• Finn et le dragon

    Finn Mac Cool et le Dragon

     

    Fils du grand guerrier Cumhaill, Fionn Mac Cumhaill (connu aussi comme Finn MacCool) fut élevé par deux femmes qui lui apprirent comment se battre et comment survivre en pleine nature.

    Après ses précédentes péripéties avec le saumon de la connaissance, Finn part vers une nouvelle aventure dans le but de reconquérir la place de son défunt père.

    Finn et le Dragon de Tara

    Lorsque Finn quitta l’enseignement de son professeur Finegas, il partit aussitôt vers la grande cour du Roi, située à Tara. Il trouva une grande foule sur sa route, car tout le monde y allait pour célébrer le grand festival de Samhain. Tous les chefs de clans et grands guerriers du pays se rassemblaient chaque année à Tara pour célébrer le début de la saison sombre.

    Le grand hall d’entrée du Palais était bondé de visiteurs bruyants et de grands feux dansaient dans chaque coin de la pièce. Les serviteurs accouraient de partout avec de grands plateaux remplis de viandes. Le vin coulait à flot et les rires résonnaient dans toute la salle.

    Lorsque Finn passa les immenses portes du hall donnant sur la salle du festin, un silence de mort se fit alors dans l’assemblée. N’ayant aucun siège réservé à son nom, il s’approcha du roi tout en regardant dans les yeux chacun des chefs de clans et guerriers qui se trouvaient à la table.

    – Qui es-tu ? demanda le roi. Quel est le nom de l’étranger qui ose interrompre mes festivités ?
    – Je suis Finn, fils de Cumhaill, répondit le jeune homme d’une voix fière.

    - Alors tu es le bienvenu en ces lieux ! annonça à pleine voix le roi. Ton père était l’un de mes plus fidèles amis. Je ne passe pas un seul jour sans penser à lui.
    – C’est un grand honneur que d’être à vos côtés mon roi. En quoi puis-je vous servir ? demanda Finn.
    – Et bien, il y a peut-être quelque chose que tu puisses faire pour moi.

    Et il commença alors à raconter une étrange histoire.


    – À chaque Samhain, et ce depuis plus de 9 ans, Tara se voit assiégée par un esprit diabolique prenant la forme d’un dragon cracheur de feu. Lorsque le dragon commence à entrer dans la ville, une douce musique l’accompagne et tous ceux qui l’entendent sont alors plongés dans un profond sommeil. De nombreux guerriers ont tenté de le terrasser mais tous sont morts avant d’avoir pu tenter la moindre petite action. Nos magiciens ont également tenté de le tuer à l’aide de leurs sorts, mais chaque tentative a échoué. Si tu arrives à tuer ce dragon et à sauver Tara, je te fais alors la promesse de t’accorder le vœu de ton choix.

    – Je tuerai ce dragon pour vous, mon roi, jura Finn devant toute l’assemblée ébahie. Puis il tourna ses talons et sorti dans la nuit pour attendre la bête.

    Alors qu’il commençait à s’assoupir, Finn entendit une voix résonner dans son oreille.
    – Finn, ton père était un grand ami pour moi et j’ai le devoir de rembourser une dette que j’ai envers lui.

    Finn, surpris, regarda tout autour de lui mais ne vit personne.

    – Tu ne peux pas me voir Finn, dit alors la voix, mais lève la tête et tu découvriras mon présent.

    Finn leva les yeux et découvrit une magnifique lance en argent en train de flotter à quelques centimètres de sa tête.

    – Comme tu le sais, continua la voix, lorsque le dragon approche, il joue une musique qui endort tous ceux qui l’entendent. Prends cette lance magique et presse la fermement contre ton front dès que la musique commencera. La mélodie du dragon n’aura alors plus aucun effet sur toi.

    Finn accepta le cadeau, remercia l’esprit, puis attendit de longues heures jusqu’à ce qu’enfin il entende une petite note au loin. On aurait dit un air de flûte qui sonnait comme une douce berceuse.

    Les gens devant lui commencèrent à tomber comme des mouches dans un sommeil profond. Finn appuya alors la lance en argent contre son front et la musique s’arrêta comme par magie !

    Mais avant même qu’il ne le réalise, le dragon se tenait déjà devant lui !

    L’incroyable monstre mesurait plus de 5 mètres de haut et des flammes jaillissaient de ses énormes narines. En une fraction de seconde, Finn saisit la lance en argent et visa la tête du dragon alors que celui-ci se préparait à cracher une flamme sur son adversaire. La pointe de la lance vint se loger directement entre ses yeux et la bête s’écroula sur le sol dans un vacarme assourdissant.

    Le monstre maintenant à terre, Finn dégaina son épée et trancha d’un coup net la tête du dragon. Il emporta avec lui son trophée et retourna au banquet pour le présenter au roi.

    – Tu nous as sauvé du dragon Finn ! déclara le roi. Comme promis, tu as le droit de me demander ce que tu veux. Quel est donc ton souhait mon enfant ?
    – Je souhaite récupérer la place de mon père en devenant le nouveau leader des Fianna, annonça le nouveau héros.
    – Et bien qu’il en soit ainsi !! répondit le roi.

    Le roi déclara alors Finn comme le nouveau leader du clan des Fianna et tous les guerriers s’agenouillèrent face à lui.

    Et voici comment Finn Mc Cool devint le plus grand leader des Fianna.

     

    Finn et le dragon

     

     

     Source: http://www.vivre-en-irlande.fr/culture-irlandaise/finn-cool-dragon

     

     


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    Chromolithographie de l'artiste hambourgeois Arnold Schleisinger (1926)

    Mami Wata

     

    Mamy Wata est la Mère des eaux, mi-femme mi-poisson, mi-terrestre mi-aquatique, déesse du culte vodun au Togo et au Bénin, esprit de l’eau craint par les pêcheurs du Nigeria et du Ghana, mangeuse d’hommes qui erre dans la nuit africaine, sous les traits d’une revenante, sainte patronne des prostituées de Kinshasa.

    Mamy Wata est une divinité qui est l’objet d’autant de cultes que d’adeptes. Héroïne de contes lacustres et de légendes urbaines, elle recouvre autant de symboles que de cultures, et incarne autant de vertus que d’espoirs, autant de maléfices que de peurs.
    C'est la déesse mère des Eaux, déesse crainte des Pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l'océan destructeur.

    Mami Wata est généralement décrite comme une femme d'une grande beauté, aux cheveux noirs, raides ou bouclés, qu'elle coiffe avec un peigne d'or. Elle a la peau claire, les yeux grands et brillants, ses vêtements sont à la dernière mode et ses bijoux aveuglants. Ces signes de richesse sont le signe de la nature dangereuse de Mami Wata.

    Mais le plus souvent elle est décrite sous les traits d'une sirène mi-femme mi-poisson ou mi-femme mi-serpent. Un grand serpent (symbole de la divination et de la divinité) l'accompagne souvent. Par ces attributs elle ressemble beaucoup aux Vouivres européennes et rappelle évidemment Mélusine.

    Cette sirène est l’une des rares déités de la mythologie africaine à être représentée, picturalement parlant, sous des traits et une forme récurrents.

    Mami Wata

    Selon une tradition nigérianne, les adeptes hommes peuvent rencontrer Mami Wata sous la forme d'une belle prostituée. Après l'acte sexuel, elle lui apparaît et lui demande la fidélité et le secret. S'il accepte, la fortune et la santé lui sont accordées, sinon, ruine sur sa famille, ses finances et son travail.

    Van Stipriaan rapporte d'autres histoires dans lesquelles des voyageurs (des hommes) la rencontrent sur la rivière. Mami Wata est immanquablement à sa toilette, se coiffant les cheveux en se regardant dans un miroir. Quand elle remarque l'intrus, elle s'enfuit dans l'eau en laissant ses affaires derrière elle dont le voyageur s'empare. Plus tard elle lui apparaît en rêve et lui demande la restitution de ses affaires et qu'il lui soit sexuellement fidèle. S'il accepte, la fortune lui est accordée, sinon il a le mauvais œil.

    Mamiwata, en plus d’être un être hybride, est une divinité étrangère. Etrangère aux hommes et étrangère à la nature. C’est une créature supranaturelle, car elle incarne le croisement de trois mondes : animal, humain et spirituel.
    Mamiwata est également la seule divinité africaine, vénérée ou connue dans un espace géographique rassemblant des cultures et des peuples aussi divers que les Ibo du Nigeria, les Ewé du Bénin, les Bamiléké du Cameroun et les Kongo de la RDC. Bien qu’elle soit l’objet de cultes différents et soit rattachée à des symboles bien particuliers selon les ethnies, les croyances, mais aussi les milieux sociaux, on peut dire que Mamiwata est une déesse « panafricaine ».

    En se basant sur la localisation « côtière » des pays où le culte de Mamiwata est le plus répandu, à savoir le golfe de Guinée, pour le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo, et l’Afrique Centrale pour le Cameroun et la RDC, certains chercheurs sont arrivés à la conclusion que Mamiwata, dans sa représentation moderne, est apparue pour la première fois en Afrique au 15ème siècle, au moment où les Européens ont abordé les côtes du continent noir. La sirène aurait été introduite en Afrique, à la fois par les récits des marins européens, mais également par les figures de proue de leurs navires, qui représentaient très souvent une sirène.
    Elle serait selon certains la représentation du mal et des vices apportés par l’homme blanc.

    Son culte varie selon ses initiés, prêtres et adorateurs, cependant des grandes lignes se dégagent. Des réunions peuvent avoir lieu, mais la déité est plus encline à des rapports individuels avec ses suiveurs. Elle a de nombreux prêtres et médiums en Afrique, en Amérique et aux Caraïbes, qui sont spécifiquement initiés.

    Au Nigéria, ses adeptes portent des vêtements rouges et blancs, car ces couleurs représentent la nature double de Mami Wata : dans l'iconographie igbo, le rouge représente la mort, la destruction, la chaleur, la masculinité et le pouvoir alors que le blanc symbolise également la mort, mais aussi la beauté, la création, la féminité, le renouveau, la spiritualité, l'eau et la santé. Les sanctuaires de Mami Wata peuvent être décorés de ces couleurs et avec des cloches, des sculptures, des icônes chrétiennes ou indiennes, des poupées, de l'encens et des restes de sacrifices précédents.

    Le culte de Mami Wata consiste en des danses accompagnées de musique. Les adeptes dansent jusqu'à entrer en transe. Elle les possède alors et leur parle. Les offrandes sont également importantes : elle préfère de la nourriture et de la boisson, de l'alcool, des objets odorants (pommade, poudre, encens, savon, etc.) ou des biens précieux comme les bijoux. Les adorateurs modernes offrent couramment des biens manufacturés (Coca-Cola, bijoux de créateurs, etc.)

    La religion vodun ayant traversé l’Atlantique avec les esclaves africains durant près de quatre siècles de traite, la sirène Mamiwata est également très présente dans certains cultes de la diaspora noire.
    On la retrouve dans les Caraïbes, et dans certaines régions d'Amérique du Nord et du Sud, souvent sous le nom de Water Mama. Elle est en particulier vénérée dans le culte du Candomblé au Brésil, où elle porte le nom de Yemanja, et ceux de la Santeria à Cuba ou en Haïti, où les descendants d’esclaves africains l’ont baptisée Yemoya. Un culte spécial lui est consacré dans la tradition du vaudou haïtien sous le nom de Iemanja.

    Selon les traditions des deux côtés de l'Atlantique, l'esprit enlève ses adeptes ou des gens au hasard alors qu'ils nagent ou qu'ils sont en bateau. Elle les emmène dans son royaume qui peut être sous l'eau, dans le monde des esprits, ou les deux. Si elle leur permet de partir, les voyageurs reviennent souvent dans des vêtements secs et avec une nouvelle intelligence spirituelle qui se reflète dans leur regard, souvent ils s'enrichissent, deviennent plus séduisants et plus faciles à vivre.

    Mamiwata est donc une combinaison subtile de croyances africaines et d’imageries à la fois européennes et indiennes. L’aspect « étranger » de Mamiwata a d’ailleurs toujours été fortement souligné dans sa représentation picturale, comme symbole des bouleversements culturels apportés par la traite négrière et la colonisation européenne.

     

    Mami Wata

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.masque-africain.com/sculptures.html

     


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  • Arachné


    Arachné

     

    L’histoire d’Arachné, une mortelle qui tenta de défier la déesse Athéna, est un avertissement pour qui voudrait se comparer aux dieux.

    Arachné était une jeune femme issue d’une famille modeste, qui avait un don incomparable pour l’art du tissage. Elle avait tant d’habileté, tant de finesse que toutes ses créations étaient de pures merveilles. Sa réputation ne tarda pas à faire le tour du pays. Tout le monde pensait qu’elle était l’élève d’Athéna, mais la jeune femme niait ces propos, elle prétendait même, trop orgueilleusement, être meilleure qu’elle !

    La réputation de la jeune femme vint aux oreilles d’Athéna qui était également déesse du tissage.

    Intriguée, Athéna se déguisa en vieille femme pour rendre visite à la jeune tisseuse et observer son travail. Arachné, n'ayant point reconnu la déesse, se vanta devant celle-ci d’être la meilleure tisseuse du monde, meilleure qu'Athéna elle-même. La déesse entra alors dans une grande colère et révéla à Arachné sa véritable identité. Prenant les déclarations de la jeune femme pour une provocation, elle organisa alors un concours pour déterminer qui était la meilleure.

    Toute la ville accourut pour voir le spectacle. Alors chacune de son côté, elles commencèrent à tisser avec la plus grande concentration. Avec l’aide des Dieux, Athéna tissa une magnifique toile avec des fils d’or et pourpre, représentant la scène de son combat et sa victoire contre le Dieu Poséidon, ainsi que les douze dieux de l'olympe, dans toute leur majesté. Et, pour avertir sa rivale, elle ajouta, aux quatre coins, la représentation de quatre épisodes montrant la défaite de mortels qui avaient osé défier les dieux.
    La toile était merveilleuse, époustouflante, pour Athéna la victoire était évidente.

    Arachné

    Mais de son côté Arachné fit un travail plus que remarquable, pour l‘occasion elle s‘était surpassée. Sa toile était à l’image de son orgueil et de son insolence envers les Dieux. Elle représentait Zeus et ses nombreuses conquêtes où celui-ci avait dû prendre la forme de plusieurs animaux afin de séduire ses amantes. Ainsi on vit le Dieu sous forme de taureau, de cygne, de pluie, de vent… La toile était si magnifique que tous les regards se portaient sur elle, faisant passer l’œuvre d’Athéna au second plan.

    Athéna fut folle de rage devant un si beau travail, mais surtout elle fut outragée de cette représentation de son père le Roi des Dieux qu‘elle considéra comme une insulte, un grand manque de respect. Elle se précipita sur la toile et la lacéra, la mit en lambeaux, puis elle frappa de son épée Arachné devant toute la population.
    Humiliée la jeune tisseuse courut se réfugier dans sa chambre où elle s’enferma à double tour. Elle prit une longue corde, la noua autour de son cou et se pendit.

    Athéna eut cependant pitié d’elle et au dernier moment, elle transforma la corde en fil de soie.
    Elle lui redonna ainsi la vie mais lui dit « Vis, mais reste suspendue, si tu prétends être si douée pour le tissage alors tu tisseras toute ta vie ! »

    Puis elle métamorphosa Arachné en… araignée ! C’est ainsi que la jeune femme devint la mère de toutes les araignées qui tissent leur toiles encore de nos jours.

    Arachné

     

     

    Sources: http://www.dol-celeb.com/heros/arachne/
    http://mythe.canalblog.com/archives/2010/08/06/18756544.html

     

     

     

     


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