• "Les Oiseaux de la Joie et du Chagrin", à gauche Sirin, à droite l'Alkonost.
    Par Viktor Vasnetsov

     

    L’Alkonost - le Gamaïoun - Sirin.

    Les femmes oiseaux de la mythologie Slave.

    Ce sont des créatures prophétiques que l’on retrouve plus particulièrement dans les légendes russes. Elles ont la tête et le buste d’une très belle femme et le corps d’un oiseau.

    Dans diverses traditions folkloriques, incluant celles de Russie, ces femmes-oiseaux ont une place spirituelle significative, se situant entre le monde de la vie et celui de la mort.

    Elles ont de toute évidence été récupérées par la religion qui les a associées à Dieu, à des saints ou au paradis.

     L'Alkonost

    Le nom Alkonost viendrait du demi-dieu grec Alcyone transformé par les dieux en martin-pêcheur.

    L'Alkonost à le don de calmer les vents et les tempêtes. Durant les 6 à 7 jours où elle couve ses œufs sur la côte, la mer reste calme et le vent faible remplace la tempête. Son chant triste est si beau et doux qu’il fait tout oublier à celui qui l’écoute.

    Malgré cette influence et contrairement à Sirin, l’Alkonost n’est pas considérée comme une créature maléfique.

    Pour l'Église orthodoxe russe, l’Alkonost personnifie la volonté de Dieu. Elle vit au paradis, mais entre dans notre monde pour livrer un message.

    L'Alkonost au travers de l'art russe.

    Dans l'un des opéras de Rimski-Korsakov intitulé La légende de la ville invisible de Kitež, l'Alkonost apparaît plusieurs fois avec Sirin. Alkonost et Sirin sont les oiseaux du paradis qui ont la tâche d’annoncer la mort à la Vierge Févronie et de la guider à la vie éternelle.

    On le retrouve aussi bien dans la littérature que dans les motifs décoratifs d'architecture en bois.

     

     Le Gamaïoun

    Le Gamaïoun personnifie toutes la science du monde, il sait tout sur la création de la terre et du ciel, des dieux et des héros, des hommes, des monstres, des oiseaux et des animaux.

    Il chante des hymnes divins aux hommes et prédit l'avenir à ceux qui savent l'écouter. Mais il est difficile d'entendre les augures du Gamaïoun car ils ne sont proférés que dans le bruit de l'orage.

    Il vit sur une île qui se situe à l'est du Paradis.

    Le Gamaïoun symbolise ainsi la sagesse et la connaissance. Cet oiseau est semblable au Phénix et ses cris portent bonheur. 

    Les femmes oiseaux

    Viktor Vasnetsov a peint une représentation de cet oiseau mythique en 1897.

     Une image de la version de Vasnetsov datant de 1889 inspira le poète Alexandre Blok. Ce dernier écrivit un poème qui fut mis en musique par Dmitri Chostakovitch en 1967 (opus 127-2 : Sept Romances sur des poésies par Blok pour soprano, violon, violoncelle et piano).

    Sergueï Essénine fait allusion dans son poème Табун (Taboun, « Le Troupeau », 1915) à la chanson du « gamaïoun ébouriffé ».

     
      Sirin

    Sirin vit dans les « terres indiennes » proche d’Éden ou autour du fleuve Euphrate.

    Son chant ensorcelant fait perdre la mémoire aux hommes qui l’entendent. Elle chante des airs mélodieux aux saints, leur prédisant des joies futures.

    Mais Sirin est dangereuse pour les mortels, les hommes qui l’écoutent oublient tout de la vie terrestre, y compris boire et manger, ce qui cause finalement leur mort.

    Afin de dissuader l’oiseau de chanter pour eux, les gens tentaient d’échapper à Sirin en tirant des coups de canon, en appuyant sur les sonnettes ou en faisant tout le bruit qu‘ils pouvaient de toutes les façons possibles.

    Rares sont ceux qui peuvent la voir, car elle vole très vite.

    Malgré ses ailes, Sirin était aussi considérée comme une sirène, ayant le même pouvoir maléfique.

     Les femmes oiseaux

    Pseudonyme

    Au début des années 1920, le pseudonyme de « Sirine » a été choisi par le jeune écrivain Vladimir Vladimirovitch Nabokov, au départ simplement pour éviter la confusion avec son père, Vladimir Dmitrievitch Nabokov, une personnalité connue qui publiait dans la même revue de l'émigration russe à Berlin, Roul. Nabokov a écrit sous ce pseudonyme jusqu'à son départ pour les États-Unis en mai 1940. Nabokov avance l'explication suivante :

    « J'ai lu dans un livre qu'il y a plusieurs siècles existait un genre de faisan merveilleux qui hantait les bois de la Russie : il a survécu sous le nom d'«oiseau de feu» dans les contes de fées et donné une partie de son éclat aux sculptures enchevêtrées qui ornent les toits de chaumières. Cet oiseau merveilleux a laissé une impression si forte dans l'imagination populaire que son envol doré est devenu l'âme même de l'Art russe ; le mysticisme a transformé Séraphin en une nuée d'oiseaux à longue queue, aux yeux de rubis, avec des griffes d'or et des ailes inimaginables ; en enfin, aucune autre nation au monde ne révère autant les plumes de paon et les girouettes. »

    — Vladimir Nabokov.

     

     

     

    Source: Wikipédia


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  • L'amandier.

     

    Les amandiers de l'Algarve, au sud du Portugal.

    Il y a longtemps, un prince maure régnait sur le royaume de Silves. C’était un homme bon, savant, raffiné et aimé de ses sujets.

    Un jour, un drakkar viking vint aborder les côtes de ce pays que l'on nomme aujourd'hui l'Algarve. Ces gens venus du nord espéraient obtenir les faveurs du prince et lui amenaient un grand nombre de présents, dont des esclaves capturés tout au long de leurs razzias.

    Parmi eux se trouvait Gilda, la fille d’un roi dont les terres avaient été pillées et brûlées, une très belle jeune femme blonde qui toucha aussitôt le cœur du prince.

    Elle était douce et gracieuse, elle ne semblait pas ruminer de rancœur par rapport à sa situation et son port de reine la distinguait entre tous.
    Le prince en tomba éperdument amoureux, si bien qu'au bout d’un certain temps il finit par l'épouser, et ce fut l’occasion de grandes festivités qui durèrent un mois et réjouirent toute la population.

    Le prince et Gilda vécurent heureux pendant toute une année, mais peu à peu Gilda perdit sa joie de vivre, le délicat sourire de la jeune femme s'effaça et son regard se fit de plus en plus triste. Elle errait comme une âme en peine dans le palais au grand désespoir de son époux qui ne savait que faire pour lui plaire.
    La princesse dormait mal et murmurait toujours le même mot dans son sommeil; le prince s'en inquiéta car il ignorait le sens de ce mot étranger.

    Il fit venir un de ses serviteurs originaire du nord et lui demanda la signification des paroles que prononçait la belle Gilda toutes les nuit lorsqu'elle était endormie.
    - " Ce mot, mon seigneur, signifie : neige ! " répondit-il.
    La princesse avait donc la nostalgie de son pays enneigé et elle se mourait de mélancolie.

    Le prince était malheureux et avait besoin de réfléchir, il prit son pur sang et alla galoper sur les collines des alentours.
    Il chevaucha pendant des heures, s'enivrant d'air pur et de senteurs, se demandant comment rendre le sourire à sa princesse. On était à la fin du mois de janvier et le printemps commençait à se montrer dans la renaissance de la nature. 

     

    Lorsque le prince, épuisé, sortit de ses pensées, il regarda autour de lui et découvrit des champs d'amandiers à perte de vue. Les pétales de leurs petites fleurs volaient au vent puis se déposaient sur le sol pour former un immense tapis blanc et épais.
    Le prince était fou de joie, il venait de trouver la solution pour redonner le sourire à son épouse.

    Aussitôt rentré au château il convoqua ses agronomes. Il fit déraciner et replanter les amandiers dans la cour et les alentours de son palais.
    Le lendemain dans l'après-midi, lorsque les travaux furent finis, il mena la princesse jusqu'à la plus haute tour de l'Alhambra.

    Quelle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit le sol d'une blancheur infinie.
    - De la neige ! s'écria-t-elle.

    La princesse mélancolique retrouva toute sa joie de vivre et offrit à son époux de merveilleux enfants blonds qui chaque année à la fin du mois de janvier, découvraient des champs couverts de neige dans un pays où il fait pourtant toujours doux.

    On dit que c'est en l'honneur de cette belle et grande histoire d'amour que l'Algarve est aujourd'hui la terre des amandiers.

     

     

    Symbole du printemps, l’amandier a même une légende grecque qui lui est dédiée !

    Phyllis, princesse de Thrace, était amoureuse du fils de Thésée, Acamas. Mais il dut partir à la guerre de Troie et promit à Phyllis de revenir bientôt. Lorsque le retour de la flotte fut annoncé, Phyllis attendit le navire sur le rivage. Ne voyant pas Acamas débarquer, elle mourut de chagrin. Héra, prise de pitié pour cet amour immense, la transforma en amandier. Lorsque Acamas revint, il embrassa l'écorce et pleura contre le tronc en écoutant le coeur de sa bien-aimée. A chacun de ses baisers (ou selon les versions à chacune de ses larmes) des fleurs apparurent sur l'arbre qui ne portait pas encore de feuilles.

    La floraison de l'amandier est depuis considérée comme un cadeau du ciel et la preuve de l'amour éternel !

    Dans les chants des troubadours, la fleur d'amandier était symbole de pureté.

    C'est aussi un symbole de virginité car toutes ses fleurs paraissant bien avant les feuilles, chaque rameau se voile alors complètement de blanc, évoquant
    ainsi une robe de mariée.

    Mais l'arbre est surtout aujourd'hui symbole de la renaissance car il annonce le printemps !

     L'amandier

     

    Un peu d’histoire:

    Au IIIe siècle, à sa mort, un amandier fut planté sur la tombe de Valentin de Terni, devenu Saint Valentin, par la fille qui l'aimait et à qui il avait rendu la vue, faisant ainsi de cet arbre un symbole d'amour.

    L'arbre est originaire des plateaux et des montagnes de l'Asie occidentale. L'amande sauvage était ramassée par les populations du Paléolithique Supérieur, notamment dans le bassin amont du Jourdain. Il est cultivé depuis 5 000 ou 6 000 ans en Iran. Il a été ramené d'Égypte par les Grecs. L'amandier fut introduit dans le Midi de la France au Ve siècle av. J.-C.  mais il ne prit son essor qu'au haut Moyen Âge.

    Les Romains rapportèrent l'amande, qu'ils appelaient « noix grecque » en Italie. Les Phéniciens la diffusèrent sur tout le pourtour méditerranéen jusqu'en Ibérie (entre l'an 1200 av. J.-C. jusqu'au III siècle avant notre ère). Les conquérants musulmans le diffusèrent aussi jusqu'à Al-Andalous à partir de leur arrivée dans la péninsule Ibérique en 711. Dans le livre Les mille et une nuits on mentionne déjà l'amande pour fabriquer une diversité importante de gâteaux.

    En France, une charte de 716, délivrée par le roi des Francs Chilpéric II, mentionne les amandes avec d'autres épices. En 812, Charlemagne ordonne d'introduire les amandiers dans les fermes impériales. Au Moyen Âge, la consommation des amandes dans la cuisine est très importante et au XIVe siècle, elles constituent une part importante du commerce de Venise.

    Au milieu du XIXe siècle, l'amandier est implanté aux États-Unis, qui est devenu aujourd'hui le premier producteur mondial d'amandes, avec en particulier la Californie.

     

     

     Merci à mon ami Gino.

     http://terralatina.over-blog.com/article-la-legende-des-amandiers-en-fleurs-de-l-algarve-conte-portugais-70583407.html - https://fr.wikipedia.org/wiki/Amandier - http://bulledemanou.over-blog.com/article-l-amandier-annonce-le-printemps-115585542.html

     

     

     

     


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