• Les deux dragons

     

    Le dragon rouge et le dragon blanc

     

    Le dragon rouge est le drapeau du pays de Galles, aux origines duquel est la légende des deux dragons, dans laquelle apparait Merlin pour la première fois.

    Le dragon a été le symbole des rois britanniques depuis des époques mythiques. Les Mabinogions, épopées du pays de Galles, racontent l’histoire du combat pour le contrôle de la Grande-Bretagne entre le dragon rouge et un envahisseur dragon blanc: symbole du combat entre les Celtes et les Saxons.

    Les deux dragons
    Le dragon rouge Gallois

    A l’origine, deux dragons semaient la terreur dans le royaume en se battant continuellement, détruisant les cultures entre autres. Le roi Lludd avait consulté son sage frère Llefelys, qui lui avait conseillé de creuser un puits à Dinas Emrys dans le Snowdon et de le remplir de viande contenant un somnifère. Lorsque les dragons mangèrent la viande et s’endormirent, Lludd réussit à les enfermer.

    Un jour funeste, un ancien sénéchal nommé Vortigern usurpa le pouvoir à la mort du roi Constant, tuant l’un de ses fils tandis que l’autre, Uther Pendragon se réfugiait sur le continent.

    Depuis ce jour, Vortigern vécut dans la peur du retour d’Uther. Il décida alors de faire construire une très haute tour afin de s’y retrancher le cas échéant. Vortigern ordonna à ses maîtres maçons de se mettre à l'oeuvre, mais à peine la tour commençait-elle de s'élever de trois ou quatre toises au-dessus du sol qu’elle s’écroulait. On recommença et recommença encore, mais rien n’y fit, par un curieux sortilège, la tour s’écroulait toujours.

    Vortigern fit appeler ses devins et astrologues qui, après s’être longuement consultés, conseillèrent de mêler au mortier le sang d'un enfant né sans père et âgé de sept ans. Aussitôt, des valets d'armes partirent à la recherche d'un tel enfant.

    Un jour, ils entendirent deux garçon se quereller avec violence, et l'un criait à l'autre: "Né sans père, tu n'es qu'un né sans père!" C'était la voix du jeune Merlin dont les pouvoirs lui avaient permis de lire dans les pensées des valets d’armes et avait tout compris de l’histoire. Mais il n‘entrait pas dans ses plans d‘être tué, et il demanda à être conduit au palais pour faire d'importantes révélations au roi. Devant l’hésitation des envoyés, il leur raconta tout ce qu’il savait à propos de la tour qui s’écroulait et de ce qu’avait demandé les mages.

    «Je suis celui que vous cherchez et dont vous devez apporter le sang au roi Vortigern.
    - Qui t'a dit cela ? demandèrent les envoyés, stupéfaits.
    - Si vous me jurez sur votre foi que vous ne me ferez aucun mal, j'irai avec vous et je vous dirai pourquoi la tour ne tient pas.»
    Les envoyés furent si étonnes qu’ils jurèrent et n’eurent plus aucune envie de le tuer, alors Merlin partit de bonne grâce avec eux.

    Les deux dragons

    Une fois en présence de Vortigern, il lui dit:
    "Roi Vortigern, tu veux savoir pourquoi ta tour ne peut tenir ? C'est qu'il y a dessous la terre, à l'endroit où elle s'appuie, deux dragons, l'un rouge et l'autre blanc, qui dorment sous deux grandes pierres. Quand ils sentent le poids de la tour, ils se tournent, et elle croule. Si ce que je dis est faux, condamne-moi au feu; et si c'est vrai, accuse tes clercs et tes astronomes qui prétendent connaître tout et ne savent rien."

    Beaucoup, et les devins les premiers, ricanèrent en écoutant cet enfant qui prétendait en savoir si long sur le mystère de la tour. Mais le roi ordonna de creuser le sol, et, à la surprise générale, on y découvrit deux dragons endormis, l'un rouge et l'autre blanc, qui, aussitôt réveillés, se jetèrent férocement l'un sur l'autre en crachant des flammes. La bataille dura tout le jour, toute la nuit et le lendemain jusqu'à l'heure de midi. Pour finir le dragon blanc brûla mortellement le rouge, avant de succomber à son tour à ses blessures. Et Merlin dit au roi que maintenant il pouvait faire bâtir sa tour.

    "Mais, dit Vortigern, il faut que tu nous apprennes ce que signifie la bataille des deux dragons.
    - Jure sur les saints qu'il ne me sera fait aucun mal.
    Le roi jura.
    - Je te dirai que le dragon rouge te représente toi et le blanc le fils du roi Constant, duquel tu as volé l’héritage. Et si les deux dragons luttèrent longtemps c'est que tu tiens depuis longtemps le royaume que tu as pris. Et si le blanc a brûlé le rouge, c'est qu'Uther Pendragon te fera brûler toi-même. Dans trois jours il débarquera au port de Winchester."

    A ces mots le roi eut grand-peur et s'empressa d'envoyer une armée à Winchester. Mais lorsque ses gens virent les gonfanons d'Uther Pendragon sur la nef qui l'amenait, ils le reconnurent pour leur droit seigneur et Vortigern s'enfuit dans un de ses châteaux. Il tint là quelque temps; mais, en donnant l'assaut, Uther Pendragon mit le feu à la forteresse, et Vortigern périt dans les flammes.

    C’est ainsi que Uther Pendragon et Merlin firent connaissance et que ce dernier dévoila ses pouvoirs.


     Uther Pendragon par Howard Pyle

     

      


    Sources: http://mythologica.fr/medieval/merlin.htm#sthash.3ehUj06h.dpuf
    http://dragons.kicoe.net/mythologie/occidentale-et-proche-orientale/dragons-des-iles-britaniques
    Jacques Boulenger, Les romans de la table ronde, éd. librairie Plon, 1941.

     


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  • Bakou: le mangeur de rêves

    Bakou, autrement connu comme le mangeur de rêve, est un être mythologique ou esprit dans le folklore chinois et japonais qui est réputé pour dévorer les cauchemars.

    Bakou a son origine dans le folklore chinois, et plus tard il est apparu dans le folklore japonais entre les 14 e et 15e siècles, dans la période Muromachi.

    Bien que Bakou soit un être spirituel, il a un aspect bien défini. Il prend la forme d'une chimère, une bête mythologique composé d'une variété de pièces à partir d'autres animaux: le corps d'un ours, le nez d'un éléphant, les pieds d'un tigre, la queue d'un bœuf, et les yeux d'un rhinocéros. Une légende dit que quand les dieux ont fini de créer les animaux, ils ont pris toutes les pièces détachées qui traînaient et les ont assemblées pour faire Bakou. 

    Bakou, le mangeur de rêves

    Les descriptions et les croyances en Bakou ont changé au fil des années. Dans d’anciennes légendes chinoises, Bakou était un animal chassé pour sa fourrure. Quiconque a tué un Bakou peut utiliser une couverture faite de sa peau comme un talisman ou un objet avec des pouvoirs magiques, ce qui le protège des mauvais esprits.

    Toutefois, en raison d'un manque de peaux disponibles, cette pratique a évoluée dans le sens où une peau n’était pas nécessaire, et l'affichage d'une image de Bakou sur le lit suffisait à offrir une protection égale. Au cours de la dynastie des Tang (618-907), des paravents ornés de Bakou étaient un élément populaire.

    La légende veut qu'une personne qui se réveille d'un mauvais rêve peut appeler Bakou. Un enfant ayant un cauchemar au Japon va se réveiller et répéter trois fois "Bakou-san, venez manger mon rêve…" Les légendes disent que le Bakou viendra dans la chambre de l'enfant et dévorera le mauvais rêve, permettant à l'enfant de se rendormir paisiblement.

    Toutefois, l'appel à Bakou doit être fait avec parcimonie, parce que s’il reste sur sa faim après avoir mangé votre cauchemar, il peut également dévorer tous les rêves, non seulement les cauchemars. Cela comprend les rêves de l'aspiration, les rêves de votre avenir et les rêves d'espoir.

    Bakou peut également être convoqué pour la protection contre les mauvais rêves avant de s’endormir le soir. À ce jour, il reste commun pour les enfants japonais de garder un talisman Bakou à leur chevet.

     Au cours de la période Muromachi (1337-1573) au Japon, il est devenu populaire pour les gens sur leur lit de mort de tenir une image de Bakou comme un talisman contre les mauvais esprits.

    Et pendant la période Edo (1603-1868), des oreillers ont été vendus sous la forme de Bakou, certifiant protéger le dormeur des mauvais rêves.

    Aujourd'hui vous pouvez trouver plusieurs représentations modernes de Bakou.
    Alors que de nombreuses créatures légendaires ont disparu et qu’elles ne vivent que dans certaines mémoires, Bakou est encore une figure populaire dans le Japon moderne. Bakou apparaît dans de nombreuses animations et bandes dessinées, bien que son apparence représente de plus en plus un tapir, par opposition à la forme traditionnelle de chimère.

    Bakou, le mangeur de rêves

    Bakou est resté une figure régulière dans la prévention de cauchemars au fil des ans, à la fois sous la forme de la chimère et du tapir.

    L'idée d'être en mesure de convoquer un Bakou pour prévenir ou mettre fin à un cauchemar se retrouve à travers différentes cultures et différentes époques, et l'utilisation de talismans ou des symboles de protection pour le sommeil est un dénominateur commun à travers l'histoire.

    Mais j’avoue que je préfère un capteur de rêves amérindien au-dessus de mon lit plutôt qu’un Bakou!

     

     

    Sources: http://hyakumonogatari.com/2012/10/20/baku-the-dream-eater/
    http://www.ancient-origins.net/myths-legends-asia/baku-legend-dream-eater-002383

     

     


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  • Lunelette 

    Un joli conte

    Il était une fois un beau Pays de Lune, tout y était très blanc, les robes étaient d'argent tissées de fils de lune, les maisons étaient faites avec des pierres de lune. 

    Les gens n'y marchaient pas, ils passaient en volant sur un rayon de lune, on s'éclairait le soir avec des vers luisants et dans le ciel sans voile seule régnait la lune, car il n'existait pas la plus petite étoile. 

    Lunili y était Roi, son palais de cristal vibrait au moindre vent en notes très légères, en chansons cristallines. Lunala son épouse veillait près du berceau fait d'un croissant de lune leur fille nouvelle-née : Lunelette chérie.

    Pour bien la protéger, la parer, la vêtir d'habiles araignées tissaient de vraies soieries; afin de la nourrir cinquante jeunes filles chantaient dans le vallon de la forêt,  des arbres enchantés aux feuilles en pleine lune sur chaque mélodie s'agitaient sans arrêt, afin que bientôt tombent des feuilles légères des gouttes argentées et doucement sucrées que les jeunes Lunniennes recueillaient aussitôt dans de larges bassins nacrés et scintillants. 

    Vint le jour du baptême. La Reine fit venir chacune de ses soeurs et le Roi ses amis: Lori, Roi des Etangs, vint sur un nénuphar; Lilo, Roi des Cascades, vint sur la nuée grise portée par des mésanges; Lana, Reine des Sources, vint sur un miroir d'eau suivie de libellules; Léta, la Souveraine des Gouttes de Rosée, vint en perle dorée sur l'aile d'un zéphir. On goûta quelques feuilles de ce La-Do sucré qui pousse au son des harpes. On but de ce La-Mi, jus doré qu'on extrait de hautes tiges qui croissent lorsque chantent les flûtes. Lunelette dormait dans son croissant de lune et chacun accrocha aux cornes du berceau le voeu que chaque jour la Princesse put voir s'accomplir ses beaux rêves. 

    Alors, du fond du ciel donnant son bel éclat a ses plus chauds rayons, parcourant les espaces, traversant le cristal, soulevant les rideaux, le Soleil lui aussi voulut toucher du doigt le petit lit d'enfant et porter son souhait. Et Lunelette ouvrit ses yeux bleus et le vit; et ses Mains se tendirent vers l'astre insaisissable et tous avaient compris que l'enfant désirait posséder le soleil...

    Depuis ce jour grandit dans le Pays de Lune une princesse triste qui rêvait de soleil... En vain dans le Palais, le bon Roi Lunili l'entourait de jouets, de présents faits de Lune; en vain ses moindres rêves étaient réalisés. Seul restait le premier se ses tendres souhaits qui ne fut accompli et l'unique impossible à satisfaire un jour au beau Pays de Lune où tout demeurait blanc des doux rayons d'argent que leur tissait la Lune. 

    La Reine Lunala lentement se mourait car jamais Lunelette n'avait voulu sourire. Alors en toute hâte, on pria les hérauts, chouettes silencieuses et hiboux valeureux, d'aller chercher partout les meilleurs ouvriers du royaume de Lune, ceux qui forgeaient le fer, ceux qui coulaient le bronze, ceux qui filaient le verre, ceux soufflant du cristal la merveilleuse bulle qu'irisait la lumière de son bel arc-en-ciel. Ils devaient travailler sans jamais s'arrêter afin de façonner l'image du soleil pour que vive la Reine et sourit Lunelette.

    Chacun se mit à l'œuvre, se servit d'argent, de topazes, de rubis; l'autre prit du phosphore, en recouvrit du cuivre; le troisième inventa un feu qui rougeoyait sans s'éteindre jamais; en vain !

     Le plus habile enfin fit un miroir immense afin de conserver du matin jusqu'au soir l'image du soleil. Déjà le Roi croyait le drame terminé: on touchait le Soleil, même il vous aveuglait. Hélas!la nuit tomba. Plus rien ne subsista. La Lune brillait seule de son reflet d'argent ayant chassé l'image du Soleil disparu de la vasque trompeuse.

    Alors brisant de rage le miroir inutile il en jeta dans l'air les fragments innombrables qui se plantèrent au ciel comme autant de clous d'or. Lunelette à l'instant voyant la féerie de ces mille et un feux fixés dans l'infini se sentit libérée et sourit à la nuit.

    Dans le Pays de Lune depuis la joie demeure. La Reine vit heureuse et Lunelette aussi car le soir et la nuit brillent dans le ciel noir, comme autant de soleils, les milliers de feux d'or des brillantes étoiles.

     

    Lunelette

    Edith Causse

     

    Trouvé sur: http://www.livreenligne.cafewiki.org/index.php?La%20L%E9gende%20Des%20Etoiles

     

      

     


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