• La grenouille

    En raison de ses métamorphoses, la grenouille est un symbole de résurrection, des cycles de la vie, en particulier l’étape de la renaissance. Le développement de la grenouille, du têtard à l’état adulte, nous rappelle les nombreux cycles de transformations dans nos vies.

    La grenouille est un animal lunaire. Dans une tradition répandue, la grenouille se voit dans la lune et elle joue un rôle dans des rites tendant à provoquer la pluie, les rapports avec l'eau étant un facteur commun à la lune et à la grenouille

    Cet animal est généralement associé à l’élément de l’eau et porte de ce fait des attributs symboliques lies à la purification et au caractère transitoire de la vie.

    La grenouille est symbolique de:
    Purification
    Renouvellement, renaissance
    Fertilité, abondance
    Transformation, métamorphose
    Connexion avec les mystères de la vie et une sagesse ancienne.

    Les grenouilles sont au centre d'un nombre incroyable de mythes et de légendes. Elles ont été associées au royaume des fées et des déesses et des dieux égyptiens. Certains peuples Amérindiens leur prêtent le pouvoir d' appeler les pluies et d' influencer la température. En Europe, elles sont fréquemment associées à la guérison.

    Grande communicatrice, la grenouille représente la voix du peuple. On croit que les chants de la grenouille ont des pouvoirs magiques, voire divins. Lorsqu’elle est illustrée touchant une autre créature avec sa langue, la grenouille représente la transmission de connaissances et de pouvoirs.

    La symbolique de la grenouille est présente dans de nombreuses traditions à travers le monde entier. En Egypte ancienne , dans la vieille Europe, en Grèce, en Chine, chez les Aztèques et les Incas, la grenouille s'impose comme un noble batracien.

    Partout elle symbolise la "genèse du monde, la génération spontanée, la cure vivifiante, la fécondité des femmes et des femelles, les espoirs d'éternité.

    La grenouille est divinisée en Egypte antique sous la forme d’Hekat, symbole de vie, et de renaissance dans un marais primordial. Cette déesse était responsable du bon développement du fœtus, et de l'accouchement.


    Déesse-Grenouille du firmament égyptien.

    Dans des textes très anciens, elle joue avec Khnoum un rôle dans les naissances: Khnoum modelait le corps du futur enfant et Hekat lui insufflait la vie. Hekat était surtout considérée comme une déesse qui assistait la mère pendant l'accouchement, puis protégeait le nouveau-né. Elle tendait devant le visage du nouveau-né la croix de vie (l'ankh) pour lui communiquer une force divine, la tête de grenouille symbolisant la vie et la fécondité.

    Hekat est mentionnée dans les textes des pyramides où elle est liée au roi dans son ascension céleste. Elle personnifie l'énergie vitale, le Kâ. Elle préside aux naissances, la résurrection étant considérée comme une seconde naissance.

    On croyait aussi qu'elle naissait chaque année lors de la crue du Nil.

    La grenouille a été divinisée par les Amérindiens Haïdas de la côte Pacifique des Etats-Unis, qui considèrent Dzelarhons (la déesse-grenouille, épouse de Kaïti le dieu-ours) comme une importante divinité animale.

    Dans la tradition amérindienne, la grenouille est souvent considérée comme le faiseur de pluie. Beaucoup de traditions chamaniques appellent la grenouille pour faire venir la pluie et contrôler les conditions météorologiques. Elle est liée avec tous les rites initiatiques ayant un rapport avec l’eau.

    En Australie: La raison du déluge est une grenouille géante qui avait absorbé toutes les eaux. Souffrant de la soif, les animaux décidèrent de faire rire la grenouille, qui alors libéra les eaux emprisonnées.

    De nombreux exemples indiquent que la grenouille est associée aux pluies bienfaisantes, que ce soit les grenouilles utilisées dans la Chine ancienne pour obtenir la pluie, figurées sur les tambours parce qu'ils rappellent le tonnerre et appellent la pluie, ou même la Grande Grenouille de l'Inde, support du monde et symbole des profondeurs obscures et fécondes. Dans la poésie védique, les grenouilles sont considérées comme l'incarnation de la terre fécondée par la pluie printanière: leurs coassements sont alors un chant pour remercier le ciel. Elles sont les prêtresses de la Terre mère. Au Japon, elles préludent au bonheur.

    En Afrique du Nord, les croyances qui se rapportent à la grenouille sont marquées par son lien avec l'élément aquatique. On dit que la grenouille était près de Dieu lorsque son trône était sur l'eau. Elle a reçu la révélation et son croassement est sa manière de faire l'éloge de Dieu. Elle est donc souvent considérée comme la reine des sources, le génie bienfaisant des eaux

    La grenouille est considérée au Viêt-Nam comme une forme de l'âme qui voyage tandis que dort le corps; lui faire du mal, c'est donc risquer de blesser ou de tuer la personne endormie.

    Pour les Celtes: elle symbolise la sensibilité, la beauté, elle est également messagère du bonheur, porteuse de chance. 

    Chez les Francs: Emblème porté sur les étendards de Clovis, elle symbolisait, par ses métamorphoses, la démarche spirituelle vers la perfection, la résurrection et l'immortalité. Trois grenouilles figuraient sur l'étendard de Clovis et elle fut souvent représentée sur les bas reliefs où sa forme évoque fort bizarrement celle d'une fleur de Lys mal formée.

    Chez les chrétiens: le Moyen Age fera de la grenouille le symbole du diable : elle vit dans la boue et son coassement intempestif est comme un harcèlement de Satan ou des hérétiques. En revanche, les chrétiens de l'Orient ont une image beaucoup plus positive. Les lampes à huiles avaient la forme d'une grenouille associée à une croix et l'inscription " Je suis la résurrection ". Mais la répulsion ancestrale pour les animaux au sang froid reprit le dessus. Parmi les Pères de l'Église (les écrivains des premiers siècles), beaucoup voient dans la grenouille le symbole du diable. Au Moyen Âge, on l'associe aux sorcières, on fait mijoter des cuisses de grenouille pour faire des philtres d'amour !

    Le totem de la grenouille ou du crapaud nous rappelle le caractère éphémère de la vie. Symbole de transition et de transformation, cet animal totem vient souvent nous soutenir dans les moments de changement. Fortement associée à l’élément eau, la grenouille nous connecte au monde des émotions et des énergies féminines.

    D'après les amérindiens, si vous voyez une grenouille dans vos rêves, cela signifie qu'il est temps de faire une pause, de s'occuper de soi.

    Les personnes qui ont l'énergie de la grenouille sont de très bons guérisseurs et médiums. Ils ont une grande intuition et le pouvoir d'éloigner les ondes négatives et libérer les malades de leurs souffrances.

    Sa façon de vivre dans deux éléments qui sont l’eau et la terre est une caractéristique de la grenouille. Le fait qu’elle soit active la nuit la relie donc à l’énergie lunaire et à la déesse de la lune. Ceux qui se sentent proches de cet animal totem pourraient naturellement avoir de la facilité à naviguer entre les différents plans d’existence, et aimer jouer avec la magie de la nature et des éléments.

    Dans certaines régions d'Europe, les grenouilles furent utilisées comme baromètres bon marché. La grenouille était placée dans un bocal à moitié rempli d'eau et pourvu d'une petite échelle. Par temps pluvieux, le batracien était censé rester dans l'eau en coassant. Au retour du beau temps, l'animal devait gravir l'échelle, d'autant plus haut que le temps serait plus beau.

     

     

     

     http://hekat.free.fr/pages/6.html - http://dico.reves.free.fr/ANIMAUX/GRENOUILLE.HTM 
    http://www.animal-totem.fr/animal-totem-grenouille/- http://gaiachamanisme.over-blog.com/article-la-grenouille-79231418.html

     

     

     

     


    25 commentaires
  • Le pays magique du Ver à Soie
     

    Il y a bien longtemps, dans un village du nom de Lifuqiao, près de Hangzhou vivait Aqiao, une petite fille intelligente et travailleuse.

    Elle perdit sa mère à l'âge de neuf ans alors que son petit frère n’avait que quatre ans. Leur père se remaria avec une femme sans cœur qui traitait durement Aqiao et son frère, ils étaient grondés ou frappés tous les jours.

    Un jour du dernier mois lunaire, en plein hiver, la belle-mère envoya Aqiao, une hotte sur le dos, couper de l'herbe. De l’herbe, en hiver!

    La pauvre enfant ne savait que faire. Aqiao erra du matin au crépuscule, des rives du ruisseau jusqu'au flanc de la montagne sans voir un brin d'herbe. Transie de froid et de peur, elle se mit à pleurer.

    Tout à coup, elle entendit une voix:
    - Pour couper de l'herbe, allez dans la vallée de la montagne! Pour couper de l'herbe, allez dans la vallée!

    En levant la tête, Aqiao vit un oiseau au cou blanc qui volait vers la vallée. Elle essuya ses larmes et le suivit. L'oiseau disparut après avoir tournoyé dans le ciel.

    Dans la vallée poussait un grand pin vert qui masquait le fond de la gorge comme un gigantesque écran. En écartant ses branches, elle vit un ruisseau qui serpentait et dont les deux rives étaient couvertes d'herbe et de fleurs rouges. Le paysage était beau comme un jardin au printemps.

    En voyant l'herbe, toute heureuse, Aqiao s'empressa de s'accroupir pour la couper. Elle en coupa tout en marchant et arriva enfin, sans s'en apercevoir, à la source du ruisseau.

    Comme elle se redressait, elle aperçut une très belle dame en robe blanche, un panier à la main; une vision féérique! Celle-ci lui fit un signe de la main et dit d'une voix harmonieuse:
    - Petite fille, tu as l'air fatiguée, viens te reposer un moment à la maison.

    Aqiao jeta un coup d'œil sur le paysage, devant elle, c'était un autre monde: sur le flanc de la montagne s'étageaient des maisons bien alignées, aux toits de tuiles blanches, aux murs blancs. Devant les maisons poussaient des arbres nains aux feuilles plus larges que la main; elle apprit par la suite que c'étaient des mûriers. Un grand nombre de belles jeunes filles en robe blanche, toutes des paniers au bras, cueillaient les jeunes feuilles en riant et en chantant.

    La belle jeune femme lui fit visiter son domaine, Agiao vit là des groupes qui nourrissaient des chenilles avec des feuilles de mûrier blanc, plus loin un autre groupe installait les chenilles afin qu’elle s’enferment dans les cocons qu’elles tissaient, plus loin encore d’autres jeunes filles dévidaient ces cocons en un fil extrêmement fin qu’elles appelaient « soie ».

    Agiao n’en revenait pas de se spectacle incongru. Son guide lui expliqua:

    "C'est avec ces fils de soie brillants et multicolores qu'on brode la robe de Dragon pour le Souverain du ciel et qu'on tisse le brocart pour l'étoile la Tisserande. Les dieux nous ont confié cette mission."

    Agiao comprit alors qu’elle avait rencontré les Fées du Ver à Soie dont les légendes parlaient, mais que personne encore n’avait vues.

    Sur la gentille proposition de son guide, Aqiao accepta étourdiment d'habiter là pour un certain temps, elle ignorait qu‘au pays des fées le temps ne passe pas de la même façon.

    Dès lors, avec les fées, Aqiao, cueillait les jeunes feuilles dans la journée et nourrissait des quantités de vers blancs comme neige le soir. Les vers grandirent et commencèrent à filer leurs cocons. Les Fées lui apprirent à tirer les fils de soie et à les teindre avec des graines d'arbre de toutes les couleurs.

    Vivant dans la vallée avec les Fées en robe blanche, Aqiao, tout en cueillant les feuilles du mûrier, en nourrissant les vers à soie célestes et en filant, menait une vie douce et heureuse. En un clin d'œil, trois mois de son temps s'écoulèrent.

    Un jour, Aqiao se souvint de son petit frère et pensa tout à coup qu’elle était égoïste, qu'il serait bien de le faire venir avec elle pour partager son bonheur. Le lendemain, au petit matin, sans prendre le temps d’avertir personne tant elle était pressée d‘aller le chercher, elle prit le chemin du retour.

    Aqiao avait emporté avec elle une feuille de papier blanc remplie d'œufs de ver à soie pour les montrer à son père et deux sacs de graines de mûrier. En route, elle jeta les graines tout en marchant, pensant ainsi mieux retrouver son chemin quand elle reviendrait avec son frère.

    Quand Aqiao arriva chez elle, elle trouva son père vieilli et son frère était devenu grand. Son père, moitié riant, moitié pleurant, lui demanda:
    - Cela fait quinze ans que tu as disparu, où étais-tu pendant ce temps?

    Tout étonnée, Aqiao raconta à son père l'histoire de la vallée cachée. Celui-ci lui demanda de retourner là-bas où la vie était si belle, avec son petit frère.

    Le lendemain matin, Aqiao voulut retourner dans la vallée. Mais un miracle s'était produit: elle vit des mûriers nains tout au long du chemin. Les graines qu'elle avait jetées avaient déjà donné des arbres. Elle suivit la rangée de mûriers jusqu'à la vallée de montagne. Le grand pin était encore là, mais derrière lui le chemin avait disparu.

    Aqiao resta stupéfaite, et soudain elle vit l'oiseau au cou blanc s'envoler de derrière les branchages et l'entendit crier:
    - Aqiao a volé le trésor! Aqiao a volé le trésor!

    Aqiao comprenait tout maintenant. Sans rien dire aux Fées, elle avait pris des œufs, des vers blancs célestes et des graines de mûrier. Les Fées étaient sûrement fâchées et ne voulaient plus qu'elle retourne dans la vallée. Elle l’avaient prise pour une voleuse, mais impossible maintenant de leur dire la vérité!

    Contrite, il ne lui restait plus qu'à rentrer chez elle mais elle craignait la colère des dieux, sans doute allaient-ils la punir!

    Mais les dieux, étant capables de lire dans le cœur de la petite fille, se montrèrent cléments. Il la laissèrent élever les vers à soie. Dès que le mince ver filiforme sortit de chaque œuf, elle cueillit beaucoup de jeunes feuilles de mûriers pour les nourrir et mit à profit ce qu’elle avait appris des Fées.

    Désormais, le Ver Blanc Céleste avait fait son apparition dans le Monde.

    L'élevage du ver à soie est en effet originaire de Lifuqiao près de Hangzhou, mais bientôt on s'y adonna également dans les districts du voisinage. A la campagne, chaque famille élève le ver à soie et plante des mûriers.

    C'est pourquoi Hangzhou, Jiaxing et Huzhou, dans la province du Zhejiang, sont depuis longtemps célèbres pour leur production de soie.

     

    Le pays magique du vers à soie

     

     

     http://www.chinastral.com/chinastral/conte/fable100.htm

     

    l


    28 commentaires

  • Thétis suppliant Zeus

    Thétis et Pélée

    Dans la mythologie grecque, Thétis est une Néréide (nymphe marine), fille de Nérée et de Doris (une Océanide). Elle ne doit pas être confondue avec sa grand-mère Téthys, une divinité marine primordiale.

    Comme toutes les divinités de la mer elle avait la possibilité de changer de forme à volonté.

    La Nymphe marine à la belle chevelure fut élevée par Héra elle-même et rendit de nombreux services aux dieux. • C'est ainsi qu'elle s'occupa d'Héphaïstos lorsque sa mère le jeta de l'Olympe . • C'est elle aussi qui alla chercher Briarée au Tartare pour délivrer Zeus attaché par les autres Olympiens. • Dionysos lui offrit un vase d'or pour l'avoir recueilli quand il était pourchassé par Lycurgue. • Thétis et les Néréides accompagneront Pélée, Jason et les Argonautes qui avaient embarqué sur l'Argo.

    En plus de sa gentillesse, Thétis aux pieds d'argent était aussi fort jolie et on comprend pourquoi Zeus et Poséidon voulurent l'épouser; mais Thémis prédit que le fils qui naîtrait de Thétis serait plus grand et plus fort que son père.

    Pour d'éviter d'être détrônés, les dieux décidèrent alors de marier Thétis au mortel Pélée, roi de Phtie en Thessalie, afin que leur enfant soit supérieur à son père mais inférieur aux immortels.

    Thétis se refusa à cette union, sans doute peu heureuse d'épouser un simple mortel vieillissant alors qu'elle avait comme soupirants les plus grands et les plus beaux dieux de l'Olympe. 

    Pélée se mit à sa poursuite et il réussit à la rejoindre dans une grotte de la côte de Magnésie. Et comme elle changeait continuellement de forme (lion, serpent, feu, seiche, arbre, eau ...) grâce aux conseils du centaure Chiron, il l'enserra dans ses bras, jusqu'à ce que, épuisée, elle reprenne sa forme originelle, et accepte de l’épouser.

    Mariée ensuite contre son gré à Pélée, elle déclare dans l’Iliade:

    « Seule entre les déesses de la mer, Zeus m'a soumise
    À un mortel, l'Éacide Pélée, et fait entrer
    Malgré moi, au lit d'un mortel, qui traîne en son palais
    Une vieillesse amère. »


    Mariage de Thétis et Pélée 1873 par Burne Jones

    © Birmingham Museums & Art Gallery

    La cérémonie des noces eut lieu sur le mont Pélion, les dieux assistèrent au mariage et apportèrent de nombreux présents, en particulier une armure invincible et deux chevaux immortels, Balios et Xanthos, qui servirent par la suite à Achille.

    Eris (la Discorde), qu'on avait négligé d'inviter, y apparut tout à coup et jeta la fameuse pomme d'or, avec l'inscription: "A la plus belle! " qui devait indirectement provoquer la guerre de Troie.

    De cette union naquit Achille.

    On dit que le couple eu sept enfants et Thétis voulut les débarrasser de leur essence mortelle en les plongeant dans le feu. Mais l'opération échoua pour six premiers d'entre eux qui ne résistèrent pas à ce traitement.

    Apollodore raconte comment elle enduisait le corps de ses enfants d'ambroisie et puis le présentait à la flamme pour brûler son essence mortelle.

    Mais quand le tour d’Achille fut venu, elle fut interrompue par Pélée horrifié qui retira prestement l‘enfant du feu. Toutefois il eut les lèvres et l'os du petit doigt de pied brûlés. C'est pour cette raison qu'il porte parfois le surnom de Pyrisous (sauvé du feu).

    Dans la légende la plus connue, elle rendit Achille presque invulnérable en le plongeant dans le Styx, exception faite du talon par lequel elle tenait le bébé.


    Thétis plonge Achille dans les eaux du Styx. par Thomas BANKS (1790)

    Plus tard, elle le cacha à la cour de Lycomède, roi de Skyros pour éviter qu'il participe à la guerre de Troie qui lui serait fatale. Quand sa participation à la guerre fut inévitable, elle lui interdit de débarquer le premier sur les rivages troyens. Pour lui éviter des coups mortels elle lui offrit une armure forgée spécialement par Héphaïstos. Mais tous ces moyens demeurèrent vains et le destin de son fils s’accomplit.

    Thétis avait quelques temples dans lesquels elle était vénérée comme à Sparte ou à Messine ainsi qu'en Thessalie.

    Devenu vieux, Pélée, qui fut un des rares mortels à avoir entendu le chant des Muses, fut transporté par Thétis chez les Néréides et devint une divinité, d'après Euripide dans son Andromaque.

     

     

    Sources: Wikipédia et http://mythologica.fr/grec/pelee.htm

     


    11 commentaires
  • Pour cette fois, juste un poème

    Supplique du vieux jardinier


     Combien me reste-t-il de printemps à semer
    Quand le soleil levant dissipe la grisaille?
    Perce-neige et crocus, plantés dans la rocaille,
    Seront les tout premiers pour venir nous charmer
    L'odorant seringa, le muguet, la jonquille,
    Les arbres du verger, tout habillés de blanc,
    Écoutent, stupéfaits, la grive qui babille
    Et les éclats de voix d'un merle conquérant.



    Combien me reste-t-il d'étés à contempler
    Quand la lune est propice au lever des semailles?
    Les prés sont tout remplis de champêtres sonnailles.
    Les taillis, les buissons de nids vont se peupler.
    Le moineau pillera la fraise et la framboise.
    Le discret chèvrefeuille embaume les matins,
    La frêle campanule a des airs de bourgeoise,
    Le rosier souverain exhale ses parfums.


     
    Combien me reste-t-il d'automnes à subir
    Quand septembre apparaît nous tenant ses promesses?
    Les jardins, les vergers dispensent leurs richesses
    Et l'ouest orageux nous frappe sans faiblir.
    L'aronde se rassemble et la maison frissonne,
    Notre parterre accueille un dernier papillon;
    Quand tout devient muet, la nature s'étonne
    Et le merle craintif se cache en son buisson.



    Combien me reste-t-il d'hivers à redouter
    Quand l'aquilon fougueux nous couvre de nuages?
    Les oiseaux migrateurs quittent leurs pâturages,
    Les bois tout effeuillés semblent se lamenter;
    Les champs sont dépeuplés, la nature déserte,
    Tout n'est plus que silence engourdi de frimas,
    Plus un cri, plus un chant, toute chose est inerte,
    Seul, le vent mugissant sévit avec fracas.

     

     


     
    Puissent d'autres saisons m'accorder un répit,
    J'aime où je vis heureux, j'admire la nature,
    J'écoute les oiseaux, j'aime ce qui fleurit,
    Mais, quand le temps viendra de l'ultime écorchure,
    Fasse que le soleil qui toujours me sourit
    Se penchera vers moi pour panser ma blessure.



    Jacques Maurice Sutherland


    32 commentaires
  • Sean et la Selkie

    Sean et la Selkie

    Les Selkies sont des créatures magiques, proches cousines des sirènes ou des ondines. On en trouverait en Bretagne, en Irlande ou même dans les Pays scandinaves, mais elles se laissent apercevoir le plus souvent au nord de l'Ecosse, dans les Iles Orcades et Shetlands. Il en existerait de sexe masculin, mais encore plus difficiles à rencontrer.

    Elles vivent dans la mer sous forme de phoques, mais elles viennent quelquefois sur terre, de préférence au solstice d’été; elles enlèvent alors leurs peaux animales et deviennent de très belles jeunes femmes pour danser sous la lune. La légende dit que si un humain veut en garder une avec lui il doit cacher sa peau de phoque hors de sa portée. La Selkie devra alors lui obéir et devenir sa femme. Mais si un jour elle découvre sa peau de phoque, elle ne pourra résister à l’appel de la mer et abandonnera mari et enfants derrière elle.

    Histoire de Sean:

    A la nuit tombante, trois pêcheurs fatigués cheminaient le long de la route étroite afin de rejoindre leurs foyers. Sean qui marchait devant s’arrêta si brusquement que les autres butèrent contre lui.

    -Chut! Regardez; dit-il à voix basse.
    Les trois hommes s’approchèrent sans bruit, et  virent la femme la plus belle qu’ils aient jamais vue. Elle était assise sur les rochers, nue et occupée à peigner ses très longs cheveux roux.
    -Qui est-elle? demanda l’un d’eux. Je ne l’ai jamais vue auparavant
    Sean répondit:
    - Ce doit être une Selkie. Regarde, il y a sa peau sur le rocher à côté d’elle.
    -Tu as raison. Depuis que je suis enfant, j’entends les gens raconter des histoires sur les Selkies, le peuple des phoques. Mais c’est la première fois j’en vois une.
    Sean fit un bond en avant et se saisit de ce qui ressemblait à la peau d’un phoque. Il la serra fermement des deux mains contre lui.
     La jeune femme poussa un cri et le pria, les larmes aux yeux, de lui rendre sa peau.
    -Non, dit Sean. Je suis le seul homme du village qui n’a pas de femme. Je sais que les Selkies font les meilleures épouses. Vous serez ma femme.
    -Je vais m’ennuyer de la mer et je serai malheureuse si je viens avec vous, dit-elle tristement. Mais tant que vous garderez ma peau, je n’aurais pas d’autre choix.
    -Vous pourrez venir à la mer chaque fois que vous le souhaiterez, dit Sean. Mais oui, je vais garder votre peau.

    Sean se maria trois jours plus tard, ses deux amis étaient à la noce. Personne d’autre ne savait que la femme de Sean était une Selkie. Quant à Sean, il avait enfermé la peau de sa femme Selkie dans un coffre dont il gardait la clé suspendue à une chaîne qu’il portait autour de son cou.
    Le mariage de Sean fut réussi. Sa fortune s’améliora sitôt qu’il fut marié. Il ne tarda pas à devenir propriétaire de sa propre flotte de pêche et ses deux amis pêcheurs travaillèrent pour lui. Sa femme lui donna trois fils forts comme des rocs et deux filles fort belles. Sean était très heureux.

    Dès qu’elle avait un moment de liberté, la femme de Sean allait près de la mer. Elle aimait surtout s’asseoir sur le rivage, les nuits de pleine lune. C’est à ces moments-là qu’elle retrouvait son propre peuple, le peuple des phoques. Ils venaient la consoler et lui témoigner leur affection et leur compassion. Souvent, après leur départ, elle pleurait. Ils lui manquaient tellement !
    La plupart du temps, la famille était très heureuse, mais chaque fois que les enfants trouvaient leur mère sur la plage, regardant avec nostalgie la mer, ils demandaient: «Maman, pourquoi es-tu si triste?"
    Elle secouait la tête et embrassait leurs fronts.

    Après bien des années, Sean devenu riche décida que sa famille devait déménager pour vivre dans un endroit plus grand, dans une maison plus belle. Alors qu’ils étaient prêts à prendre place dans une élégante voiture afin d’aller rejoindre leur nouvelle demeure, la femme de Sean s’en retourna dans la maison pour inspecter une dernière fois les lieux.
    Dans un coin, elle remarqua quelque chose qui ressemblait à un petit tas de gravats. Curieuse, elle se mit à genoux pour voir ce que c’était. Il d’agissait d’un vieux coffre qui avait pourri avec le temps et était presque tombé en poussière! Son cœur se mit à battre plus vite. Se pouvait-il que…? Elle fouilla prestement dans le tas. Elle était là ! Sa peau ! Depuis le temps, son mari avait totalement oublié le coffre!
    Elle se précipita à la porte et continua de courir jusqu’à la mer. Tandis qu’elle l‘atteignait, elle entendit Sean courir à sa poursuite tout en lui criant son amour. Mais, avant qu’il ne puisse la rattraper, elle se revêtit de sa peau.

    Devant les yeux de Sean, elle reprit sa forme de phoque, plongea puis nagea loin dans la mer. Nul ne la revit….
    Ses enfants n'avaient plus alors comme héritage que des doigts et des orteils palmés et la certitude que leur mère veillerait à ce qu'ils aient suffisamment de poissons à manger pour le reste de leur vie.

    Sean et la Selkie

    Selon une autre version de la fin:

    Un jour, le pêcheur et ses enfants sont partis  à la pêche et la mère et son plus jeune fils sont restés seuls à la maison. La mère regardait par la fenêtre les vagues qui se brisaient sur la grève. Au loin, elle aperçut, sur les roches noires, une bande de phoques qui jouaient. Elle soupira profondément, et ses yeux se remplirent de larmes.
    Son plus jeune fils s‘en inquiétât: "Mère, pourquoi pleurez-vous? Chaque fois que vous regardez la mer, vous êtes tellement triste."
    Sans réfléchir, elle se retourna et dit: «Je suis triste parce que je suis née dans la mer. Elle est la maison à laquelle je ne peux revenir parce que votre père a caché ma peau de phoque. "
    Le garçon, comme tous les enfants en Ecosse, avait entendu des histoires de Selkie, donc tout de suite, il comprit qui était sa mère. Il courut à la cheminée, là où il avait vu son père cacher la peau, et la tira de sa cachette. Il la tendit à sa mère.

    La femme stupéfaite saisit la peau de phoque, puis elle étreignit son enfant et l'embrassa. «Mon chéri," murmura-t-elle, "je vous aimerai toujours», puis en  pressant la peau de phoque sur son cœur, elle courut dehors vers la mer. Elle se glissa dans sa peau et  plongea dans l'eau.

    Quand le pêcheur rentra chez lui, il apprit ce qui était arrivé, et il sentit son cœur se briser. Mais il comprit que son fils était un garçon affectueux, courageux et plus généreux que lui ne l’avait jamais été.

    Enfin, son épouse avait gagné le droit de retrouver sa vraie famille et d’être heureuse.

     

     

    Sources: http://www.weingartdesign.com/TMaS/Stories/tmas1-SelkieBride.html
    https://irishmentvotre.wordpress.com/category/legendes-irlandaises-contes-celtiques/

     

     


    23 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires