• Nuada au bras d'argent 

    (dessin Didier Guiserix)

    Nuada au bras d’argent

     

    Dans la mythologie celtique irlandaise, Nuada est le roi des Tuatha Dé Dánann, ou peuple de la déesse Dana, surnommé « Airgetlam », c’est-à-dire «au Bras d’Argent».
    Nuada est un roi mythique et relève de la deuxième classe guerrière, sa fonction est d’assumer la royauté et d’assurer la redistribution des richesses.

    On le décrit assis sur son trône, « entouré d'une lumière blanche comme une toison d'argent, et autour de sa tête, une roue lumineuse palpitante et de couleurs changeantes ».
    Il avait épousé Nemain ou Ethniu.

    Le Haut-Roi des Tuatha est une figure d’un grand renom sous bien des noms différents, un chef courageux en temps de guerre et un dirigeant juste et équitable pour son peuple en temps de paix. Il est celui qui a mené les Tuatha vers la terre promise de l'Irlande, et malgré les nombreuses épreuves qu’ils ont traversées, il est celui qui a établi leur royaume là et en fit les dirigeants légitimes. Il est un dieu de l'équité et de l'égalité, de l'honneur sur le champ de bataille et de l'impartialité, et son peuple le suit avec une adoration rarement vue même parmi les dieux.

    Les Tuatha Dé Danann vivaient dans quatre îles au nord du monde : Falias d’où vient le talisman de la pierre de Fal et qui est dirigée par le druide Morfessa, Gorias, d’où vient la lance de Lug et qui est dirigée par le druide Esras, Murias d’où vient le chaudron du Dagda et qui est dirigée par le druide Semias, et enfin l’île de Findias où se trouve l’épée de Nuadaet dirigée par le druide Uiscias ; c’est en ces lieux qu’ils s’exerçaient à l’Art, qu'ils apprenaient la Poésie, la sagesse et la magie druidique. Ils débarquent en Irlande venus sur de nombreux bateaux qu’ils brûlent, certains de ne pas repartir. Une bataille les oppose aux Fir Bolg au cours de laquelle 100 000 d’entre eux perdent la vie, avec leur roi Eochaid Mac Erc.

    Au cours de la première bataille de Mag Tuireadh, livrée contre les Fir Bolg pour la possession de l'Irlande, Nuada a le bras droit coupé et doit renoncer à régner, l’infirmité étant discriminatoire pour l’exercice de la royauté.

    Nuada ayant été provisoirement privé du commandement, on nomma un remplaçant pour assumer l’interrègne. Le choix se porta sur Bres, décision pour le moins curieuse car il était à demi Fomoiré. Ce ne fut pas un bon règne: Bres se révèla tout de suite un mauvais roi: il exigea le paiement de lourds tributs et il fit preuve d'avarice. Sa ladrerie causa le déclin de l’Irlande jusque-là prospère. Un druide, Coirpre, compose une satire contre lui et il est contraint de « restituer la souveraineté ».

    Nuada, à qui le dieu-médecin Diancecht, avec l’aide du forgeron Goibniu,  a fait la prothèse d'un bras d'argent (ce qui lui vaut le surnom de Airgetlám, « au bras d'argent »), peut régner à nouveau.

    Nuada au bras d'argent

    Nuada par Irio

    Bres est retourné chez son père pour lui demander une armée afin de reconquérir le pays par la force, il l’envoie chez Balor et Indech mac De Domnann, le roi des Fomoires ; une puissante armée est mobilisée et se met en marche.

    Pendant ce temps, Nuada qui a recouvré son trône donne un somptueux festin à Tara. L’un des deux portiers de la ville, Camall Mac Riagail, voit une étrange foule s’avancer. Un jeune guerrier portant une couronne royale lui demande de l’annoncer à la cour, il se nomme Lug Lormansclech, fils de Cian, surnommé Samildanach (le Polytechnicien). Le portier lui demande quelle est sa spécialité car nul ne peut entrer dans Tara, s’il n’est expert en quelque matière. Mais à chaque qualité avancée par le nouveau venu, druide, médecin, échanson, champion, artiste, etc. le portier répond qu’on n’a pas besoin de lui. Finalement le guerrier dit qu’il est expert en toute chose, alors le roi Nuada ordonne qu’on le laisse pénétrer dans la forteresse où il est accueilli. Il est soumis à différentes épreuves qu’il réussit toutes, il acquiert la plénitude de son rôle en gagnant une partie du jeu d'échec contre Nuada.

    Mais Nuada céde au découragement en voyant qu’il ne pouvait mettre un terme au conflit avec les Fomoires, et le jeune Lug prit le commandement. Nuada lui cède le « trône de sagesse » pour qu’il conduise la guerre et, en hommage, se tient debout devant lui pendant treize jours.

    Le jour de la grande bataille arrive, un combat sans merci s’engage, une véritable tuerie qui donne naissance à un fleuve de sang ; les Fomoires sont vaincus. Nuada trouve la mort lors de la « Deuxième bataille de Mag Tuireadh » dans laquelle il affronte le terrible Balor, haut roi des Fomoires, qui le foudroie de son œil maléfique et le décapite...
    Balor est tué par Lug, Bres a la vie sauve car il livre des secrets relatifs à l’agriculture.

    Après leur victoire sur les Fomoires, Bres accepta de conseiller les Tuatha Dé Danann dans leurs pratiques agricoles afin d’avoir la vie sauve. Il est inté­ressant de noter que les Tuatha se montraient d’ex­cellents guerriers et techniciens, mais ignoraient les pratiques agricoles: ils devaient s’en remettre, dans ce domaine, aux Fomoires indigènes.

    Nuada est le symbole du roi « distributeur » et équilibreur de la société. Il a pour attribut le glaive de lumière (et de justice) et il revêt la couleur blanche de la classe sacerdotale, tout en étant issu de la classe guerrière.

    L'épée de Nuada fait partie des cinq talismans apportés par les Thuatha Dé Dannan en Irlande. Elle provient de l’île hyperboréenne de Findias et fut forgée par le druide Uiscias. D'après la légende, elle pouvait trancher le fer et l'acier, elle était infaillible et ses blessures étaient mortelles. Elle luisait en permanence d'une lueur blanche, ce qui lui valut le nom de Claíomh Solais (Épée de Lumière en irlandais). Cette épée est invincible et infaillible et elle peut parler pour raconter ses exploits passés.

     

     

     

     


    Sources: Nordic-Celtic-World - Wikipédia

    +Christian-Joseph GUYONVARC'H, « NUADA », Encyclopædia Universalis  http://www.universalis.fr/encyclopedie/nuada/

    http://www.histoiredumonde.net/Nuada.html - http://encyclopedie_universelle.fracademic.com/14983/NUADA

     

     

                 

     


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  • Légende de Okwaho

     

    Légende de Okwaho


    Une légende des Pléiades.

    Il y a très, très longtemps, dans la période du premier Conseil des Sages de la longue maison qui servait aussi aux cérémonies importantes de la Nation, les cérémonies étaient gardées secrètes et hors d'atteinte des enfants qu'on ne jugeait pas assez matures. Evidemment, les enfants, incluant le fils du chef, n'étaient pas tellement contents d'être mis à part de ces cérémonies.

    Donc un jour, le fils du chef rassembla tous les autres enfants et expliqua son plan: « Comme il ne nous est pas permis de participer avec les adultes aux cérémonies sacrées, nous en auront une qui sera nôtre. Nous irons à un endroit donné à la plage et nous emmèneront de la viande, du maïs et autres bonnes choses pour les offrandes et le repas sacré. L'un d'entre nous battra le tambour pour nos danses et de cette manière, nous rendrons honneur et grâce à nos ancêtres.»

    Tous les enfants, au nombre de sept, applaudirent à cette brillante idée et se préparèrent pour ce jour spécial. Les filles ramassaient des citrouilles, des fèves et du maïs pendant que les garçons trouvaient un moyen de chaparder un peu de viande de chasse prise par leurs parents ou allaient pêcher à la rivière . Quand tout fut prêt, ils se donnèrent rendez-vous pour la prochaine Lune pleine, se promettant de faire de cette fête la plus belle que les ancêtres n'auraient jamais vue. Cependant, ils ignoraient les côtés spirituels des préparatifs comme, les rites de purification et la sudation afin de purifier le corps avant de marcher sur un sol sacré.

    Légende de OkwahoLa Lune pleine ne tarda pas à se montrer et, cette même nuit, le fils du chef alla quérir tous les autres enfants, leur donnant rendez-vous à la sortie du village. Une heure après, une file d'enfants dévalait la colline vers la plage, tous étant revêtus de leurs plus beaux atours et transportant chacun les aliments et instruments de la cérémonie. Ils marchèrent un certain temps le long de la rive et le fils du chef alors décida de s'arrêter à un endroit herbeux entouré de belles pierres, comme si elles étaient là pour la fête. Les filles allumèrent donc le feu et commencèrent à cuisiner les repas.
    Après avoir mangé, oubliant les offrandes, les tambours commencèrent à battre et ils entamèrent une danse désordonnée parce qu'ils n'en avaient apprise aucune. Pour eux, tout se déroulait comme un jeu comme tout enfant pouvait imaginer.

    Ce qu'ils ignoraient, c'est que le sol qu'ils avaient choisi pour la cérémonie se trouvait être la tombe d'un shaman puissant, longtemps oublié mais, qui fut un grand héros durant sa vie. Son esprit s'éveilla en entendant les sons un tant soi peu discordants qui émanaient des tambours et des gosiers des jeunes chanteurs. Son esprit fit donc surface, curieux de savoir d'où venait ce tintamarre et vit ce que faisaient les enfants. Amusé d'abord par la scène mais aussi très concerné de voir les cérémonies prendre une tournure clownesque, il apparut soudainement aux enfants qui, effrayés, lâchèrent tous leurs gréements... Le shaman dit avec un ton sérieux: "Arrêtez ce que vous faites de suite mes enfants, ce n'est pas bien et vous ne vous êtes pas préparés pour cette tâche! Prouvez votre valeur en étant avec vos parents, aidez-les dans leurs tâches pour alléger leurs journées et apprenez d'eux les vrais gestes à poser pour une telle cérémonie et, surtout comment vous purifier avant l'événement."
    Le shaman disparut comme une fumée qui se disperse...
    Les enfants dépités acceptèrent les paroles de ce sage esprit, retournèrent vers leurs parents et devinrent studieux et dociles en toutes choses.

    Légende de Okwaho

    Enfants photographiés en 1900,  photographe inconnu.

    Des années passèrent, les enfants étaient devenus adolescents et avaient bien appris de leurs parents et grand parents. Malgré tout ça, on leur refusait toujours l'accès aux cérémonies secrètes...
    Un beau matin, à l’aube, le fils du chef s'en alla éveiller tous les autres, leur disant qu'ils étaient fin prêts pour les cérémonies. Avec vêtements, provisions et instruments en main, ils retournèrent au site où ils avaient vu le puissant esprit du shaman.
    Ils se préparèrent bien, les garçons pratiquèrent le rite de purification puis, préparèrent la tente de sudation afin de terminer leurs préparatifs, ils offrirent alors de magnifiques sacrifices... Les filles, de leur côté, parfumèrent leurs cheveux d'abord brossés au foin d'odeur avec des herbes essentielles et ornèrent leurs cheveux de belles plumes placées en " queue de lapin ". Alors un des garçons, qui avait appris comment chanter les chants et battre la mesure, entonna le premier chant d'honneur, démarrant ainsi la danse sacrée... Ils dansèrent longtemps, animés par un cœur pur et un esprit clair et illuminés par la pureté de chacun de leurs pas. L'esprit du shaman apparut d'abord, avec un sourire de pleine satisfaction, tout vêtu de beaux atours ainsi que, un à un, d'autres esprits des environs. Beaucoup étaient de grands héros, même Hiawatha, le plus grand de tous, y était. Ils s'assirent donc tous autour des enfants et se mirent à briller d'une intense et étrange lumière bleutée. Les enfants étaient en transe parfaite, leurs esprits étaient parfaitement élevés vers les cieux et, miraculeusement, tout en dansant, ils s'élevaient tout doucement!

    Une vieille femme passant par là vit cette belle vision où les enfants dansaient dans le ciel, continuant toujours de monter. Ils montèrent, montèrent toujours plus haut jusqu'à devenir de brillants petits points dansant dans les cieux: les Pléïades étaient nées, les fameuses étoiles dansantes de la Constellation d'Orion. Ayant aperçu la vieille femme, le shaman vint vers elle en souriant et lui dit: " Ne crains ni ne pleure pour ces enfants, vieille femme, ils ont achevée leur mission d'apprentissage et d'obéissance; ils ont été attentifs envers leurs parents lorsque leur furent expliquées les façons de faire les cérémonies. Ils furent de parfaits enfants! Ne les pleurez pas parce que le Grand Esprit leur a accordé de cette façon l'immortalité. Ils seront désormais un exemple pour tous les autres enfants. "

    Depuis ce temps-là, tous font partie des grandes festivités et des cérémonies, plusieurs furent aussi créées pour les jeunes et moins jeunes. Même le plus petit bébé fait partie du tout, chacun se remémorant ce chant de la pureté de ces enfants des Pléïades chanté par tant de mères iroquoises parce qu'elles se rappellent de l'importance d'être tous une seule entité lors des danses spirituelles et traditionnelles. On peut voir, encore aujourd'hui, ces magnifiques étoiles qui continuent à danser sans arrêt. Quelquefois, une nouvelle étoile y brille, sans doute un autre enfant qui a atteint cet état de grâce unique... Qui sait?

    Légende de Okwaho

     

     

    Source: http://www.medecinedemereterre.com/pages/philosophie-amerindienne/legendes-amerindienne/legende-de-okwaho.html

     

     

     

     
     

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    Le Sotré

    Pour Peache


    Le Sotré est un lutin qui hante la Lorraine, et plus précisément les Vosges.

    Le nom "sotré" est issu du patois local et signifie "sorcier". Il s'agit pourtant d'un petit être bon et serviable, (enfin la plupart du temps!)
    Le Sotré, génie protecteur des foyers domestiques, est un petit bonhomme malicieux et enjoué, serviable à ses heures, quoiqu'espiègle et susceptible, avec une fâcheuse tendance à voler la nourriture car il est gourmand, quelque peu pillard et effronté.

    Ah! Les bons tours qu'il a joués aux gens distraits, aux désœuvrés, aux ménageurs de leur peine. Ce lutin facétieux déteste qu'on le rudoie, qu'on le surprenne ou qu'on lui adresse la parole. Il se fâche alors et sa colère est redoutable.

    Sa taille est celle d'une enfant de 5 ans, mais il est doué d'une force extraordinaire. Il est décrit comme étant assez laid, difforme, aux pieds fourchus.
    Il est généralement coiffé d'un bonnet rouge, d'un pantalon rouge et vêtu d'un grand manteau sans manche, parfois rouge, parfois noir... c'est selon!!! Il déteste pourtant cette couleur... bizarre non? Mais cela s'explique par le tempérament et le caractère très soupe au lait de notre petit lutin...

    Il est doué de certains dons magiques qu'il utilise parfois aux dépends des êtres humains qui croisent son chemin... il peut aussi utiliser ses dons pour rendre service... cela dépendra de son humeur du jour...
    Ainsi, à l'occasion il pourra devenir très affable, et très serviable à l'encontre des personnes chez qui il élira domicile. Pour cela, il pourra passer des nuits entières à utiliser son don de nyctalopie (eh oui, il voit dans l'obscurité...) pour chasser les souris de votre grenier, passer le balai, la serpillière, entretenir le feu, ranger la maison etc...
    Mais gare à vous si vous le dérangez ou le surprenez... Il pourra alors se mettre très en colère! Alors, plus de tranquillité au domicile. Il s'amusera à répandre de la poussière partout, à tout déranger, à casser la vaisselle etc... Ainsi, mieux vaut être ami avec lui, qu'ennemi.
    Pour le récompenser, il ne demande pas grand chose.. Un peu de lait qu'il ira traire lui même et un bon feu auprès duquel il pourra se reposer.

    Autre qualité, le sotré aime beaucoup les enfants. (peut être à cause de sa taille enfantine ?). Dés la naissance, il aime prendre soin d'eux en les berçant quand ils pleurent, en leur chantant des berceuses, en les faisant rire avec des grimaces de toutes sortes. Il leur donne aussi de la bouillie noire, dont il garde le secret de préparation, pour les aider à grandir et à se fortifier.

    Un autre endroit qu'affectionne notre sotré: l'écurie. Il y soigne les bêtes, change leur litière, leur donne des herbes succulentes pour qu'elles produisent un meilleur lait, leur donne à boire etc... Pour traire les vaches, il prend cependant la précaution de leur ôter leurs cornes pour ne pas se blesser... il prendra soin de les remettre en place comme il faut quand il aura fini sa besogne... Surtout il ne faut pas le déranger avant qu’il en ait terminé, .
    Cette mésaventure est arrivée à un fermier qui avait poussé un cri en voyant les pieds fourchu du lutin, celui-ci s’enfuit sans remettre les cornes en place.

    Mais ses animaux préférés restent les chevaux. Il adore les peigner, les étriller, leur faire leurs soins avec toutes les précautions possibles. Toute cette activité nocturne à l'écurie n'est pas toujours du goût des paysans qui, en essayant de contrarier le lutin, peuvent se retrouver dans des situations très délicates... En exemple, on peut citer ce paysan qui fut changé en bourrique en ayant voulu mettre hors de son écurie un sotré qui venait toutes les nuits s'occuper de ses chevaux.

    On retrouve également notre sotré à d'autres endroit, notamment dans les mines de Lorraine où on lui a donné l'affectueux surnom de "Petit Minou" ( petit homme des mines). Il protège les galeries et les mineurs et garde un oeil sur eux pour les avertir si un danger les menace.
    Dans la vallée de la Sarre on l'appelait également "Kleinebergman" (petit homme de la Montagne).

    Ainsi donc le sotré rythmait le quotidien d'autrefois... je dis d'autrefois car désormais, plus de vache à traire (tout ou presque est automatique), plus de feu à entretenir dans les foyers (ou si peu), plus de mine à protéger... Aussi notre ami sotré tend à disparaître car, là est le plus grave, on ne croit plus en lui, ou, en tout cas on ne parle pus de lui et comme tout être magique, ce qui le fait exister, c'est le fait qu'on y croit, qu'on y pense et surtout qu'on le raconte... Alors n'hésitez pas à perpétuer la légende et à parler de lui car sinon, il finira par disparaître complètement...

     

     

     


    Sources: "Sotré et autres lutins de Lorraine" de Roger Wadier
    http://bricabracblocenvrac.over-blog.fr/article-25240234.html
    http://coquelycotrouge.skyrock.com/2654356360-LEGENDE-DU-SOTRE.html)

     

     

     


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  • Le voyage de Bran

    Le voyage de Bran


    Bran, fils de Fébal Mac Febail, (son nom signifie « corbeau »), est le héros le plus célèbre des mythes de navigation irlandais. Les voyages sur les mers fascinaient les conteurs irlandais, qui relataient d'étranges aventures dans des îles lointaines, celles notamment de l'autre monde où vivaient les dieux et les déesses et où les âmes venaient se reposer quelque temps avant de renaître à la vie.

    Alors qu’il se repose à l’extérieur de son château, il entend un chant étrange, dont la voix lui vante les délices d'Emain Ablach, la Terre des Pommiers, une île au milieu de l’océan. Bien qu’il soit entouré d’une nombreuse compagnie, il est le seul à entendre les vers de la messagère de l’Autre Monde.
    Cette musique si douce l'endormit. Quand il se réveilla, il remarqua près de lui une branche d'argent sur laquelle scintillaient des fleurs blanches. Il l'emporta au palais où était donnée une réception.

    Bran montra le rameau magique à ses frères et fut surpris de voir apparaître une femme dont les vêtements révélaient une origine étrangère. Elle se mit à chanter un long poème qui leur parlait de merveilles à découvrir en des contrées situées par-delà les mers, les îles de l'autre monde. Chacune d'entre elles était plus grande que l'Irlande et peuplée de belles femmes qui ignoraient tout de la tristesse, de la maladie et de la mort. Le bonheur, leur chanta-t-elle encore, était le lot de tous les êtres vivant dans ces contrées merveilleuses.
    Puis elle disparut en emportant la branche d'argent qui avait sauté toute seule des mains de Bran dans les siennes. Et nul ne sut où elle était partie.

    Bran avait été conquis et il répondit à l'appel de la femme mystérieuse. Dès le lendemain, il partit sur la mer avec un équipage de 3 bordées de 9 hommes. Ils rencontrèrent d'abord le dieu marin Manannan Mac Lir qui conduisait son char à travers les flots. Les héros irlandais entendirent le dieu de la mer leur faire à nouveau le récit des merveilles qui les attendaient. Les flots ressemblaient déjà à une plaine couverte de fleurs, parsemée d'arbustes fleuris et d'arbres couverts de fruits.

    Ce même jour, le bateau de Bran parvint à l'île de Gaieté ou les hommes de l'équipage eurent du mal à rester debout tant ils riaient. La première île qu’ils abordèrent était occupée par des gens qui ne faisaient que rire, et ne leur prêtèrent aucune attention ; un des marins débarqua, il fut aussitôt prit d’un rire frénétique, et refusa de remonter à bord.
    Ils étaient 28 au départ, (3X9) + Bran, ils ne sont plus que 27. Neuf est le chiffre magique des femmes des îles de l’autre monde.

    Le voyage de Bran

    Ils arrivèrent enfin sur l'Île des Femmes, Tir na m-Bân. La Reine les accueillit en disant : "Viens dans mon pays, Bran fils de Febal ; ton arrivée est la bienvenue." Bran hésita à descendre à terre et c'est alors que la Reine lui lança une pelote de fil droit. La pelote s'attacha à la paume de Bran. La Reine tira sur le fil magique et hâla le bateau jusqu'au quai. Tous débarquèrent et les navigateurs furent reçus au palais où ils trouvèrent des lits moelleux et des plats délicieux préparés à leur intention. Puis Bran fut convié à partager la couche de la Reine et les navigateurs les couches des plus belles filles du pays...
    Les mets étaient les plus raffinés. Le temps qui s'écoulait dans les plaisirs était court.
    Leur séjour dans cette île dura un an, c'est du moins ce qu'ils pensèrent car en réalité bien des années s'écoulèrent.

     

    Mais la nostalgie de l’Irlande commença à se répandre chez les hommes. Quand l'un d‘entre eux, Nechtân fils de Collbran, éprouvant le mal du pays, persuada Bran de rentrer chez eux , la reine les avertit de ne pas mettre pied à terre lorsqu'ils arriveraient en Irlande.

    En s'embarquant les membres de l'équipage avaient le sentiment de n'avoir passé dans l'Île des Femmes qu'une petite année à peine. Quand ils touchèrent terre, les gens d'Irlande leur demandèrent qui ils étaient !
    - Je suis Bran, fils de Febal
    - Bran ? Nous ne connaissons pas de Bran lui fut-il répondu. C'est dans nos très anciennes annales qu'il est question de la navigation d'un certain Bran...
    Bran vit que personne ne le reconnaissait et que l'on se souvenait vaguement de lui comme d'un personnage légendaire qui avait entrepris jadis un voyage pour l'autre monde. Il allait repartir quand, ne pouvant contenir son impatience et oubliant les recommandations de la Reine, Nechtân sauta du bateau. Mais à peine eut-il touché le sol qu'il tomba en cendres, comme s‘il était mort depuis plusieurs siècles.

    Ensuite Bran raconta à l'assemblée ses aventures depuis le commencement jusqu'à ce moment-là et il écrivit ces quatrains en ogham.
    Il leur dit adieu, reprit la direction du large et nul ne sait ce qu’il est devenu.

    Le temps du Sidh n'est pas le temps des vivants.

     

     

    Le voyage de Bran


    Sources: Wiccapédia - La navigation de Bran sur:
    http://encyclopedie.arbre-celtique.com/navigation-de-bran-fils-de-febal-450.htm

     

     

     

     


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  • Lithographie de Janick Léderlé

     

    La fileuse aveugle


    Légende transmise par Loup Zen que je remercie.
    Je la lui renvoie avec une amulette, un fer à cheval et un trèfle à 4 feuilles, il sait pourquoi.


    Kesaj est une fée d’un conte tzigane, qui dit que pour recevoir de l’amour il faut d’abord savoir en donner.

                              Il y avait une fois, il y a de cela bien longtemps, une famille tsigane, le père, la mère et la fille. La fille s´appelait Daria. Daria était une joyeuse jeune fille, curieuse de tout et qui ne se souciait de rien. Le père et la mère lui disaient de temps en temps de prendre soin de ceci, de cela, parce qu´ils avaient peur pour elle.

                            Un jour, Daria a demandé ce qu´il lui arriverait si elle regardait la foudre. Le père l´a tout de suite prévenue. Il ne faut jamais regarder une foudre, car la lumière de la foudre est si forte que son éclat peut rendre aveugle. Ce qui ne devait pas arriver arriva! Daria n´a pas obéi et elle n´a pas suivi les recommandations de son père. Elle a  fixé de ses yeux l´éclair de la foudre... et... à  l´instant-même, elle est devenue aveugle.

    Qu´il y en a eu des pleurs et des regrets! Mais il n´y avait rien à  faire, rien ne pouvait l´aider. Daria désespérait et désespérait ses parents. Elle est devenue une fille enfermée dans son malheur, méchante, pleine de rancoeur, au coeur meurtri. Toute sa joie de vivre avait disparu.
    Le père, désespéré, ne sachant quoi faire, alla demander de l´aide à la fée.

    « Kesaj, toi, la bonne fée tsigane, notre chère fée, dis-moi, que devons-nous faire, comment pouvons-nous l´aider? »
    « Construis-lui un métier à tisser et apprends lui à faire des lacets, tisser des fils et des rubans pour les cheveux. Il faut que votre fille apprenne à être utile. Il faut qu´elle apprenne à travailler. Le travail anoblit le coeur de l´homme, parce qu´il devient ainsi créatif et il en reçoit une contre-partie sous la forme d´une rémunération. Et surtout la plus belle récompense est de rendre heureux les autres grâce à son travail.

    Alors le père a suivi le sage conseil, il a construit un métier à tisser et il a  bien appris à  Daria comment l‘utiliser. D´une fille aveugle, triste, toujours maussade, elle est devenue de nouveau une joyeuse jeune fille, qui savait si bien tisser que tous ceux du camp et aussi des autres campements venaient la voir, car sa réputation s´était répandue au loin.
    Elle tissait des écharpes, des vêtements, des bonnets, des bandeaux, des tapis… elle n’arrêtait pas.

    « Aveugle disaient-ils, et elle arrive quand-même à tisser de si beaux fils avec des couleurs magnifiquement bien assorties. Mais comment fait-elle?»
    Certaines filles étaient jalouses d´elle lorsqu´elle leur disait qu´elle n´avait pas besoin de se soucier de voir des couleurs, car elle les reconnaissait du bout des doigts sur son métier. Et elle était heureuse, de bonne humeur et joyeuse, comme avant lorsqu´elle dansait sans souci dans les près avec ses amies. Mais maintenant elle travaillait, et elle chantait pour exprimer la joie de pouvoir travailler. Elle recevait pour cela une récompense et elle pouvait ainsi aider ses parents.

    Un jour une femme est arrivée dans leur maison avec une énorme pelote de laine, et elle a dit:
    « J´ai entendu parler de toi, chère Daria. Et j´ai vu les rubans que tu as fait pour les cheveux des jeunes filles, mais aussi les bandeaux que tu as tissés pour les hommes qui travaillent aux champs. Beau, très beau travail. C'est pourquoi je suis venue, pour que tu me tisses, à moi-aussi, un ruban. »
    « Bien, je tisserai, je le ferai pour vous avec plaisir, a répondu Daria. Mais vous avez trop de laine pour un seul ruban. »
    « Je sais! Ce ruban doit être long. Très long. File toute la laine, tant qu´il y en aura. Dans sept jours je viendrai chercher le ruban. »
     
    Après sept jours est venu un jeune homme chez Daria lui disant que c´est sa Maîtresse qui l´envoyait. Il a pris le ruban et a dit à Daria qu´elle devait venir elle-même chercher sa récompense.
    « Mais comment veux-tu que je vienne? Je ne vois rien. Je suis aveugle » a répondu Daria.
    « Celui qui fait de si belles choses, n´est pas aveugle.  A répondu le jeune homme. Mais, si tu ne l´as pas encore compris, voici le bout du ruban. Lorsque l´horloge sonnera les douze coups, commence à enrouler le ruban et il te conduira sans crainte jusqu´ à ma Maîtresse! »
    Et Daria fit ce qu‘il lui dit. Elle a  enroulé le fil qu´elle a elle-même tissé, et le fil la conduite sans crainte jusqu´ à un magnifique palais, et là, sur le trône était assise la Bonne Fée rom Kesaj.

    « Soit la bienvenue, Daria. Je t´attendais. Je suis la fée Kesaj. J´ai beaucoup de trésors. Tu peux choisir ce que tu veux. De l´or, des bijoux, des chevaux magnifiques, des carrosses dorés. Tout ce que tu veux. »
    « Je n´ai besoin ni de l´or, ni des bijoux, ni des chevaux pas plus que des carrosses. Je suis heureuse lorsque je rends les autres heureux, et ça me fait le plus grand plaisir. Ni l´or, ni les diamants, ni les chevaux et les carrosses ne peuvent donner ce bonheur à mon coeur. Si tu le peux, aide-moi à retrouver la vue, pour que je puisse encore mieux aider tous ceux qui en ont besoin. »

      « Tu as rempli parfaitement ton devoir, Daria. D´une fille sans soucis, qui ne s´intéressait à rien, tu es devenue une sage et belle jeune femme pleine de noblesse, qui ressent et voit avec son coeur. Parce que tu as appris à travailler, tu es devenue une femme responsable et courageuse, qui mérite de retrouver sa vue. Que ton désir soit exaucé. A partir de maintenant tu vas de nouveau voir aussi avec tes yeux, et non seulement avec ton coeur. Alors va, va ma chère Daria, et fais du bien encore plus, partout où les gens ont besoin qu´on les aide. »

                        Daria, ayant retrouvé la vue, s´en est allée du palais. Et vraiment, elle a fait beaucoup de bien et elle a aidé partout où il y en avait le besoin, parce que son coeur était plein d´amour et du désir de donner.


     
    Que ce beau conte, par le quel vous parle la Fée Kesaj,  devienne le moteur de votre vie.
    Créez, travaillez consciencieusement  et filez le fil de votre vie,  qui vous conduira de l´ignorance jusqu´à la lumière de la connaissance et à la découverte du sens de l´existence de l´homme  sur cette Terre.

     

    Libre adaptation de l’œuvre originale de Milan Huzevka, le conte de la Fée Kesaj, Par Anna Koptová.

     

    http://www.whatsup-prod.com/project/slovaquie-fr/ 

    https://www.editionsdejuillet.com/products/kesaj-tchav-le-miracle-des-enfants-de-la-f-e

     


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