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    Dionysos


    Le plus étrange de tous les dieux
    Celui qui enseigna aux hommes à faire du vin.

    Dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et la démesure, ainsi que du théâtre et de la tragédie. Il a été adopté par la Rome antique sous le nom de Bacchus et assimilé au dieu italique Liber Pater.
    Il ne vit pas sur le mont Olympe.

    Dionysos est le seul dieu né d'une mère mortelle: il est présenté comme le fils de Zeus et de Sémélé, fille du roi de Thèbes Cadmos et d'Harmonie, il est donc un demi-dieu.
    Dionysos est un dieu à part : c'est un dieu errant, un dieu de nulle part et de partout. À la fois vagabond et sédentaire, il représente la figure de l'autre, de ce qui est différent, déroutant, déconcertant, provocateur..
    Ne faisant pas partie des Olympiens à l'origine, Dionysos accède à l’Olympe après avoir su réconcilier Héphaistos et sa mère Héra .

    Dionysos est né sur le mont Méros, dans le Pakistan actuel.
    Zeus est l'amant de Sémélé, pendant assez de nuits pour que la jalouse Héra en prenne ombrage. Sémélé, enceinte et poussée par les conseils pernicieux d'Héra ayant pris l‘apparence de sa vieille nourrice, demande avec insistance à contempler dans toute la lumière de sa divinité celui qui ne s'unissait à elle que dans l’obscurité. Mais aucun mortel ne peut voir Zeus sous son véritable aspect sans mourir. Zeus, qui avait malencontreusement promis à Sémélé d’exaucer tous ses vœux, est contraint de se dévoiler. Sémélé meurt du coup de foudre mettant le feu à tout le palais. Miraculeusement l’enfant survit et Hermès, ouvrant la cuisse de Zeus, y place l’enfant afin qu’il continue sa croissance. Ainsi Hermès le fera naitre à son terme, «de la cuisse de Jupiter», expression passée dans les usages.
    Dionysos est, en tout cas, né deux fois et doublement fils de Zeus.

    L’enfant est d’abord confié à sa tante Ino, également fille de Cadmos et femme du roi Athamas. Mais Héra les frappe tous deux de folie au point qu’ils tuent leurs propres enfants.
    Dionysos est alors conduit par Hermès à Niysa, lieu mystérieux que certains assimilent au mont Nyséion en Thrace, d’autres comme Hérodote à une ville de Haute-Egypte, où il est élevé par des nymphes locales et par le vieillard Silène.

    Devenu adolescent, Dionysos est, à son tour, victime d’Héra qui le frappe de folie. Sauvé par Rhéa, sa grand-mère paternelle, Dionysos entame alors un long vagabondage, ayant des difficultés à se faire accepter dans toutes les cités où il aborde. Venu d’ailleurs, il est considéré comme un dieu dangereux qui apporte, en même temps que la vigne, ivresse et désordre.
    En Thrace en particulier, il est mal reçu par le roi Lycurgue, qui jette en prison ses fidèles, les ménades (Bacchantes). Dionysos les libère et frappe à son tour Lycurgue de folie meurtrière. Celui-ci tue son fils à coups de hache. Dionysos poursuivi par Lycurgue meurt de peur et plonge dans la mer où il est caché un temps par Thétis.
    Revenu des Enfers, Dionysos a également arraché Sémélé au royaume des Ombres. Il la transporte dans l'Olympe grâce à Hestia qui lui cède sa place, où elle devint immortelle sous le nom de Thyoné.

    Baldassarre Franceschini


    Dionysos doit prouver sa valeur aux autres dieux de l'Olympe en commençant par conquérir les Indes. Il part avec une armée de ménades et de satyres, et affronte de nombreux ennemis, dont il convainc une partie en leur faisant découvrir le vin.
    Dionysos installe son culte en Lydie, en Phrygie, en Perse et en Asie, et ne vient en Grèce qu'ensuite.
    En Grèce, le culte de Dionysos excite d'abord les railleries, et il doit châtier les filles d'Argos près d'Éleuthère ainsi que Penthée, roi de Thèbes.
    Le roi Penthée, très attaché à l’ordre, résiste au nouveau culte que le dieu, déguisé, lui propose, et le fait arrêter ainsi que son cortège. Dionysos se libère, embrasant le palais, et semant la folie parmi les femmes de Thèbes, dont Agavé, mère de Penthée, qui s'égaillent sur les pentes du Cithéron. Penthée se laisse tenter par le spectacle et, travesti, va espionner les femmes du haut d'un pin. Aveuglées par le dieu, les ménades prennent Penthée pour un animal sauvage et sa propre mère Agavé le met en pièces et ramène sa tête au bout de son thyrse, croyant que c'est celle d'un lion. La tragédie se termine sur l'effroi d'Agavé reconnaissant son fils mort, la fuite et la victoire de Dionysos.

    Dionysos est bien donc celui qui vient du dehors, l'étranger à qui la cité doit faire place à certains moments de l'année, et en qui la raison doit reconnaître ses limites.

    Ses amours

    Alors que Thésée a abandonné Ariane sur l'île de Naxos, Dionysos passait par là et serait tombé amoureux d'elle; il apparaît à Ariane, l'emmène sur l'Olympe et en fait sa femme. Certains textes disent que Dionysos aurait ordonné à Thésée d'abandonner Ariane car son destin était de devenir une de ses prêtresses. En cadeau de mariage, Dionysos aurait jeté sa couronne dans le ciel pour lui rendre hommage ; ce sera la constellation de la couronne boréale. Ariane est divinisée après cela et devient une personnification de la terre fertile.

    D'Althée, la reine de Calydon, il a une fille, Déjanire, qui sera adoptée par l'époux d'Althée, Œnée. Enfin, Aphrodite lui donne plusieurs fils, à savoir Priape, divinité phallique des vergers et des jardins, Hyménée, dieu du chant nuptial, et, selon le 57e Hymne orphique, l'Hermès souterrain, chtonien ou infernal.
    De la nymphe Nikaia, il a une fille Teléte.

      C. Albacini, Dionysos et Ariane (XVIIIe siècle), Madrid, Académie royale des beaux-arts de San Fernando.


    Fonctions

    Dionysos est avant tout un dieu du vin, de la végétation arborescente et de tous les sucs vitaux (sève, urine, sperme, lait, sang). Il se spécialise ensuite dans la vigne, qu'il est censé avoir donnée aux hommes, ainsi que dans l'ivresse et la transe mystique.

    Vase attique (vers 550-520 av. J.-C.), Munich, Staatliche Antikensammlungen.

    Il est surtout le père de la comédie et de la tragédie. C'étaient au départ des sortes d'illustrations du culte, qui se donnaient au théâtre grec au cours des Dionysies, en présence de ses prêtres. Elles avaient une forme littéraire scandée particulière, le dithyrambe. Les chants et musiques dionysiaques font appel aux percussions et aux flûtes. Ils sont dissonants, syncopés, provoquent la surprise et parfois l'effroi. En ce sens, il est l'antithèse d'Apollon, qui patronne l'art lyrique et l'harmonie.

    Son culte public donnait lieu aux fêtes des « Dionysies », mais il existait aussi un important culte secret, représenté par des Mystères, comportant des cérémonies initiatiques. Il est souvent accompagné d'un groupe de satyres, de Ménades, de panthères, de boucs, d'ânes et du vieux Silène, formant le « cortège dionysiaque ».
    Le culte privé avait lieu entre initiés. Le regroupement de ces initiés porte le nom de thiase. Les thiases pratiquaient un culte caché et initiatique, souvent dans des cavernes et la nuit, au cours desquels on initiait les nouveaux membres du thiase, et qui officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection du dieu deux fois-né. On manque de sources pour savoir ce qui s'y passait exactement, mais ces cérémonies secrètes et nocturnes ont perduré jusque sous l'Empire romain. Elles comportaient des sacrifices, mais aussi des délires dus à l'ivresse ou à la consommation de drogues végétales, et des excès de toutes sortes, notamment sexuels.

    Dionysos, dieu de l'ivresse et de l'extase, est celui qui permet à ses fidèles de dépasser la mort. Le vin, comme le soma védique, est censé aider à conquérir l'immortalité.

    Dionysos est un dieu très répandu et très populaire dans toute l'Antiquité. On trouve de nombreux temples tout autour du bassin méditerranéen, qui voisinent avec ceux des plus grands dieux.

    Les attributs de Dionysos
    Dionysos a pour attributs la vigne dans tous ses aspects, la branche porteuse de grappes et de sarments, mais aussi le lierre, le roseau qui sert à confectionner les pipeaux et la pomme de pin.
    Ces trois éléments entrant dans la composition du thursos (thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre couronné d’une pomme de pin ) que portent les Satyres et les Bacchantes, ou Dionysos lui-même. Ce bâton dans la légende a été une arme, l'arme des femmes déchaînées, en particulier dans le voyage en Asie.
    On trouve aussi le grenadier et la grenade, le figuier et les figues.

    Les animaux
    En tant que Dieu de la fécondité et de la puissance, Dionysos est associé au bouc (tragos), et au taureau dont il porte souvent la corne (taurokerôs) à la main dans l’iconographie.
    Dionysos est souvent représenté sur un âne, une panthère ou un léopard, ou même, après son mythique séjour indien, ou la connaissance de l’Inde issue de l’épopée d’Alexandre, menant un attelage de tigres.
    Le culte de Dionysos dans la province d’Afrique, qui se développe en particulier sous la dynastie des Sévères, représentera le dieu sur un lion rugissant et Silène sur un dromadaire !
    Les mythographes analysent cette chevauchée comme une intimité de Dionysos avec les animaux sauvages, que ses suivantes les ménades savent également dompter : Dionysos est celui qui libère et maîtrise à la fois la violence animale .

    Les instruments de musique
    Les instruments propres à déclencher le délire bachique sont la flûte de Pan (syrinx) et le tambourin (tympanon). De nombreux vases montrent Dionysos entouré de satyres et de ménades.
    Le bonnet phrygien rappelle son origine asiatique.


    Contrairement à Dionysos, figure majeure du panthéon grec, Bacchus n’a pas une très grande importance chez les Romains ; son culte n’est pratiqué que par des initiés. Il consiste en mystères, les bacchanales, qui sont le lieu de manifestations frénétiques, d’orgies et de beuveries. Ces célébrations prennent au fil du temps une telle ampleur qu’elles sont interdites par le sénat romain en 186 av. J.-C.

     

     

    Annibale Carracci

     

     

     


    Sources: http://www.cndp.fr/archive-musagora/dionysos/dionysosfr/mythe.htm -
    http://www.mythologica.info/mythologie-romaine/bacchus-le-dieu-du-vin/

     

     

     

     


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  • Bakhtalo


    C’est l'histoire d'un couple qui ne peut pas avoir d'enfant. La femme Zara, part un jour chercher du bois en forêt et elle chante sa tristesse:

    "le vent souffle où il veut,
    L'homme va où il peut,
    Mon cœur est léger et lourd,
    Mon cœur est triste et plein d'espoir.
    Dans les branches chantent les feuilles,
    L'eau du ruisseau fredonne aussi,
    Dans le ciel, les oiseaux crient,
    Chaque plante croit et meurt,
    Chaque arbre donne ses fruits.
    Et moi, que sera ma vie?
    Le voyage est long, difficile,
    Qui sait quand il finira?"



    Elle parvient dans une grande clairière, où se dresse en son centre un hêtre majestueux. Elle le salue, ramasse quelques uns de ces fruits et se retrouve face à une femme qui sort du tronc de l'arbre. Elle se présente comme étant l'esprit Matouya, l'âme du hêtre.
    Pour la remercier et pour la consoler, elle lui promet un enfant, lui offre un coffret, et lui recommande de l'offrir à son fils quand il sera en âge de partir. Son père devra également lui tailler un bâton en bois de hêtre. Matouya ajoute que son fils deviendra un grand tzigane.


    L'enfant naît et se fait appelé Bakthalo. Il grandit, et un jour part sur les routes, avec le coffret et le bâton taillé par son père. Il marche longtemps jusqu'a arriver à la lisière de la forêt ou se trouve un campement. Il se fait héberger et le soir, autour du feu, Zelda, la fille du chef se met à chanter et danser. Bakhtalo captivé, va demander sa main. Mais le père se fâche quand il voit Bakhtalo les mains vides sans un présent digne de ce nom et l'enferme dans un trou sous un vieux hêtre et le laisse sous terre.


    Au bout de trois jours et trois nuits, Matouta apparaît au garçon, et lui offre une mèche de ses longs cheveux. Puis avec le bâton et le coffret, elle lui montre comment assembler le tout pour faire un violon. Elle souffle sur le bois, et l'instrument se met à vibrer.
    Bakhtalo se met alors à jouer sur l’instrument qu’il a confectionné et la musique sort de terre, émeut le chef qui le libère. Le tzigane fascine tellement avec sa musique qu'il obtient la main de Zelda et tous deux partent sur les routes, lui jouant, elle chantant.

     

    YOGAN

      

     

     

    Source: "Contes à Musique" de Bernard Chèze. http://www.conteur.com/forum/read.php?6,21524

     


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  • Le Cygne

    Le Cygne

     

    Pour Béa.

    Le cygne est un symbole de lumière, de pureté et d‘amour dans de nombreuses cultures. Dans le shamanisme, le totem du cygne est associé à l’amour, à l’inspiration, à l’intuition, à la grâce et à la beauté. Étant un oiseau aquatique, donc lunaire, il est également associé aux émotions et à la spiritualité.

    Les cygnes sont monogames et fidèles, et symbolisent l’amour éternel.

    Le cygne meurt en chantant et chante en mourant.

    La légende du cygne muet dit qu’au moment de mourir il aurait exhalé pour la première fois un chant très mélodieux.

    Le cygne est présent dans toutes les cultures païennes d'Europe ainsi que dans le reste du monde comme dans les traditions chamaniques de Sibérie. La blancheur de son plumage est la couleur symbolique de la lumière qui se retrouve dans la tradition vestimentaire des druides celtes et des skaldes nordiques. 

    De la Grèce ancienne à la Sibérie, en passant par l’Asie Mineure, aussi bien que par les peuples slaves et germaniques, un vaste ensemble de mythes, de traditions et de poèmes célèbre le cygne, oiseau immaculé, dont la blancheur, la puissance et la grâce font une vivante épiphanie de la lumière.

    Mais il existe deux types de lumière, celle du jour qui est solaire et mâle, et celle de la nuit qui est lunaire et femelle. La lumière diurne est la puissance masculine fécondante, tandis que la lumière nocturne en est le miroir en tant que puissance féminine fécondée. Le cygne peut donc selon le contexte incarner la lumière du jour ou bien celle de la nuit. Il est féminin dans la contemplation et masculin dans l'action.

    Le Cygne

    Dans les textes celtiques, la plupart des êtres de l'autre monde qui, pour une raison ou autre, pénètrent dans le monde des hommes, empruntent la forme du cygne et voyagent en général par deux, reliés par une chaîne d'or ou d'argent. L'or comme symbole solaire et l'argent comme symbole lunaire, font encore une fois une claire allusion à cette bipolarisation du symbolisme du cygne.

     Il est considéré en Irlande comme l'oiseau de l'Autre Monde. Il est la forme la plus prisée pour les messagères du Sidh lorsqu'elles viennent dans le monde des hommes. Sur beaucoup d'œuvres d'art celtiques, deux cygnes figurent sur un côté de la barque solaire, qu'ils guident et accompagnent dans son voyage sur l'océan céleste.

    Sur le continent, et même dans les îles, le cygne est souvent confondu avec la grue, d'une part, et l'oie, d'autre part ; ce qui explique l'interdit alimentaire dont cette dernière faisait l'objet, d'après César, chez les Bretons.

    Le CygneLe cygne est un symbole royal, mais il est aussi un symbole de pureté, de la lumière et de la féminité chez les Celtes. On l'associe à l'amour (cf la légende d'Aengus et Caer la jeune fille cygne). Le cygne possède alors un caractère sacré qui le rend intouchable. Etain la troisième et Midir le roi du Monde Invisible se changent en cygnes pour échapper à la colère du roi Eochaid.

    En Extrème-Orient, le cygne est symbole d’élégance, de noblesse et de courage. Il est aussi symbole de la musique et du chant.

    Enfin, de même qu’il y a un soleil noir, il existe un cygne noir, non pas désacralisé, mais chargé d’un symbolisme occulte et inversé.

    Dans le conte d’Andersen « le camarade de voyage », une vierge ensorcelée et sanguinaire apparaît sous la forme d’un cygne noir. Plongé trois fois dans l’eau purifiante ce cygne devient blanc et la princesse est exorcisée.

    Le Cygne

    De nombreux mythes sibériens parlent de l'oiseau de lumière à la beauté éblouissante, comme d'une vierge céleste qui sera fécondée par l'eau ou la terre pour donner naissance au genre humain. Dans ce cadre, le cygne est lié à l'aspect féminin, celui qui reçoit la fécondation. On retrouve cet aspect femelle et lunaire du cygne dans les traditions nordiques et irano-aryennes. 
    Les Bouriates content qu’un chasseur surprit un jour trois femmes splendides qui se baignaient dans un lac solitaire. Elles n’étaient autres que des cygnes, qui s’étaient dépouillés de leur manteau de plumes pour entrer dans l’eau. L’homme ravit un de ces costumes et le cacha, ce qui fit qu’après leur bain, deux seulement des femmes-cygnes purent reprendre possession de leurs ailes et s’envoler. Le chasseur prit la troisième pour épouse. Elle lui donna onze fils et six filles, puis reprit son costume et s’envola après lui avoir tenu ce discours : «Vous êtes des êtres terrestres et vous resterez sur la terre, mais moi, je ne suis pas d’ici, je viens du ciel et je dois y retourner. Chaque année, au printemps, lorsque vous nous verrez passer, volant vers le Nord, et, chaque automne, quand nous redescendrons vers le Sud, vous célébrerez notre passage par des cérémonies spéciales.»
    En Sibérie même, cette croyance, bien qu’elle ne soit pas généralisée, a laissé quelques traces. Ainsi, Uno Harva note que, chez les Bourates, les femmes font une révérence et adressent une prière au premier cygne qu’elles aperçoivent au printemps.

    Dans la mythologie grecque, le cygne était à la fois un symbole mâle et femelle.
    Ainsi, sous sa forme mâle, il était l'emblème d'Apollon (le dieu de la force solaire, de la musique et de la poésie) et symbolisait la lumière.

    En revanche, sous sa forme femelle, le cygne symbolise la poésie lyrique et la mort.

    Le CygneApollon est né à Délos un jour sept. Ce jour là des cygnes sacrés firent sept fois le tour de l'île. Zeus, le Père des Dieux, remit au jeune Apollon une lyre ainsi qu'un char attelé de cygnes. Ces cygnes sacrés étaient originaires du grand Nord, terre mythique que les Grecs nommaient le pays des Hyperboréens. C'est avec ce char et ces cygnes que le Dieu Apollon voyage régulièrement vers l'Hyperborée (équivalent de Tir Na Nog chez les Celtes) faisant de cette manière le lien entre le bassin méditerranéen et le grand Nord. C'est là que le Dieu de la lumière et de la poésie va se régénérer avant de retourner à son temple de Delphes en Grèce. 

    Les mythes de la Grèce païenne mentionnent aussi le cygne lors de l'union entre Zeus et Léda. Afin de séduire Léda qui s'était changée en oie, Zeus se transforma en cygne. L'oie étant un avatar symbolique du cygne, on peut en conclure que Zeus-cygne et Léda-oie représentent à eux deux les deux aspects du cygne et la bipolarisation de symbole traditionnel: la lumière solaire diurne et la lumière lunaire nocturne, ce qui conduit à penser que les Grecs, rapprochant volontairement ses deux acceptions diurne et nocturne, ont fait de cet oiseau un symbole hermaphrodite où Léda et son divin amant ne font qu’un.
    De cette union naîtront deux Immortels (Hélène et Pollux) ainsi que deux Mortels (Clytemnestre et Castor).

    Le mythe grec raconte que Cycnos (le roi de Ligurie) fut tellement affligé par la mort de Phaéton (le fils d'Hélios, le Soleil), foudroyé par Zeus, qu'Apollon, ému, le changea en cygne. D'ailleurs, c'est certainement de cette histoire qu'est issue la légende du chant merveilleux du cygne mourant.

    Enfin, l'expression Le chant du cygne désigne le dernier chef-d'oeuvre d'un artiste.

    Le Cygne

    Le cygne est l'emblème de l'âme du poète. Aussi, cette image du cygne a fortement influencé la poésie et la musique, notamment à l'époque romantique, avec des œuvres majeures telles que la Mort du cygne de Tchaïkovsky, ou Lohengrin de Wagner.

    Le cygne fait également partie de la symbolique de l’alchimie. Il a toujours été regardé, par les Alchimistes, comme un emblème du mercure. Il en a la couleur et la mobilité, ainsi que la volatilité proclamée par ses ailes. Il exprime un centre mystique et l’union des opposés (eau-feu), en quoi l’on retrouve sa valeur archétypale d’androgyne. Au monastère franciscain de Cimiez, la devise latine dégage l’ésotérisme de l’image: Divina sibi canit et orbi (il chante divinement pour soi et pour le monde). Ce sifflement est nommé le chant du cygne (le signe chantant), parce que le mercure, voué à la mort et à la décomposition, va transmettre son âme au corps interne issu du métal imparfait, inerte et dissous.

    Malheureusement de nos jours, le cygne n’est plus respecté, des centaines d’entre eux sont abattus en vol chaque année au cours de leur migration, à tel point qu’ils sont en voie de disparition. J’espère que les dieux puniront ces meurtriers du sacré.

     

    Le Cygne

     

     

     

    Sources: L’arbre celtique.com- http://www.les-voies-libres.com/articles/symbolisme-du-cygne-
    http://francoise1.unblog.fr/2015/11/17/la-symbolique-du-cygne/-http://1001symboles.net/symbole/sens-de-cygne.html

     


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  • Enlèvement d'Europe par Guido RENI (© Musée des Beaux-Arts du Canada)

     

    Europe

     

    Dans la mythologie grecque, Europe est une princesse phénicienne, fille d'Agénor (roi de Tyr) et de Téléphassa, et sœur notamment de Cadmos. Elle a donné son nom au continent européen.

    La jeune princesse fit un jour un rêve étonnant où deux continents personnifiés tentaient de la séduire. Le matin venu, pour chasser ce rêve étrange, elle alla avec ses suivantes cueillir des fleurs près de la plage de Sidon.

    Tandis qu'elle se promenait dans les plaines comme à son habitude, accompagnée des jeunes filles de Tyr et qu'elle s'amusait à composer des bouquets, Zeus l’aperçut et fut émerveillé par le charmant tableau qu'offrait la jeune femme.
    Son admirable beauté éveilla le désir du dieu et on sait à quel point Zeus était capable de tout pour obtenir les faveurs de celles qu’il désirait, qu’elles soient déesses, nymphes ou mortelles.
    La jolie princesse se penchait en riant pour couper la fine tige des fleurs et dégageait tant d’élégance et de douceur qu'il en tomba immédiatement amoureux.

    Un troupeau de vaches passait tranquillement aux abords du champ où les jeunes femmes s‘étaient allongées pour se reposer. Zeus ne pouvant se montrer aux yeux d'Europe sans risquer de la foudroyer (nulle mortelle ne pouvait supporter sa vision), et afin d'éviter la colère de son épouse jalouse, la terrible Héra, il prit la forme d'un majestueux taureau blanc et se mêla au troupeau. Il trottait avec élégance, un regard doux et confiant posé sur la jeune fille. Son corps pourtant robuste ne dégageait rien de sauvage et sa splendeur était telle que la jeune princesse, d'abord intimidée, ne pouvait plus en détacher ses regards. Zeus, sous cette apparence, s'approcha de la belle Europe et s'étendit à ses pieds. Flattée, la jeune femme se mit à caresser les flancs du bel animal et, rassurée par sa douceur, para ses cornes de guirlandes fleuries. Le dieu déguisé était ravi que son manège fonctionne et lui fit comprendre qu’elle devait monter sur son dos. Il pencha sa tête et plia les genoux, les sabots contre sa poitrine, comme une révérence. La jeune femme, croyant qu'il s'agissait là d'un jeu, monta sur le dos de l’animal, en toute confiance.

    Europe par Le Titien

     

    Mais dès qu'elle fut sur son dos, il se précipita vers le rivage proche. S'assurant que sa proie était solidement tenue, il partit au galop et atteignit le rivage d'un seul bond. Il se mit à fendre les flots avec tant d'ardeur qu'Europe, aplatie sur son dos, encerclait son cou de peur d'être engloutie. Le vent faisait battre ses longs cheveux et les voiles de sa robe, et apeurée, elle se cramponnait à l'animal, sans oser émettre un seul cri. Elle ne put se retourner pour voir disparaître au loin ses amies. Accompagné par toute une cohorte de divinités marines, de néréides chevauchant des dauphins et de tritons soufflant dans des conques, Zeus l'amena dans l'île de Crête.
    Puis il étendit le corps fébrile de la jeune femme sur le rivage. Épuisée, elle se laissa déposer sur le sable chaud.

     
    A Gortyne, sous un platane désormais toujours vert, ils s'unirent.
    De leur union naitront Minos, Rhadamanthe (qui deviendront tous deux juges des Enfers) et Sarpédon qui s'exila en Anatolie, à Milet.
    Zeus fit trois présents à sa nouvelle conquête :
    • Une robe et un collier;
    • Un chien, Laelaps, qui ne laissait jamais échapper sa proie;
    • Un homme de bronze, Talos, dont la seule veine qui irriguait son corps de métal, était obturée par une cheville de bronze. Il faisait chaque jour le tour de la crête et tuait tous les étrangers qui tentaient de débarquer. Ces cadeaux se retrouvèrent ultérieurement en d'autres mains.

    Mais Zeus, dieu suprême, ne pouvait demeurer plus longtemps aux côtés de la douce Europe et décida d'en faire une reine en la donnant pour épouse au roi de Crète, Astérion, qui reconnut ses enfants et fit de Minos son successeur. Europe donna à son mari une fille, Crété.

    Pendant ce temps, son père, Agénor, cherchait partout sa fille. Il décida d'envoyer ses trois fils Cadmos, Phénix et Cilix ainsi que sa femme à sa recherche. Il leur donna l'ordre de ne pas revenir sans Europe et il ne les revit jamais.

    Europe donna son nom au continent européen et la constellation du taureau rappelle cette transformation divine.

    Europe a inspiré beaucoup d'artistes. On la représentait tantôt jouant sur la plage avec ses compagnes, sous la surveillance d'un pédagogue, au moment où s'approchait le taureau ; tantôt montée sur le taureau dans une prairie, ou emportée par lui en pleine mer (pièce grecque de 2 euros); ou bien en Crète, recevant les hommages de Zeus. Son visage tiré d'une œuvre du Louvre apparait en filigrane sur les nouveaux billets de 5 euros.

    Le terme « Europe » fut utilisé par les anciens Grecs pour définir l’aire géographique à l’ouest et au nord de la Grèce, et plus tard pour l’intégralité du territoire qui séparait l’Afrique, alors connu comme la Libye, et l’Asie, du détroit de Gibraltar à celui du Bosphore.
    Mais on ignore pourquoi les Grecs ont donné ce nom au continent tout entier, en mémoire de l’une des conquêtes de Zeus. De nombreuses versions circulent, proposées par les chercheurs, parfois aussi peu convaincante que celle-ci : Zeus et Europe nagèrent de l’actuel Liban et de la Syrie jusqu’à l’île qui se trouve la plus à l’Est de la Crète, traçant le contour du continent européen.
    Quoi qu’il en soit, la coïncidence initiale entre le nom d’Europe et une région de la Grèce ne suffit pas pour expliquer ce succès.

     

    Terre cuite grecque.

     

     


    Sources: http://mythologica.fr/grec/europe.htm
    http://www.taurillon.org/La-deesse-Europe-et-le-taureau-signification-du-mythe-dans-l-Europe
    http://www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-legendes/lire/europe-biblidcon_036

     


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