• Leda et le  cygne

    Léda et le Cygne par Hoffmann

    Léda et le Cygne


    Léda, dans la mythologie grecque, était la fille du roi d'Etolie: Thestios. Quand Tyndare, prince spartiate, fut chassé de son royaume par son demi-frère, il se réfugia à Calydon auprès du roi Thestios. Ce dernier donna sa fille Léda en mariage à Tyndare.

    Héraclès vaincra le demi-frère de Tyndare et rétablira sur son trône le prince spartiate. Les deux époux auront une fille: Timandra. Mais un événement va bouleverser leur vie.

    Tyndare oublia, lors d'un sacrifice de réserver une part à Aphrodite. La déesse résolut de se venger sur l'épouse de Tyndare et sur sa descendance.
    Un soir, Léda se baignait au bord de L'Eurotas; elle aperçut un cygne qui fuyait devant un aigle. Aphrodite s'était métamorphosée en aigle, Zeus en cygne.
    Aphrodite ainsi poursuivait son but: sans éveiller les soupçons de Léda, elle conduisait Zeus vers la jeune femme pour qu'il la séduisît. Léda reçut avec innocence le cygne dans ses bras: l'oiseau la couvrit de caresses.

    De cette étreinte allaient naître d'un même œuf des jumeaux : Pollux et Hélène (enfants de Zeus) d‘une part, et Castor et Clytemnestre (enfants de son mari Tyndare) d’un deuxième œuf.

    Malgré cette ascendance différente, les deux frères sont souvent appelés Dioscures, les « fils de Zeus ».

    Ces enfants, et les filles en particulier, provoqueront bien des remous dans l’histoire grecque: Hélène, sa vie durant et bien au-delà, portera la responsabilité de la guerre de Troie et des morts innombrables qu’elle a provoquées.
    Clytemnestre, deviendra, contre son gré, l’épouse d’Agamemnon. En effet, pour justifier les actes meurtriers de Clytemnestre, il l’épouse bien qu’il vienne de faire assassiner son premier mari, fils aîné de Thyeste. Elle tuera donc à son tour son second époux avec la complicité de son amant, Egisthe.

    Leda et le  cygne

    Leda par Jean Thierry


    Castor et Pollux, les célèbres jumeaux
     

    Castor et Pollux, dans la mythologie grecque puis romaine, frères jumeaux célèbres pour leurs nombreux exploits, furent divinisés comme protecteurs des marins.

    Castor et Pollux comptent au nombre des héros qui prennent part à l’expédition des Argonautes, partis conquérir la Toison d’or, aventure dans laquelle ils se distinguent.
    Ils participent également aux côtés des grands chasseurs grecs appelés par Méléagre pour la chasse au sanglier de Calydon, une bête monstrueuse envoyée par la déesse Artémis pour ravager le pays.

    Castor et Pollux demeurent côte à côte tout au long de leur vie et de leurs aventures.

    A l’âge de prendre femme, ils enlèvent les filles de Leucippe (les Leucippides, Phoibê et Hilaera), lesquelles sont déjà fiancées  à Idas et Lyncée.
    Ce sera le point de départ de l’affrontement entre Castor et Pollux d’une part, et Idas et Lyncée d’autre part. Selon la tradition la plus répandue, les Dioscures épousent les jeunes femmes qu’ils ont enlevées. Quelque temps plus tard, éclate entre eux et les fiancés éconduits une dispute à propos d’un troupeau de bœufs. Il s’ensuit une bataille au cours de laquelle Pollux tue Lycée, alors que Castor trouve la mort de la main d’Idas.

    Pollux, inconsolable, invoque Zeus, son père, lui demandant de ne pas le séparer de Castor, soit en lui accordant à lui-même la mort, soit en offrant l’immortalité à son frère.
    Zeus exauce ce désir de ne pas être séparés et permet aux deux frères d’être pour toujours ensemble, un jour dans les Enfers, morts, le jour suivant parmi les dieux, sur le mont Olympe.
    Castor et Pollux sont par la suite transformés par Zeus en une constellation, celle des Gémeaux.

    Castor et Pollux font l’objet d’un véritable culte divin, né à Sparte et se répandant ensuite dans tout le monde grec. Ce culte se diffuse chez les Étrusques, puis est adopté par les Romains. Ils sont vus, en particulier, comme les protecteurs des marins, on les dit capables d’apaiser les tempêtes; ils apparaîtraient alors en haut des mâts sous la forme des feux de Saint-Elme. Ils deviennent aussi les protecteurs de la légion romaine, aux rangs de laquelle ils se mêlent, lui apportant la victoire.

    Dans le Forum de Rome est érigé vers 496 av. J.-C. un temple en leur honneur dont il ne subsiste aujourd’hui que trois colonnes. Deux statues représentant les deux frères, datant de l’époque romaine, sont encore visibles sur le Capitole.

    Leda et le  cygne
    Antoine Coysevox : Castor : Pollux : Les Dioscures

     

    Sources: http://eduscol.education.fr/louvre/morphe/leda.htm - http://www.cosmovisions.com/$Leda.htm
    http://www.mythologica.info/mythologie-grecque/castor-et-pollux-les-celebres-jumeaux/

     


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  • Newgrange

    Newgrange

    Newgrange est l’un des plus célèbre sites archéologiques d'Irlande, situé dans le Comté de Meath, au nord de Dublin.  Il fait partie de tout un ensemble de sites préhistoriques appelé Brú na Bóinne, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1993. Brú na Bóinne, ou la vallée de la Boyne, a fait l'objet d'une occupation humaine depuis au moins 6000 ans. Les traces de ces couches accumulées de l'activité subsistent encore sur le paysage, mais ce sont les vestiges de l'époque préhistorique, en particulier les magnifiques tombeaux de l'époque néolithique ou Late Stone Age, qui confèrent un sens à ce qui est un endroit spécial, où le rituel et la cérémonie ont joué un rôle majeur dans la vie des communautés locales.

    C'est un des plus grands et des plus importants sites mégalithiques et préhistoriques d'Europe. Il se compose d'un ensemble de tumulus, de mégalithes et d'enclos préhistoriques datant du Néolithique : Dowth, Newgrange, Knowth, Fournocks et Tara. Dans la mythologie celtique irlandaise, Tara est la capitale de l’Irlande, située dans la cinquième province de Meath, au centre. En irlandais, c'est "Teamhair na Rí", la colline des rois, les "Ard ri Érenn" (hauts-rois), conseillés par les druides.


    Newgrange aurait été construit autour de 3200 avant JC, soit près de 1 000 ans avant Stonehenge en Angleterre.

    Le site consiste en un gros tumulus circulaire de 85 mètres de diamètre au centre duquel se trouve une chambre mortuaire à laquelle on accède par un très long couloir couvert. Le mur extérieur cernant le tumulus est flanqué de pierres monumentales sur lesquelles sont gravés des dessins en spirale et quelques triskell.
    De l'extérieur, on imagine difficilement que cet immense tumulus est un dolmen entouré de tumuli plus petits qui sont des menhirs.

    NewgrangeNewgrangeNewgrangeNewgrange

     

    Ce monument date de l'époque préceltique. Il jouait un rôle important dans la vie religieuse d'alors, comme en témoignent les cuvettes creusées à l'intérieur qui servaient peut-être à des sacrifices ou à des offrandes rituelles. On accède à la chambre du dolmen, haute de 6 mètres, par un corridor qui possède un alignement particulier.

    La majorité des monolithes de soutènement de la chambre funéraire et des absides sont magnifiquement décorés, surtout par des motifs en spirale et en zigzag, le plus admirable de tous étant la célèbre triple spirale.

    Newgrange


    On estime que 300 hommes ont été nécessaires pour la construction du monument et qu’il a fallu environ 20 ans pour l’achever.

    Selon Jean Markale: « Brug na Boyne est le nom que ce tertre mégalithique porte dans les légendes celtiques du temps des tribus de Dana. Il était surmonté d’une forteresse royale.
    La chambre centrale portait le nom de chambre du soleil.
    Au solstice d’hiver,  les premiers rayons du soleil levant pénètrent dans le tertre de  Newgrange par une ouverture pratiquée au-dessus de l’entrée, remontent le long du couloir et parviennent dans la chambre funéraire qu’ils illuminent d’une étonnante clarté pendant quelques minutes. Or dans cette chambre se trouvaient des vasques de pierre sur lesquelles avaient été placés des ossements et des cendres . Il est indéniable qu’il s’agissait d’un rite symbolique de renaissance.
    Ce qui est remarquable ici, c’est que le mythe et la réalité archéologique concordent parfaitement. »
    Source: Jean Markale, les conquérants de l’île verte.

    Le “livre des conquêtes” nous apprend que "les hommes d’Irlande firent le Brug sous la royauté des mystérieux et divins Tuatha dé Danann venus des Îles du Nord du Monde", il nous dit aussi que "Ruthraige (Rig le Rouge), roi des Fir Bolg leurs cousins, mourut dans le Brug".

    Newgrange

    Les mystères de Newgrange
    Alors qu’ils travaillaient à la restauration de Newgrange, entreprise en 1960, deux archéologues irlandais découvrirent une ouverture verticale pratiquée entre les dalles du toit. Cette brèche comportait une structure décorée.
    En 1969, pressentant que cette ouverture avait une fonction particulière, ils décidèrent de se poster à l’intérieur du tombeau le 21 décembre, jour du solstice d’hiver.
    A 9 h 54, un premier rayon direct pénétra par l’ouverture du toit et longea la galerie pour atteindre la pierre en cuvette de la chambre du fond.
    Le mince rai de lumière s’élargit et embrasa soudain la tombe.
    A 10 h 15, le Soleil disparaissait.
    Il s’avéra ensuite qu’une fois par an, le 21 décembre, Newgrange est illuminé par le soleil levant. A 10 h 15, la demeure des morts retrouve le repos de l’obscurité totale pour 364 jours.

    Il a fallu attendre 1988 pour que toute la lumière soit faite sur Newgrange. Un astrophysicien, P.Ray, découvrit que la galerie centrale se trouvait au moment du solstice d’hiver, il y a 5 150 ans, en plein dans l’axe du levant.
    A l’époque, le tombeau s’illuminait à l’instant précis de l’apparition du Soleil. Une telle précision ne pouvait évidemment pas être le fait du hasard.
    La découverte de Ray fut d’une portée considérable pour les chercheurs qui étudient l’homme du néolithique, notamment en Irlande.
    En effet, ces tumulus sont les seuls vestiges qu’ils puissent examiner car cette culture, qui remonte à
    10 000 ans environ, s’éteignit sans laisser de traces écrites.

    Newgrange Newgrange

    La précision dans l'orientation de l'édifice est donc spectaculaire. L'objectif de la construction semble avoir été de "réveiller" les ancêtres, les personnages importants dont les corps étaient déposés dans la chambre funéraire centrale, pour qu'ils interviennent et que les jours recommencent à croître (la peur était que la durée du jour ne cesse de diminuer jusqu'à l'obscurité permanente).


    Le site a gagné son nom actuel lorsque les terres sur lesquelles se trouvent le tumulus ont été données à un grand propriétaire, qui se servit de cette parcelle pour installer une grange.
    Mais Newgrange est demeuré un lieu sacré entre tous, et les pèlerins emportent toujours un flacon de l'eau de la source avoisinante.

     

     

     

    Sources:  Wikipédia et http://www.dinosoria.com/newgrange.htm

     


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  • Sémiramis


    Sémiramis, tout le monde connait son nom mais peu savent qui elle était vraiment.
    Elle était une séductrice tout autant qu’une guerrière.

    Beaucoup se l’imaginent comme sur l’image ci-contre 

    Peut-être l’était-elle quelquefois, mais bien souvent elle ressemblait plus à cette image-ci:  Sémiramis

     

    Sémiramis est une reine légendaire de Babylone et de Ninive dont l'histoire nous est principalement rapportée par Ctésias de Cnide et Diodore de Sicile, l'une des femmes les plus célèbres de l'histoire, et en même temps celle dont le caractère historique est le plus difficile à établir.

    Sammuramat
    On pense que la légende de Sémiramis s'est développée à partir d'un personnage historique, la reine assyrienne Sammuramat, qui assura la régence de 810 à 806 av. J.-C. Elle est demeurée célèbre pour avoir ordonné une expédition contre les Mèdes ainsi que d'autres. C'est sans doute à cette reine qu'Hérodote fait allusion.
    Hérodote parle d'une reine, nommée Sémiramis, qui aurait vécu vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C. En effet, les textes cunéiformes connaissent une reine du nom de Sammuramat, épouse du roi de Ninive, Adas-mirar (858-29), mais il est très douteux qu'une seule des légendes concernant Sémiramis puisse être attribuée à cette reine dont on ne connaît que le nom.
     Bérose mentionne une reine Sémiramis, vivant vers le milieu du XIVe siècle, et c'est sans doute à celle-ci que remontent les mythes relatifs à la grande reine.

    Légende
    Elle est la fille de Dercéto, une déesse mi-femme mi-poisson qui vivait dans un lac voisin d'Ascalon, et de Caÿstros, le fils présumé d'Achille et de Penthésilée, la reine des Amazones.  Après la naissance de Sémiramis, Dercéto assassine Caÿstros et se réfugie au fond de son lac en abandonnant sa fille.

    Elle est alors élevée par des colombes qui volent aux agriculteurs et aux bergers de la région le lait et le fromage indispensables à sa nourriture. Découverte par les bergers intrigués par ce manège, elle est recueillie par leur chef Simas qui lui donne le nom de Sémiramis (qui vient des colombes en langue syrienne).

    Devenue jeune fille, remarquée de tous pour sa beauté, elle est épousée par Onnès, qui gouvernait la Syrie pour Ninus, roi de l'empire ninivite dont elle a deux fils. Elle conseille son mari de façon si habile qu'il réussit dans la totalité de ses entreprises.
    Onnès l'emmena avec lui dans une expédition contre la Bactriane au cours de laquelle elle manifesta une bravoure et un sens stratégique qui la firent remarquer du roi Ninus lui-même. Intrépide, véritable amazone, Sémiramis ne se contenta pas de braver les dangers du voyage, elle alla bien plus loin et s’empara, par ruse,  de la citadelle de Bactres et de ses trésors.

    Dès qu’il la vit, Ninus en tomba fou amoureux et se débarrassa, fort peu civilement, du mari encombrant, en le contraignant au suicide. Le roi épousa alors la belle sans difficulté et l‘associa au trône. Ils auront un fils, Ninyas.

    Peu de temps après, Ninus meurt et Sémiramis lui succède pour un règne de 42 ans. À la mort de son mari, elle lui fait ériger un tombeau d'une hauteur de 1 620 mètres. Sémiramis resta seule maîtresse de son immense empire qu'elle ne cessa d'agrandir encore et d'organiser. Mais la belle Sémiramis, déjà deux fois veuve, et ravie de l’être, va s’occuper de son royaume, de ses armées, qu’elle dirigeait volontiers, et aussi des beaux soldats qui finissaient invariablement leur nuit d’amour avec la souveraine… la gorge tranchée !

    Au sommet de sa gloire, elle est, selon la légende, la fondatrice d'une nouvelle cité qui frappe par son ampleur et ses dimensions : Babylone. Elle y aménage, dans le palais d'occident, les fameux « jardins suspendus » dont Diodore nous livre une fabuleuse description.
    Elle détourne l'Euphrate et entoure la future cité de 70 km de remparts. Tour à tour architecte et urbaniste, elle édifie une muraille extraordinaire, des ponts, des aqueducs même !
    Elle conçoit un réseau de palais qui lui permet de se rendre de l'un à l'autre sans franchir le fleuve. Nous savons néanmoins que ces constructions, ainsi que celles des digues et des temples, ont pour auteurs des monarques d'un caractère historique.
    D'autres cités encore, telles qu'Ecbatane en Médie, Sémiramocarta sur le lac de Van, Tarse en Cilicie, lui durent leur existence. Elle ouvrit partout des routes, irrigua les terres stériles.

    Sémiramis voyait grand ! Aussi, une fois les temples dotés de coupes pesant trois mille kilos d’or, les palais construits, les canaux et les ponts installés, la souveraine, qui avait, sans doute, la nostalgie de ses jeunes années repartit conquérir de nouveaux territoires. À la tête d’armées gigantesques, la fougueuse reine Sémiramis multiplie les hauts faits. Reine guerrière, elle s'empare dit-on de l'Arménie, la Médie,  de l'Égypte et l'Éthiopie, et tenta de s’emparer de l’Inde; mais elle fut arrêtée et vaincue sur l'Indus par les éléphants du roi Stratobatès.
    Pour la première fois, le destin ne souriait pas à la reine, qui dut rebrousser chemin.

    Sa fin est entourée d’un profond mystère.

    Voyant dans sa défaite un signe sans équivoque des dieux,  elle consulte l'oracle d'Ammon qui lui affirme qu'elle serait enlevée du nombre des vivants quand son fils Ninyas conspirerait contre elle. De retour après son expédition en Inde, elle apprend que son fils conspire avec les eunuques du palais. Fatiguée, elle lui remet alors le pouvoir et disparaît.

    La légende prétend qu'elle s’enferma dans sa chambre et, alors qu’une envolée de pigeons passait par là, Sémiramis les rejoignit, elle-même transformée en oiseau et emportée au ciel afin d'y être divinisée.

    Sémiramis est devenue le type même de la femme belle et puissante, guerrière et conquérante, reine séductrice et dominatrice fondant et administrant des villes et conquérant des empires lointains.

     

     

    Sources: Wikipédia et http://www.cosmovisions.com/Semiramis.htm
    http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=102&Itemid=37

     


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  • Le Ciel des Giziga


    (Légende du Cameroun)


    Le peuple des Giziga vit dans l'extrême nord du Cameroun, et les colonisateurs les ont d'abord
    appelés les « Kirdi », les païens, terme péjoratif dérivé de « Kurdes », appellation utilisée par les Peul musulmans méprisant leurs voisins animistes.

    Ces « païens » ont un dieu, un seul, et c'est le ciel.
    Jadis le ciel vivait parmi les hommes, dont il était si proche que les humains ne pouvaient marcher que le dos courbé.
    Cela n'avait pas que des désavantages. Pour se nourrir, il suffisait de tendre la main, d'arracher un morceau du dieu ciel et de le manger. Très facile, cette pratique était universellement utilisée par les Giziga des origines.
    Jusqu'au jour où une fille de chef s'en mêla. Au lieu de regarder le ciel et d'en arracher des morceaux pour s'alimenter, elle baissa les yeux et vit, sur la terre, des graines.

    C'était le genre de fille mukuwan, un mot qui signifie « la méchante qui fait tout à l'envers ».
    Elle commença par se faire un mortier et un pilon pour écraser les graines. Seulement voilà, il fallait se mettre à genoux et, chaque fois qu'elle levait son pilon, il cognait contre le ciel et contre Dieu.

    La mukuwan, qui ne manquait pas de toupet, dit au ciel : « Dis donc, ciel, est-ce que tu pourrais
    t'éloigner un peu ? »
    Le ciel s'éloigna un peu et la jeune fille se redressa. Elle put se tenir debout et continua à piler ses graines. Mais, comme elle était debout, le pilon cognait toujours contre le ciel.
    « Encore un peu plus loin, s'il te plaît ! » demanda la mukuwan.
    Le ciel obtempéra.
    Alors cette méchante fille qui faisait tout à l'envers lança son pilon en l'air contre le ciel, en lui demandant de reculer.

    Outragé, le ciel partit très loin.
    Depuis ce temps-là, les humains marchent, se tiennent debout sur leurs deux pieds, et ne peuvent plus se nourrir de morceaux du ciel. Ils doivent cultiver le mil, et c'est dur.

    Et le ciel ne vient plus jamais comme autrefois, lorsque, tous les soirs, il réglait leurs palabres.
    Résultat : les humains sont seuls avec leurs palabres, et c'est la guerre.

     

    Extrait du livre: Dictionnaire amoureux des Dieux et des Déesses, de Catherine Clément.


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  • Le Saule du Samouraï

    Pour Marco

    Les bouddhistes Japonais placent une âme dans certains arbres; notamment dans les saules pleureurs. Cette âme a de mystérieux pouvoirs pour le mal comme pour le bien.

    La légende
    Le samouraï Matsudeira possède, dans son jardin, un saule pleureur magnifique aux feuilles argentées.
    Voici qu'un jour, sans aucune raison apparente, sa femme tombe gravement malade et meurt. Peu de temps après, son fils se casse la jambe. Matsudeira se demande si le saule n'est pas à l'origine de ces accidents. Plutôt que de l'abattre, il le propose à son voisin, Inabata, qui accepte immédiatement.

    Un matin, ce dernier a la surprise de voir une femme d'une merveilleuse beauté appuyée contre le tronc du saule.
    Inabata est veuf et sans enfant. Il propose à la ravissante créature de le suivre en sa modeste demeure. Quelque temps après, conquis, il lui demande sa main. L'année suivante naît un délicieux petit garçon qu'on nomme Yanagi, le saule.
    La famille vit dans le bonheur pendant cinq ans.

    Mais voici qu'un jour in des piliers soutenant le temple de Sanjusangendo s'effondre. Le daimyo consulte les prêtres. Ces derniers lui expliquent qu'il faudrait faire la réparation à l'aide du tronc provenant d'un saule. Il faut un grand et large saule pour tenir le temple. On lui signale que dans le jardin de son vassal Inabata, pousse un tel arbre. Il décide d'abattre le végétal et de le faire transporter au temple.

    En apprenant cela, Inabata va trouver sa femme pour lui raconter son souci. Alors celle-ci lui dit: "J'ai un aveu à vous faire mon cher ami. Vous ne m'avez jamais demandé comment je suis venue à vous...Je suis l'âme du saule. Quand vous m'avez accueillie chez vous, j'ai ressenti une immense gratitude envers vous. Nous nous sommes mariés. Nous avons eu un enfant. Maintenant je sais qu'il me faut mourir car vous ne pouvez pas désobéir à votre Seigneur...Adieu".
    La femme avance vers l'arbre et disparait dans le feuillage.

    Les bûcherons arrivent; abattent l'arbre sans prêter attention aux supplications du malheureux Inabata. Maintenant, le saule gît sur le sol. Il ne reste plus qu'à le transporter. On tente de le soulever sans succès. L'arbre résiste comme soudé au sol. Les bûcherons vont chercher du renfort; rien à faire,. L'arbre ne bouge pas. Trois cents hommes sont appelés à la rescousse. Le saule ne bouge toujours pas d'un centimètre.
    Alors le petit Yanagi s'approche à son tour du saule, en caresse les feuilles argentées et lui murmure simplement: "Viens". Il saisit une branche. Tiré par la main minuscule, l'arbre cède à la douce prière et suit l'enfant jusqu'à la cour du temple.


    Symboles /mythes/légendes

    Il n’est pas surprenant la l’âme du saule se présente sous la forme d’une jolie femme, car le Saule est l’arbre de la Lune, de la Femme, et de l’Eau.
    Le saule est l'arbre le plus associé à la lune, l'eau, la Déesse et tout ce qui est féminin. C'est l'arbre du rêve, de l'intuition et les émotions profondes, capables de resurgir brusquement à la surface, semblables aux énergies du printemps.
    Dans l'alphabet Ogham, le saule est Saille qui est devenu anglicisé en "Sally", qui signifie une explosion soudaine d'émotions, d'action ou d'expression. L'ancien français "Saille" signifie également se précipiter tout à coup et le latin «salire» signifie bondir. C'est l'énergie sous-jacente du saule, et la clé pour comprendre l'esprit puissant de ce bel arbre.
    Le lien entre le saule et la lune est puissant et se fait sentir un peu partout sur la Terre, dans différente cultures, au travers du temps. Il reste des légendes, des croyance et des contes pour en témoigner.

    Pour les Grecs anciens, il est l’Arbre auquel était suspendu le berceau de Zeus sous la surveillance de sa nourrice Itéa (Itéa signifie "le Saule").
    Il est également associé à Hécate la sorcière, Circé la magicienne, Héra et Perséphone, toutes représentantes de la mort de la triple déesse Lune.
    En Lituanie, Blinda, déesse de la fécondité, fut métamorphosée en Saule.
    En Extrême Orient, directement lié au fait qu’un rameau de Saule planté en terre renaît à la vie, il est le symbole de l’immortalité.
    La cité des Saules, le Mou-yang-tchen, en Chine, est le lieu même de l’immortalité.
    A Lhassa, au Tibet, le sanctuaire principal est au milieu d’une plantation de Saules. Cet arbre est l’Arbre de Vie ou l’Arbre central. On sait que Lao Tseu méditait à l’ombre de son feuillage où il fonda le Taoïsme et y rencontra Confucius, au Ve siècle av. J.C.
    Le Saule est l’arbre de Yahvé pour les Juifs; lors de la fête des Tabernacles, ils vivent sous des tentes du feuillage de cet arbre.
    En anglais deux mots désignent le Saule : Willow ou Withe, alors que l’osier se dit Wicker. La même racine se retrouve dans le mot Witch, la sorcière. C’est avec un brin d’osier que les sorcières nouaient les ramilles de Bouleau de leur balai au manche de Frêne.
    Le Saule pleureur était, pour les romantiques, l’Arbre de la mélancolie et du souvenir nostalgique.

     

     

    Sources: Contes et légendes du Japon, F. Challaye, Collection des contes et légendes de tous les pays, Fernand Nathan 1963
    http://www.arfe.fr/mythes/mythes_arbres_europe.htm#SAULE
    http://portraitsdelunes.blogspot.fr/2010/05/le-saule-et-la-lune.html

     


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