romains aient jamais adorées, mais cette idée ne fait pas l’unanimité.

    Rhiannon est un personnage singulier de la mythologie galloise. Elle supporta l’injustice et ses souffrances avec une patience remarquable. Mais sa vraie nature est , selon toute vraisemblance, en rapport avec les chevaux. Lorsque Pwyll la vit pour la première fois, elle chevauchait un grand et beau cheval blanc , vêtue de brocard de soie et d’or. Son fils volé fut retrouvé dans une écurie, et sa punition pour l’avoir perdu était de servir de bête de somme aux visiteurs qui se rendaient au château de son époux.

     

     

    Sources: Wikipédia - http://www.jardinsoleil.com/cartes/deesses/rhiannon.php
    La Mythologie Celtique, Arthur COTTEREL.

     

     

     

     

     

     


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  • Le Val sans Retour

    Le Val sans Retour


    Morgane, fée du Val sans Retour

    (Version classique selon Wikipédia)

    Les roches pourprées et abruptes du Val sans Retour ressemblent au caractère de Morgane, la princesse fée, demi-sœur du roi Arthur.
    Le Val sans retour, Val périlleux ou encore Val des faux amants, est un lieu légendaire du cycle arthurien en forêt de Brocéliande, ainsi qu'un site renommé de centre-Bretagne, dans la forêt nommée administrativement forêt de Paimpont. La légende qui y est attachée, racontée dans le Lancelot-Graal (début du XIIIe siècle), circulait oralement avant la fin du XIIe siècle.

    Pour se venger du beau Guyomarc’h, qui l’avait trahie, et de son amoureuse, elle condamna leur corps à subir la douleur du feu et de la glace. Puis elle les enferma dans la roche pourpre du Val. Le rocher des Faux Amants, les jeunes gens pétrifiés par la fureur de la fée, se dresse encore au-dessus du Miroir aux fées.

    Le Val sans Retour

    Pour que sa vengeance soit complète, Morgane décida de punir tous les amants infidèles. Elle jeta un sort sur l’entrelacs de vallées resserrées qui forme le Val sans Retour. Tous les amants infidèles qui avaient le malheur de passer par là restaient prisonniers de murs d’air invisibles dressés par la fée. Les jeunes chevaliers ainsi capturés perdaient le sens de la réalité et du temps passé. Leur longue captivité leur semblait un bref moment plein de plaisirs...

    Après dix-sept ans, Morgane est déjouée par Lancelot du Lac, resté fidèle à Guenièvre, qui libère 253 chevaliers. Ce récit constitue la plus éclatante action de Morgane contre la chevalerie arthurienne, et une inversion des rôles masculins et féminins tels qu'ils sont conçus dans la littérature médiévale.


    La version de Barjavel dans « l’Enchanteur: » (très simplifiée.)

    Morgane avait passé un accord avec le diable: il lui construirait un château magique dans le Val sans Retour et en échange elle lui apporterait des âmes dont il manquait cruellement.
    Lancelot s’en retournant à Camelot voulut se désaltérer à une source. Hélas celle-ci était une création du démon à la demande de Morgane qui se mourrait de désir pour le chevalier. Cette eau ensorcelée fit perdre l’esprit à Lancelot qui oublia tout ce qu’il était et tout ce qui le concernait.

    Arriva alors Morgane, qui emporta Lancelot dans son château.
    Elle le lava et le vêtit, l’installa dans un appartement de rêve. Chacune des chambres de ce château doté de multiples et vastes étages était occupé par un homme qu’elle avait déjà capturé de par ses sortilèges.
    Il n’en sortait jamais, il n’en éprouvait même pas le désir, et de toutes façon il n’y avait nulle part de sortie.

    Depuis des années Morgane attirait des hommes de cette façon pour son propre plaisir et tous avaient perdu la mémoire, mais celui qu’elle désirait par-dessus tout était Lancelot, sans doute à cause de la jalousie qu’elle avait toujours éprouvé à l’égard de Guenièvre. Elle souhaitait ardemment la faire oublier à Lancelot pour qui n’existait aucune autre femme.
    Elle procurait à chacun de ses prisonniers des distractions selon leurs goût, il leur suffisait de les souhaiter pour les obtenir. Ils ne se posaient pas de questions et se trouvaient heureux.

    La nuit venue, Morgane dévêtue se glissa dans le lit de Lancelot, mais lui comme un innocent ne savait pas ce qu’elle lui voulait et acceptait ses caresses en souriant béatement. Morgane enrageait et trouvait que l’oubli provoqué par la source ensorcelée était vraiment excessif.
    Malgré des nombreuses tentatives Morgane n’arriva jamais à ses fins.

    Viviane et Merlin ne parvenaient plus à joindre Lancelot depuis qu’il avait perdu la mémoire et ignoraient où il se trouvait. Alors un jour, en désespoir de cause, Viviane se réunit avec Guenièvre et la mère de Lancelot pour prier toute une nuit afin de le délivrer. Et ça fonctionna!
    Au matin, Lancelot put enfin sortir de sa prison en fracassant une fenêtre, et après bien d’autres aventures il finit pas retrouver sa mémoire et se précipita pour sauver Guenièvre promise au bûcher pendant que son fils Galaad découvrait le Graal.
    Mais tout ceci est une autre histoire.

    C’est la découverte du Graal qui a rendu le diable furieux au point qu’il détruisit le château de Morgane, libérant ses hôtes ébahis; Morgane dont il voulut capturer l’âme, mais il se brûla les mains sur la coquille dans laquelle elle s’était enfermée, façonnée avec du ciment et de l’eau bénite.

    Morgane y est toujours, le ciment est devenu un rocher du haut duquel on a une vue plongeante sur le val sauvage.

     

    Le Val sans Retour

    Morgane par Sandrine Gestin

     


    Sources: Wikipédia et René Barjavel.

     

     

     

     


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  • Joyeux premier mai à toutes et tous, que le bonheur et la chance vous accompagnent tout au long de cette nouvelle saison claire qui commence aujourd’hui.

    Histoire: Eilan/Hélène

     

    Le muguet, j’en ai déjà parlé,
    Beltane, j’en ai déjà parlé.
    Si vous le souhaitez vous pouvez retrouver ces articles, je n’y reviendrai pas.
    Alors je vais vous parler d’autre chose.

     

    Eilan / Hélène,
    d’Avalon à Byzance.

    Histoire: Eilan/Hélène


    Une histoire vraie aussi merveilleuse qu’une légende, celle d’Hélène, impératrice d’Orient.

    Sa biographie officielle ne doit pas être prise au pied de la lettre, car les auteurs chrétiens et son fils Constantin ont certainement voulu, dans un vaste programme de propagande chrétienne et impériale, donner une image de femme pieuse, charitable et honorable.

    La première partie de sa vie concernant ses origines est soigneusement passée sous silence, on en fait souvent une simple servante d’auberge, quand ce n’est pas une prostituée. Pauvre Eilan!

    À la fin du IIIe siècle, vers 249 après Jésus Christ, naît Eilan, fille de Rian, une grande prêtresse d‘Avalon, et d'un prince de Grande-Bretagne.
    Élevée sur l'île mythique d'Avalon, elle est initiée aux mystères de la Déesse, s'exerçant à la divination et à d'autres pouvoirs que l‘on dit magiques. À dix-huit ans, une vision bouleversante va changer son destin.

    Poussée par sa vision où elle se voit épouser un officier romain et avoir un fils qui deviendra empereur, Eilan traverse les brumes magiques qui conduisent vers l'autre monde, car depuis les invasions romaines et les massacres de druides dans les sanctuaires, Avalon s’est réfugiée derrière les brumes du temps.

    Elle va rencontrer Constance, un officier romain d'origine balkanique (né vers 250 sur les rives du Danube) qui deviendra l'homme de sa vie et leur enfant, fruit de l'union d'un futur empereur et d'une prêtresse, transformera le monde.
    Malgré les guerres entre son peuple et l'Empire romain, elle abandonne son île et son nom pour le suivre et vivre comme une romaine.

    Eilan aidera beaucoup Constance à réaliser ses rêves d’ascension sociale grâce à ses dons et l‘initiation qu‘elle a reçue à Avalon, mais pris au coeur d'implacables luttes de pouvoir, Constance Chlore est contraint de répudier cette femme aux origines secrètes et donc troubles afin de devenir empereur en épousant Théodora, fille de l’Auguste Maximien.
    Mariage de raison, mariage politique comme il était et est encore d‘usage dans ces milieux.

    Hélène vit alors dans l'ombre, cette période de sa vie étant inconnue, mais on sait qu’elle ne se mariera pas. On ne sait pas vraiment si elle était mariée officiellement à Constance mais elle restera toujours très proche de son fils Constantin.

    Une vie de lutte va conduire Constantin à devenir le premier empereur chrétien et Eilan qu’on appelle désormais Hélène préfèrera vivre parmi les pauvres et les chrétiens persécutés. Elle deviendra leur protectrice.

    Histoire: Eilan/HélèneAprès l'avènement de son fils Constantin en 306, Hélène retrouve une vie publique.
    Entrée à Rome avec son fils, elle reçut le titre de Nobilissima Femina et la résidence impériale du Sessorium, près du Latran.
    Elle se convertit au christianisme comme son fils, et sans doute avant lui.
    Constantin se serait converti en 312, durant la bataille du pont Milvius, selon la légende après avoir vu dans le ciel une croix et une inscription: « par ce signe, tu vaincras.» Ce qui ne l’empêche pas de continuer d’adorer le « Sol invictus ».
    Il sera à l’origine de l’édit de Milan en 313 et de la convocation du Concile de Nicée en 324; contrairement à ce qui est propagé, il n’affirme pas sa volonté d’imposer le christianisme dans tout l’empire, mais il instaure la liberté de culte, mettant la religion chrétienne sur un pied d‘égalité avec les autres, toujours bien vivaces, ce qui met fins aux persécutions. Hélène y est sans doute pour beaucoup, elle qui s’est faite protectrice des disciples du Christ.

    À l'automne 324, Constantin fait proclamer « Augusta » (impératrice) sa mère Hélène que Constance Chlore avait répudiée, ce qui montre l’influence grandissante de celle-ci à la cour et au sein de la dynastie constantinienne.

    C’est à l’âge de 80 ans, en l’an 326 que l’Augusta Hélène délaisse le confort de la cour de Rome et décide de marcher sur les traces de Jésus Christ, sa volonté étant d’expier les péchés de son fils Constantin: l’infanticide de son fils Crispus, et l’assassinat de son épouse Fausta.
    Hélène n’en reste pas moins Augusta, chargée par l’empereur d’assurer la présence impériale en Orient et d’œuvrer à l’unification politique et religieuse de l’empire romain.

    Selon une chronique de la fin du IVe siècle, très postérieure à sa mort et donc douteuse, Hélène aurait supervisé des fouilles à Jérusalem et permis la découverte de ce que l'on considère être la Vraie Croix, et même rapporté la Sainte Tunique.

    Elle meurt vers 330 à Nicomédie avec son fils à ses côtés et sa dépouille, d'abord déposée à Constantinople, fut transférée à Rome dans un mausolée magnifique que Constantin fit construire sur la via Lavicana et dont il subsiste des vestiges.
    Constantin fait transformer sa résidence, le palais de Sessorium, en une église, la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem en hommage à sa mère.
    Le sarcophage de sainte Hélène est aujourd'hui au musée du Vatican.

    Histoire: Eilan/Hélène

    Mais selon la tradition catholique, ses reliques auraient été volées en 845 par le moine Teutgis et transférées à l'abbaye de Hautvillers, au-dessus d'Epernay, en Champagne où, dès lors, on célébra, le 7 février, la fête de la translation des reliques de sainte Hélène. Quand, en 1791, les révolutionnaires détruisirent la châsse de sainte Hélène, un moine déroba les reliques pour les confier au curé de Ceffonds qui, avant de mourir, les légua aux Chevaliers du Saint-Sépulcre, prétendument fondés par sainte Hélène, lesquels les déposèrent dans leur église parisienne de Saint-Leu-Saint-Gilles où ils se réunissent.
    Là aussi bien des récits diffèrent sur ses reliques volées et déplacées plusieurs fois.

    On ne trouve de représentation d’Hélène qu’en icone orthodoxe en tant qu’impératrice.
    Une fresque rare (que j’ai postée en haut de page) semble la représenter en prêtresse.
    Ces fresques du 4è siècle ornaient le plafond du palais de Constantin trouvé sous la cathédrale de Trèves en Allemagne.

    Canonisée, elle est considérée comme sainte par les églises catholique et orthodoxe, sa fête est fixée au 18 août pour les catholiques et au 21 mai pour les orthodoxes, qui fêtent le même jour Hélène et Constantin ("Fête des très Grands Souverains Constantin et Hélène, égaux aux apôtres").

    Un livre de Marion Zimmer Bradley lui est dédié sous le titre « la prêtresse d’Avalon ».

    Saga épique et fantastique fondée sur les mythes celtes, mettant en scène les soubresauts de l'Empire romain, sur le déclin et la montée du christianisme, La Prêtresse d Avalon est aussi l'histoire passionnée d'une femme déchirée entre son amour et la politique, qui passera dans l'histoire sous le nom de sainte Hélène.


    Bellini se serait inspiré de la vie d’Eilan/Hélène en lui donnant un tour plus tragique pour son Opéra Norma:

    Norma, prière à la Lune, Casta Diva:


     

     

     

    Sources:Wikipédia et https://www.herodote.net/almanach-ID-2513.php

     

     

     

     

     

     


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