• Les Tziganes-oiseaux

    Les Tziganes-oiseaux

    Les Tziganes-oiseaux

     

    Autrefois nous étions des oiseaux

    Une légende raconte que les Tziganes avaient longtemps été des oiseaux.

    Un jour, en plein vol au-dessus des terres, ils virent un palais doré, rayonnant au soleil et descendirent le voir. Tout le monde sait que les tziganes sont attirés par ce qui brille!

    Les hôtes du palais, les dindes, les poules et les canards, alors éblouis par la beauté des tziganes-oiseaux se mirent à leur offrir des bijoux précieux et des friandises de toute sorte, les suppliant de rester dans leur pays.

    Les tziganes étaient à la fête! Riant, chantant, ils plongèrent dans des tas de bijoux en or et pierreries, il y en avait partout!

    Et bientôt tous les tziganes-oiseaux se trouvèrent couverts de chaînes en or, des pieds à la tête. Sauf un, un seul, qui avait alors résisté à la tentation en poussant tous les autres à continuer à voler, leur recommandant sagesse, méfiance et prudence. Lui seul n’avait pas touché à l’or. Hélas, nul ne l’entendit.

    Alors, désespéré il s’éleva dans les airs et se jeta du haut des cieux sur les pierres. C’est seulement à cet instant que les tziganes-oiseaux s’éveillèrent de leur léthargie hypnotique et battirent les ailes. Mais l’or les tirait vers le bas et ils ne pouvaient quitter le sol, trop lourds et dans l’incapacité de se libérer.

    Les dindes, les poules et les canards chantaient leur victoire. Désormais ces beaux oiseaux allaient à jamais rester dans leurs cages dorées, ils ne partiraient plus!

    Soudain, une petite plume rouge fit son entrée au palais en planant et glissant et se posa au pied des tziganes-oiseaux. C’était une plume magique envoyée par la déesse des tziganes qui n’acceptait pas qu’ils demeurent prisonniers bien qu’ils aient mérité une bonne leçon.

    Tout l’or tomba alors de leurs corps mais les ailes n’obéissaient plus. Ils n’arrivèrent plus à s’envoler.

    La petite plume rouge, tendrement ramassée par le vent, quitta le palais et s’en alla errer sur les routes poussiéreuses. Les Tziganes la suivirent et perdant leurs plumes petit à petit, se transformèrent ainsi en humains.

    Homme de corps, oiseaux dans l’âme, ayant désappris à voler à jamais.

     

    La route est faite pour aller puisqu'elle est plate.

    La roue est faite pour rouler puisqu'elle est ronde.

    Cours, marche ! Le nuage ne s'arrête que pour pleuvoir

    et le Rom ne se fixe que pour pleurer.

     

    Jean Richepin

     


     

     

    Source: http://tsiganes.roms.free.fr/poemes.html

     

     

     

     

    « PandoreMordred »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 5 Août 2015 à 23:12

    et si la petite plume rouge venait se poser  sur les ploutocrates qui mènent notre monde à l'Apocalypse ?

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    2
    Jeudi 6 Août 2015 à 06:57

    Pour les emporter loin, très loin, dans le monde des ténèbres, là où est leur place, et qu'on ne les revoie plus jamais? Un beau rêve Peache, bises.

    3
    volodia
    Samedi 8 Août 2015 à 08:30

    Que j'aime le poème de Richepin, le dernier vers est magnifique! Vite une petite plume rouge pour moi!

    4
    Samedi 8 Août 2015 à 08:58

    Je t'offre avec plaisir cette petite plume rouge Volodia, il faut marcher, avancer et ne pas s'arrêter pour pleurer.

    Merci de ton passage, passe une belle fin de semaine, je t'embrasse.

    5
    Samedi 8 Août 2015 à 12:20

    Bon jour Triskèle ! 

    " et le rom ne se fixe que pour pleurer." On en a malheureusement l'illustration avec tous ces campements insalubres où ils essaient de se fixer ... Où est passée la petite plume rouge ? Je ne connaissais pas cette légende, merci pour le partage. 

    Bises Triskèle et bon week-end à toi.

    6
    Samedi 8 Août 2015 à 14:20

    Tu as raison Béa, la petite plume rouge s'est envolée, portée par le vent. Bien que les tziganes, roms ou gitans se nomment "les fils du vent", beaucoup ont du perdre la trace de la petite plume.

    Merci chère Béa, passe une belle fin de semaine toi aussi, bises.

    7
    Dimanche 16 Août 2015 à 17:02

    Bonjour Triskèle ,

    Triste histoire , l'oiseau libre et léger réduit à errer  sur les  routes poussiéreuses pour avoir voulu briller , posséder .

    Ne pas tomber dans le piège , Tzigane ou pas Tzigane , il faut être très vigilant smile pour ne pas être esclave de " l'or "

    Bonne soirée , merci pour ton com      Talie

    8
    Dimanche 16 Août 2015 à 17:31

    Bonsoir Talie, tu as bien résumé la morale de cette histoire.

    Merci de ton passage et passe une très douce soirée, bises.

    9
    Jeudi 3 Septembre 2015 à 23:04

    Bonsoir ma chère Triskèle,

    En voilà une belle leçon... c'est ce qui arrive à ceux qui sont esclaves de l'avidité! La convoitise n'a jamais  apporté le bonheur et cette histoire en est un bel exemple, destinée bien triste pour ces volatiles devenus des êtres humains errants et voués à avenir bien sombre!

    Méfiance et prudence devant ces tentations... pour ne pas connaître le même sort que ces "fils du vent"! wink2

    J'ai de nouveau des soucis avec mes yeux, c'est la raison pour laquelle je ne suis pas revenue plus vite!!! 

    Il fait toujours aussi beau chez nous bien que les températures ne soient plus caniculaires, le thermomètre ne monte plus au-dessus de 35°C sauf peut-être demain 37°C annoncé, et les nuits commencent a être légèrement plus fraîches 25°C, mais les cigales continuent à chanter ce qui est magnifique et surprenant en septembre!

    J'espère que tu vas bien, très belle fin de semaine ma douce Triskèle, de gros bisous ensoleillés!

    10
    Vendredi 4 Septembre 2015 à 08:53

    Bonjour Neige, c'est très ennuyeux le problème de tes yeux, j'espère que ce n'est pas trop grave?

    Merci de ton commentaire sur la morale de cette histoire, essayons de conserver nos ailes!

    Nous avons ici aussi encore du beau temps et de la chaleur, mais les nuits et les matins sont plus frais, par contre je n'entends déjà plus les cigales et ça me manque.

    Soigne toi bien ma puce, prend soin de ta santé, je t'embrasse avec toute mon amitié.

    11
    sista ninie
    Lundi 26 Octobre 2015 à 14:20

    Très belle légende, éloquente . . . Et les vers de Jean Richepin sont vibrants, émouvants . . . Merci beaucoup chère amie ~

     

    12
    Lundi 26 Octobre 2015 à 14:51

    Merci à toi ma chère Sista, ta visite et ton commentaire me font plaisir.

    Belle fin de journée, piouk piouk! smile

    13
    Jeudi 11 Février 2016 à 19:46

    Plus tzigane que toi...tu meures !

    Chère érudit n'oublies pas que les "gens du voyage" ne conservent pas (pour ainsi dire )de traditions écrites et... que les gadgés leur font dire  ce que d'autres gadgés aiment à entendre. j'en connais même qui ont publié des livres de recettes de cuisine !

    Il n’empêche que cela reste très agréable à lire..... et je t'en pris.. poursuis ta route.

      • Vendredi 12 Février 2016 à 07:58

        Qu'on me donne l'envie ♫♫♫, l'envie d'avoir envie...♫♫♫♫.

    14
    Jeudi 25 Février 2016 à 14:30

    et pourtant un proverbe tzigane dit: l'or des tziganes ni ne brille, ni ne tinte...

    Car l'or des tziganes est le cheval qui tire la verdine pour les emmener  toujours plus loin.

     

      • Jeudi 25 Février 2016 à 14:57

        Merci de ta visite Débla, un petit poème pour toi:

        Bohémiens en voyage
        La tribu prophétique aux prunelles ardentes
         Hier s'est mise en route, emportant ses petits
         Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
         Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.
        Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
         Le long des chariots où les leurs sont blottis,
         Promenant sur le ciel des yeux appesantis
         Par le morne regret des chimères absentes.
        Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
         Les regardant passer, redouble sa chanson;
         Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,
        Fait couler le rocher et fleurir le désert
         Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
         L'empire familier des ténèbres futures.

        Charles Baudelaire

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